‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 139 sur 187 · CLÉMATITE. - CLEMATIS. L · texte numérisé non relu

CLÉMATITE. - CLEMATIS. L

Calice de quatre sépales. Fruits terminés par une queue plameuse. Fleurs dépourvues d'involucre. Arbustes sarmenteux , ayant les feuilles simples ou pinnées, constamment opposées.

Clématite blanche. Clematis vitalba. L. Sp. 676. Noms vulgaires : viorne^ herbe aux gueux»

Sa tige est sarmenteuse 3 ses rameaux, très alongés, faibles, 3. 4p

7^ BOTAMQOB.

sont angufeux, grimpans, légèrement pubescens. Les feuilles !jont opposées, imparipinnées ; leur pétiole commun est très long, et se roule souvent eti vrille à son extrémité. Les folioles, au nombre de cinq, sont pétiolulées, ovales, subcordiformes, aiguës, entières, ou grossièrement incisées ou dentées. Les fleurs sont blanches, disposées en une sorte de cyme pédonculée ; c'est à dire qu'à l'aisselle des feuilles supérieures il existe un pédoncule commun, d'abord simple, qui se trifurque plusieurs fois avant de porter des fleurs, A la base de chaque division du pédoncule, on trouve deux feuilles florales entières, de plus en plus petites. Le calice est formé de quatre sépales étalés, elliptiques, alongés, obtus, toraenteux sur leurs deux faces, caducs, et d'un blanc terne. Les étamines sont très nombreuses, dressées, un peu plus courtes que le calice. Les fruits sont surmontés d'une longue queue plumeuse, en forme d'aigrette, chargée de poils blancs et soyeux. Cette espèce croît dans les haies, le long des murailles; elle est extrêmement commune aux environs de Paris et dans la plus grande partie de la France. 2^

Propriétés et usages. L'âcreté que nous avons signalée dans lès espèces des genres renoncule et anémone existe aussi dans le genre clématite, et y est peut-être encore plus développée. En effet, si l'on mâche une petite parcelle des feuilles récentes de cette espèce, ou de la Clématite droite [Clematis recta L.), qui en est peu différente , on éprouve dans la bouche un sentiment d'ardeur et de cuisson, et fort souvent la langue se couvre de petites vésicules qui finissent par s'ulcérer. Cette saveur et cette action sont cependant beaucoup moindres dans la plante desséchée. Si l'on applique lès feuilles fraîches et pilées sur quelque partie du corps , il s'y manifeste bientôt une vive inflammation, suivie de phlyclènes qui se crèvent et s'ulcèrent. Lés mendians emploient souvent ce moyen pour se former sur les jambes des ulcères superficiels, et appeler sur eux la pitié des passans. Pris intérieurement, le suc ou l'extrait de clématite peut, à certaines doses, développer tous les symptômes de l'empoisonnement par les poisons âcrcs, parmi lesquels elle est à jfustfl litre plaCéetti'^' <

REKfèNCU LACÉES.

Storck a fait avec la clématite droite des essais nombreux pour s'assurer de ses effets curatifs. Il Ta surtout mise en usage dans le traitement des différens symptômes vénériens consécutifs, tels que les chancres, les tumeurs osseuses et les douleurs ostéocopes. Selon lui, l'extrait, donné à la dose d'un à deux grains, a, dans le plus grand nombre de cas, élé suivi du plus heureux suecès. Le même auteur dit que ce médicament n'a pas été moins efficace dans la gale ancienne et rebelle, et même dans le cancer des mamelles déjà ulcéré. De semblables allégations ont besoin d'être appuyées sur de nouveaux essais pour qu'il soil permis d'y ajouter foi : aussi ce médicament est-il fort négligé des modernes.

Cette âcreté, qui est si violente dans les parties fraîches de la plante, disparaît en grande partie par la dessiccation, et en totalité par suite de l'ébullition dans l'eau. Aussi, dans quelques contrées de l'Italie, les gens des campagnes mangent-ils le» jeunes pousses de la clématite après les avoir fait bouillir.

2'* Fruits capsulaire contenant plusieurs graines.

1° Pétales planes et réguliers. p.*;o]viées.

ViNOmE.— PAL o m A. L. J.

Calice de cinq sépales concaves; corolle de cinq pétales planes et très larges; étamines fort nombreuses; pistils, au nombre de deux à cinq, très velus. Capsules uniloculaires, polyspermes, déjetées en dehors, et s'ouvrant par une suture interne. Plantes herbacées vivaces, à feuilles pinnées ou décomposées, à fleurs très grandes.

Pivoine officinale. Pœonia officinalis. L. Sp. 747.

Bacine vivace, fasciculée, composée d'un grand nombre de tubercules alongés, fusiformes ou globuleux, brunâtres extérieurement; surmontée d'une tige herbacée, dressée, rameuse, cylindrique, glabre et un peu glauque, haute d'environ deux pieds. Elle porte des feuilles alternes, très grandes , deux fois ailées, à lobes inégaux , elliptiques , lancéolés , aigus , entiers , très glauques en dessous. Les feuilles sont légèrement pub(S-

cenlcs à la base Je leur pétiole. Les fleurs sont très grandes î d'un rouge violacé, solitaires et terminales j elles se coraposent d'un calice à cinq sépales arrondis, concaves, pubescens en dessous, glabres en dessus, souvent inégaux, quelques uns se changeant en folioles j d'une corolle pentapétale, rosacée, très grande, dont les pétales sont ovales , très obtus, sessiles , irrégulièrement érodés sur leurs bords. Les étamines, très nombreuses ( environ 100 ) , sont beaucoup plus courtes que la corolle , insérées sur plusieurs rangs et irrégulièrement à une sorte de bourrelet charnu ( disque bypogyne ) , sur lequel les deux ovaires sont appliqués. Les pistils, au nombre de deux ou trois, de la même hauteur que les étamines , sont composés chacun: 1° d'un ovaire libre conoïde , très tomenteux à l'extérieur , uniloculaire, pluriovulé; ovules en grand nombre , attachés à un trophosperrae latéral et suturai ; 2° d'un stigmate sessile , irrégulier, en forme de crête , composé de deux lames intimement appliquées l'une centre l'autre , hérissées de petites papilles glandulilormes sur leur bord libre, d'une couleur pourpre foncé. Les fruits sont autant de capsules uniloculaires, polyspermes , renflées à leur base , cotonneuses, s'ouvrant irrégulièrement du côté intérieur; les graines sont noirâtres. Cette espèce croît dans les régions méridionales de la France. On la cultive en abondance dans les jardins , où ses fleurs doublent avec une grande facilité.

Propriétés et usages. La racine de pivoine , lorsqu'elle est fraîche , a une odeur forte et nauséeuse , qui se dissipe en partie par l'effet de la dessiccation. Sa saveur est d'abord douceâtre, mais ensuite amère et désagréable. M. Morin , pharmacien à Rouen , a trouvé dans 500 grains de cette racine : environ 339 d'eau , 69 d'amidon , 4 d'oxalate de chaux , 57 de fibres ligneuses , 1 et demi de matière grasse , 14 de sucre incristallisable , 1 d'acides phosphorique et malique libres , 5 de malate et de phosphate dechaux, demi de gomme et de tannin, 8 de matière végéto-animale , enfin une très petite quantité de malate et de sulfate de potasse [Joum. pharm., ']uin 1824). Lorsque l'on compare les résultats de l'expérience clinique avec les éloges prodigués à cette plante par les anciens , on doit éprouver plus

RENONCULACIÎES. 74.1

puissamment quejamaîs le besoin de soumettre leurs assertionsà une critique sévère et ù de nouveaux essais. La racine de pivoine a été vantée comme un des antispasmodiques les pluspuissans, et un des remèdes les plus efficaces contre l'épilepsie, les convulsions, l'hystérie, etc. Ces éloges, dont nous trouvons la première source dans les écrits de Galien , ont été répétés par Fernel , Willis, Vogel et plusieurs autres. Cependant des médecins non moins célèbres , et parmi lesquels nous citerons Boerhaave et Tissot, se sont plaints du peu d'efficacité de la pivoine dans les différens cas d'épilepsie où ils en avaient fait usage. Cette opinion a prévalu parmi les modernes , qui ont presque entièrement abandonné ce médicament. On avait attribué aux graines et aux fleurs les mêmes propriétés; mais elles ne méritent pas plus l'attention des praticiens que les racines ; et leurs diverses préparations , telles que l'eau distillée , la conserve et le sirop , sont tombées dans l'oubli. La racine s'administrait 1° sous forme d'extrait alcoolique, à la dose de dix à vingt grains, que l'on augmentait graduellement; 2° Murray recommande , comme plus efficace , le suc exprimé de la racine fraîche , séché et réduit en poudre. Cette racine entre dans les poudres dites antiépileptiques des anciennes pharmacopées.

î** Pétales creux et irréguliers, hulléborées.

HELLÉBORE. —HELLEBORUS. L. J.

Calice régulier , formé de cinq sépales planes et persisJans ; corolle composée de cinq à douze pétales creux , pédicellés et en forme de cornets ; capsules au nombre de trois à six. Plantes vivaces.

Hellébore noir. Helleborus niger. L. Sp. 783. Bull. t. 33. Orfil. Méd. lég. t. 7.

Tige souterraine , horizontale , charnue , comme articulée , présentant les traces évidentes de la base des feuilles qui ont servi à la former, rameuse , blanche à l'intérieur , noirâtre à l'extérieur, donnant naissance , par son extrémité supérieure, aux feuilles, et , dans différens points de son étendue , aux fi-

bres radicellaires, qui sont très alongées , simples , charnues et jaune-brunâtres , devenant noires en se desséchant, souvent pubescentes. Les feuilles, partant immédiatement de la souche, paraissent toutes radicales ; elles sont péliolées , pédalées , à sept ou huit lobes très profonds , obovales, lancéolées, acuminées , coriaces, entièrement glabres, dentées en scie dans leur partie supérieure. Les pétioles sont cylindriques , rougeâtres, longs de deux à six pouces, dilatés et membraneux sur leurs bords à leur partie inférieure. Les hampes sont de la même hauteur que les pétioles , cylindriques et [lurpurines comme eux , portant une ou deux fleurs roses très grandes , pédonculées et penchées • ces fleurs sont accompagnées d'une ou deux bractées, de Ggure variable , quelquefois un peu colorées en rose. Le calice persistant est comme campaaulé , un peu étalé , formé de cinq à six sépales très grands , inégaux , obovales, arrondis, très obtus. Les cornets ou pétales, au nombre d'environ dix à douze, sont beaucoup plus courts que ,1e calice 3 ils sont comme pédicellés , infundibuliforraes , un peu arqués, inégaux à leur ouverture , qui est comme bilabiée. Leur couleur est jaune-verdâtre. Les étamines sont très nombreuses, moitié plus courtes que le calice. Les pistils , au nombre de six ou huit , quelquefois davantage , sont rapprochés et réunis au centre de la fleur. Ils sont glabres ^ l'ovaire est oblong et comprimé, un peu recourbé, se terminant supérieurement en un style alongé , recourbé à son sommet, marqué sur son côté interne d'un sillon qui s'élargit et forme le stigmate à sa partie supérieure. Celte espèce, qui fleurit depuis le mois de décembre jusqu'en février , croît dans les lieux frais et ombragés des montagnes, dans le Dauphiné , la Provence , les Vosges , etc. "yi

Les jardiniers la désignent sous le nom de rose de Noël, époque de l'année à laquelle elle est toujours en fleurs.

Propriétés et usages. Jusqu'au temps où l'illustre Tournefort p)ib!ia son Voyage dans le Levant, on avait regardé notre hellébore noir comme étant celui des anciens. Ce dernier, au rapport de Théophraste et de Pline , croissait spontanément dans les lies d'Anticyrc . dans la Béolie, dans l'Eubce. sur le mont

IIENONCULACKES.

Hélicon et dans d'autres pays voisins. Tournefort , en visitant les mômes contrées, y trouva une espèce différente de toutes celles qui croissent en Europe , et surtout de notre hellébore noir, et lui donna le nom àlielleborus orientalis. M. le professeur Desfonlaines en a offert la description dans les plantes du Corollaire de Tournefort, p. 58, et l'a figurée planche 45 du même ouvrage. Cette découverte de l'illustre voyageur français prouve évidemment que le fameux hellébore noir des anciens, si vanté dans le traitement des maladies mentales , est une espèce tout à fait différente de la nôtre.

Cependant cette dernière possède des propriétés fort énergiques. Sa racine esi âcre et brûlante, et lorsqu'on la laisse appliquée quelque temps sur la peau, elle l'enflamme et y forme des vésicules plus ou moins volumineuses. Administrée intérieurement, elle fait naître dans l'estomac un sentiment d'ardeur et d'anxiété , qui en sollicite les contractions, et donne lieu à des vomissemens abondans, ou plus fréquemment à des déjections alvines accompagnées de coliques violentes. C'est donc un purgatif drastique très puissant. A une dose un peii élevée, cette racine devient un véritable poison âcre , et les malheureux qui succombent victimes de son action vénéneuse présentent les organes de la digestion rouges et souvent érodcs, les poumons gorgés de sang, etc. M. Orfiia rapporte un grand nombre d'observations de cette espèce dans sa Toxicologie générale, et en lire les conclusions suivantes ; 1° l'effet local de la racine d'hellébore est toujours l'inflammation de la partie sur laquelle a eu lieu son application; 2" introduite à haute dose dans l'estomac, elle agit comme tous les autres poisons ùcres; .3° la partie soluble dans l'eau paraît être la plus active et la plus vénéneuse.

D'après l'analyse qu'en ont faite MM. Feneulle et Capron [Journ. phurm., t. 7, p. 503), celle racine contient une huile volatile, une huile grasse, une matière résineuse, de la cire, un acide volatil, un principe amer, du muqueux, de l'albumine* du galiate de potasse , du gallalc acide de chaux , un sel à base d^ammotiiaquc.

Un grand nombre d'auteurs ont fait usage de celle racine

dans le traitement de plusieurs maladies. De même que tous les autres purgatifs drastiques, on conçoit qu'elle a pu être avantageuse dans certains cas de manie ou d'hydropisies passives. Les fameuses pilules de Bâcher , qui ont eu une si grande vogue contre les hydropisies, devaient toute leur efficacité à la racine d'hellébore qui en faisait partie. Mais aujourd'hui on ne fait que fort rarement usage de cette plante , soit à cause des accidens qu'elle peut occasionner , soit parce qu'il est rare , bien qu'elle soit indigène, de la trouver en bon état chez les pharmaciens.

NIGELLE. - NIGELLA. L. J.

Calice étalé, formé de cinq sépales colorés et caducs ; corolle de cinq à dix pétales bilabiés, ayant la lèvre supérieure bifide; étamines nombreuses ; ovaires au nombre de cinq à dix , terminés chacun par un long style -, capsules distinctes ou soudées par leur côté interne. Plantes herbacées, généralement annuelles.

NiGELLE CULTIVÉE. Nigella sadva. L. Sp. 753. Partie usitée : les graines.

Racine annuelle , fusiforme , alongée , surmontée d'une tige dressée, simple inférieurement, cylindrique, pubescente, haute d'environ un pied , un peu rameuse et visqueuse à la partie supérieure. Feuilles alternes, pétiolées , pubescentes et légèrement visqueuses , bi ou tripinnatifîdes , à segmens incisés en lanières étroites et trifides. Fleurs d'un bleu clair et cendré , grandes, solitaires et terminales, non involucrées ; calice étalé, pétaloïde , formé de cinq sépales obovales , un peu aigus , onguiculés à la base , à bords rabattus en dessous. Corolle de huit pétales, très petits et irréguliers, comme à deux lèvres; l'externe ou inférieure partagée en deux lobes arrondis à la base, amincis supérieurement, et portant au sommet une petite glande globuleuse, en offrant une autre vers leur base interne; la lèvre supérieure et interne est plus courte, plus étroite, limple et subulée; ces pétales sont terminés inférieurement

RENONCULAC^ES.

par un onglet recourbé à angle droit. Les étamines, au nombre d'environ quarante, sont rangées par faisceaux longitudinaux , formés chacun de cinq étamines superposées. Ils alternent avec les pétales, et sont attachés au dessous de l'ovaire à une substance blanchâtre et comme glanduleuse. Le pistil se compose d'un ovaire à cinq côtes et à cinq loges , qui renferment chacune un assez grand nombre de graines , disposées sur deux rangées longitudinales vers l'angle rentrant. Cet ovaire est formé par cinq pistils soudés; de la partie supérieure et externe de chaque côté , part latéralement un style assez gros, de la longueur de l'ovaire, un peu contourné en spirale supérieurement, terminé h son sommet par un très petit stigmate, qui s'étend , sous la forme d'un sillon glanduleux , à la face interne du style. Le fruit est une capsule à cinq côtes obtuses, terminée par cinq cornes latérales, à cinq loges s'ouvrant par la suture longitudinale et supérieure. Cette espèce croit dans le midi de la France.

Propriétés et usages. Les graines sont petites, triangulaires, un peu comprimées, noirâtres, et ridées transversalement. L'amande qu'elles contiennent est verdâtre et oléagineuse. Leur saveur est âcre et piquante, assez analogue à celle du poivre. On les emploie surtout comme épice, pour assaisonner certains mets : de là le nom de toute-épice qui leur a été donné. Quelques auteurs les ont administrées comme stimulantes , emménagogues , etc. ; mais leur usage est tout à fait abandonné. La nigelle des champs {nigella arvensis L.), qui est très commune dans nos moissons, jouit des mêmes propriétés. Elle entre dans le sirop d'armoise composé, etc.

DAUPHINELLE. - DELPHINWM. L. J.

Calice coloré , formé de cinq sépales inégaux , le supérieur prolongé à sa base en un éperon. Corolle de quatre pétales quelquefois soudés ensemble ; les deux supérieurs se terminant inférieurerncnt en un appendice subulé qui est caché dans l'éperon du sépale supérieur. Capsules distinctes, au nombre d'une à cinq. Plantes herbacées , annuelles ou vivaces , ayant

les feuilles découpées en lobes digitésj les fleurs, ordinairement bleues, en grappes terminales simples ou rameuses.

Dauphinelle staphisaigrf.. Dclphiniurn staphisagria.

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