SOIXANTE-QUINZIÈME FAMILLE
rUMARIACÉES. - FUMARIACEJE.
Calice disépale^ très petit , caduc; corolle irrégulière, éperomiée, composée de quatre pétales inégaux , souvent réunis
FUMARIACÉES. 776
et soudés ensemble, de manière à représenter une corolle monopélale. Étaraines , au nombt-e de six , diadelphes, c'est à dire réunies trois par trois en deux faisceaux : anthère centrale à deux loges j anthères latérales à une seule loge. L'ovaire est simple , le style est grêle et filiforme , le stigmate biiamellé. Le fruit est tantôt une capsule siliquiforme, bivalve, tantôt un simple akène. Les graines sont arillées. Les Fumeterres sont des plantes herbacées , annuelles ou vivaces, remplies d'un suc amer, aqueux , mais non laiteux. Cette famille , formée du seul genre Fitmaria L., que \es modernes ont divisé en un grand nombre de genres distiiicts , était réunie autrefois avec les Papavéracées, dont elle se rapproche en effet beaucoup , n'en différant essentiellement que par ses étamines diadelphes , sa corolle toujours irrégulière, et le suc aqueux et non laiteux de ses liges.
FUMETERRE. - FUMARÏA. Tourn. DC.
Le calice est très petit : les trois pétales supérieurs sont souvent réunis , et forment un éperon à leur base; l'inférieur, plus étroit, est libre. Le fruit est un akène globuleux.
FuMETERRE OFFICINALE. — Famaria officinalis . L. Sp. 984. Blackw. Herb. t. 136.
Nom vulgaire : fiel de terre. Partie usitée : toute la plante.
C'est une plante annuelle dont la tige est herbacée, rameuse, couchée , glabre , glauque , anguleuse. Elle porte des feuilles alternes, bipinnées, à folioles écartées , découpées en lobes étroits et acuminés. Ses fleurs sont purpurines , court^ment pédonculées (une petite bractée lancéolée existe à la base de chaque pédoncule), disposées en un épi long et lâche. Leur calice est oblique, composé de deux petites folioles ovales, aiguës , érodées dans leur contour , attachées par leur partie moyenne et interne, La corolle est irrégulière, composée de quatre pétales inégaux. Le supérieur , qui est le plus grand , s'alonge à sa partie inférieure en un éperon obtus , court et recourbé ; il devient ensuite plane , se rétrécit et forme une
espèce de disque arrondi , obtus , à bords un peu relevés , marqué d'une tache verte en dessus , légèrement creusé en gouttière en dessous. L'inférieur estspatulé, long et étroit à sa base. Les deux latéraux , qui sont semblables , d'abord onguiculés à la base , sont ovales , alongés, obtus , terminés subitement par une petite pointe j leur face extérieure offre une crête longitudinale , plus saillante vers le sommet. Étamines hypogynes au nombre de six , réunies par leurs fdets en deux faisceaux qui supportent chacun trois anthères, celle du milieu à deux loges , les deux latérales uniloculaircs. L'ovaire est libre , ovoïde 5 uniloculaire , contenant deux ou trois ovules renversés. Le style est filiforme, décliné, articulé avec l'ovaire, caduc, terminé par un stigmate simple , capitulé. Le fruit est un akène ovoïde, un peu comprimé d'avant en arrière, glabre.
La fumeterre est très commune dans les lieux cultivés , les champs , les vignes , les jardins.
Propriétés et usages. La fumeterre contient, suivant Preschier, un alcali végétal analogue à la corjdaline , de l'extractif , de la résine et un acide cristallisable que Venkler avait d'abord nommé fumarique, mais il est identique avec l'acide paramaléiquCr On emploie la plante tout entière. Son amertume est très intense et mélangée d'une certaine quantité de mucilage. La fumeterre est fort usitée : sa décoction et le suc retiré de son herbe fraîche sont toniques et employés dans les affections scorbutiques , les éruptions chroniques de la peau , telles que les dartres , la gale , et toutes les fois qu'il faut réveiller l'action de l'estomac , dans la convalescence des fièvres de long cours , etc. Le suc s'administre depuis une jusqu'à quatre onces : on fait une décoction avec une poignée de fumeterre fraîche et une chopine d'eau ou davantage.
Propriétés et usages des Fumariacées.
Aucune des plantes qui appartiennent à cette famille n'est vénéneuse^ toutes, au contraire, paraissent douées d'une vertu tonique , qui est due au suc amer contenu dans leurs tiges et leurs feuilles. On peut indifféremment employer les Funiaria officinaliSj Fumaria média, Fumaria spicata, etc. Toutes jouis-
sent des mêmes propriétés. On met aussi quelquefois en usage, mais plus rarement, la fumeterre bulbeuse {corijdalis bidbosa); elle contient un alcali végétal, la corydaline, mais elle est moins amère et moins active. Elle se dislingue par sa racine bulbeuse, ses fleurs jaunes et ses fruits alongés et polyspermes.