QUATRE-VINGTIÈME FAMILLE
GUTTIFÈRES. — GUTTIFER^.
Les Fleurs sont quelquefois dloiques par avorlement. Leur calice offre plusieurs lobes , ou se compose de plusieurs
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Sépales distincts. Les pétales sont au nombre de quatre. Les étamines sont tantôt libres ou tantôt monadelphes. Elles sont généralement indéfinies ; rarement leur nombre est rigoureusement limité ; leurs anthères sont longues et adnées aux par lies latérales des filets. L'ovaire est tantôt uniloculaire , tantôt à plusieurs loges qui renferment une ou plusieurs graines. Le style qui surmonte l'ovaire est toujours simple, et se termine par un stigmate également simple, qui est quelquefois sessile , par l'absence du style. Le fruit est assez variable. Dans le plus grand nombre des genres, c'est une sorte de baie coriace, dure extérieurement, molle et pulpeuse à son intérieur, qui tantôt est uniloculaire, tantôt offre plusieurs loges contenant chacune une ou plusieurs graines. Dans quelques genres, au contraire, le fruit est une capsule renfermant une ou plusieurs graines, restant quelquefois close, ou bien s'ouvrant en plusieurs valve^. Ces graines ont leur embryon dressé, immédiatement recouvert par le tégument propre. Cette famille se compose de végétaux tous exotiques, ligneux, ordinairement très élevés, portant des feuilles opposées, sans stipules , très entières, coriaces, persistantes j des fleurs axillaires ou terminales. Les plus grands rapports unissent entre elles les familles des Guttifères et des Hypéricinées. La première se distingue surtout par ses anthères alongées et adnées, tandis qu'elles sont vacillantes dans les Hypéricinées 3 par son style unique , nui est multiple dans ces dernières.
MANGOSTAN. - GARCINIA. Nob.
Calice de quatre sépales; corolle de quatre pétales alternes avec les divisions du calice ; étamines au nombre de douze et au delà. Ovaire libre, à quatre ou huit loges uniovulées. Stigmate sessile et lobé. Le fruit est une baie dure et coriace en dehors, pulpeuse intérieurement, où elle offre plusieurs loges séparées par des cloisons minces et membraneuses. Chaque loge contient une seule graine au milieu de la pulpe. Grands arbres lactescens, à feuilles opposées et entières.
Gœrtner a fait voir que les genres Garcinia et Cambogia de Linné devaient être réunis, n'offrant pas de caractères propres
BOTANIQOE.
h I^s distingue-r. Il a donné à ce nouveau genre ainsi formé des deux genres de tinné le nom de Mangostana. Mais comme le genre Garcinia est le plus ancien, nous avons cru préférable d'en conserver le nom, en prévenant que nous appelons ainsi le genre composé du garcinia et du cambogia de Linné.
Mangostan GUTTiER. Garcinia cambogia. Nob. Cambogia
gutia. L.
Mangostana cambogia. Gœrln. 2. p. 105. t. 106. Nom pharmaceutique : gummi gutia. Partie usitée : fa gomme gutle.
Cet arbre, originaire des Indes orientales, peut acquérir une hauteur considérable. Son tronc se divise supérieurement en ramifications nombreuses, recouvertes d'un épiderme noirâtre, et portant des feuilles opposées, péliolées, ovales, aiguës, très entières, coriaces , glabres , luisantes, marquées de nervures latérales parallèles. Les fleurs sont petites , hermaphrodites , réunies en petit nombre et sessiles à la partie supérieure des jeunes rameaux. Leur calice monosépale, caduc, à quatre lobes obtus et profonds. La corolle est formée de quatre pétales onguiculés, également concaves et très obtus. Les étamines sont au nombre de quinze, insérées sous l'ovaire. Celui-ci est globuleux, libre, terminé à son sommet par quatre stigmates sessiles et persistans. Le fruit est globuleux, jaune, de la grosseur d'une orange , marqué de huit côtes peu saillantes. Son enveloppe extérieure est dure et coriace, à peu près comme celle de la grenade, et son intérieur est charnu et pulpeux. Coupé transversalement, il offre huit logps séparées par des cloisons membraneuses et contenant chacune une seule graine, au milieu de la pulpe charnue.
Propriétés et usages. L'arbre dont nous venons de donner la description est considéré assez généralement comme fournissant la gomrae gutte. Cependant plusieurs auteurs croient que cette matière découle des incisions faites h l'écorce du Stalagmites canibogioides de Murrai . ou Gnttifera vera de Kœnig. Selon MM. Wight et Arnott (/Vo^^/sF. penins. Ind. or., p. (00), cette dernière plante appartiendrait au genre Garcinia de Linné. D'autres ont attribué le même produit tantôt au
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Xanthochymus pictorius de Roxburgh , tantôt au Xanthochymus ovalijolius du même auteur. C'est un point encore obscur, et nous sommes assez porté à croire qu'un suc de même nature s'écoule de ces différons végétaux et qu'on le confond dans \t commerce sous le même flpm-
La gomme gulte est une gomme résine, qui découle soit dçs incisions que l'on pratique à l'écorce de l'arbre, soit des plaies qui résultent de l'avulsion des feuilles et des jeunes rameaux. Dans le commerce, elle est en masses cylindriques ou en magdaléons, d'un brun jaunâtre, friable, ayant la cassure brillante et opaque. Son odeur est nulle ; sa saveur, d'abord faible, laisse un sentiment d'âcreté dans le gosier, Ejle est ext;rêmeinent soluble dans l'eau, à laquelle elle communique une belle couleur jaune; elle est soluble en grande partie dans l'alcool. Elle se compose de vingt parties de matière goniineuse et de quatrevingts parties de résine.
Tous les auteurs de matière médicale placent la gomme gutte parmi les purgatifs drastiques. Elle exerce en effet une action irritante sur les organes de la digestion, laquelle donne lieu soit à des vomissemens, soit à des déjections alvines abondantes , accompagnées de coliques et de tranchées. Aussi l'usage interne de ce médicament ne peut-il être avantageux que dans le cas où il est utile d'exciter une dérivation puissante, comme dans certaines hydropisies essentielles et passives, dans plusieurs affections chroniques de la peau. On a encore employé la gomme gutte, comme au reste tpus les autres drastiques , au traitement des vers intestinaux. Cependant il faut convenir que maintenant on l'emploie fort rarement dans toutes ces circonstances. Elle entre néanmoins dans plusieurs préparations pharmaceutiques peu usitées, telles que les pilules hydragogues de Bontius, l'électuaire antihydropique de Charas, ^tc.
Lorsqu'on veut faire usage de ce médicament, c'est en poudre ou en solution qu'on le prescrit. Sa dose est de deux à six grains, que l'on peut répéter plusieurs fois dans la journée.
Mais c'est plus particulièrement dans la médecine vétérinaire et dans l'art de la peinture qu'on emploie la gomme gulte. Elle
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fournit une couleur jaune, dont les peintres et les teinturiers se servent fréquemment.
Propriétés médicales et usages des GuUiferes.
Cette famille, uniquement composée de végétaux exotiques, qui croissent dans les climats voisins des tropiques , offre assez d'analogie dans l'ensemble de ses propriétés médicales. Presque tous , ainsi que l'indique leur nom de Guitifères , contiennent un suc laiteux jaunâtre, plus ou moins âcre et purgatif. La gomme gutte , qui est produite par le Garnicia cambogia et plusieurs autres arbres du même groupe , en est l'exemple le plus frappant et le plus connu. Un suc analogue existe dans la plupart des autres Guttifères , et peut être employé aux mêmes usages.
Cependant ces végétaux , qui sont abreuvés d'un suc laiteux et délétère, ont des fruits dont la pulpe acidulé sert de rafraîchissement dans les climats brûlans où la nature les fait croître. C'est ainsi que l'on mange ceux du Mammea americana , du Garciiiiamangostana^etmème ceux àwGarnicia cainbogia^eic. Un pareil fait est facile à expliquer par l'absence du suc laiteux dans le fruit des Guttifères, et ne forme pas une véritable exception dans les propriétés générales de la famille. Nous en dirons autant de l'odeur et de la saveur anisées du bois de naghas de l'Inde , qui paraît être fourni par le Mesua ferrea de Linné.