‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 159 sur 187 · QUATRE-VINGT-SIXIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

QUATRE-VINGT-SIXIÈME FAMILLE

'Kkl.y kCt^S. — MALVACEM.

Les plantes de cette famille ont ordinairement une tige herbacée ouligneusCj des feuilles alternes, simples ou composées, accompagnées de stipules. Les fleurs offrent différens modes d'inflorescence. Elles sont axillaires ou terminales. Leur calice est monosépale , à cinq divisions , le plus souvent environné d'un second calice extérieur , ou calicule, divisé en un nombre variable de segmens. La corolle est formée de cinq pétales , ordinairement soudés et confluens par leur base avec la substance qui forme les filets des étamines , en sorte que la corolle tombe fréquemment d'une seule pièce, emportant avec elle les étamines. Celles-ci sont ou fort nombreuses, réunies en tube par leurs filets et monadelphes, ou seulement au nombre de cinq à dix, dont quelques unes avortent quelquefois, ou ont leurs filets privés d'anthères. L'ovaire est le plus souvent simple , formé d'un grand nombre de côtes saillantes , qui correspondent chacune à une loge ; d'autres fois il est globuleux et à cinq loges , qui contiennent un ou plusieurs ovules. Le style est quelquefois simple j d'autres fois il est partagé en un grand nombre de divisions, portant chacune un stigmate. Le fruit est ordinairement composé d'un grand nombre de petites capsules indéhiscentes , uniloculaires , monospermes , disposées en cercle et très serrées les unes contre les autres : d'autres fois, c'est une capsule à cinq loges polyspermes, ou enfin un fruit coriace, charnu intérieurement et restant indéhiscent. Les graines sont pourvues d'un endosperme charnu ^ souvent très mince, cl contiennent un embryon qui a la même direction qu'elles , el dont les cotylédons sont en général plissés.

§ L Maivées.

Étamines nombreuses à anthères réniformes et uniloculaires. Fruits composés de petites coques rapprochées circulairement.

GUIMAUVE. — ALTHJEA. L. J.

Calice monosépale, à cinq divisions 3 calice offrant de ciuq

MALVACÉES. 84 î)

à neuf lobes aigus. PtHales (^cliancrés ou entiers. Étamines nombreuses. Capsules monospermes , indéhiscentes , réunies en cercle à la base du style.

Guimauve officinale. Althœa offlcinalis. L. Sp. 966.

Parties usitées ; la racine^ les feuilles.

Racine fusiforme , pivotante, charnue, blanche, de la grosseur du doigt indicateur, longue d'environ un pied, simple ou quelquefois rameuse, donnant naissance à une tige herbacée , dressée, cylindrique , tomenteuse , ainsi que toutes les parties herbacées de la plante. Les feuilles sont alternes, péliolées , molles, douces au toucher, cordiformes, à trois ou cinq lobes peu marqués, aigus, crénelés; deux stipules membraneuses, caduques , pubescentes, divisées profondément en deux ou trois lanières étroites , existent à la base de chaque feuille. Fleurs blanchâtres , ou légèrement lavées de rose, presque sessiles, axillaires , formant une espèce de panicule à l'extrémité de la tige. Calice double -, l'extérieur à neuf divisions étroites, aiguës, plus courtes que l'intérieur ^ qui en offre cinq, ovales , acuminées, très aiguës. Corolle de cinq pétales subcordiformes , entiers , rétrécis inférieurement, où ils sont unis avec la substance des filets anlhérifères , de manière à recouvrir et cacher entièrement le pistil. Étamines en nombre indéterminé, inonadelphes ; filets subulés et distincts vers leur partie supérieure , réunis dans leurs deux tiers inférieurs en un tube traversé par le style. Anthères réniformes , transversales, attachées par le milieu de la face inférieure , uniloculaires. Ovaire libre, très déprimé, arrondi, pubescent, discoïde, marqué dans son contour d'un grand nombre de côtes , présentant intérieurement un grand nombre de loges monospermes , qui dans le fruit sont autant d'akènes complets , offrant un axe central très épais, auquel ils sont attachés. Style plus court que le tube des étamines, glabre, cylindrique, fendu supérieurement en huit ou neuf divisions étroites ; chacune d'elles est terminée par un stigmate capitulé , très petit. Fruit orbiculaire , très déprimé , tonienteux , relevé de côtes, qui sont chacune autant de petites coques monospermes , et enveloppé par le calice persis-

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tant. La guimauve croît dans les champs cultivés : elle fleurit en juin et juillet. ^

Propriétés et usages- Sa racine est peut-être un des médicamens les plus fréquemment usités. Elle donne par son ébullition dans l'eau un mucilage très-abondant. Elle est employée avec succès pour combattre Tinflammation. Elle a été analysée par M. Bacon , professeur de chimie à l'école secondaire de Caen 5 il y a reconnu les principes suivans : de l'eau, de la gomme, du sucre, une huile grasse, de l'amidon, une ma- -tière transparente non acide, cristallisant en octaèdres , et que l'àutéur appelle althéine , du malate acide d'allhéine , de l'albumine , du ligneux et différens sels {Journal de chimie médicale , novembre 1826, p. 551). M. Plisson , sons-chef à la pharmacie centrale, s'est également occupé du môme sujet, et a obtenu l'althéine dans son état de pureté. C'est une matière amorphe, blanche , opaque. Telle que M. Bacon l'avait extraite, elle était d'uii vert d'émeraude , cristallisable et brillante. M. Plisson a conclu de cette différence que l'althéine de M. Bacon était le malate qui n'avait pas été décomposé à froid ( Journ. chim. méd. t. 3 , p. 151 et 308 ). On a reconnu depuis que V althéine était identique avec Vasparagine.

Ses feuilles et ses tiges peuvent être employées aux mêmes usages. Ce médicament est surtout prescrit pour l'usage externe.

Guimauve ROSE TRÊMiÈRE. Althœa rosea. Cavan. Dissert. 2.

Alcœa rosea. L. Sp. 966.

Noms vulgaires: passe-rose, rose trémière. Partie usitée : les feuilles.

Plante bisannuelle ou vivàce , dont la tige dressée , droite , simple, cylindrique, pubéscente, s'élève quelquefois à quatre du huit pieds. Ses feuilles sont grandes, alternes, pétioléés, subcordiformes , légèrement quinquélobées , à lobes obtus ; elles sont tomenteuses , un peu rudes , surtout en dessous. A la base du pétiole sont deux stipulés découpées en lanières étroites. Les fleurs sont extrêmement grandes, roses^ blanches,

BfAtVACÉES. 847

ûii rouges, courtenient pédonculées à l'aisselle d'une bractée incisée en découpures linéaires ; elles constituent un long épi qui occupe le quart supérieur de la tige. Le calicule, ou calice extérieur, est monosépale, très tomenteux, à six divisions ovales, aiguës. Le calice , plus grand , est à cinq divisions de môme forme, et opposées à celles du calicule; tous deux sont persistans. La corolle est très grande , subcampanulée, formée de cinq pétales obovales , très obtus ,, très larges supérieurement, rétrécis et subcunéiformes à la base, où ils sont réunis et confluens avec la matière des filets staminifères; en sorte qu'ils tombent tous d'une seule pièce , emporiant avec eux les étamines , et que la corolle paraît monopétale. Les étamines sont très nombreuses (environ cent), réunies par leurs filets et monadelphes. Les fruits sont formés par un grand nombre de coques contiguës par leurs côtés, et rapprochées circulairement au centre du calice. La rose trémière est cultivée dans tous les jardins et parterres d'agrément , à cause de l'éclat , de la variété et de la grandeur de ses fleurs. 1^

Propriétés et usages. On peut l'employer aux, mêmes usages que la guimauve. Elle fournit un mucilage abondant. Ses fleurs, dans la variété rouge, sont un peu astringentes, et ont la réputation d'être vulnéraires. Mais cette propriété astringente est tellement masquée par l'abondance du mucilage , que son action est presque nulle.

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