Partie usitée : la racine
L'acore offre une racine vivace, rampante, horizontale, de la grosseur du doigt, présentant des nœuds de distance en distance , et donnant naissance à des fibres radicales très nombreuses et à une touffe de feuilles étroites ensiformes, glabres, striées, engainantes à leur base, longues de deux à trois pieds. La lige est dressée, très simple, comprimée et ensiforme comme les feuilles, un peu plus longue qu'elles 3 s'ouvrant à sa partie moyenne sur l'un de ses côtés, pour laisser sortir un spadice sessile, de la grosseur du doigt, long de deux à trois pouces, et couvert de fleurs hermaphrodites. Ces fleurs sont très serrées les unes contre les autres. Le fruit est une petite capsule triangulaire à trois loges , entourée par le calice qui est persistant.
Celle plante croît sur le bord des fossés et des étangs, dans les Vosges, l'Alsace, la Normandie, dans l'Inde et au Japon, etc. ip
Propriétés et usages. Sa racine est aujourd'hui répandue dans le commerce sous le nom de calanms aromaticus. Mais cependant ce n'est pas lu la véritable racine de calamus aromaticus
dont les anciens ont parlé et qui venait de l'Inde. D'après les recherches de M. Guibourt {'Journ. de ch. méd. 1, p. 229) , celte dernière racine serait celle du gentiana chyraita. Voyez plus loin à l'article Gentianées.
La racine d'acore vrai est une souche cylindrique de la grosseur du doigt, offrant sur l'un de ses côtés les restes des radicules, et sur l'autre les vestiges ou anneaux des feuilles qui en naissaient. Sa couleur est d'un brun clair à l'extérieur, rosée intérieurement. Son odeur est agréable, sa saveur aromatique et comme camphrée. Elle renferme, d'après l'analyse de M. Tromsdorff, une huile volatile, de la résine, une matière extractive, de la gomme et de l'inuline. Cette racine doit être placée parmi les substances stimulantes : on l'administre en poudre à la dose d'un scrupule à un gros, ou en infusion dans du vin. On en fait rarement usage en France. Cependant c'est un médicament énergique, et qui mériterait sans aucun doute d'être plus fréquemment usité. En Allemagne, on s'en sert plus souvent, et on l'administre dans plusieurs circonstances, contre les fièvres intermittentes^ la goutte, l'œdème des extrémités inférieures. C'est sous la forme de décoction, à la dose d'une once pour deux livres d'eau, qu'on la prescrit généralement.
On prépare aussi cette racine au sucre, après l'avoir blanchie, à la manière des tiges de l'angélique; et à Constantinople on l'emploie fréquemment en cet état, surtout dans les maladies épidémiques.
Propriétés médicales et usages des .àroïdées.
Dans cette famille de plantes , comme au reste dans presque toutes les autres familles monocotylédonées, ce sont les racinos seules qui offrent de l'intérêt , sous le rapport de leurs propriétés médicales ou des usages économiques auxquels on peut les employer. Ainsi , dans le plus grand nombre des Aroïdées , les racines sont tuberculeuses , charnues, remplies de fécule , et peuvent , quand on les a privées du suc ûcre et caustique qui s'y trouve mélangé , servir efficacement à la nourriture de l'homme; ce que l'on remarque très bien dans les racines d'J-
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rum esculentum,A. colocasia , A. arisarum , etc. Ce principe âcre étant très volatil et soluble dans l'eau , on parvient à en priver ces racines, soit par la dessiccation, soit par la torréfaction, soit enfin par des lavages fréquemment répétés. Cette propriété nutritive des racines d'Aroïdées se retrouve dans toutes les plantes de celte famille qui sont répandues dans les diverses contrées du globe , pourvu toutefois que ces racines soient charnues ; leur composition chimique est identique. Le suc caustique rend suspectes dans leur usage plusieurs plantes de celte famille.