‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 18 sur 187 · LAICHE. — CAREX. L. J · texte numérisé non relu

LAICHE. — CAREX. L. J

Fleurs monoïques dans un même épi ou dans deux épis distincts ou chatons écailleux ; fleurs mâles ayant trois étamines ; fleurs femelles présentant un ovaire ordinairement triangulaire, entièrement enveloppé dans un urcéole ouvert au sommet ; style simple , terminé par trois ou seulement deux stigmates. Le fruit est un akène enveloppé dans son urcéole.

Le chaume est très souvent triangulaire.

Laiche des sables. Carex hrenaria. L. Sp. 1381. Schkw. Car.,

Nom pharmaceutique: radix caricis. Nom vulgaire : Salsepareille d'Allemagne. Partie usitée : la racine ou souch» souterraine. ^

Cette petite plante est remarquable par la longueur de sa racine , qui est une souche horizontale , rampante sous la terre, grosse comme une plume à écrire , noueuse et enveloppée des débris des feuilles desséchées et devenues brunâtres 3 les rameaux sont redressé* , triangulaires , hauts de cinq h dix pou-

Ca BOTANIQUE.

ces , assez nombreux ^ rudes sur les angles ; les feuilles sont engainantes ^ étroites , aiguës, très rudes au toucher. Les fleurs sont roussâtres , disposées en un épi composé de cinq à six épillets ovoïdes , alongés ; les épillets inférieurs sont formés de fleurs femelles , les supérieurs de fleurs mâles et femelles entremêlées. Les écailles sont ovales, lancéolées, très aiguës, plus longues que les fruits qui sont triangulaires, et terminées par deux petites pointes.

Celte espèce croît dans les lieux sablonneux aux environs de Paris, à Mortefontaine,et sur les bords de la mer. On la plante dans les lieux sablonneux et sur les dunes pour arrêter et fixer le terrain. 1^.

Propriétés et usages. Ses racines ont une saveur légèrement aromatique , qui a quelque analogie avec celle de la salsepareille. Aussi l'a-t-on proposée comme succédanée indigène de cette racine , et est-elle connue sous le nom vulgaire de salsepareille d'Allemagne. Merz , qui a écrit une dissertation sur les espèces de carex que l'on peut substituer à la salsepareille, vante singulièrement les effets de cette plante dans le traitement des maladies vénériennes.

Plusieurs autres espèces , à racines longues et rampantes , jouissent des mêmes propriétés ; telles sont celles des Carex disticha, C- hirta, etc. Cette racine ou souche est facile à distinguer de la véritable salsepareille , à cause des écailles qui la recouvrent dans presque toute son étendue. Dans la salsepareille, ce sont les fibres radicales que l'on emploie, tandis que dans le Carex arenaria, ce sont les tiges rampantes.

Propriétés médicales et usages des Cypêracées.

LesCypéracées présentent fort peu d'intérêt, considérées sous le point de vue de leurs propriétés médicales. Ce sont presque toutes des plantes herbacées insipides et inodores. Il n'y a guère que les racines de certaines espèces de laiches ou de souchets qui soient douées de quelque vertu excitante , à cause de leur odeur aromatique et de leur saveur plus ou moins piquante :

GRAMIÎîriKS.

encore ces médicamens sont-ils presque inusités par les praticiens modernes.

La quantité de fécule amilacée que contiennent les racines de quelques souchets les rend propres à servir d'aliment, ainsi qu'on le remarque pour le cyperus esculentus.

C'est avec la tige d'une espèce de souchet ( Cyperus papyrus L.) qui croît dans l'Inde, en Egypte, en Sicile, etc., qu'on préparait les papyrus sur lesquels sont écrits la plupart des manuscrits de l'antiquité.

HDITIÈME FAMILLE.

GRAMINÉES. — GRAMINEM,

Les Graminées j l'une des familles les plus naturelles du règne végétal, présentent une organisation tellement particulière, qu'il est impossible de méconnaître l'affinité des genres qui la composent. Les fleurs sont, à proprement parler, nues^ c'est à dire composées des seuls organes sexuels, sans calice ni corolle; de simples écailles tiennent lieu de ces enveloppes. La disposition régulière de ces écailles leur a fait donner des noms particuliers ) ainsi l'on nomme gîume (1) les deux écailles qui forment chaque fleur ; tantôt cette glume est bivalve, quelquefois elle n'est composée que d'une seule valve ou écaille j les fleurs des Graminées sont ordinairement hermaphrodites, quelquefois elles sont unisexuées, monoïques, dioïques ou polygames : les fleurs hermaphrodites sont composées d'un pistil formé d'un ovaire uniloculaire, monosperme, surmonté d'un ou de deux styles, le plus souvent de deux stigmates barbus et glanduleux; le nombre des étamines est ordinairement de

(1) Tous les auteurs ne sont pas d'accord sur les noms à donner aux écailles florales des Graminées. Linnaeus nommait glume ou calice ce que nous appelons lépicène; corolle, ce que nous nommons glume; et nectaire , ce qui est désigné sous le nom de glumelle. Jussieu , au contraire , appelle calice ce que Linnaeus nommait corolle; Beauvois donne le nom de baie à la lépicène , et le nom de glume à chacune de ses valves ; celui de siragulc à notre glume , qui est la corolle de Linnjeus et le calice de Jussieu,

trois; cependant il y a des Graminées à une, à deux, à six et à un grand nombre d'étamines ; à la base de l'ovaire se trouvent une ou deux petites paléoles ( qui manquent quelquefois ); elles constituent la glumelle. Ces fleurs sont le plus souvent rassemblées plusieurs ensemble sur un axe commun , et forment de petits épis qui portent le nom à'épillets (spiculœ), A la base de chaque épillet on trouve deux écailles vides sans organes sexuels, constituant la lêpicène ; quelquefois il n'y a qu'une valve ou écaille à la lêpicène, qui est alors univalve. Les épillets sont tantôt réunis en un épi serré et simple , d'autres fois cet épi est rameux ; enfin ils constituent fréquemment une panicule. Le fruit est une cariopse ou un akène; l'embryon est endospermique, extraire et basilaire; l'endosperme est farineux ; l'embryon est plus ou moins dur.

La tige des Graminées porte le nom de chaume ; elle est ordinairement creuse et marquée de nœuds pleins de distance en distance ; les feuilles sont alternes et engainantes ; leur gaine est fendue longitudinalement ; au point de réunion de la gaine, que l'on peut regarder comme une sorte de pétiole, et de la base de la feuille, est une petite languette désignée sous le nom de ligule.

i° Fleurs hermaphrodites à trois étamines. ; A. Fleurs en épis.

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