‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 20 sur 187 · PROUST. VOGEL · texte numérisé non relu

PROUST. VOGEL

{Ann, chim., V, p. 340.) {Journ. phann., 111, p. 211.)

Amidon 74,5 Amidon 60

Gluten 12,4 Gluten non desséché 24

Extrait gommeux et sucré. ... 12 Sucre gomnicux »;{)jlw -'5

Résine jaune 1 Albumine végétale 1,5

GRA.MINKII». ^7

En traitant le gluten par l'alcool , M. Taddei a obtenu deux substances particulières, l'une nommée glaïdine, soluble dans ce menstrue, l'autre insoluble, qu'il nomme zymon. Ce chimiste a déplus reconnu que le gluten , ou même la farine de froment, décomposait le sublimé corrosif, et le transformait en calomel. Il a donc proposé le gluten comme un antidote du sublimé, et il a été à même d'en reconnaître l'efficacité dans un cas d'empoisonnement par le deuto-chlorure de mercure. (V. Journ. de pharm. 1829. Recherches chimiq. et méd. sur un nouvel antidote contre le sublimé corrosif, par Taddei j traduit de l'italien , par G. Odier, 1821.)

Froment rampant. Triticum repens. L. Sp. 128. Schreb.

Gram. t. 26.

Nom pharmaceutique : radix tritici. Nom vulgaire : chiendent des boutiques. Partie usitée : la racine.

Cette plante est vicace j ses racines, longues, rampantes, s'étendent et se propagent avec une rapidité qui fait quelquefois le désespoir du cultivateur. Ces racines , ou tiges souterraines, sont blanches , grêles, cylindriques, noueuses. Leurs tiges droites, hautes d'environ deux pieds, portent des feuilles vertes , légèrement velues en dessus. L'épi est alongé , comprimé, long de trois pouces ou à peu près 3 les épillets sont distiques, sans arête, et renferment ordinairement de quatre à cinq fleurs ; les valves sont aiguës à leur sommet.

Cette plante croit en abondance dans les lieux incultes, le long des haies, des vieux murs,

Propriétés et usages. Ce sont ces tiges souterraines que l'on vend sous le nom de chiendent. Leur décoction est très fréquemment mise en usage. Elle est un peu mucilagineuse, et contient quelques principes salins, qui la rendent légèrement rafraîchissante et diurétique. On prépare aussi un extrait de chiendent peu usité. Il faut avoir soin de contondre ou de ratisser le chiendent, afin d'en enlever la pellicule extérieure, qui, dit-on, est âcre. Pfaff , en traitant la racine de chiendent par l'alcool, et laissant cristalliser par refroidissement, en a retiré un sucre d'un«

'Jt) BOTANIQUE,

iialure toute spéciale, qui cristallise en prismes, ei offre une saveur très agréable.

Une seconde espèce de chiendent , connue sous le nom de gros chiendent, beaucoup moins employée, est fournie par une nuire Graminée, nommée pied de poule ( cynodon daclylon Rich. on Paniaun dactylon L. ) , plante excessivement commune dans les lieux stériles, le long des vieux murs. La racine du cynodon dactylon contifnt une plus grande quantité de matière sucrée que le chiendent ordinaire. En Allemagne , on emploie cette racine au moins autant que celle du iriticiun repens.

IVRAIE. - LOLIUM. L. J.

Ce genre diffère du froment par la position de ses épillets , qui regardent l'axe par une de leurs faces, et non par un de leurs côtés, et par sa lépicène, qui est quelquefois à une seule valve.

Ivraie ENIVRANTE. Loliumtemulentum.h. Sp. 122. Bull. t. 107.

Racine annuelle, capillaire, surmontée d'un chaume dressé, haut d'un à deux pieds, offrant quelques nœuds. Feuilles engainantes, très longues , planes, assez larges, un peu rudes au toucher j gaine fendue, ayant à son orifice une membrane tronquée. Fleurs disposées en épi distique à la partie supérieure du chaume : épillets alternes, sessiles, comprimés d'avant en arrière. Lépicène bivalve parallèle à l'axe, renfermant six fleurs, qui constituent un épillet alongé et comprimé; valves inégales ; l'externe de la longueur de l'épillet, lancéolée, aiguë, striée longitiKlinalement, l'interne plus petite; ayant à peu près le tiers de la hauteur de l'épillet, mince et scarieuse. Dans chaque fleur la glume est bivalve j les valves sont à peu près égales ; l'extérieure, un peu plus grande, ovale, striée, presque obtuse, est teminée par une arête assez longue , doite, subulée et un peu scabre, qui est insérée au dessous de son sommet. Le fruit est alongé, petit. Celte plante est commune dans les champs.

Propriétés et usages. L'ivraie est une piaule cli\ii connue par les auteurs de l'anliquité, et désignée conimc un des végétaux les plus nuisibles aux moissons et à l'homme. Mais ces assertions nous paraissent exagérées , et ont besoin d'ûlre réduites a leur juste valeur. Les fruits de l'ivraie paraissent contenir un principe vireux et délétère, qui a souvent occasionné des accidens graves, lorsque les graines de cette plante se sont trouvées mélangées avec le blé ou le seigle. Mais cependant ces accidens n'ont jamais été jusqu'à produire la mort. Quelques expériences plus récentes sembleraient même n'attribuer h l'ivraie aucune propriété délétère, opinion que cependant nous sommes loin de partager.

Parmenlier a donné le moyen de faire perdre aux graines d'ivraie leur âcreté. Il suffit de les sécher au four avant de les réduire en farine. Le pain que l'on prépare alors avec elles n'est plus malsain , surtout quand on le mange lorsqu'il est bien refroidi.

SEIGLE. — SECALE. L. J.

Épillets solitaires sur chaque dent de l'axe , biflores ; lépicène à deux valves lancéolées : glume à deux paillettes, dont l'inférieure est terminée par une soie; la supérieure est fnutique. Les de\ix styles sont extrêmement courts , les deux stigmates sont plumeux : la cariopse est enveloppée dans la glume et marquée d'un sillon.

Seigle clltivé. Secale céréale. L. Sp. 124. Lamk. III. t. 49.

Piacine capillaire annuelle. Chaume herbacé , noueux , glabre inférieurement, lisse, de quatre à six pieds de hauteur. Feuilles alternes, engainantes. Fleurs hermaphrodites disposées en lin épi alongé, simple, barbu. Lépicène bivalve, biflore, attachée à chacun des crans du rachis. Valves étroites, lancéolées, aiguës, rudes, plus courtes que la glume. Glume bivalve; valve extérieure plus grande , comme en nacelle, couverte sur son angle externe de poils courts et très rudes , terminée à son sommet par une arête filiforme , longue , droite et très rude; valve intérieure un peu plus courte, mulique, assez molle.

7° BOTANIQfE.

alongée , obtuse , concave. Le fruit est une cariopse ovoïde alongée, marquée d'un sillon longitudinal.

Cette graminée est originaire de l'Asie mineure; on la cultive aujourd'hui en Europe, dans les contrées froides et les terrains maigres.

Propriétés et usages. Le pain fabriqué avec sa farine est un peu dense, gras, d'une couleur brune; son goût est agréable; il est fort nourrissant, un peu rafraîchissant. Quand on mêle ensemble les farines de froment et de seigle , on obtient un pain plus substantiel et encore plus nourrissant. On fait avec la farine de seigle des cataplasmes résolutifs.

La farine de seigle a été analysée par Einhoff, il y a trouvé : amidon 61,09; sucre 3,27; mucilage 11,09; gluten non desséché 9,48; albumine 3,27; enveloppes 6,38; perte S, 42.

Plusieurs graminées , le seigle surtout , sont sujettes à présenter, à la place de leur grain , une excroissance noirâtre , alongée, plus longue que les écailles florales , recourbée , et que l'on désigne sous le nom ergot; de là le nom de seigle ergoté donné à leurs grains, lorsqu'ils offrent cette altération. Jusqu'à présent l'on avait attribué cette transformation à une maladie qui dénaturait la substance intérieure de la graine du seigle. M. De Candolle, au contraire, regarde celte végétation comme une espèce particulière de champignon , auquel il donne le nom de sclerotium clavus.

Plus récemment, en 1826, M. le docteur Léveillé, dans les Annales de la Société linnéenne de Paris, a émis une autre opinion sur cette production et ses développemens. Elle commence toujours à se montrer avant la fécondation, et par conséquent dès les premiers temps de l'apparition des fleurs. Elle se développe dans l'intérieur même des valves de la glume, et se montre d'abord sous la forme d'un tubercule mou , presque liquide, visqueux, d'une odeur désagréable, qui occupe la partie supérieure de l'ovaire resté à l'état rudimentaire. Peu à peu celui-ci devient noirâtre , s'alonge et tend à pousser le tubercule au dessus des écailles qui le recouvraient. Quelquefois le tubercule se rompt en traversant les membranes ; d'autres fois il se conserve entier, cl alors son volume s'accroît.

GRAMINEES. 7'

Quand son accroissement s'est terminé , il laisse exsuder une matière visqueuse qui, se répandant sur l'ovaire, y forme une couche mince et jaunâtre qui s'enlève par plaques. Le tubercule a une forme irrégulièrement globuleuse, offrant à sa surface des ondulations cérébri formes. Si on le coupe en travers, il présente quatre ou cinq lignes partant d'un centre commun et formant une sorte d'étoile, M. Léveillé considère ce tubercule terminal comme un champignon parasite , qu'il nomme sphaceUa segelum. Cette opinion, comme on le voit, réunit les deux manières dont on avait jusqu'à présent considéré l'ergot. Ainsi celte production est à la fois formée par le grain malade et par un champignon parasite qui en occupe le sommet.

En6n quelques auteurs ont cru que l'ergot était une maladie du grain occasionnée par la piqûre d'un insecte. M. Debourge (V. Bull, de l'Acad. roy. de méd., tom. II, p. 526) a pensé que c'était un coléoptère du genre téléphore (le téléphore mélanure) qui produisait l'ergot, en déposant sur le grain très jeune une liqueur irritante. Mais cette opinion n'a rien de fondé et a été rejetée.

Quoi qu'il en soit de la nature de l'ergot des Graminées, il est certain qu'il donne lieu à des accidens extrêmement graves , lorsqu'il se trouve mélangé , en quantité notable, dans les farines de seigle ou de froment : ces accidens sont des vertiges , des étourdissemens , la gangrène des extrémités , et même la mort. On a donné le nom d'ergotisnie à la série d'accidens que provoque le seigle ergoté. Tantôt cette substance agit plus spécialement sur le système nerveuxj de là le nom d'ergotisnie convulsif. Tantôt, au contraire, l'un des phénomènes prédominans est la gangrène, qui s'empare des extrémités, et particulièrement des extrémités inférieures; c'est à cette variété qu'on a donné le nom d'ergotisnie gangreneux. On trouve dans les auteurs un grand nombre de relations des épidémies que l'usage du seigle ergoté a souvent provoquées. Dans tous les cas , ce sont des accidens graves, qui souvent compromettent la vie des malades. (Voyez l'article Ergot, dan» le Dictionnaire de médecine, en 2t volumes.)

7^ «OTANiQUK.

Malgré celle action délétère, l'on a essayé l'emploi de l'ergot à l'intérieur. Quelques praticiens l'ont préconisé comme possédant la vertu d'exciter les contractions de l'utérus, et comme propre à activer le travail de l'accouchement , lorsqu'il est lent et difficile, à cause de la faiblesse des contractions de cet organe. En Angleterre , les docleurs II. Davies et Clark Vont employé avec succès. Ce dernier, chirurgien à Bristol , a publié trois observations dans lesquelles la poudre de seigle ergoté, donnée à la dose d'un scrupule dans une tasse de thé, a parfaitement réussi pour terminer l'accouchement chez les femmes où le travail était complètement arrêté par l'absence des douleurs. Ce médicament agit en peu de temps. M. le docteur Chevreul père , praticien très recommandable d'Angers , dit , dans son Précis de l'art des Accoucheincns , qu'il a employé très souvent le seigle ergoté à la dose de trente grains, et qu'il en a constamment retiré d heureux effets.

Enfin, depuis un certain nombre d'années , l'usage du seigle ergoté s'est considérablement répandu en France, en Allemagne et en Angleterre. On peut consulter à cet égard une foule d'observations qui ont été consignées dans les journaux de médecine , et entre autres dans les Archives générales de Mé' decine et le Journal de Chimie médicale , etc.

Le seigle ergoté , analysé par Vauquelin [Ann. de Chimie et de Physique , t. 3, p. 337 ) , lui a présenté pour substances immédiates : 1° deux matières colorantes , l'une jaune fauve et soluble dans l'alcool , l'autre violette, analogue à l'orseille , mais insoluble dans Talcool , et pouvant être employée dans a teinture; 2° une matière huileuse, douceâtre et très abondante; 3° un acide indéterminé (probablement de l'acide phosphorique) ; 4° de l'ammoniaque libre ; 5** et une substance végéto-animale très abondante et très disposée à la putréfaction ; par conséquent , ni amidon , ni sucre , ni mucilage , ni gluten, matières dont est presque entièrement composéeJa farine de seigle à l'état ordinaire.

Le seigle ergoté a été analysé dans ces derniers temps par Wiggersj voici les principes qu'il en a retirés : huile grasse particulière , matière grasse particulière , cérine, crgodne, osma-

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