LIS. -• LILIUM. L. J
Calice campanulé, hexasépale^ régulier j sépales marqués en dedans d'un sillon glanduleux j élamines plus courtes que le pistil. Style simple , terminé par un stigmate Irigone : capsule triloculaire , renfermant un grand nombre de graines aplaties. Racine bulbifère; bulbe écailleux.
Lis blanc. LiUum candidum. L. Sp. 433. Red. Lil. , t. 199.
Son bulbe est arrondi, formé d'écaillés charnues imbriquées, dont quelques unes des plus extérieures s'alongent en feuilles à leur sommet. La tige est simple et dressée, glabre, cylindrique, feuillue, haute d'environ deux pieds. Le's feuilles sont éparses, sessiles. lancéolées, aiguës, glabres, d'un vert clair. Les fleurs sont blanches , très grandes , répandant une odeur très forte et agréable; elles forment une sorte d'épi à la partie supérieure de la tige , et sont portées sur des pédoncules d'un pouce de longueur, dressés, un peu striés. Les six étamines sent plus courtes que le style , qui est terminé par un stigmate à trois lobes obtus. Le fruit est une capsule triloculaire, obovoïde et à
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six angles. Le lis est originaire d'Orient ; on le cultive dans tous les jardins, à cause de la beauté et de l'odeur suave de ses fleurs. ^
Propriétés et usages. On ne fait plus maintenant usage dans la ihérapeuliquc que des bulbes ou ognon» de lis. Ils sont formés d'écailh'S imbriquées, épaisses , charnues , remplies d'une grande quantité de mucilage et d'amidon , auxquels se joint une petite quantité d'un principe âcre. On prépare avec ces bulbes , cuits sous les cendres , des cataplasmes légèrement exci» tans , dont on fait un fréquent usage pour accélérer la suppuration , dans les abcès sous-cutanés. Quant à Veau distillée de fleurs de lis, vantée comme antispasmodique , et à l'huile dans laquelle on faisait macérer ces fleurs, on ne les emploie plus aujourd'hui.
AIL. — ALLWM. L. J.
Fleurs disposées en ombelle simple ou sertule , enveloppées dans unespathe avant leur développement , laquelle est formée de deux écailles sèches et membraneuses. Calice campanulé , formé de six sépales distincts , dressés ; filamens des étamines souvent trifurqués au sommet. Racine bulbifère^ bulbe à tuniques , simple ou composé.
Ail commun. Allium sativum. L. Sp.
Nom vulgaire : ai7, ail cultivé.
Le bulbe de celte plante est composé de plusieurs autres petits bulbes ovoïdes , rapprochés, réunis, et enveloppés dans des membranes minces , blanchâtres , qui leur sont communes. Ces petits bulbes sont vulgairement désignés sous le nom de gousses d'ail. La tige est haute d'un pied et demi , cylindrique, glabre, portant des feuilles engainantes, planes, lancéolées, étroites, alongées. L'ombelle est terminale, composée de fleurs blanches pédonculées , entremêlées de bulbilles charnus et écailleux.
L'ail croit naturellement en Italie , en Sicile , et dans les provinces méridionales de la France : on le cultive dans les jardins potagers.
Propriétés ei usages, Les bulbes do l'ail cultivé ont une
tlÙ Mol'ÂTilQVB.
odeur forte et piquante , une saveur âcre et brûlante , principalement due à une huile volatile très odorante , de coiile.ur jaune. Ils contiennent de plus de l'albumine, du soufre, une matière sucrée et im peu de fécule. L'ail est un« substance très stimulante. Dans l'économie domestique on l'emploie comme assaisonnement. Les liabitans dfs contrér'S méridionales en font une grande consommation, surtout en Provence et en Espagne. L'ail est également employé comme médicament. Quelques praticiens en ont vanté l'usage dans les rétentions d'urine, surtout celles qui dépendent de l'atonie de la vessie j mais c'est principalement comme vermifuge qu'il est plus fréquemment mis en usage. On administre quelques gouttes du snc exprimé de ses bulbes sur un morceau de sucre , ou bien on les mélange crus ou cuits avec les alimens. Appliqué sur la peau , l'ail peut en occasionner la rubéfaction.
Ail POfREAu. Al Hum porrum. L. Sp.
Nom vulgaire : poireau.
La racine est fibreuse : les feuilles sont planes , un peu eanaliculées, alongées, aiguës , longues d'un pied et plus, engainantes , serrées les unes contre les autres, et charnues à leur base, de manière à repiésenter un bulbe blanc, ovoïde, alons^é , peu renflé , dont toutes les tus iqnes se sont changées en feuilles qui environnent étroitement la lige simple, cylindrique, haute de trois à quatre pieds -, l'ombelle est globuleuse , composée de fleurs petites et rougeâtres. Cette plante est cultivée dans les jardins potagers; elle est moins âcre que l'ail et l'ognon ordinaire. Elle est plus raucilagineuse ; son usage est très favorable aux personnes affectées de catarrhe chronique de la vessie.
Ail ognon. AlUuin cepa. L. Sp.
Nom vulgaire : ognon des cuisines:
Son bulbe est arrondi , ventru , quelquefois ovoïde , alongé, d'une grosseur très variable, composé de tuniques épa'sses, charnui^s , distinctes, et recouvert extérieurement de un nibranes séchais, minces , scarieusés , d'un jaune doré , ou blanches. Sa hampe est nue , cylindrique, haute d'environ deux pieds ,
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creuse inlérieurement , et plus renflée vers sa parlicmoyenne -, ses feuilles sont (également cieuses, cylindriques , terminées en pointe à leur sommet, et un peu plus courtes que la hampe. Ses fleurs blanchAtres forment un sertule capitulé ovoïde. Elles sont fort nombreuses et peu ouvertes. On cultive abondamment cette plante pour recueillir son bulbe, fort usité dans les préparations culinaires. Lorsqu'il est cru, il a une odeur forte , piquante , une saveur Acre et un peu sucré^^ ; il perd cette âcreté par la cuisson , et il est alors assez nourrissant , mais en général difficile à digérer, et donnant souvent des rapports désagréables et nidoreux. L'ognoa cru , appliqué sur la peau, en détermine la rubéfaction , à la manière des sinapismes : on peut donc en faire des cataplasmes irritans. Ou l'a surtout employé à l'intérieur comme diuréf'q le. Les bulbes d'ognons sont composés, d'après les recherches de Fourcroy et de Vauquelin , 1° d'une huile blanche , âcre , volatile, tenant en dissolution du soufre , qui la rend fétide ; 2° d'une matière végéto-animale analogue au gluten , et susceptible de se concréler par la chaleur: 3" de beaucoup de sucre încristailisable ; 4° d'une grande quantité de mucilage semblable à la gomme arabique j 5° d'acide phosphorique tant libre qûê coiYibiné à la chaux, d'acide acétique et d'un peu de citrate calcaire ; G° el de fibre végétale.
C'est à l'huile volatile que l'ognon doit sa propriété irritante que la cuisson lui enlève presque entièrement. Le principe gommeux-sucré y est alors si abondant, qu'on s'en sert souvent comme d'un excellent topique émollicnt et résolutif. Cependant il n'a pu éprouver de fermentation vineuse lorsqu'on l'a soumis à une température de 18 à 20 degrés. Le sucre avait bien disparu; mais il paraît qu'au lieu de se transformer en alcool , comme cela arrive ordinairement, ses principes s'étaient convertis en acide acétique et en mannite, substance qui, comme nous le verrons par la suite, constitue la majeure partie de la manne. Nous observerons d'une manière générale , que tous les bulbes de Liliacées contiennent du mucilage presque identique avec la gomm'^ arabique. Il est surtout très abontl-mt dansceux delà .-;cil/a nntnnsDC. on hyacinthus non scriptusL., planf qui est assez cf^mmune dans les bois des environs de Paris.
BOTANlQnE.
Propriétés médicalei du genre ail en général. H est peu de genres, non seulement dans celle famille, mais encore dans tout le règne végétal^ où les propriétés médicales offrent plus d'ensemble et d'analogie que parmi les aulx. Toutes les espèces en effet ont des bulbes charnus qui conliennent, outre le mucilage, de la fécule, une huile volatile très âcre, piquanle, qui leur donne des propriétés stimulantes fort remarquables. Ce» propriétés existent, non seulement dans les bulbes, mais encore dans les feuilles, qui offrent et la môme odeur et la môme saveur.
Indépendamment des trois espèces dont nous avons donné la description, plusieurs autres sont également employées dans les préparations culinaires. Telles sont l'échalolte {AUiuni as- Calonicum), la civette [A. schœnoprasuni), la rocambolle [A. scoroc/oprasum), etc. Toutes jouissent des mêmes propriétés, et ne diffèrent que par quelque nuance dans la saveur.