‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 37 sur 187 · QUATORZIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

QUATORZIÈME FAMILLE

NYMPHÉACÉES {\). — NYMPHE ACE jE.

Le périanthe est coloré , pétaloïde , formé d'un grand nombre de folioles, disposées sur plusieurs rangées et souvent insérées, ainsi que les étamines, sur la partie inférieure des parois de l'ovaire ; les plus extérieures de ces folioles semblent

(1) Ce n'est point ici le lieu de discuter la place que doit occuper cette f.Tmillc dans la série des fjiniillcs nalurcllcs. FMusienrs Ijotaidstcs , s'appuyantsurdcs ressemblances exiéricuies plutôt que sui' la sirucluie interne des Nymphéacées, les rangent parmi les Dicotylédons , entre les ftcnonculacécs et les Papavéracécs.

Il8 BOTANIQUE.

constituer un calice , tandis que les intérieures formeraient une corolle. Les étamines sont fort nombreuses • les anthères sont tournées vers le centre de la fleur. L'ovaire est simple , recouvert dans sa presque totalité par les folioles du périanthe et par les étamines ; il est globuleux, à plusieurs loges qui contiennent chacune un grand nombre d'ovules ; le stigmate est rayonnant , pelté , sessile. Le fruit est globuleux , ressemblant pour l'extérieur à une capsule de pavot, indéhiscent, charnu à son intérieur j partagé en un grand nombre de loges, renfermant des graines éparses dans une pulpe charnue. Les Nymphéacées sont toutes des plantes vivaces qui végètent au milieu des eaux douces, et dont les fleurs sont grandes et souvent brillant des plus vives couleurs,

NÉNUPHAR. — NYMPHEA. Solisb.

Périanthe formé d'un grand nombre de sépales, dont les plus extérieurs constituent une sorte de calice, et les plus intérieurs une corolle polypdlale. Les étamines sont nombreuses , attachées, ainsi que les sépales, sur les parois extérieures de l'ovaire, qui est globuleux , à plusieurs loges , et surmonté d'un stigmate pelté, divisé en lobes rayonnans et glanduleux en dessus. Le fruit est charnu intérieurement , surmonté par le stigmate persistant.

Nénuphar BLANC. Nymphœa alba. L. Sp. 729. Fl. dan., t. 602.

Nom pharmaceutique : nymphœœ albœ radix. Partie usitée : la racine.

La racine est une souche charnue , jaunâtre, rameuse, de la grosseur dubfâs, rétbiivet-te d'écaillés écartées, donnaht naissance S Uti grand nottibrë défibres câpillaires. Les feuilles sont nageantes à la surface de l'êâu^et portées sur des pétioles d'autant plus lon^s, que le niveau de l'eau est plus élevé j elles sont cordiformes , obtuses , très grandes et glabres. Les fleurs sont solitaires , blanches , fort grandes , élevées à là surface de l'eau sur des pédoncules semblables aux pétioles ; le calice est formé de quatre sépales ; la corolle se compose d'ùn très grand nombre de pétales disposés sur plusieurs rangées ; ces pétales sont

NYMPHÉACKES. 1 19

insérés sur toute la surface externe et inférieure de l'ovaire. Le fruit est pomiforme, et ressemble assez , pour la grosseur et la forme , à une capsule de pavot.

Le nénuphar blanc est sans contredit la plus belle de toutes les plantes aquatiques de l'Europe; elle se trouve abondamment en France , à la surface des étangs et des rivières. Ses fleurs s'épanouissent en juin et juillet,

Propriétés et usages. La souche charnue du nénuphar blanc , que l'on désigne communément sous le nom de racine , est presque entièrement composée de fécule amylacée , unie à Un principe un peu âcre et narcotique. Elle n'est plus usitée de nos jours. Quelques auteurs, en\.Ye anlms Dutharding j prétendent avoir arrêté des ûèvres intermittentes , en appliquant des tranches épaisses de cette racine fraîche sur la plante des pieds. Quant aux Heurs , elles sont légèrement aromatiques, et paraissent posséder une vertu narcotique et sédative , qui porte spécialement son action sur les organes de la génération. Aussi sont-elles placées parmi les remèdes antiaphrodisiaques. C'est avec ces fleurs que se prépare le sirop de nymphœa.

La racine de nymphéa , analysée par M. Morin , lui a donné pour résultats : 1° une grande quantité d'amidon ; 2° du muqueux ; 3° une combinaison de tannin et d'acide gallique j 4° une matière végéto-animale; 5° une matière grasse j 6° de la résine ; 1° des sels ; 8° du sucre cristallisé ; 9» de l'alumine , etc.

Le NÉNL'PHAR jAUNiî ( Nymphœa lutea L. ) , qui constitue un genre nouveau , désigné par Salisbury sous le nom de nuphar, jouit des mômes propriétés, et s'emploie dans les mômes circonstances. Il est aussi très commun aux environs de Paris. ^

C'est au genre nymphœa et au nelumbium , qui lui a longtemps été réuni, mais qu'on peut considérer comme formant une famille à part^ les Nélumbiacées , que l'on doit rapporter les végétaux si célèbres dans l'antiquité sous le nom de lotos. Les anciens en distinguaient trois sortes dilTérsîites , savoir : le lotos aquati<iue, le lotos en arbre, et Is lotos herbacé et terrestre. Ce n'est pas le lieu d'entrer ici dans tous les détails de ce

point d'antiquité botanique; nous nous contenterons de dire que les lotos aquatiques doivent être rapportés aux genres nymphœa et neluinbium ; que l'arbre des lotophages est une espèce de jujubier nommé ziziphus lotus par M. Desfontaines ; et qu'enfin le lotos herbacé et terrestre paraît être le mélilot.

Dans l'Inde et en Egypte on mange la racine du nélumbo , qui est grosse et charnue. On dit qu'elle a la même saveur que l'artichaut. Les graines sont aussi employées comme aliraens dans les pays où croit ce magnifique végétal.

DIOSCOnÉES.

Page 1