QUINZIÈME FAMILLE
DIOSCORÉES, — DIOSCOREM.
Les fleurs sont dioïques : le calice est adhérent avec l'ovaire, à six divisions profondes : les fleurs mâles offrent six étamines attachées à la base des divisions du calice ; les fleurs femelles ont un ovaire infère, à trois loges, qui contiennent chacune un, deux ou trois ovules : le style est profondément trifide ; chaque division est terminée par un stigmate simple ou bifide. Le fruit est une capsule ou une baie quelquefois à une seule loge, par l'avortement de deux des loges • les graines sont planes. Les Dioscorées sont des plantes volubiles, à feuilles alternes, rarement opposées, ayant les fleurs petites et ordinairement disposées en épi.
Cette famille, établie par M. R. Brown, comprend les genres de la famille des Asparaginées qui ont l'ovaire infère.
TAMmiER. — TAMUS. L.
Fleurs dioïques; calice campanulé, à six divisions très profondes- fleurs mâles à six étamines plus courtes que le calice; fleurs femelles ayant l'ovaire alongé et infère; un style triparti, dont chaque division est terminée par stigmate bifide. Le fruit est une baie ovoide à trois loges.
Taminier commun. Tamus communis. L. Sp. 680. Lamk. 111.
Noms vulgaires : sceau de la Vierge, sceau de Notre-Dame, vigne
noire, etc.
Racine tuberculeuse, charnue, à peu près de la grosseur du poing, noirâtre en dehors, blanchâtre en dedans. Tiges grêles, volubiies, grimpantes, rameuses, longues de huit à dix pieds et plus, se tordant et s'éîevant sur les arbres voisins j elles portent des feuilles alternes pétio!(5es, cordiformes, terminées en pointe, raoiles, glabres, très luisantes en dessus. Les Heurs sont dioïques, petites, verdâtres, formant des espèces de grappes grêles etaxillaires; les baies sont ovoïdes, rougeâtres, couronnées par le calice , à trois loges, qui contiennent chacune de deux à trois graines.
Le taminier est commun dans les bois, les haies, où il grimpe en s'en tortillant autour des corps voisins. Il fleurit en mai et juin. If
Propriétés et usages. Sa racine est presque entièrement formée d'amidon, auquel se joint un principe âcre et amer. Elle est aujourd'hui à peine employée, encore ne l'est-elle que par les gens de la campagne. Elle a beaucoup d'analogie dans ses propriétés avec la racine de bryone, c'est à dire qu'elle est purgative. Quelques auteurs prétendent qu'appliquée extérieurement elle calme les douleurs arthritiques : mais aujourd'hui on n'en fait plus usage. Cette grande quantité d'amidon qui existe dans la racine du taminier la rend propre à devenir alimentaire lorsqu'on l'a privée du principe âcre et amer qu'elle contient. C'est même sous ce rapport seulement que nous avons cru devoir en placer la description dans cet ouvrage , n'ignorant pas son inutilité dans la thérapeutique. Cetle pro priélé nutritive se retrouve au plus liant degré dans un genre plus intéressant dé cette famille, celui des ignames {dioscorea), dont les racines, grosses, épaisses, charnues, servent d'aliment d»ns l'Inde, dans une partie dé l'Amérique, et dans la plupart des îles du Grand-Océan austral.
BROMÉLIACÉES.