‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 42 sur 187 · IRIS. - IRIS. L. J · texte numérisé non relu

IRIS. - IRIS. L. J

Calice tubuleux à la base ; limbe partagé en six segraens , dont trois dressés et trois alternes avec ceux-ci et réfléchis j trois étamines opposées aux divisions réfléchies du calice; style simple à sa base , divisé supérieurement en trois lanières pélaloïdes, recourbées en voûte, sligmatifères et recouvrant les trois étamines. Capsule trigone, triloculaire , renfermant des graines planes ou arrondies , et s'ouvrant en trois valves scptifères sur le milieu de leur face interne.

Pvacine charnue , rampante.

Iris des marais. Iris pseudo-acorus. L. Sp. 56. Bull. t. 137.

Nom pharmaceutique : ucori palustris radix. Partie usitée : la racine.

La racine de cette plante forme une souche charnue , située

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horizontalement sous la terre. Sa tige est dressée , un peu comprimée, lisse, glabre et glauque, haute d'environ deux pieds, offrant des nœuds très écartés à l'attache de chacune des feuilles qii'elle porte. L^s feuilles sont ensiformes, alongées , aiguës , entières , amplexicaules ; les fleurs jaunes , grandes , au nombre de quatre à cinq à la partie supérieure de la tige. Chacune d'elles est pédonculée et environnée d'une spathe foliacée, verdâtre. Le limbe du calice est à six divisions; trois très petites et dressées , plus intérieures , égales entre elles ■ trois plus grandes j alternant avec celles-ci , et recourbées en bas ; elles sont ovales , alongées , obtuses , non barbues sur leur milieu. Les étamines sont situées sous les trois divisions pétaloïdes du style, qui à sa base est distinct du tube du calice , et non soudé avec lui. Le fruit est une capsule obovoide , obtuse , à trois côtes ; elle est triloculaire , trivalve , et renferme dans chaque loge un grand nombre de graines , disposées régulièrement sur une seule rangée longitudinale.

Cette espèce croît abondamment sur les bords des ruisseaux aux environs de Paris. Elle fleurit en mai et en juin. ^

Propriétés et usages. Comme tontes les autres espèces du même genre , sa souche ou tige souterraine est remplie d'un suc âcre , qui jouit d'une vertu émétique et purgative. Mais elle n'est plus employée par les médecins. Ses graines torréfiées ont une saveur amère , une odeur assez aromatique ; aussi les a-t-on proposées , ainsi que beaucoup d'autres graines , comme un succédané indigène du café.

Iris d'Allemagne. Iris gernianica. L. Sp. 55. Bull., t. 141. Nom pharmaceutique : iridis nostratis radix.

Cette espèce, que l'on cultive dans tous les jardins , se distingue de la précédente par ses fleurs plus grandes, d'un beau bleu indigo , par les divisions intérieures de son calice beaucoup plus larges, et parla rangée longitudinale de poils glanduleux que l'on observe au, milieu de ses divisions externes. Elle est commune en France dans les lieux stériles, les décombres . sur les vieux murs. Elle fleurit en mai et juin, yi,

Propriétés et usages. La souche horizontale et charnue , que

l'on regarde communément comme la racine dans toutes les iris , et qui n'est qu'une tige souterraine , contient un suc Acre et caustique j qui irrite fortement l'estomac et le canal alimentaire. C'tst un émctique et un drastique assez violent , dont les médecins anciens ont recommandé Tusage dans l'iiydropisie. Aujourd'hui ce remède ri'est plus mis en usage , excepté par les gens de la campagne, qui l'emploient encore pour se purger.

La racine de l'iris fœticiissima, si commune dans les bois ombragés, est employée comme un purgatif énergique par M. Récamier. M. le docteur Lecanu en a publié une analyse [Journ. chim. me'flÇ., juillet 1835), dont les résultats sont : une huile volatile très âcre, une matière résineuse, une matière animalisée , une matière colorante , une matière sucrée , une matière gommeuse , un acide libre, de la cire, des sels et du ligneux.

Iris de Florence. Iris jlorentina. L. Sp. 55. Bull., t. 414.

Nom pharmaceutique : iriàis florentinœ radix.

L'iris de Florence est très voisine de la précédente ; elle n'en diffère que par les caractères suivans : ses fleurs sont constamment blanches , sessiles ; le tube du calice est plus court. Sa racine , surtout lorsqu'elle est sèche , est plus odorante. Elle croît communément en Italie ; on l'a également trouvée en Provence. Je l'ai recueillie aux environs de Nice et de Toulon.

Propriétés et usages. M. Vcgel a publié une analyse de la racine d'iris de Florence , qui se compose de gomme , d'un extrait brun , de fécule, d'une huile fixe , d'une huile volatile solide et cristallisable , et de fibre végétale. Fort peu usitée aujourd'hui, si ce n'est dans la parfumerie, et pour aromatiser diverses préparations pharmaceutiques , auxquelles elle communique une odeur de violette très prononcée. Autrefois on administrait cette racine sèche et réduite en poudre à la dose de dix à vingt grains , dans les rhumes , les catarrhes pulmonaires chroniques , etc. On l'a également recommandée dans les affections asthmatiques.

l3o BOTANIQUE.

On emploie encore aujourd'hui la racine d'iris de Florence pour faire des pois à cautère j son âcrelé , qui n'est point totalement dissipée parla d« s^iccalion, la rend très propre à entretenir dans la plaie une irritation convenable à l'effet qu'on se propose d'obtenir. Sa poudre entre dans les pastilles de soufre composées.

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