‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 43 sur 187 · SAFRAN. — CROCUS. L. J · texte numérisé non relu

SAFRAN. — CROCUS. L. J

Calice pétaloïde , à tube très long et grêle , à limbe à six divisions presque égales , dressées, les trois extérieures portant à leur base les étamines. Le style, simple inférieurement, est partagé à sa partie supérieure en trois lanières roulées en cornet et terminées chacune par un stigmate crénelé. La capsule est petite , globuleuse , à trois loges , et renferme quelques graines arrondies.

La racine est surmontée d'un bulbe solide , déprimé.

Safran cultivé. Crocus sativus. L. Sp. 50, Red. Lil., 1. 173. Nom pharmaceutique : crocus. Partie usitée : les stigmates.

Le bulbe du safran est arrondi , déprimé , charnu et blanc dans son intérieur, recouvert extérieurement de débris de tuniques sèches et brunes. Ses feuilles sont dressées . étroites , linéaires, à bords réfléchis , vertes et lisses en dessus, blanches en dessous. Les fleurs, au nombre d'une à trois, sortent du milieu de ces feuilles; elles sont grandes, radicales, violettes, marquées de veines rouges ou purpurines. Le style, d'abord simple , est partagé supérieurement en trois lanières très longues , un peu roulées et crénelées à leur sommet , d'une couleur jaune foncé; elles constituent les stigmates.

Le safran est originaire d'Orient, il est cultivé en grand dans différentes provinces de France , surtout dans le Gâtinais, On le cultive aussi en Normandie, dans les environs d'Avignon, etc. Il fleurit en septembre et octobre. IJL

Propriétés médicales et usages. La substance répandue dans le commerce sous le nom de safran du Câlinais n'est que la partie supérieure du style et les stigmates du crocus sativus, et

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peut-être de quelques autres espèces confondues et cultivées avec lui. Le safran est d'une couleur jaune rougeâtre , d'une odeur forte , assez agréable , d'une saveur un peu amère et piquante. D'après l'analyse de MM. Bouillon-Lagrange et Vogel , il contient une matière colorante particulière , susceptible de prendre différentes nuances de bleu et de vert par l'action des acides et des alcalis ; ils la nomment polycroïle. Cette matière est soluble dans l'eau et dans l'alcool ; mieux étudiée par M. Henry, elle paraît être un composé de matière colorante et d'huile volatile.

Le safran doit être placé parmi les médicamens stimulans et antispasmodiques. A petite dose , il excite les différentes fonctions , tandis qu'il en pervertit la marche quand il est administré à des doses un peu considérables , telles que deux à quatre scrupules. Il détermine alors tous les symptômes et tous les accidens de l'ivresse, une congestion cérébrale plus ou moins forte, le délire, etc.

Le safran s'administre dans beaucoup de circonstances variées. Ainsi , pour activer les forces digestives de l'estomac , on le donne à petites doses -, à doses plus élevées , il est antispasmodique et sédatif. Mais c'est surtout comme emménagogue que l'on fait plus fréquemment usage de ce médicament. Les principes colorant et odorant du safran pénètrent les humeurs et les tissus vivans. Aussi la sueur, les urines , les crachats des personnes qui font usage de ce médicament à dose élevée, sontils colorés en jaune, et exhalent l'odeur propre à cette substance.

On administre le safran , soit en poudre, soit en infusion dans l'eau ou le vin. La dose est de douze à vingt-quatre grains et au delà. Le docteur Wendt, de Copenhague, a employé le safran avéc succès contre les douleurs ostéocopes , suite de la maladie véïiérionne. Il entre dans une foule de préparations pharmaceutiques , notamment dans la thériaque , la confection 'le safran composée, le laudanum de Sydenhara, l'élixir de Garuset plusieurs autres. On emploie le safran dans les arts , à cause de son principe colorant.

Propriétés médicales et usages des plantes de la famille des

ïridées.

De toutes les Iridées , il n'y a guère que dans le genre crocus que les stigmates soient odorans , et jouissent d'une propriété excitante aussi manifeste que celle du safran. Mais une partie qui offre dans toutes ces plantes une analogie frappante sous le rapport de ses propriétés , c'est la racine ou tige souterraine. En effet , elle est toujours charnue , et contient, outre la fécule qui en forme la majeure partie , un principe irritant et âcre , qui la rend propre à déterminer des phénomènes très marqués dans les organes avec lesquels on la met en contact. Elle agit en général , soit comme émétique, soit comme purgative , ainsi qu'on le remarque pour les espèces d'iris en Europe. Au Brésil , selon M. le professeur Martius , on emploie comme purgatives , sous les noms vulgaires de rhuibarba do campo et de piretro , les racines des Jèrraria purgans et forraria calhartica, qui appartiennent aux ïridées.

En général , cette famille ne renferme point de végétaux vénéneux.

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