‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 44 sur 187 · DIX-NEL'VIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

DIX-NEL'VIÈME FAMILLE

AMOMÉES. — AMOMEM.

Fleurs solitaires, en épis ou en grappes, renfermées dans des spathes avant leur développement. Calice coloré , pélaloïde , tubuleux à sa base : limbe double ; l'extérieur à trois divisions , l'intérieur également à trois divisions irrégulières et comme bilabiées; deux divisions plus petites formant la lèvre supérieure ; une seule constituant la lèvre inférieure, qui est trilobée. Dans chaque fleur on ne trouve qu'une seule étamine épigyne , dont le filet est quelquefois dilaté et pétaloïde, d'autres fois soudé en partie avec le style ; tandis que l'anthère est souvent séparée en deux parties distinctes. L'ovaire esta trois loges; le style est grêle , le stigmate est terminal et concave. Le fruit est une capsule triloculaire , trivalve , rarement une baie, renfermant plusieurs graines. Les Amomées, que l'on appelle aussi

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Drymyrrhizéos , sont des plantes aromatiques , d'un port particulier, ayant des racines vivaces, tubéreuses et des fleurs souvent d'une couleur fort éclatante.

AMOME. - AMOMUM. L.

Calice double; l'extérieur cylindrique, inégal ; l'intérieur à trois divisions. L'anthère est double j le filet est pétaloïde , et trilobé à son sommet. Les fleurs sont disposées en épi ou en grappes.

Amome en grappe. Ainomum racemosum. Lamk. Dict. , 1 , p. 134. lUust., t. 2, f. 2. A. caidamomum.'L. A. grana paradisi. Id.

Noms pharmaceutiques : cardamomum minus, médium et ma jus, grana paradisi. Noms vulgaires : amome, cardamome, ou grains de paradis, maniguette.

L'obscurité profonde qui règne sur ces différentes plantes ne nous permet point de juger si c'est avec raison que dans VEiicyclopédie inéth. (l,p. 134), Lamarck réunit sous le nom

amome en grappe les espèces désignées sous les noms de cardamomes et de graines de paradis. Cependant les différences qui existent entre ces diverses capsules et la disposition des graines qu'elles renferment nous portent à croire qu'elles proviennent d'espèces différentes , mais qui , jusqu'à présent , n'ont pas été positivement distinguées. Yoici, au reste , d'après le savant auteur du Dictionnaire de Botanique de L' Encyclo~ pédie , la description de l'amome en grappe :

Piacine longue, traçante, un peu épaisse, noueuse, blanchâtre, et garnie de beaucoup de fibres latérales. Tiges feuillées , droites , hautes de huit à douze pieds. Feuilles alternes , étroites, lancéolées , engainantes à leur base , longues d'environ un pied, larges de deux à quatre pouces ; les fleurs, portées sur une hampe rameuse qui part immédiatement de la racine, forment une sorte de grappe irrégulière , longue de plus d'un pied , articulée , coudée , écailleuse. Les fleurs sont blanchâtres, et sortent de l'aisselle de petites spathcs minces et membrrneusea. Il leur succède de petites capsules ovoïdes , à trois

côtes obtuses , à trois loges qui contiennent chacune plusieurs graines anguleuses. Cette espèce croit dans les lieux ombragés et humides de l'Inde , du Malabar, etc. If

Propriétés et usages. Ainsi que nous venons de le dire tout à l'heure nous ne possédons que trop peu de données positives pour pouvoir décider si , en effet , les capsules et les graines répandues dans le commerce sous les noms de cardamomes et de graines de paradis , sont produites par celte espèce. Voici les caractères de ces médicamens, tels qu'ils nous sont apportés par la voie du commerce.

On connaît trois espèces de cardamomes, désignées sous les noms de grand , moyen et petit. Voici les caractères qui les distinguent :

1° Le grand cardamome est triangulaire , aminci en pointe à ses deux extrémités , long d'un pouce à un pouce et demi , d'une couleur fauve , brunâtre et comme terreuse ; il est strié longitudinalement , et contient un assez grand nombre de graines rougeâtres , disposées par rangées longitudinales dans une coque ou péricarpe à trois loges ;

2° Le moyen cardamome , moins long que le précédent, n'a guère plus de sept à huit lignes de longueur ^ sa forme et sa couleur sont les mêmes 3

3° Le petit cardamome n'a guère plus de trois à quatre lignes de longueur j il est court, triangulaire, renflé, d'une teinte fauve claire, offrant trois loges, qui contiennent des graines attachées à leur angle interne. Cette espèce est la plus estimée , et c'est presque la seule qu'on trouve dans le commerce. Elle a été analysée par Trommsdorf , qui l'a trouvée composée d'huile volatile , d huile grasse, de fécule, de matière colorante , de matière azotée et de mucilage.

'VTous les cardamomes se font remarquer par leur saveur aromatique et piquante. Ils entraient dans plusieurs anciennes préparations pharmaceutiques , comme la thériaque , le diascordium , etc. Dans l'Inde, on les emploie comme condiment dans plusieurs préparations culinaires.

Quant aux grains de paradis, seulement employés comme pa,rfum , à cause de leur odeur camphrée , assez agréable , ils

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«ont ordinairement dépouillés de leur péricarpe , et sous forme de graines triangulaires brunes.

On les désigne aussi sous les noms de maniguelte ou malaguette, et on les croit produites par l'espèce que Linné a nommée amornum granum paradisi. Leur saveur est âcre et poivrée ; on les emploie comme aromate dans l'Inde.

Enfin, on désigne sous le nom d'aniomum en grappe des capsules presque globuleuses, de la grosseur d'une cerise, à trois loges, dont les parois sont minces et friables. C'est surtout celle espèce qui doit être rapportée à rûmo/nw/7i racemosum de Lamarck.

Tous ces médicanMns jouissent de propriétés stimulantes , mais sont fort peu usités dans la médecine européenne.

CURCUMA. - CURCVMA. L. J.

Calice double , l'extérieur à trois divisions courtes , l'intérieur campanulé trifide^ labelle bifide; anthère double, portant deux espèces d'éperons. Filament de l'étaraine pétaloïde trilobé. Fleurs disposées en épi. Racine tubéreuse charnue.

CuRCUMA LONG. Curcuma longa. L. Sp. 2.

Nom pharmaceutique : curcumœ longœ radix. Noms vulgaires : terra mcrila , safran des Indes, safran bâtard.

Sa racine est 1ub(3reuse, oblongue , blancl.âtrc , noueuse, coudée , de la grosseur du doigt, avec quelques fibres charnues naissant des nœuds. Les feuilles sont lancéolées, longues de plus d'un pied, glabres, offrant des nervures latérales obliques, engainantes à leur base. Les fleurs sont disposées en un épi coni t , gr os , sessile, naissant du milieu des fe uilles ; cet épi est composé d'écaillcs imbriquées , â l'aisselle de chacune desquelles se trouvent deux fleurs; chaque fl^ur est environnée à sa base de spalhes très courtes. Le calice est tubuleux iiiférieurement, double; l'intérieur est à quatre divisions, dont une plus grande est trilobée. Les deux loges de l'anthère sont adnces aux côtés de la fente du filet, qui est pétaloïde ; l'extrémaé supérieure de ce filet est munie d'une petite corne ou

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éperon de chaque côté. Celte plante est originaire des Indes orientales. ^

Propriétés et usages. La racine du curcuma long est cylindrique, de la grosseur du petit doigt , inégale et contournée sur elle-même , brunâtre extérieurement , et offrant des anneaux peu marqués 3 compacte intérieurement, et d'un jaune foncé. Son odeur et sa saveur sont analogues à celles du gingembre.

Plusieurs chimistes se sont occupés d'analyser cette racine. MM. Pelletier et Vogel en ont retiré : 1" une matière ligneuse ; 2° de la fécule -, S° une matière colorante jaune ; 4° une autre matière colorante brune , analogue à celle des extraits ; 5° une petite quantité de gomme 3 6° une huile volatile odorante très âcre ; 7° enfin une petite quantité d'bydrochlorate de soude. L'analyse publiée par M. John diffère peu de celle-là.

La racine du curcuma long , et celle du curcuma rond {curcuma rotuncla), autre espèce du même genre, et qui croît dans les mêmes lieux, ont une odeur analogue à celle du gingembre, une saveur àcre aromatique et un peu amère. Ces racines , peu usitées comme médicamens, jouissent des mêmes propriétés que le gingembre et la zédoaire. Elles contiennent une matière colorante jaune, fort employéecomme réactif chimique. En effet, elle est très sensible à l'action des substances alcalines, qui la changent en rouge foncé. On l'emploie également pour colorer certains médicamens externes , surtout des cérats ou des onguens.

GINGEMBRE. - ZINGIBER.Txostoè.

Calice extérieur à trois divisions courtes, l'intérieur tubuleux â trois divisions irrégulières ; anthère fendue en deux ; processus slaminal simple et subulé ; style reçu dans le sillon de l'étamine.

Fleurs disposées en épi serré , radical et imbriqué.

Gingembre officinal, Zingiber officinale. Piosc. Lin. Trans, 8 , p. 348. Ainomum zingiber. L.

Nom pharmaceutique : ziugiberis coinmunis radix.

Le gingembre offre une racine tuberculeuse , irrégulièrement coudée , de la grosseur du pouce, coriace et blanche à

AiMOMÉES.

l'intérieur. Sa tige est haute d'environ deux pieds , cylindrique, feuillue 3 les feuilles sont alternes, distiques, lancéolées, aiguës , larges d'environ un pouce , longues de cinq à six , glabres , terminées inférieurement par une gaine longue et fendue. Ses fleurs forment un épi ovoïde , imbriqué d'écaillés , porté sur une hampe longue de cinq h six pouces , naissant à côté de la tige , et toute recouverte d'écaillés engainantes , analogues à celles de la base des feuilles. Les fleurs sont jaunâtres , les écailles florales ovales, arrondies, acuminées au sommet, contenant deux fleurs qui paraissent l'une après l'autre. Le labelle , ou division interne et inférieure du calice , est pourpre, varié de brun ou de jaune.

Le gingembre est originaire des Indes orientales. On le cultive maintenant sur les côles de l'Amérique méridionale , et surtout aux Antilles. Je l'ai décrit d'après des échantillons recueillis à Cayenne par mon père. !^

P/ oprictés et usages. La racine de gingembre est blanchâtre, formée de tubercules irréguliers, rameux, durs, compactes, d'une odeur piquante , d'une saveur aromatique âcre , et en quelque sorte brûlante , due à une huile volatile , plus légère que l'eau. Elle contient de plus beaucoup d'amidon. Yoici les principes que M. Morin a signalés dans cette racine : 1° une matière résineuse 3 2° une sous résine ; 3" une huile volatile d'un bleu verdâtre ; 4° de l'acide acétique libre j 5" de l'acétate dépotasse ; 6° de l'osmazome ; V de la gomme ; 8° une matière végéto-animale; 9^ beaucoup d'amidon; 10" du ligneux [Journ. pharin., juin 1825 ). Ce médicament est généralement peu employé, à cause de sa trop grande énergie. Mis en contact avec la membrane pituitaire , il détermine de violens éternumens. Si on en mâche quelque temps une petite quantité dans la bouche , il donne lieu à un écoulement abondant de salive. S'il est ingéré dans l'eslomac , il y développe un sentiment pénible de chaleur, et excite , de la manière la plus évidente , les fonctions digestives. Il peut èlre avantageux , sous ce dernier rapport , aux personnes grasses et lymphatiques , chez lesquelles la digestion est lente et laborieuse, tandis qu'au contraire son usage doit être interdit aux tenipéramens pléthoriques , aux sujets

maigres , délicats , chez lesquels la susceptibilité nerveuse est très développée.

Le gingembre n'agit pas seulement comme stomachique ; il peut , comme tous les autres niédicamens excitans , être tour à tour emménagogue , dlurclique , sialagogue , etc.

On l'unit assez souvent aux substances purgatives, qu'il rend moins désagréables et plus supportables pour l'estomac. On l'administre en poudre depuis quatre jusqu'à douze grains; en décoction ou en infusion , à la dose d'un gros pour deux livres d'eau ; en teinture, un demi-gros à un gros, etc. Dans les colonies, on le fait confire au sucre, afin de lui faire perdre une partie de son âcreté. En Angleterre , on le fait entrer dans une sorte de bière très excitante , nommée bière de gingembre.

Le Zércmbet , zingiber zemnibet. Rose. , qui croît dans les mômes contrées, jouit à peu près des mêmes propriétés que le gingembre , mais il est encore moins employé.

ZÉDOAIRE. - KMMPFERIA. L.

Calice tubulcux à la base; limbe à six divisions; trois extérieures, lancéolées , égales; trois intérieures plus larges j inégales et comme bilabiées ; une étamine surmontée d'un appendice foliacé , bifide ; style grêle terminé par un stigmate évasé en entonnoir; capsule globuleuse à trois loges. Fleurs radicales, partant de souches souterraines épaisses et ciiarnues.

ZÉDOAIRE OFFicmALE. Kœmpferia rotimda. L. Sp. 3, Red. Lil.

Nom pharmaceutique : zecloariœ rotumlce radix. Nom vulgaire : zédouire

ronde.

Sa racine est une sorte de souche charnue, blanchâtre, de la grosseur du pouce; ses feuilles sont lancéolées, dressées, entières, longues de cinq à six pouces , larges d'un pouce et demi à deux pouces , vertes en dessus , et pourpres h leur face inférieure. La tige est haute d'un à deux pieds. Les fleurs sont très grandes, mêlées de blanc et de violet pftle, et réunies au nombre de quatre à cinq dans une espèce de spathe radicale; elles paraissent avant les feuilles : chaque fleur est environnée a sa

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base par une spathe tubuleuse , mince et colorée. Le calice est pétaloide, monosépale et irrégulier ; son tube est long et gréle ; ses trois divisions sont linéaires, aiguës, au moins de la longueur du tube ; les trois intérieures sont inégales , et à peu près disposées en deux lèvres , l'une supérieure, formées de deux divisions les plus étroites , et qui sont ovales , aiguës et redressées j l'autre inférieure, recourbée, formée par la troisième division , deux fois plus large que les deux autres , et profondément bipartie. Il n'y a qu'une seule clamine attachée au sommet du tube du calice son filet est court et épais. L'anthère , qui est à deux loges , est appliquée sur sa surface interne , et surmontée d'un appendice pétaloïde , bifide. L'ovaire est terminé par un style gréle et capillaire qui , après avoir traversé un petit canal formé dans le filet, derrière l'anthère , porte un stigmate en forme de petite soucoupe creuse , dont le bord est cilié. Le fruit est une capsule globuleuse à trois loges , à trois valves , renfermant un assez grand nombre de graines dans chaque loge.

La zédoaire ronde est originaire de l'Inde. On la trouve dans le commerce sous la forme de quartiers qui ont appartenu à des tubercules de la grosseur d'un œuf de poule. La partie exlélérieure porte encore les restes des fibres radicales qui en naissent ; les deux autres faces sont planes. La couleur extérieure est grisâtre, l'intérieure est blanche. Elle est très compacte, d'une odeur aromatique et comme camphrée, d'une saveur âcre et chaude.

Pj opriéiés et usages. Ses racines , ainsi que celles de la zédoaire longue , que quelques auteurs rapportent au hœmpforia longa L., et d'autres à Vainoriiiiiii zcdoaria Willd., ont à peu près l'odeur et la saveur du gingembre , quoiqu'à un moindre degré. Elles sont fort peu employées aujourd'hui. Selon Roxbiirg , la racine de zédoaire serait produite par une espèce de curcunia, que cet auteur nomme C. zcdoaria.

MARANTA. — MARANTA. L.

Calice double . l'extérieur à trois divisions courtes et vertes, l'intérieur lubuleux , a six divisions inégales , disposées comme

BOTANlQtE.

en deux lèvres. Le stigmate est concave , à trois angles. Le fruit est une capsule contenant généralement une seule loge. Racine tubéreuse; tige souvent dicliotome ; feuilles alternes, pétiolées; fleurs blanches , souvent géminées au sommet de la tige.

Maranta galanga. Maranta galanga. L. Alpinia galanga.

WiUd. Sp.

Noms vulgaires : grand et petit galanga. Partie usitée : la racine.

La racine de cette plante est tubéreuse, alongée, couverte d'écaillés provenant des feuilles déjà tombées. La tige est droite, cylindrique , portant des feuilles presque sessiles , lancéolées , aiguës. Les fleurs forment une panicule terminale.

Cette espèce croît dans les diverses contrées de l'Inde.

Propriétés et usages. Les deux racines désignées dans le commerce sous les noms de grand et de petit galanga paraissent appartenir à l'espèce que nous venons de décrire. Le grand galanga est en morceaux cylindriques de deux à trois pouces de longueur sur environ un pouce de diamètre. Cette racine est marquée en dehors d'anneaux frangés; sa texture est peu compacte ; sa saveur âcre et aromatique. Le petit galanga ne diffère du précédent que par ses moindres proportions. Il existe une si grande analogie entre les propriétés médicales des différentes plantes de cette famille , que nous pourrions répéter ici pour le galanga ce que nous avons dit des propriétés médicales du gingembre , c'est à dire que c'est un excitant des plus puissans, qui peut agir tour à tour comme stomachique , sialagogue , diurétique , emménagogue , etc. Cependant en Europe on en fait assez rarement usage dans la pratique médicale ; tandis qu'au contraire dans l'Inde c'est un des aromates les plus recherchés.

Maranta de l'Inde. Maranta Indica. L. Roscoë. Nom vulgaire : anow-root. Partie usitée : la fécule retirée de la racine.

La racine est tubéreuse , alongée, fusiforme, couverte d'écailles ; la tige est persislanlc , haute de quatre à cinq pieds , divisée en branches persistantes. Les feuilles sont alternes, pé-

AMOMIÎES. l4*

liolées et engainantes à leur base, ovales , aiguës, légèrement échancrécs, ordinairement gdminées au sommet des branches. Le fruit est une capsule ovoïde , contenant une seule graine.

Cette plante est originaire de l'Inde, d'où elle a été transportée et naturalisée en Amérique. Elle est très abondante à la Jamaïque, où elle est cultivée pour en extraire la fécule.

Propriétés et usages. La fécule connue sous le nom d'arrowroot est retirée de la racine de cette plante. Le mode d'extraction est très simple, et le môme que celui employé pour obtenir la fécule de pomme de terre ; c'est à dire qu'il sufût de râper la racine au dessus d'un baquet rempli d'eau , la fécule se dépose au fond du vase. Cette fécule est moins blanche que celle de la pomme de terre 3 mais ses grains sont plus fins, plus nacrés et plus doux au toucher. Elle jouit absolument des mêmes propriétés que les autres substances du même genre; c'est à dire qu'elle est analeptique et nourrissante.

On retire une fécule tout à fait semblable du maranta arundinacea L. , autre espèce du même genre , originaire de l'Amérique méridionale.

Propriétés médicales et usages des Amomées. La structure des plantes de cette famille, malgré les travaux de Pioscoë, de Salisbury, de Roxburg, etc., est loin d'être encore parfaitement connue. Les différens genres qui la composent, et les espèces qui s'y rapportent, ont fort souvent été confondus et pris les uns pour les autres. Cette confusion , et surtout l'éloignemeut des lieux où croissent les végétaux de cette famille , originaires pour la plupart des contrées les plus chaudes de l'Inde, sont les causes du peu de données exactes que nous possédons sur les espèces officinales.

Dans les plantes de cette famille, deux parties seulement sont employées, savoir : la racine dans un grand nombre de cas; dans quelques autres, les fruits et leurs graines. Les racines sont toutes plus ou moins charnues , blanches, presque entièrement composées de fécule amylacée, assez pure et assez abondante dans quelques espèces , pour qu'on l'en extraie , afin de la mettre dans le commerce. Ainsi Varrow-root , répandu depuis quelque temps dans le commerce, eut une fécule

14^ BOTANIQUJI.

que l'on relire de la racine du marania indica ef du marànla arundinacea. Elle a les mêmes caractères , et s'emploie aux mêmes usages que la fécule de pomme de terre. A cet amidon, qui forme la base des racines dans les Amomées, se trouve jointe une huile volatile âcre, et un principe résineux, qui leur donnent alors des propriétés excitantes fort énergiques, comme nous l'avons remarqué pour le gingembre, la /édoaire, le galanga, etc.

Cette propriété excitante se trouve également dans les fruits et les graines du grand nombre d'espèces appartenant à cette famille, par exemple dans les cardamomes, l'amome en grappe, etc., et confirme l'extrême analogie qui existe enire toutes les plantes de celte famille, sous le rapport de leurs propriétés médicales.

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