ARROCHE. - ATRIPLEX. L. J
Fleurs femelles et fleurs mâles mélangées : les fleurs femelles offrent un calice biparti persistant, et un ovaire surmonté d'un «tyle bifide; et pour fruit, un akène recouvert par le calice
CHèNOPOUÉiiS. 2l3
accru et comprimé. Les fleurs mâles ont un calice quinquéficle et cinq étamines : on y trouve quelquefois les rudimens d'un pistil avorté.
AuROCHE DES JARDINS. Atviplcx horUnsis. L. Sp. 1493, Blackw.
Noms vulgaires : bonne-dame, arrache, etc.
Cette plante est annuelle , et croit en abondance dans les lieux cultivés et les jardins. Sa tige dressée, rameuse, est haute d'environ deux à trois pieds j elle est glabre et lisse ; ses feuilles sont alternes, péliolées, ovales, lancéolées, aiguës, molles, d'un vert glauque, quelquefois rougeâtresj les fleurs sont très petites j elles forment des espèces de grappes foliacées à l'extrémité de la tige et à l'aisselle des feuilles supérieures 3 les fruits qui leur succèdent sont minces et membraneux, formés par le calice profondément biparti et très développé , contenant un petit akène globuleux et un peu comprimé.
Propriétés et usages. Les feuilles de celte plante ont une saveur douce et fade. On les mange assez souvent cuites, comme celles de l'épinard. Ou les faisait entrer autrefois dans les tisanes et les cataplasmes émoUiens. Elles sont aujourd'hui presque inusitées. Quant aux fruits de l'arrochc, ils sont, dit-on , âcres et purgatifs à la dose d'un demi-gros. Mais on en a entièrement négligé l'usage.
ÉPINARD. — SPINACIA. L. J.
Fleurs polygames : les mâles ont un calice à quatre ou cinr 3 divisions profondes , quatre ou cinq étamines; les femelles ont le calice découpé en quatre ou cinq dents; l'ovaire est surmonté de trois ou quatre styles. Le fruit est renfei-mé dans Tinlérieur du calice très resserré, qui présente quelquefois quatre ou cinq cornes saillantes à sa partie supérieure.
ÉriNARD COMMUN. Spinacia oleracea. L. Sp. 1456.
Plante annuelle à fleurs polygames, c'est à dire màlcs et femelles sur deux individus distincts, et fleurs mâles et femelles
!il4 BOTANIQUE.
réunies sur le même individu. Sa racine est fusifornie, alongée, blanchâtre. Sa tige dressée, simple , cylindrique, glabre, ainsi que toute la plante, légèrement striée, haute d'un pied à un pied et demi. Ses feuilles sont péliolces, molles, sagittées^ les inférieures sont entières • les supérieures offrent à leur partie inférieure quatre divisions étroites et aiguëi. Les fleurs sont petites et verdâlres. Les fleurs mâles sont disposées en épis verticillés à l'aisselle des feuilles. Elles ont un calice très petit , formé de quatre sépales dressés, un peu concaves; quatre étamines saillantes, à filets dressés, portant des anthères globuleuses à deux loges; point d'apparence d'organes femelles. Les fleurs femelles forment de petits groupes sessiles aux aisselles des feuilles. Elles ont un calice monosépale et charnu à quatre faces, très resserré à son orifice supérieur, présentant quatre cornes horizontales et charnues (quelquefois une ou deux avortent). Le limbe est très petit, et offre un nombre de d^nts dressées égal à celui des cornes. Le pistil est renfermé dans l'irltérieur de ce calice, qui est immédiatement appliqué sur lui. Son péricarpe est globuleux, lisse, uniloculaire, uniovulé, terminé supérieurement par quatre styles saillans au dessus du calice, portant chacun un petit stigmate. Le fruit est environné et enveloppé par le calice, qui tantôt forme cinq cornes aiguës, tantôt n'en présente pas. Cette dernière variété, connue sous le nom à'épinard de Hollande, est considérée comme une espèce par quelques auteurs.
Propriétés et usages. L'épinard est cultivé dans tous les jardins. Il fleurit en mai et juin. Il est peu usité comme médicament , si ce n'est à l'extérieur : on l'emploie en cataplasmes , et il est très émollient. Mais, comme aliment , son usage est très répandu. Il paraît être légèrement laxatif; il est peu nourrissant et presque insipide.
2° Fleurs hermaphrodites.
ANSÉRINE. — CHENOPODIUM. L. J.
Fleurs hermaphrodites; calice à cinq divisions profondes; cinq étamines , rarement quatre ; ovaire surmonté de deux ou
CHIÎN0P01)É£S. 2l5
trois stigmates subulés; fruit membraneux , environné par le calice, qui ne prend pas d'accroissement, mais qui est très resserré à sa partie supérieure. Ce genre diffère de l'arroche par ses Heurs hermaphrodites , et par son calice à cinq angles, qui ne s'accroît point après la fécondation.
AnsériiNE botrys. Chenopoclium botrys. L. Sp. 320. Blackw.
j\oni p!iarinaceii tique : botryos vulgaris lierba. Noms vulgaires : botrys, piment, etc. Partie usitée : les sommités.
D'une racine annuelle , fusiforme> blanche, rameuse, s'élève une tige cylindrique pubescente , rameuse , haute d'un pied , qui porte des feuilles alternes, alongées, pinnatiQdes , à lobes écartés et obtus , pubescentes , visqueuses et très odorantes. Les fleurs sont petites , verdâlres , disposées en grappes alongé(s, à l'extrémité des ramifications de la tige. Dans chaque fleur on trouve un calice à cinq divisions profondes, ovales, aiguës, entières et pubescentes , d'abord étalées , puis dressées et conniventes pour embrasser le fruit de toutes parts. Les étamincs , au nombre de cinq , sont attachées à la base du calice; l'ovaire, presque globuleux, est surmonté de deux stigmates alongés , linéaires. Cette plante croît dans les provinces méridionales de la France. Elle fleurit aux mois de juin et juillet.
Propriétés médicales et usages. L'odeur forte et aromatique de cette plante , sa saveur âcre et amère , décèlent en elle une activité dont on tient peu de compte aujourd'hui , car on l'emploie très rarement. Cependant on ne peut révoquer en doute l'action excitante du boirys , et les effets marqués que son usage détermine. Aussi les anciens y avaient-ils souvent recours , soit dans l'hystérie , soit dans les catarrhes chroniques, tt surtout ceux des bronches. On employait son infusion ou son eau distillée.
BOTANTQnB.
Anserine ambroisie. Chenopodium ainbroisides . L. Sp. 329.
Nom pharmaceutique : botryos mexicanœ heiba. Noms vulgaires : l'am.'
broisie, thé du Mexique.
Elle diffère de l'espèce précédente par ses feuilles simplement dentées , aiguës^ glabres ; par ses fleurs entièrement sessiles. Du reste , elle en a le port et la plupart des autres caractères. Originaire du Nouveau-Monde, celte planlesVst facilement naturalisée dans nos jardins, d'où elle s'est répandue dans quelques parties des campagnes environnantes. Elle est également annuelle. Son odeur plus forte, mais en même temps plus agréable , indique dans celte plante les mômes propriétés que dans le botrys. On se sert de son infusion , qui forme une boisson agréable, propre à remplacer l'usage du thé de la Chine. Dans le Journal de chimie médicale , 4 , p. 228 , on trouve une très longue énumération des principes qui entrent dans la composition de ce végétal.
L'Ansérine anthelmintique, Chenopodium anthelminticum L. Sp. 320 , qui est originaire de l'Amérique septentrionale , est peu employée. Ses fruits sont regardés en Amérique comme puissamment anlhelmintiques. Ils sont inusités en France.
L'Ansérine FÉTIDE ou vulvaire , CA. vulvaria h.^ (\m ctoïI très abondamment dans les lieux incultes , est très remarquable par l'odeur de poisson pourri qu'elle répand lorsqu'on la froisse.
SOUDE. — SALSOLA. L. J.
Fleurs hermaphrodites; calice quinquéparti , persistant; étamines au nombre de cinq; ovaire portant un style bifide \ le fruit est un akène renfermé dans l'intérieur du calice, dont les divisions , conniventes à leur sommet , sont ailées , membraneuses et étalées. Les graines contiennent un embryon roulé en spirale.
Les soudes sont tantôt herbacées et annijelles , d'autres fois TÎvaces et même sous-frutescentes.
CIIÉKOPODÉES.
SoDDE COMMUNE. Salsola soda. L. Sp. 323.
Plante annuelle, haute d'environ un pied, enliérement glabre, ordinairement dressée 3 lige herbacée , rougeûlre , rameuse, portant des feuilles alternes, charnues, étroites, longues d'un à deux pouces 3 ses fleurs sont petites, verdâtres, axillaires, sessiles et solitaires; leur calice est profondément quinquéparli, un peu renflé dans sa partie inférieure, resserré supérieurement: les étamines sont au nombre de cinq,- l'ovaire perle un style terminé par deux stigmates subulés. Le fruit est presque globuleux , renfermé dans l'intérieur du calice persistant, dont la partie supérieure mince et membraneuse est étalée.
Celte plante est assez commune dans les lieux maritimes , sur les bords de l'Océan et de la Méditerranée; je l'ai recueillie aux environs de Marseille , de Toulon , d'Aiguemortes , etc.
Propriétés et usages. C'est des cendres de cette espèce et de plusieurs autres plantes de genres et de familles différentes , mais qui croissent toutes dans les lieux maritimes ou près des salines , que l'on retire la soude du commerce. Parmi les autres végétaux que l'on brûle pour en retirer la soude , nous citerons particulièrement les salsola hali L., et salsola tragus L., plusieurs salicornes , entre autres les salicornia herbacea^ et sal. arabica; quelques ansérines, telles que le chenopodium setigerum , chen. frulicosum , le plantago squarrosa, le mesembryanthemum nodiflorum, lejucus vesiculosus ^ et un grand nombre d'autres végétaux qui varient dans les différens lieux où l'on s'occupe de cette préparation.
La soude la plus estimée est celle que l'on tire d'Espagne ;
elle est connue sous le nom de soude d^AUcante ; on l'extrait
spécialement du chenopodium setigerum et de quelques salsola.
Elle est en masses brunâtres , très dures, et contient de 25 à
40 pour 100 de sous-carbonale de soude.
La soude à l'état de pureté , ou combinée avec les acides ,
est employée dans les arts, et sert à la préparation de plusieurs
médicamens.