BETTE. -^^T^. L. J
Les fleurs sont toutes hermaphrodites; le calice est à cinq divisions profondes; les cinq étamines sont opposées à ses segmens , et insérées à leur base ; l'ovaire est déprimé, surmonté de trois, plus rarement de deux stigmates sessiles ; le fruit est un akène environné par le calice, formant cinq côtes à sa partie supérieure (1).
Bette ordiivaire. Beta vulgaris. L. Sp. 322.
Noms vulgaires : bette blunclie, poirée, carde-poirée, etc. Variété : racine tubéreuse et charnue. Vulgairement : helierave.
Celte plante est bisannuelle ; ses feuilles inférieures sont fort grandes, d'un vert très clair, cordlformes, entières, molles, glabres, portées sur un pétiole large, canaliculé, blanc, charnu; les feuilles de la tige sont sessiles, alongées, aiguës, presque lancéolées. La tige est haute de quatre à six pieds, dressée, irrégulièrement anguleuse et cannelée, simple inférieurement, divisée en rameaux nombreux et paniculés à sa partie supérieure. Les fleurs sont petites, verdâlres, sessiles, souvent réunies et soudées deux à deux par la base sur les ramiflcations de la tige ; elles constituent de longs épis grêles , dont la réunion forme un vaste panlcule. Chaque paire de fleurs est située à l'aisselle d'une bractée foliacée, plus longue qu'elles. Le calice esta cinq divisions profondes, égales, obtuses, persistantes. Les cinq élamines opposées à chacune des divisions du calice, plus courtes qu'elles, sont périgynes et insérées, vers la base et au milieu de chaque division, à un disque qui les réunit toutes par la base. L'ovaire est très déprimé, h une seule loge uniovulée, surmonté de deux stigmates courts et blanchâtres. Le fruit est un akène irrégulièrement triangulaire ,
(1) Malgré l'examen le plus attentif, je n'ai pu trouver de différence entre ce genre et l'ansériae, si ce n'est le calice fructifère, qui ici est ouvert à sa partie supéiieure et fermé dans les ansérines. Je n'ai pu découvrir le style sur l'ovaire de ce dernier genre, en sorte que je pense que ces deux genres devraient être réunis.
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déprimé , entouré par le calice , qui n'a point pris d'accroissement.
Celte plante est cultivée dans les jardins. Elle présente deux variétés principales, savoir: la carde, remarquable par ses feuilles plus grandes, dont la côte ou nervure médiane est extrêmement large et charnue. On mange ses côtes, qui sont, comme les feuilles de la poirée, un aliment assez fade. La seconde variété est beaucoup plus intéressante; c'est elle que , l'on appelle betterave ou racine de disette. Sa racine est grosse, charnue, pivotante, simple, tantôt d'un rouge foncé, tantôt blanche ou jaune doré. Elle a, quand elle est cuite, une saveur douce et très sucrée, qui la fait rechercher comme aliment. Mais c'est surtout par la quantité considérable de sucre qu'elle renferme que cette racine joue un rôle important dans l'économie domestique. En effet, pendant assez long temps le sucre retiré de ces racines a sufû à la consommation de presque toute l'Europe. Margraff est le premier qui ait appelé l'attention des chimistes sur l'importance de la betterave, et c'est à MM. Achard de Berlin, et Chaptal, que l'on doit la connaissance des procédés mis en usage pour opérer en grand.
Le sucre de betterave ne le cède en rien au sucre extrait de la canne des colonies. Il se cristallise parfaitement, et peut entièrement remplacer les sucres exotiques.
CAMPHRÉE. - CAMPHOROSMA. L. J.
Le calice est urcéolé, à quatre dents inégales ; les étamines, au nombre de quatre, sont saillantes hors du calice 3 l'ovaire est surmonté d'un style bifide. Le irait est renfermé dans l'intérieur du calice.
Camphrée de Montpellier. Camphorosma Monspeliaca. L. Sp.
RacMie vivace; tige étalée, rameuse, cylindrique, herbacée ou quelquefois sous-frutescente , tomenleusej rameaux florifères, redressés, effilés- feuilles fasciculées, courtes, étroites, Iméaires, aiguës, tomenfcuses, au nombre de dix à douze dans l'aisselle d'une stipule subulée très aignë, raide, plus longue
aaO BOTANIQUE,
que les feuilles. Fleurs très petites, disposées en épis très serrés, qui garnissent la moitié supérieure des rameaux florifères. Ces épis sont sessiles, ovoïdes, composés d'environ vingt fleurs serrées et comme imbriquées. Chaque fleur sessile est accompagnée d'une bractée foliacée, ovale, aiguë, dressée, pubescente, de la grandeur du calice, sur lequel elle est immédiatement appliquée. Calice urcéolé, comprimé du côté interne, verdâtre, couvert de longs poils laineux et frisés, à quatre divisions dressées, dont deux opposées plus petites. Les étamines sont saillantes, au nombre de quatre j leurs filets sont filiformes, dressés, deux fois plus longs que le calice. Ovaire libre , globuleux, irrégulièrement trigone, uniloculaire , uniovuléj style simple , cylindrique , stigmate très profondément divisé en deux parties linéaires, à peu près de la longueur du style. Le fruit est un petit akène, renfermé dans l'intérieur du calice. Celte plante est extrêmement commune dans les provinces méridionales de la France, dans les endroits incultes et stériles. Elle fleurit pendant presque tout l'été. 1^
Fropriéléset usages. Toutes les parties de cette plante exhalent une odeur forte et camphrée. Sa saveur est âcre et amère, fortement aromatique. Autrefois très usitée, elle est presque totalement négligée par les modernes. Cependant elle ne manque pas d'une certaine efficacité 5 elle est excitante et pourrait être employée, soit comme sudorifique, soit comme diurétique.
PETIVÈRE. - PETIFERIA. Plum. L. J.
Calice à quatre divisions profondes ; étamines de quatre â huit^- ovaire à une seule loge, terminé par quatre styles et quatre stigmates. Akène comprimé, recouvert par le calice.
Plantes herbacées ou légèi-emerit sous-frulesrentes.
Petivère alliacée. Peiiveria aUiacea. L. Lamk. lUust., t. 272. Nom vulgaire : racine de pipi. Partie usitée : la racine.
La racine de cette plante s'enfonce profondément dans la! terre ; elle donne naissance à des tiges sous-frutescentes à Icu base, hautes d'un à deux pieds, glabres, portant des feuill
CHÉNOPODÈES.
alternes, minces, elliptiques, aiguës ou obtuses, rélrécies 5 leur base en un court pétiole, entières ou légèrement onduleuses dans leur contour. Les fleurs sont disposées en longs épis simples ou Fameux à la partie supérieure des tiges.
Cette espèce croit dans presque toutes les contrées de l'Amérique méridionale; on la trouve également jusque dans l'Amérique du Nord. Le nombre des étamines varie de quatre à huit. Je me suis assuré, par une comparaison attentive d'échantillons recueillis au Brésil avec des échantillons provenant de Saint-Domingue et de l'Amérique du Word, que l'espèce décrite par Ant. Gomes, sous le nom de Petiveria tetrandra, est la même que le Petiveria alliacea de Linné.
Propriéiés et usages. La racine de cette plante est connue au Brésil sous le nom de Pipi. D'après les renseignemens et les échantillons qui m'ont été envoyés de Rio-Janeiro par mon ami M. le docteur Soares de Meirelles , voici ce que j'en ai publié dans le Journal de Chimie médicale, janvier 1829.
Celte racine est pivotante , de la grosseur du petit doigt , irrégulièrement ramifiée, d'un gris jaunâtre ; sa partie corticale, d'environ une demi-ligne d'épaisseur, offre une odeur forte, désagréable , faiblement alliacée, qui rappelle un peu celle de certaines Crucifères ■ la partie centrale , qui est très dure, est presque insipide. Cette racine jouit au Brésil d'une très grande réputation , et son emploi médical est fréquent ; on la considère
comme un sudorifique extrêmement puissant, elcommeunesorle de spécifique contre la paralysie. Voici la manière dont on en fait usage ; on fait bouillir une poignée de cette racine dans un vase plein d'eau et convenablement bouché, de manière à perdre la moindre quantité possible de vapeur. Quand l'eau a bouilli pendant quelque temps , on met le vase sous un siège à jour, on le découvre et on y place le malade , que l'on recouvre de couvertures de laines ou de coton. On le laisse dans cet état, exposé à la vapeur pendant environ un quart d'heure, près quoi on le place dans un lit bien chaud et bien couvert ; ientôt il s'établit une abondante transpiration ^ à la suite de aquelle le malade se sent tellement soulagé, que fréquemment, près une première lumigalion , il recommence à faire usage
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d'un membre dont il était privé souvent depuis fort long-temps. Du reste , on réitère ces fumigations jusqu'à ce que la sensibilité et le mouvement soient rendus aux parties affectées.
Quels que soient les éloges prodigués à la racine de pipi par les médecins brésiliens , cependant nous pensons qu'il esi une foule de circonstances où dans la paralysie dépendant d'une altération matérielle de l'organe cérébro-spinal, tous les sudorifiques du monde , m6me les plus énergiques , resteront impuissans.
Propriétés médicales et usages des Chénopodées.
Les propriétés dont jouissent les plantes de la famille des Chénopodées peuvent aider, jusqu'à un certain point , à les distinguer des Polygonées, avec lesquelles elles ont une ressemblance d'organisation extrêmement frappante. En effet, dans la plupart des végétaux de la famille précédente, on voit prédominer des principes acides, tels que le tannin , l'acide oxalique , etc., qui donnent aux Polygonées une vertu tonique plus ou moins prononcée. Toutes les Chénopodées au contraire , à très peu d'exceptions près , sont douces , mucilagineuses ou sucrées. Ainsi, les feuilles de poirée, d'arroche, de carde poirée, d'épinard , et même celles de plusieurs espèces de soude , sont des alimens fades et peu recherchés. Cependant quelques espèces appartenant à cette famille contiennent souvent un principe plus ou moins âcre et odorant, qui leur communique des propriétés assez actives; ce que prouvent le Botrys, l'Ambroisie , la Camphrée et plusieurs autres.
Mais les produits qui nous intéressent le plus dans cette famille sont la soude que l'on retire de plusieurs plantes de gen« tes et même de familles différentes, et le sucre , que les racines contiennent en si grande quantité. Cette famille ne ren* ferme aucune plante vénéneuse.