FIGUIER. — FICUS. L. T
Fleurs monoïques, réunies dans un involucre pyriforme charnu , dont elles garnissent toute la face interne : cet involucre offre ù sa base deux ou trois petites écailles ; son sommet est percé d'un trou bouché par des écailles nombreuses dispo-
(l) Ainsi nommées parce que l'arbre à pain {artocarpus) appartient à cette section.
tJRTiCÉES.
sées sur plusieurs rangées; les fleurs mâles, moins nombreuses, occupent la partie supérieure du réceptacle ; elles offrent un calice triparti et trois étamines saillantes : les fleurs femelles se composent d'un calice quinquéparti, d'un ovaire uniloculaire , présentant un style latéral , terminé par deux stigmates filiformes. Le fruit se compose du réceptacle , dont les parois deviennent épaisses et charnues , et des ovaires qui se changent en autant de petits akènes adhérens à la paroi interne du réceptacle.
Les figuiers sont des arbres quelquefois très grands , ayant les feuilles alternes , d'abord enveloppées dans une longue stipule membraneuse.
Figuier commun. Ficus carica. L. Sp. 1513.
Nom pharmaceutique : ficus. Noms vulgaires : figues ou figues grasses Partie usitée : les fruits frais ou secs.
Le figuier est originaire d'Orient. Ce furent, dit-on, le Phéniciens qui l'introduisirent dans le midi de la France lorsqu'ils vinrent, environ six cents ans avant l'ère chrétienne, jeter à Marseille les premiers fondemens de leur colonie. Sa tige peut s'élever jusqu'à vingt-cinq et même trente pieds. Ses feuilles alternes , pétiolées , grandes , sont d'abord roulées e entièrement cachées dans une longue stipule membraneuse; elles sont échancrées en cœur à leur base, palmées, et ordinairement à cinq lobes arrondis et obtus ; leur face supérieure est d'un vert foncé et luisante 3 l'inférieure, plus claire, est hérissée de poils rudes et courts. Les fleurs sont situées dans des I involucres piriformes , solitaires à l'aisselle des feuilles supérieures , portées sur un pédoncule long de cinq à six lignes. Ce sont ces involucres ou réceptacles dont les parois prennent beaucoup d'épaisseur, que Ton regarde comme les fruits, quoiqu'à proprement parler, les véritables fruits soient les petits grains résistans qu'on trouve sur la surface interne du réceptacle , auquel ils sont attachés par un pédicule charnu, f-es fruits o\x figues sont de deux sortes ; les unes occupant la l-artie moyenne des branches , généralement plus grosses , sont 3. 16
mûres en juillet ; on les appelle en Provence figuea-fleurs ; les autres, situées au sommet des branches, ne sont mûres qu'en septembre. Elles sont plus petites que les précédentes , mais bien plus sucrées. Le nombre des variétés de figues que l'on a obtenues par la culture est presque innombrable.
Propriétés et usages des figues. Les figues fraîches, surtout celles qu'on récolle dans les provinces méridionales de la France^ sont un aliment aussi sain qu'agréable. Elles sont adoucissantes et légèrement laxatives. On les sert fréquemment sur nos tables. On peut les conserver pour l'hiver , après les avoir fait sécher au soleil, en les exposant sur des claies. Elles sont alors beaucoup plus sucrées, mais peut-être moins faciles k digérer. C'est dans cet état qu'on les conserve dans les pharmacies. On se sert surtout des grosses figues blanches connues sous le nom àe figues grasses. On en fait des tisanes adoucissantes et d'un goût agréable , en coupant trois ou quatre figues par quartiers et les faisant bouillir dans une pinte d'eau. Ordinairement on les unit aux autres fruits béchiaues , tels que les jujubes, les dattes et les raisins secs. On prépare encore avec les figues sèches où fraîches des cataplasmes émolliens , que l'on applique sur les tumeurs douloureuses et enflammées.
DORSTÉNIA. - DORSTENIA. L. J.
Fleurs monoïques réunies et enfoncées dans un involucre ou réceptacle plane : dans les fleurs mâles , on compte une ou deux étamines , rarement un plus grand nombre : les fleurs femelles sont légèrement pédicellées , et offrent un ovaire uniloculaire et à une seule graine , portant à sa partie supérieure et exlerne un style filiforme terminé par deux stigmates subulés. Le fruit est une pelile capsule bivalve. Les feuilles sont loutes radicales et péliolées. Ce genre diffère surtout du figuier par son involucre entièrement ouvert et plane , par ses fleurs mélangées sans ordre j, par ses fruits ou capsules bivalves.
DORSTEMA CONTRWERVA. Dorstcuiti coiUrayerva, L. Sysl. plant., 1, p. 342. Blackw., t. 579.
Nom pharmaceutique : contrayen-œ. radix. Partie usitée : la racine.
D'une racine alongée , fusiforme , rougeàtre , inégale , légA* rement rameuse, de la grosseur du doigt, s'élèvent trois à quatre feuilles péliolces , larges , pennalifîdes , et presque paU mées , ù lobes lancéolés , irrégulièrement dentés, un peu rudes au loucher j du milieu de ces feuilles naissent deux ou trois pé-^ doncules , de cinq à six pouces de hauteur, cylindriques , légèri'ment pubescens, s'évasant à leur partie ^ppérieure en v^n réceptacle plane , irrégulièrement quadrangulaire , large au moins d'un pouce dans tous ses diamètres , ayant son bord inégalement sinueux. Lu face supérieure de ee réceptacle est recouverte entièrement de fleurs unisexuées , mâles et femelles mélangées. Ces fleurs semb'ent plongées dans autant de petites cavités ou alvéoles , que l'on peut considérer comme formées par la soudure des enveloppes florales. Le fruit est une sorte de petite capsule blanche, s'ouvrant en deux valves. Le cen- Iraycrva croît dans différentes parties du Nouveau Monde , et entre autres au Pérou , au Mexique et au Brésil. ^
Propriétés et usages. On a pendant long-temps ignoré l'origine de la racine de contrayerva. Hernandez la croyait produite ppr utie espèce de passiflore. Bernard de Jussieu la rapportait au psoralea pentaphylla de Linné. Mais il est certain aujourd'hui que celte racine est celle du dorstenia contrqjçrva et de quelques espèces voisines. Elle est alongée, rougeâlre, terminée en jiointe recourbée à son extrémité, donnant naissance à qut lc^ues fibrilles cylindriques. Son odeur est aromatique ^-sa S£)veur est un peu âcre. Cette racine était beaucoup plus employée autrefois qu'elle ne l'est maintenant. Son nom vulgaire Contrayerva , d'origine espagnole, et qui signifie contrepoison, indique l'usage principal pour lequel elle était usitée. Elle doit être considérée comme un médicament stimulant, qui peut être avantageux dans quelque» circonstances, mais dont les propriétés , singulièrement exaltées par quelques auteurs ,
n'ont rien de bien remarquable. M. le professeur Marlius, dans son Essai sur les plantes médicales employées par les Brasiliens , dit que l'espèce qui croît au Brésil est difl'érente de celle du Mexi-'jue. Selon cet habile observateur, elle forme une espèce nouvelle qu'il nomme dorstenia brasiliensis. Sa racine est aussi beaucoup plus énergique j sa saveur et son odeur sont très aromatiques; à l'état frais , elle est plus active qu'après la dessiccation. Selon Pison , elle agit fréquemment comme un émélique doux; et c'est pour ce motif que les habitans la désignent souvent sous le nom vulgaire d'ipécacuanha. Au Brésil , on l'emploie contre les fièvres nerveuses, la débilité générale , et plus fréquemment contre la morsure des serpens venimeux.
E. Fleurs sans involucre charnu; calice devenant charnu.
Les fleurs sont unisexuées ; elles forment des épis mâles et femelles distincts, ovoïdes ou presque globuleux. Les fleurs mâ,les se composent d'un calice profondément quadriparti , et de quatre étamines alternes avec les sépales ; dans les fleurs femelles, le calice offre la même structure; mais on trouve un ovaire lenticulaire monosperme , surmonté de deux stigmates filiformes sessiles. Le calice devient charnu , persiste autour des ovaires , qui se changent en akènes ; et tous les fruits d'un même épi finissent par se souder naturellement , et forment une sorte de baie mamelonnée.
Mûrier noir. Morus nigra. L. Sp. 1398.
Cet arbre peut s'élever à vingt-cinq ou trente pieds. Son tronc est recouvert d'une écorce noirâtre ; ses feuilles sont alternes , cordiformes , aiguës , dentées en scie , pubescentes et rudes au toucher. Elles sont quelquefois diviséis en trois ou cinq lobes. On trouve à la base de leur pétiole deux stipules oi jjosées , membraneuses , ovales , lancéolées , également pubesceiiles. Les fleurs sont souvent dioïques , quelquefois cependant elles sont monoïques ; les épis mâles sont ovoïdes , presque globuleux, pendans : le calice est comprimé ; les quatre sépales sont