CHANVRE. — CANNABIS. L. J
Fleurs dioïques : dans les fleurs mâles , calice à cinq divisions profondes ; cinq élamines à filamens courts. Dans les fleurs femelles , calice renflé à la base, terminé en pointe à son sommet, fendu d'un seul côlé jusque près de sa base; ovaire globuleux , contenant un seul ovule renversé ; deux stigmates filiformes sailJans. Le fruit est un akène globuleux, recouvert par le calice j la graine renferme un embryon amphitrope, c'est à dire recourbé en fer à cheval. Les fleurs mâles forment de petites grappes axillaires. Les fleurs femelles sont sessiles , solitaires ou géminées.
Chanvre cultivé. Cannabis saliva. L. Sp. 1457. Blackw. ,
Nom pharmaceutique : cannabis semina. Nom vulgaire : cheneiùs. Partie usitée : les fruits.
Plante annuelle et dioïque. Tige dressée, simple, droite, presque effilée, haute de quatre à six pieds , cylindrique, rude au toucher. Feuilles alternes, pétiolées, digitées ; folioles au nombre de cinq, lancéolées, étroites, très aiguës , dentées en scie , rudes au loucher, pubescenles, d'un vert pâle en dessous • les feuilles supérieures sont composées seulement de trois foliolis plus étroites.
Fleurs n.aies formant de petites grappes à l'aisselle des feuilles supérieures : elles sont courtement pédonculées , renversées et pendantes ; leur calice est formé de cinq sépales étalés , lancéolés , ( troils ; et de cinq élamines rapprochées , dressées, a filets très courts et capillaires , à anthères très grosses et rap-
prochées. Les fleurs femelles , réunies en groupes serrés et foliacés à l'aisselle des feuilles supérieures, sont composées d'un calice globuleux inférieureuient , terminé supérieurement par un prolongement fendu dans sa longueur. L'ovaire est simple, umloculaire , à un seul ovule , surmonté de deux styles et de deux stigmates subulés , glanduleux , saillans au dehors, à travers la fente du calice. Le fruit est un akène lisse et crustacé , recouvert par le calice.
Le chanvre est originaire de la Perse ; mais il s'est si bien naturalisé dans toutes les contrées de l'Europe , qu'il semble en être indigène.
Propriétés et usages. Toutes les parties de cette plante ont une odeur désagréable et vireuse. Aussi regarde~t-on le chanvre comme un végétal très délétère. Lorsque l'on reste pendant quelque temps exposé aux émanations qui s'élèvent d'une plantation de chanvre, on ne tarde pas à éprouver une céphalalgie violente , des vertiges , en un mot les premiers symptômes de l'ivresse. Ces phénomènes sont d'autant plus marqués, que ce végétal est cultivé dans un pays plus méridional ; car il paraît que dans le nord il perd la plus grande partie de son activité. Les Orientaux emploient les feuilles de ce végétal pour préparer une boisson enivrante , qui les jette dans un état de somnolence et d'extase. Les fruits sont la seule partie que la médecine réclame. Ils sont composés d'une amande blanche, douce, contenant une grande quantité d'huile grasse ; on les nomme vulgairement chenevis. Ils servent à la préparation d'émulsions, qui sont à la fois adoucissantes et légèrement calmantes , et dont on fait usage dans les inflammations du canal de l'urèthre.
Tout le monde sait que c'est avec les fibres de l'écorce du chanvre que l'on prépare la filasse ou chanvre proprement dit, dont les usages sont immenses dans l'économie domestique , pour la préparation des toiles et des cordages.
C'est avec les feuilles d'une autre espèce du môme genre, le cannabis indica L. , que les nègres préparent une boisson fermentée et enivrante, que l'on désigne sous le nom de bang.
URTICIÎKS.
m\]BL0^.—HU3WLUS. L. J.
Fleurs clioïques. Les màles offrent un calice profondément quinquéparli, cinq étamines opposées aux segmens du calice ; les femelles forment une espèce de capitule écailleux; entre chaque écaille on trouve deux fleurs sessiles, composées d'une bractée ovale, à bords roulés en cornet, d'un ovaire uniloculaire, surmonté de deux longs stigmates filiformes. Le fruit est un cône formé d'écaillés minces et membraneuses, entre chacune desquelles sont deux petits akènes.
Houblon ordinaire. Humulus lupulus, L. Sp. 1457. Bull.
Noms pharmaceutiques : lupuli turiones, fructus, s. coni. Parties usitées : les jeunes pousses et les fruits.
Plante vivace et dioïque , dont la tige est herbacée, légèrement anguleuse et rude , volubile de gauche à droite autour des arbres voisins, et pouvant s'élever ainsi à une hauteur de douze ou quinze pieds. Ses feuilles sont opposées, pétiolées , palmées, à trois ou cinq lobes dentées, ayant à peu près la même figure que celles de la vigne, rudes au toucher • elles sont accompagnées ùc stipules lar{>es, membraneuses, dressées , striées, quelquefois bifides au sommet. Les fleurs femelles forment une espèce de capilule globuleux, de la grosseur d'un pois , solitaire, pédonculé et axillaire. Il se compose d'un grand nombre d'écaillés foliacées, légèrement velues, à l'aisselle de chacune desquelles se trouvent deux fleurs femelles qui sont sessiles. Les fleurs mâles, portées sur d'autres individus, constituent à l'aisselle des feuilles supérieures des grappes irrégulièrement rameuses. Les fruits sont des espèces de cônes membraneux, ovoïdes, alongés, dont les écailles minces et persistantes contiennent chacune à leur base deux petits akènes, environnés d'une poussière granuleuse jaune , et de nature résineuse, que les travaux récens de MM. Payen et Chevallier ont démontrée être la seule partie active du houblon. Celte poussière qu'on nommait lupulin est composée d'après les mêmes observateurs de ; huile volatile , lupulinc , résine, gomme , matière exlrac-
a'JO BOTANIQUE.
tive, osmazome (traces), matière grasse, acide tnalique, malate de chaux, sels.
Le houblon croit naturellement dans les haies et sur la lisière des bois. On le cultive en grand dans certaines provinces du Nord, particulièrement en Flandre, en Alsace, etc. 11 fleurit vers le mois de juillet, et les fruits peuvent être récoltés à la fin d'août ou au commencement de septembre. ^
Propriétés et usngcs. 11 existe une grande analogie entre le houblon et le chanvre. Ces deux végétaux exhalent une odeur assez désagréable et nauséabonde, et participent un peu dans leur mode d'action des propriétés des plantes vireuses. Dans le houblon, on emploie spi^cialement les cônes écaiUeux et les jeunes pousses. Les premiers ont une saveur amère très prononcée.
Plusieurs chimi^tes se sont occupés de rechercher les principes qui entrent dans la composition des cônes du houblon. On a facilement reconnu que la saveur amère de ces cônes provenait, en très grande partie, d'une soi te de poussière jaune, répandue entre leurs écailles, et qui en est réellement la partie active. MM. Chevallier et Payen {Journ. chiin. inéd. 2, p. 527) ont fait connaitre la composition chimique de celle matière, qui contient de la résine, de la gomme, de l'huile essentielle, du soufre, et surtout une matière particulière que ces chimistes ont nommée lupuUne. C'est sans contredit le principe actif de ce végétal, et il serait préférable de l'employer seul, parce qu'on serait beaucoup i)lus certain de son action que de celle des cônes de houblon. Les cônes de houblon sont un des ingrédiens de la bière, à laquelle ils communiquent une saveur amère qui n'a rien de désagréable. On les emploie également en médecine. Le houblon est un médicament Ionique fréquemment mis en usage : l'infusion d'une once de ces cônes scchés, dai s une livre d'eau, ou leur décoction, forme une tisane amère que I on prescrit très souvent dans les différens symptômes des scrofules, tels que le rachilis, le carreau, elc. Cette boisson ranime les forces digeslives de l'estomac. Quelques auteurs disent qu'elle agit aussi comme diaphorélique, et qu'elle est très avaiitageuse dans les maladies chroniques de la peau.
URTICÏKS.
Quant aux tarions ou jeunes pousses, ils sont moins amers et moins actifs, quoiqu'on les emploie dans les mômes circonstances. '
Lorsqu'on reste quelque temps exposé à l'influence de émanations du houblon , il détermine les mêmes accidens que le chanvre, c'est à dire un commencement de narcotisme. Plusieurs praticiens pensent que le houblon exerce une action sédative sur le cerveau ; il est calmant, hypnotique. Ainsi l'on a corseillé de faire placer des coussins remplis de cônes de houblon desséchés, sous la téte des personnes tourmentées par d'opiniâtres insomnies, Ce moyen a Souvent réussi. Ce qu'il y de certain, c'est que chez un grand nombre de personnes, l'usage de la bière, lorsqu'on n'y est pas accoutumé^ prédispose singulièrement au sommeil.
ORTIE. — URTICA. L. J.
Fleurs monoïques ou dioïques. Dans les fleurs mâles on trouve un calice quadriparti et quatre élamihcs saillantes ; dans les fleurs femelles, les quatre segmcns du calice sont souvent inégaux, deux étant plus grands - l'ovaire est surmonté d'un stigmate sessile, formé de poils glanduleux et rayonnans. Le fruit est un akène recouvert par le calice.
Les orties sont des plantes herbacées, recouvertes de poils nombreux, dont la piqûre est très brûlante.
Ohtie BRi L.viNTE. £//V/c« »/ e«.ç. L. Sp. 1 396.
, Petite plante annuelle et monoïque, qni infeste les jardins et les champs cultivés. Sa tige s'élève à peine à un pied de hauteur : elle est presque carrée , rameuse à sa partie supérieure , et recouverte, aiiif-i que les feuilles, de poils dont la piqûre est extrêmement douloureuse et cuisante. Les feuilles sont opposées, ovales et profondément dentées, d'un vert terne. LfS fleurs sont petites, verdûlres, et forment à l'aisselle des feuilles supérieures, des espèces de petites grappes, composées de fleurs unisexuérs mélangées. Cette espèce fleurit pendant presque tout l'été.
BOTANÏQtJB.
Propriétés et usages. Toutes les espèces d'orties sont plus ou moins à redouter à cause de la douleur qu'occasionne leur piqûre. Cette douleur dépend , non de la piqûre faite par les poils, mais du fluide irritant que ces poils , qui sont creux et canaliculés , versent sous Tépiderme. L'on sait en effet que les orties desséchées perdent la faculté de déterminer les phénomènes de Vurtication; c'est à dire qu'elles n'occasionnent plus la formation d'ampoules , remplies d'un fluide séreux qui soulève et détache l'épiderme. On employait autrefois les orties fraîches pour déterminer, à titre de révulsif , une irritation vive dans un point déterminé de la surface du corps. Mais ce procédé douloureux a été abandonné et remplacé par Temploi des cantharides, du garou, etc.
L'ortie brûlante a une saveur aigrelette et l(^gèrement rafraîchissante. Quelques auteurs en prescrivaient la décoction dans la diar/hée et plusieurs autres maladies; mais ce remède impuissant est depuis long-temps abandonné.
Plusieurs espèces exotiques dans le genre ortie peuvent occasionner, par suite de leurs piqûres, des accidens très graves. Ainsi, selon Leschenault de La Tour, Vurtica crenulata de Roxburgh, qui croît dans l'Inde , détermine un érysipèle très violent, accompagné de fièvre et de délire.
3° PIPÉBINÉES. FruU monosperme, nu, légèrement charnu à son
extérieur.
POIVRIER. — PIPER. Ruiz et Pavon.
Fleurs nues disposées en spadice cylindrique, sans involucre : chaque fleur se compose d'un ovaire uniloculaire, monosperme, terminé par un stigmate tri ou quadriparti; de trois étamines, accompagnées quelquefois d'écaillés irrégulières. Le fruit est une baie monosperme coriace et presque sèche. La tige est sous frutescente.
Poivrier noir. Pt/jer nigrum. L. Sp, 159. Blackw., t. 548.
Nom pharmaceutique ifructus piperis nigri. Partie usitée : les fruits:
Cet arbrisseau sarmenteux porte des feuilles alternes, ovales,
arumindcs , glabres , entières, courlement péllolées , longues de trois à cinq pouces , larges d'environ deux pouces. Ses fleurs formenl des chatons grûles et pendans, longs de quatre à cinq pouces extra-axillaires : elles sont petites, verdàtres, sessiles, hermaphrodites; il leur succède des fruits globuleux, pisiformes , rougeAtres , un peu charnus à l'extérieur, contenant intérieurement une seule graine.
Le poivrier croît dans l'Inde ; on le cultive particulièrement dans les îles de Java, Bornéo, .\ialaca et Sumatra. Depuis longtemps il a été acclimaté et naturalisé dans plusieurs parties du ]\ouveau-Monde , où il est l'objet d'une culture assez étendue, dont les produits sont également versés dans le commerce. Le fruit entier , quand il est desséché , est noirâtre , ridé à sa surface , et porte le nom de poivre noir. Dépouillé de la partie externe et charnue de son péricarpe, la graine , qui est jaunâtre et moins ûcre, est désignée sous le nom de poivre blanc.
Propriétés et usages. Les usages économiques du poivre , comme condiment , sont trop connus pour que nous les rapjielions ici. On sait que , mélangé avec modération dans les aliraens, il excite les forces digestives de l'estomac, et favorise la digestion de substances que, sans lui, cet organe ne pourrait supporter. Son usage convient particulièrement aux personnes grasses , molles et lymphatiques. On doit surtout le mêler aux alimens tirés du règne végétal , tels que les choux , les navets , etc.
Le poivre est moins fréquemment employé comme médicament. Son odeur aromatique et piquante, son goût âcre , brûlant , poivré , le placent au rang des médicamcns excitans les plus énergiques. On en a recommandé l'usage dans les fièvres intermittentes , dans l'anorexie, et plusieurs autres maladies. On a également vanté ses vertus emménagogue, diurétique, etc.; mais dans ce cas, il ne doit être administré que quand la suppression des règles ou de l'urine dépend d'une faiblesse locale ou générale; dans le cas contraire , il aggraverait la maladie, loin d'y porter remède. H entre dans un très grand nombre de préparations pharmaceutiques , telles que la thériaque, le mithridale, etc, On peut donner le poivre en poudre,
^54 aoTAN:Qi)i,
depuis cinq jusqu'à vingt-cinq grains ; eu infusion , dans du vin blanc, un gros pour une livre de vin, etc.
M. Pelletier a soumis le poivre noir à une nouvelle analyse, surtout pour s'assurer des résultats de M. OErsted , qui a annoncé {Journal de Physique, février 1821)avoir découvert dans ces fruits une nouvelle base salifiable , à laquelle le poivre devrait sa saveur et ses propriétés. Mais le chimiste de Paris est loin d'être arrivé aux mêmes résultats. M. Pelletier a retiré du poivre noir une substance cristalline 3 mais celle substance est tout à fait insipide , et ne peut en aucune manière se combiner avec les acides. C'est un principe immédiat neutre que M. Pelletier propose d'appeler Pipérin. La saveur du poivre est due à une huile parliculière p^m volatile. Du reste , l'analyse de M. Pelletier s'accorde parfaiteraeiit avec celle des cubèbes , qui a été faite antérieurement par Vauquelin.En voici les résultats :
1° Matière cristalline particulière analogue aux résines (Pipérin); 2° une huile concrète très âcre , colorée en vert; 3" une huile volatile balsamique ; 4° une substance {jommeuse colorée ; 6» un principe exlraclif analogue à celui qu'on trouve dans les Légumineuses; 6° de la bassorine; 7° des acides malique et urique; 8° du ligneux, et divers sels terreux.
Les opinions de MM. OËrsled et Pelletier sont fort différentes sur la nature du pipérin. Le premier, en effet, le regard^ non seulement comme un corps de nature alcaline , mais encore comme la partie active du poivre. M, Pelletier émet une opinion diamétralement opposée. D'un autre côté, M. Dominique Méli de Ravenne s'est Occupé de constater raction médicale du pipérin , et il lui a reconnu une propriété fébrifuge tellement énergique , qu'elle surpasse celle du sulfate de quinine, à des doses même inférieures. Le môme pr.3ticien a également reconnu une propriété fébrifuge dans Thuile âcre du poivre. Mais que conclure de ces expériences contradictoires? Nous ne pouvons révoquer en doute l'exactitude des résultais obtenus par M. Pelletier, si habile et si expérimenté dans l'art de l'analyse, et il nous semble que le pipérin de MM. OEisted et Méli est un mélange de celte substance et de l'huile âcre.
, URTiCfer.5. 2*)5
Poivrier clbèbe. Piper cubeha. L. Siipp, 90,
Nom pharmaceutique : piper candntum. Nom vulgaire : cubèbe, poivre à queue. Par lie usitée : les fruits.
Cette espèce est également sarmeiiteuse et glabre dans toutes ses parties : sa lige est flcxueuse et articulée : ses feuilles sont péliolées , ovales, oblongues, quelquefois lancéolées, entières et coriaces ; elles sont un peu inéquilatérales. Les fleurs, constituant des épis alongés et pendans, sont longuement pédicellées, caractère qui , les distinguant très bien de l'espèce précédente, leur a valu le nom vulgaire de poivre à queue {Piper caudaïuni). Les fruits sont pisiforme^ , noirâtres, ridés, portés sur leur pédoncule.
Le cubèbe croît dans l'Inde , à Java , en Guinée, etc. Propriétés et usages. Ce n'est que depuis un très petit nombre d'années que les fruits du cubèbe sont sortis de l'oubli auquel leurs qualités , moins énergiques que celles du poivre noir, semblaient les avoir condamnés. Ils jouissent en effet à peu pr^'s de la même saveur et de la même odeur que le précédent, quoiqu'à un degré plus faible. C' pendant ils doivent également èire regardés comme essentiellement stimulans. On concevra, d'après cela , assez difficilement l'usage auquel on les emploie aujourd'hui , et les succès que l'on obtient de leur administration. On combat maintenant, avec la poudre du poivre cubtbe, les blénorrhagies urétrales, même les plus intenses , et par ce moyen on arrête presque instantanément les accidens inflammatoires.C'est en Angleterre que celte nouvelle méthode de traiter la blénorrhagie a été d'abord mise en pratique. Elle a ensuite été imitée en France par plusieurs grands praticiens, parmi lesqiu ls nous citerons MM. Cullerier et Velpeau à Paris , et M. le professeur Delpech à Montpellier, qui paraisîent en avoir également obtenu des succès. Pour produire cet effet , on emploie la poudre de cubèbe à la dose d'un gros et demi , répétée trois fois dans les vingt-quatre heures. Il est rare que l'on soit obligé d'aller au delà.
Vauquelin a soumis les cubèbcs à une analyse qui n'a rien fourni de bien intéressant ; voici ses résultats : 1« une huilo
volatile presque concrète; 2" une résine semblable à celle du baume de copahu • 3° une petite quantité d'une autre résine colorée ; 4° une matière gommeuse colorée ; 5° un principe extractif analogue à celui qui se trouve dans les plantes légumineuses; 6° quelques substances salines.
Cassola a extrait des cubèbes une matière âcre à laquelle il a donné le nom de cubébine; c'est une matière jaune-verdâtre, d'un goût douceâtre , puis brûlant comme celui des cwbèbes ; elle est très soluble dans l'alcool anhydre et l'élher, mais presque insoluble dans l'eau.
Le Poivre long, piper longum L., originaire de l'Inde, doit aussi être mentionné ici. Ce sont des chatons cylindriques, chargés de fruits excessivement serrés les uns contre les autres , longs d'un pouce à un pouce et demi , d'une teinte grisâtre foncée. Chaque petit fruit est noirâtre, de la grosseur d'un grain de millet , enveloppé par les écailles calicinales , qui finissent par se souder et former comme un tout continu. Ils entrent dans la thériaque et plusieurs autres formules d'anciennes préparations.
M. Dulong d'Astaford en a publié l'analyse i/ouni. pharmac, t. 2, p. 53). Elle diffère peu de celle des cubèbes par Vauquelin.
Propriétés médicales et usages de Pipérhiées.
Cette tribu doit être rangée parmi celles où les propriétés médicales présentent l'uniformité la plus grande. En effet , les différentes parties de ces plantes possèdent à un degré plus ou moins prononcé cette saveur âcre et brûlante si développée dans les fruits de plusieurs espèces , telles que les P. nigrnm , P. cubeba et P. bétel. Aussi , dans les pays où croissent naturellement les espèces de poivriers, emploie-t-on indifféremment les espèces indigènes pour remplacer les exotiques.
UIITICÊES.
i° ULMACËes. Friiii comprime, membraneux.
ORME. - ULMVS. L. J.
Fleurs hermaphrodites 3 calice monosépale subcampanulé , un peu comprimé , à quatre ou cinq lobes irréguliers , quatre ou cinq étamines insérées vers la base du calice ; ovaire comprimé , libre , uniloculaire , contenant un seul ovule renversé, surmonté de deux stigmates en forme de corne , glanduleux sur la face interne ; le fruit est une saraare orbiculaire, un peu échancrée en cœur à son sommet.
Orme commun. Ulmus campestris. L. Sp. 327. Noms Tulgaircs : ormeau ou ormille. Partie usitée : l'écorce intérieure.
Son tronc est dressé , cylindrique , et peut atteindre une hauteur de soixante à quatre-vingts pieds. Ses feuilles sont alternes, distiques, péliolées , ovales, aiguës, dentées en scie, d'un vert foncé , un peu rudes au loucher. Les fleurs s'épanouissent , et souvent même les fruits mûrissent avant que les feuilles se développent ; elles SQUt rapprochées , sessiles , rougeâlres , et forment des espèces de petits capitules alternes et sessiles à la partie supérieure des ramifications de la tige. Les étamines , au nombre de quatre à cinq , sont plus longues que le calice. La samare est glabre , orbiculaire, mince, un peu échancrée en cœur à son sommet. Elle esta une seule loge qui contient une seule graine.
L'orme, qui se trouve abondamment dans les forêts de l'Europe, est principalement cultivé pour planter les allées et les quinconces dans les promenades publiques. Il fleurit dès le mois de février ou de mars ; ses fruits sont murs un mois après la floraison.
Propriétés et usages. L'orme présente peu d'intérêt sous le rapport de ses propriétés médicales et de son emploi dans la thérapeutique. C'est son écorce intérieure, qui a une saveur un peu âpre et amère, que l'on a vantée outre mesure dans le traitement des dartres et des autres affections chroniques de la peau. Quelques auteurs l'ont osé préconiser contre les fièvres
,25S ÈOTANIQnE.
inlermillentés, les scrofules, et môme le cancer; mais on n'a pas lardé à reléguer dans l'oubli une substance aussi peu digne de sa haute réputation. Le bois de l'orme est très dur et fort recherché pour les ouvrages de chaironnage. Il se développe souvent sur le tronc de cet arbre des espèces de gibbosilés dont l'intérieur est agréablement veiné. Elles sont employées par les ébénistes pour faire des meubles de luxe.
Propriélés et usages des plantes de la famille des Urticées.
Les deux sections que nous avons établies dans la famille des Urticées, sous les noms à" Artocarpées et à" Urticées vraies, ne diffèrent pas moins par leurs propriétés médicales que par les caractères d'organisation de leurs fruits. Tous les végétaux de la première section , qui sont en général plus ou moins élevés, contiennent un suc blanc et laiteux, âcre et très caustique. Ce suc existe dans nos figuiers, et donne à quelques espèces des propriétés délétères, comme on le volt par exemple dans le ficus toxicaria de l'Inde. Mais, de tous les arbres de ce groupe, il n'en est aucun dans lequel ce suc soit aussi abondant et aussi vénéneux que dans l'antiar [antiarris toxicaria de Leschenault), arbre originaire de Java, et qui fournit dans celte île le fameux poison connu sous le nom àHipo ou upas anliar. Ce poison est un des plus énergiques et des plus dangereux. Les Javanais s'en servent pour empoisonner leurs flèches en temps de guerre. Un seul grain introduit dans le tissu cellulaire d'un chien suffit pour le faire périr en peu de temps dans d'horribles convulsions. Mais toutes les Artocarpées, si remarquables par l'âcreté de leur suc propre, fournissent au contraire des fruits charnus, doux et agréables, et dont quelques uns servent presque d'unique aliment à des contrées tout entières. Tels sont ceux de l'arbre à pain {artocarpus incisa)^ qui sont aussi gros que les deux poings et quelquefois davantage, et qui sont pour les habitans de plusieurs archipels de l'Océan Pacifique une nourriture aussi salubre qu'abondante.
Ce suc laiteux n'n pas toujours les qualités délétères que nous venons de signaler. Ainsi, dans le galactodendrurn utile Kunth, vulgairement désigné sous le nom cVarhre à lait, pnoo
rUPKORBIACîtr.S. 2^9
de Facca, il est tloux, agréable, et possède toutes les qualités du bon lait de vache.
Les véritables Urticées, qui sont toutes des plantes herbacées ou de petits arbustes, rarement des arbres, n'oifrent point des propriétés aussi énergiques. Elles sont presque toutes empreintes d'un principe narcotique, peu intense à la vérité, mais qui cependant est assez évident dans le chanvre et même le houblon. Un fait digne d'être noté, c'est que toutes les Urticées ont h'urs fibres souples et cependant résistantes 3 en sorte qu'on peut retirer de presque toutes les espèces une filasse analogue à celle du chanvre.
Le groupe des Pipérinées, que l'on a long-temps considéré comme une famille parliculière, rapportée à la grande division des Monocotylédonés, est remarquable, comme nous l'avons dii précédemment, par l'uniformité de ses propriétés, la saveur âcre et aromatique du poivre noir se retrouvant à des degrés différens, en général, dans le fruit du plus grand nombre des espèces de ce genre.