EUPHORBE. — EUPHORBIA. L. J
Fleurs unisexuées, monoïques, quelquefois solitaires, plus souvent disposées en une sorte d'ombelle terminale, involucre monophylle (c<3/ice des autres botanistes), à huit ou dix divisions; les extérieures, de forme variée, sont arrondies, obtuses ou eu croissant; les intérieures sont alternes et dressées. Le centre de l'involucre donne attache à une fleur femelle ordinairement pédicellée, dont Tovaire, à trois côtes, est surmonte de trois styles, souvent soudés en un seul à leur base, bifides à leur sommet; chacune des quinze à vingt étamines, situées autour de la fleur femelle , doit être considérée comme une fleur mâle monandre. Elles sont entremêlées de petites écaille» ordinairement fimbriées. La capsule est à trois coques monospermes. Toutes les Euphorbes ou Tithymales sont âcres et lactescentes. Les unes sont herbact'es; les autres sont épaisses, succulentes , dépourvues de feuilles, et offrent le port des cierges {cactus).
KUPIIORBIAC^I-S.
EuPiiOKBK OFFICINALE. Eitplioi bia officiiiavum L.
Nom pharmaceutique : ciiphorUum. Nom vulgaire : gomme d' euphorbe. Partie usitée : le suc concrété qui s'en écoule.
Cette plante ressemble tout à fait, pour le port , à un cierge ou cactus. Sa tige est dressée, épaisse, charnue, de la grosseur du bras , relevée de côtes saillantes , épineuses et longitudinales. Elle donne naissance de distance en distance à des mamelons ovoïdes , également cannelés , et qui se changent en rameaux. Les feuilles n'existent pas , à moins qu'on ne considère comme telles les épines plus ou moins raides dont les côtes de la tige sont armées. Les fleurs jaunâtres et assez petites sont solitaires et situées à la partie supérieure des côtes de la tige; elles sont presque sessiles; leur involucre présente dix divisions , dont les cinq extérieures sont arrondies et très obtuses.
L'Euphorbe officinale croît en Afrique et dans l'Inde. IjO Propriétés et usages. La substance résineuse, connue sous le nom de suc ou gomme d'euphorbe , se retire de la plante que nous venons de décrire , et de quelques espèces qui en sont très rapprochées, telles que Y Euphorbia antiquorum L. qui croit sur les côtes d'Afrique 3 V Euphorbia canariensis , originaire des îles Canaries, et qui, suivant quelques auteurs, fournit la majeure partie de la gomme-résine d'euphorbe , aujourd'hui répandue dans le commerce , etc. On l'obtient en pratiquant à cet arbrisseau des incisions peu profondes; le suc laiteux qui s'en écoule se concrète et forme Veuphorbiurn des officines. Cette gomme-résine se présente sous la forme de larmes ou de petits morceaux irréguliers, légèrement friables, percés d'une sorte de petit canal formé par les aiguillons de la plante , sur lesquels le suc propre s'est concrété. Son odeur est, faible, mais sa saveur est Acre et brûlante. D'après l'analyse qui en a été faite par M. Pelletier {Bull, pharm., 4 , p. 503), celte substance se compose surtout de résine , de cire et de malale de chaux. Elle contient en oulce une assez grande proportion d'une huile volatile très Acre. Celle composiliou
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monlre que Venpiiorbium n'est pas , à propremeut parler , une gomme- résine , puisqu'au Heu de gomme , elle renferme de la cire qui est tout à fait identique avec celle que fournissent les abeilles. Ce médicament est d'une âcrelé extrême. C'est uu des purgatifs drastiques les plus violens. Les anciens l'employaient très fréquemment; mais les modernes y ont rarement recours à cause do sa trop grande activité. Pour qu'il ne produise pas d'accidens graves , il faut l'administreir à dos doses très faibles, telles que deux à trois grains par exeropl(^ Appliqué sur la peau , il l'enflamme , et finit par déterminer la vésication. Sa poudre est un violent slernutatoire. 11 eulre encore dans plusieurs préparations officinales, telles que l'emplâtre vésicaloire et quelques pommades; mais il est à peu près inusité à l'intérieur.
Euphorbe épurge. Euphorbia latjris. L. Sp. 665. Bull. t. 103.
Koiu pharmaceutique : catapiicia. Nom vulgaire ; épurge. Parties usitées : les graines et les feuilles.
Plante bisannuelle , à racine pivotante , blanche et rameuse; à lige droite, simple, haute de deux îi trois pieds , glabre et d'un vert glauque; ses feuilles sont sessiles , opposées et décussées : elles sont lancéolées, obtuses, entières, d'un vert très clair, surtout à leur face inférieure. Les fleurs forment une sorte de grande ombelle au sommet de la tige. Cette ombelle se compose de quatre rayons, plusieurs fois dichotomes, et acconipagnc's à chaque bilurcation de deux grandes feuilles florales, aiguës, subcordiformes. L'inv(ducre commun est caliciforme , subcampanulé. Ses cinq divisions extérieures sont en forme de croissant, dont les deux cornés sont glanduleuses. Les cinq divisions intérieures sont dressées , minces et Gmbriées. Les étaraines , au nombre d'environ quinze à vingt, sont dressées et plus longues que l'involucre. La fleur femelle est portée sur un pédicelle recourbé , également plus long que l'involucre. Le fruit est gros, à trois côtes lisses et à trois loges qui contiennent chacune une grosse graine jaunâtre.
On trouve absez coaimuuéuient celte plante dans les lieux
EUPHORBIACIJES, ^63
cultivés et sur le bord des chemins aux environs de Paris, et dans d'autres parties de la France. Elle fleurit en juin.
Propriétés et usages. Nous pourrions répéter ici pour Tépurge ce que nous avons dit des propriétés médicales du suc d'euphorbe. Cette plante est en effet, ainsi que toutes les autres espèces du même genre, un violent purgatif. Celte action purgative réside également dans l'huile grasse que les graines contiennent en abondance , puisqu'elles peuvent en fournir de 40 à 44 parties sur 100.
Les semences d'épurge sont composées, suivant une analyse de M. Soubeiran : 1° d'une huile fixe jaune j 2° de stéarine; 3° d'une huile brune àcre; 4° d'une résine brune; 5° d'une matière colorante extractive ; 6° d'albumine végétale.
Depuis un certain nombre d'années, l'attention des praticiens s'est de nouveau portée sur l'huile d'épurge. Le docteur Louis Franck de Parme (V. Arch. gén. méd. , 8, p. 133 ), le docteur Charles Calderini à Milan (V. Arch. gén. méd. , 8, p. 614), et en France M. le docteur Bailly, ont fait un grand nombre d'essais avec cette huile, et ont de nouveau constaté toute son efGcacité. Ainsi, de quatre à huit gouttes , suivant les individus , suffisent pour purger très convenablement ; et un très grand avantage de cette huile , c'est qu'étant sans odeur et sans saveur, elle peut être donnée très facilement, même aux enfans. Selon M. le docteur Calderini , il est facile d'administrer celte huile même aux malades qui prennent les remèdes avec répugnance, et même à ceux qui sont attaqués de convulsions , de tétanos , d'apoplexie et de délire. On peut la faire prendre avec du sucre , du sirop, ou même un peu de mie de pain. Ces procédés simples sont préférables à ceux dans lesquels on donne cette huile en émulsion ou en pilules. D'ailleurs, dit M. Calderini, je pense que, dans le mêla, ge, certains médicamens perdent un peu de leur propriété particulière. Tout le monde sait que l'huile àe ricin , administrée sons la forme d'émulsion , est moins active que prise dans sa pureté. D'après ce qui précède , on voit que l'huile d'épurge peut èli e facilement sub titiiée à celle de crclon liglim/i, dont nous parlera» s loul à l'heure . (pii , étant un médicamenl exotique , est
raicmcnl à l'état de pureté dans le commerce, tandis que l'épurge , se cultivant avec une très grande facilité, donne une huile d'un prix très bas , puisqu'une once, qui coûte au plus un franc , peut servir à purger 96 individus , à raison de six gouttes par dose.
L'huile d'épurge s'altère très rapidement, et prend, en vieillissant, une âcreté qui la rend dangereuse. On doit donc en préparer de petites quantités à la fois, et surtout la soustraire au contact de l'air. M. Chevallier, pharmacien à Paris, a indiqué dans le Journ. chim. méd., 2, p. 78, trois procédés pour préparer l'huile d'épurge, savoir : par expression, par l'intermède de l'alcool ou par l'éther : le premier de ces procédés est le plus simple et le moins dispendieux-.
Selon le même pharmacien, l'huile contenue dans les semences de Veuphorbia cyparissias , si commune partout aux environs de Paris, jouit à peu près des mêmes propriétés que celle retirée des graines du lalhyris.
Euphorbe ipécacuanha. Eupliorbia ipecacuanha. L. Sp. 653.
Cette euphorbe, qui croît naturellement dans l'Amérique septentrionale, en Virginie, au Canada, est vivace ; sa tige est couchée inférieurement , où elle est dépourvue de feuilles, d'abord simple, puis dichotome, haute d'environ six à huit pouces, et entièrement glabre. Ses feuilles sont opposées, obovales, sessiles, entières, quelquefois alongées. Les deux rayons de son ombelle se divisent en un grand nombre de pédoncules grêles, terminés chacun par un seul involucre de fleurs. Les cinq appendices extérieurs del'involucre sont arrondis, entiers et non échancrés en forme de croissant. La capsule est glabre et longuement pedicellée (1).
Propriétés et usages. La racine de celte plante, qui se compose de fibres cylindracées et blanchâtres, est employée par les médecins de l'Amérique boréale aux mêmes usages que l'ipécacuanha. Cette propriété émélique de la racine d'euphorbe ipécacuanha a engagé plusieurs médecins recommandables à
(I) J'ai «décrit cette plante d'après des échantillons recueillis par Aad. Michaux dans l'Amérique septentrionale.
ECPHORBIACEES.
rechercher si les espèces indigènes de l'Europe n'en seraient pas également douées. D'après un grand nombre d'essais variés, M. le docteur Loiseleur-Deslongchamps a reconnu que la racine de toutes nos espèces^ surtout de celles qui sont vivaces, jouissait d'une vertu émétique très prononcée, et pouvait, dans plusieurs circonstances, remplacer l'ipécacuanha du Nouveau- Monde. Les espèces sur lesquelles ce médecin s'est plus particulièrement exercé sont l'euphorbe des bois [euph. sjivatica L. Bull. t. 35), l'euphorbe de Gérard ( efi;?/i. gerardiana idiCfii)'^ l'euphorbe cyprès ( euph. cyparissias L, ) ; l'euphorbe pithyuse {eiip/i. pithyusa L.). Toutes ces plantes et les autres espèces congénères jouissent des mêmes propriétés. Ces racines doivent être administrées en poudre, à la dose de 15 à 18 grains , délayés dans trois verres d'eau tiède- Il est rare que l'on soit obligé d'augmenter cette dose.
L'âcreté et l'action vésicante des euphorbes résident dans un principe volatil intimement uni à la résine, dont est principalement composé leur suc propre. Nous avons dit que la gomme résine de Veiiphorbia qfficinarum contient de résine, et -—^ d'huile volatile et d'eau. Nos euphorbes européennes renferment aussi un lait gomrao-résineux , mais inflniment moins caustique. On n'a pas encore d'analyse de leur suc laiteux concrété, mais nous sommes portés à croire que les quantités de résine et de sels étant les mêmes, il n'y existe pas une proportion aussi forte d'huile volatile. C'est celle-ci, dont l'action est tellement irritante qu'elle enflamme et corrode les tissus animaux sur lesquels le suc laiteux, fluide ou épaissi, est appliqué. Il est donc toujours dangereux d'administrer à l'intérieur, soit les euphorbes elles-mêmes, soit leurs produits, parce que c'est en déterminant une irritation plus ou moins grave dans le canal digestif qu'ils agissent comme purgatifs et émétiques.
MERCURIALE. — MERCURIALIS. L. J.
Fleurs dioïques ; fleurs mâles , calice étalé à trois divisions , dix à vingt étamines 3 fleurs femelles, calice semblable, deux filamens stériles, ovaire libre, à deux côtes, à deux loges, rarement à trois côtes et à trois loges j stigmate profondément bi-
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parti j capsule à deux ou à trois coques monospermes, s'ouvrant avec élasticité.
Mercuriale annuelle. Mercurialis annua. L. Sp. 1465. Blackw.
Nom pharmaceutique : mercurialis. Partie usitée : toute In plante.
Plante annuelle et dioïque , dont la tige dressée, rameuse, très glabre, ainsi que toute la plante, anguleuse, s'élève à un pied et plus. Les feuilles sont opposées, pétiolées , ovales , lancéolées , aiguës, dentées en scie. Dans l'individu mâle, les fleurs sont très petites, rassemblées par petits groupes sessiles, qui forment des épis alongés, portés sur de longs pédoncules axillaires. Le calice est étalé, à trois divisions profondes, ovales, aiguës j dix à vingt élamines dressées sont insérées au centre du calice. Dans l'individu femelle, les fleurs sont un peu moins petites 3 les pédoncules, également axillaires, sont beaucoup plus courts et portent deux fleurs. Le calice est à trois divisions profondes : le pistil sé compose d'un ovaire arrondi, didyme, hérissé de petites pointes, à deux loges, qui contiennent chacune un seul ovule. Le stigmate est presque sessile, profondément partagé en deux segmens très divergens, couverts de papilles glanduleuses. Le fruit est une capsule à deux coques monospennes. Il n'est pas rare de rencontrer des individus femelles portant des fleurs dont le pistil offre trois côtes, trois loges et trois divisions au stigmate, ce qui rapproche beaucoup la mercuriale des autres Euphorbiacées.
Il est peu de plantes plus communes dans les jardins et les champs cultivés, où on la trouve en fleur pendant tout l'été.
Propriétés ei usages. Sa saveur est herbacée, fade, aqueuse, et son odeur faible, mais peu agréable. Cette plante est employée comme émoliiente et légèrement laxalive. On donne sa décoction en lavement. M. Feneulle de Cambrai a donné les résultats suivans de l'analyse qu'il a faite de cette plante [Journ. de chim. nu-d. 2, p. llGj : 1° Un principe amer légèrement purgatif; 2" du muqueux; 3" do la chloroi^hy Ile ; A" de l'albumine végétale; 5° une substance grasse, blanche; 6° une
EUPIIORBIA-CÉES.
huile volatile j 7° de l'acide peclique ; 8° du ligneux et des sels. Cette plante est fort peu usitée.
MÉDICmiER. —JATROPIIA. L. J.
Fleurs monoïques j calice coloré à cinq divisions profondes, quelquefois accompagné d'un calice extérieur quinquéparti. Dans les fleurs mâles , dix étamines , dont les filets sont soudés par leur base : dans les fleurs femelles , l'ovaire offre trois loges uni-ovulées , et présente trois styles bifides. Le fruit est une capsule tricoque.
Toutes les espèces sont lactescentes ; leurs feuilles sont lobées ou palmées 3 leurs fleurs sont en grappes.
MÉDiciiMER MAMOC. Jutropha maiiioc. L. Sp. 1429.
Noms vulgaires : manioc, pain de cassrn>e , topioka. Partie usitée : la racine et la fécule qu'elle renferme.
Cet arbuste est remarquable par la grosseur de sa racine, qui est charnue , tubéreuse , blanche , pesant jusqu'à trente livres , et remplie d'un suc blanc et laiteux d'une extrême âcreté. De cette racine part une tige dressée , haute de six à huit pieds , cylindrique, noueuse, garnie dans sa partie supérieure de feuilles alternes, longuement péliolées , profondément digilées eu trois , cinq ou sept lobes , ovales, lancéolés , très aigus , un peu onduleux sur les bords , d'une couleur verte foncée à leur face supérieure , glauques et blanchâtres inférieurement. Les fleurs constituent des espèces de grappes à l'aisselle des feuilles supérieures. Ces grappes se composent de fleurs mâles et de fleurs femelles. Les premières offrent un calice subcampanulé , à cinq divisions, d'un jaune rougeâtre , velues intérieiu'ument, 1 1 dix élamines; dans les fleurs femelles , les incisions du calice sont beaucoup plus profondes; l'ovaire esta trois côtes et se change en une capsule tricoque.
Le manioc croît naturellement dans Itis contrées chaudes du Nouveau-Monde. Pour se procunir .sa racine phjs facilement et avec plus d'abondance , on le cultive en Amérique, depuis l,c détroit de Magellan jusque dans les Florides.
Projjricléi et usages. La racine du manioc est presque uni-
quemenl formée d'amidon , auquel se joint un suc blanc et laiteux , d'une âcrelé extrême , et qui est un poison des plus dangereux. Mais ce suc étant fort volatil , on parvient facilement à en priver les racines de manioc , qui deviennent alors un aliment aussi salubre qu'abondant , et que l'on désigne sous le nom de pain de cassave. Pour le préparer, on râpe les racines lorsqu'elles sont encore fraîches , et l'on soumet la pâte que l'on obtient à une forte pression , qui en chasse le suc âcre et vénéneux; on lave ensuite cette pâte dans de l'eau. C'est le résidu de la pression que l'on nomme farine de cassave. Lorsqu'on veut en faire du pain , on en forme des galettes minces que l'on fait cuire sur des plaques de fer. La cuisson finit par dissiper entièrement le principe vénéneux. En Amérique , et spécialement au Brésil, on fait usage de la farine de manioc [mandiocca) comme aliment dans toutes les provinces et toutes les classes de la société.
L'analyse du suc du manioc amer a donné à MM. Boutron et O.Henry: 1° de la fécule amylacée; 2° de l'acide hydrocyanique libre ; 3° une petite quantité de sucre ; 4° un sel à base de magnésie , dont l'acide organique est particulier ; 5° un principe amer; 6° une matière grasse cristallisable ; 7° de l'osmazome ; 8° du phosphate de chaux; 9° de la fibre ligneuse. C'est probablement par l'acide hydrocyanique que le suc récent du manioc amer empoisonne.
L'eau dans laquelle on a lavé la farine de cassave laisse déposer dans le fond des vases une assez grande quantité d'une poudre blanche. C'est de l'amidon très pur. On le recueille , on le fait sécher, et cette poudre est le fapioha, qui est une fécule très blanche et très douce. On l'emploie comme le sagou , Vorrow-root, à faire des gelées et des potages , en la faisant cuire dans du lait , de l'eau aromatisée ou du bouillon.
Le CuRCAs {Jatropha curcas L.) appartient au même genre. C'est un arbrisseau également originaire de l'Amérique méridionale. Ses graines sont connues dans les officines sous les noms de pignons d^Inde ou noix des Barbades. Elles sont violemment purgatives, mais aujourd'hui inusitées. M. le docteur Félix Cadet-Gassîcourt , pharmacien à Paris , ayant soumis à
ETIPHORBIÀCÉES. uOg
l'analyse les graines de pignons d'Inde, en a retiré : 1" de l'albumine ; 2^* de la gomme ; 3° de l'huile fixe ; 4° de la fibre végétale ; 5» une petite quantité d'un acide particulier et d'un principe âcre, résineux, roussâtre, d'une odeur de beurre rance, que l'auteur propose de désigner sous le nom de curcasine.
C'est fort à tort que quelques auteurs confondent avec les pignons d'Inde, ou graines du Jatropha curcas , les graines de tilly ( croton tiglium ) , dont on extrait l'huile de tiglium ; ces deux végétaux sont tout à fait différens.
Toutes les espèces du genre Jatropha jouissent des mômes propriétés purgatives. Ainsi , indépendamment des deux précédentes , on emploie encore au Brésil les graines du Jatropha miiliifida L. , avec lesquelles on prépare l'huile de pignon [pinhoen oil des Anglais). La racine du Jatropha opifera Mart. , connue des Brasiliens sous le nom de raiz de tiuh , est également un purgatif très actif.