TRENTE-SIXIÈME FAMILLE
PLANTAGINÉES. — PLANTAGINEJB.
Dans la famille des Plantaginées, les fleurs sont hermaphrodites , rarement unisexuées : le calice est persistant, formé de quatre divisions squammiformes ^ la corolle est tubuleuse ; son limbe offre quatre lobes. Les étamines, au nombre de quatre, sont dressées , attachées à la base du tube. Le pistil se compose d'un ovaire libre, surmonté d'un stigmate simple, subulé et poilu. Le fruit est une pyxide, ordinairement à deux loges,
PLANTAGINÉES. ^87
qui contiennent plusieurs graines. L'embï-yon est épispermique.
Les Plantaginées sont des plantes herbacées , dont les fleurs sont souvent disposées en épis serrés , ovoïdes ou très alongés , portés par des pédoncules radicaux simples. Leurs feuilles sont ou toutes radicales , ou situées suç Ja tige.
PLANTAIN. - PLANTAGO. L.
Les fleurs sont hermaphrodites , le calice a quatre divisions profondes; la corolle hypocratéri forme ; l'ovaire surmonté d'un style et d'un stigmate subulés ; le fruit est une pyxide biloculaire , dont chaque loge contient une ou plusieurs graines.
PLA.NTAIN DES SAJBLES. Plantago arenarla. DC. Fl. fr. 3, p. 426. Bull., t. 363 (sous le nom de Plant, 'psyllium).
Nom vulgaire : herbe aux puces. Partie usitée: les graines.
Sa racine est annuelle, fusiforme, un peu rameuse. Sa lige est dressée, cylindrique, pubescenle , rameuse, haute d'environ un pied. Ses feuilles sont opposées , sessiles , très étroites , linéaires , alongées , aiguës , pubescenles. Les fleurs sont très petites, disposées en épis courts , très serrés , ovoïdes, portés sur des pédoncules longs d'un à deux pouces, axillaires etverticillés à la partie supérieure de la tige. A la base de chacun de ces épis sont quatre bradées opposées en croix , arrondies à leur partie inférieure , acuminées au sommet. Le calice est formé de quatre sépales , comme spalhulés , épais et renflés à leur partie supérieure. La corolle est tubuleuse inférieurement; tube cylindrique de la longueur des sépales ; limbe étalé à quatre divisions aiguës : elle est persistante et scarieuse. Les quatre éiamines sont saillantes , à filets capillaires , à anthères biloculaires, courtes et presque cordiformes. L'ovaire globuleux, un peu lenticulaire , est à deux loges , qui renferment chacune un seul ovule attaché à la cloison. Un seul style , long , roussâtre , termine l'ovaire. Le fruit , très petit , lisse , est une pyxide globuleuse, grosse environ comme un grain de millet ,
288 iiOTANIQUlî.
et renfermant deux graines , [ilanes d'nn côté, convexes de l'aulre.
Celte plante est très commune dans les lieux sablonneux de presque loule la France.
Le Plantago pstilUum L. n'en diffère que par ses épis non environnés de bradées à la bîfpe , ses feuilles un peu denliculées , et toutes ses parties moins pubescenles.
Propi iélé.i et usages. -Ce sont lesgr.unes de ces deux plantes que l'on emploie indistinctement. Elles sont émoHientes et renferment u<ie très grande quantité de m'icitage, qu'elles cèdent facilement à l'eau chaude. On en f i^ait autre/ois des collyres adoucissans, que l'on peut facibmcnt remplacer avec la décoction de guimauve ou de gmines de lin. l,a quasitité de matière mucilagineuse que contiennent ces graines est tellement considérable, qu'une parti»' peut donner à 40 parties d'eau une viscosité égale à celle du blanc d'oeuf. Il paraît même que ces graines sont un objet d'exportation po r les habitans de l'ou st de la France , qui les expi^dient dar.s le Nord, où on les enij loie pour apprêt» r c^-rlaines étoffes.
Quant au grand plantain [PLantago major L.) qui est vivace, et dont toutes les feuilles sont étalées en rosette sur la terre , sa raciîie et ses feuilles sont légèrement a^tlillgentes. Leur eau distillée entre quelquefois dans la comjOS.t.on des collyres résolutifs.
M. le docteur Perret a présenté à la Société des Sciences de Lausanne des observations sur les propriétés fébrifuges des racines de Plantago major , minor el lanceolata. Selon cet aut ur, ce remède indigène lui a plusieurs fois réussi dans les fièvres intermitienles. Mais cependant c'est un médicament auquel il ne faut pas avoir une trop grande confiance.
La famille des Plantaginées ne nous offre aucune plante qui soit vénéneuse.
GLOBULARIKUS.
TRENTE-SEPTIKME FAMILLE.
GLOBULARIÉES. — GLOBULARIjE.
Le genre globulaire, qui forme à lui seul la famille des Globulariées, établie par M. De Candolle, dans la troisième édition de la Flore française, avait été placé, par M. de Jussieu, dans la famille des Primulacées, quoique en différant beaucoup par plusieurs caractères, ainsi que ce savant l'a fait lui-même remarquer. En effet, dans les Globulariées^ l'ovaire est constamment monosperme , tandis qu'il est polysperme dans les Primulacées. Dans ces dernières, les étamines sont opposées aux sef»mens de la corolle, tandis qu'elles sont alternes dans les Globulariées. Par son port, cette famille a beaucoup d'analogie avec les Dipsacées, dont son ovaire libre et supère , son calice simple, la distinguent facilement. Elle a plus de rapports avec les Plumbaginées et les Nyctaginées, dont elle diffère surtout par sa graine renversée et par son fruit, qui est un akène recouvert par le calice.
GLOBULAIRE. - GLOBULARIA. L. J.
Les fleurs sont disposées en capitules environnés d'un involucre polyphylle : le phoranlhe est convexe, garni de petites paillettes; chaque fleur se compose d'un calice alongé, un peu courbé, à cinq dents profondes et inégales; d'une corolle tubuleuse, dont le tube est arqué et le limbe bilabié ; la lèvre supérieure est formée de trois lanières étroites; la lèvre inférieure de deux divisions plus courtes : les étamines sont saillantes, alternes avec les segmens de la corolle; l'ovaire se termine par un style filiforme, au sommet duquel est un stigmate bifide. Le fruit est un akène renfermé en totalité dans l'intérieur du calice, qui est persistant.
Les globulaires sont des plantes vivaces, tantôt herbacées, tantôt sous-frutescentes; leurs feuilles sont alternes, quelquefois persistantes.
BOTANIQriî.
Globulaire tup.bitii. Glolmlaria alypum. L. Sp. 139. Nom pliarmaceuticlue : alypi foUa. Partie usitée : hs feuilles.
Arbuste de deux ; quatre pieds de liaut. dont la tige est ligneuse , rameuse, rameaux dressés, e'iilés, cylindriques, striés, rougt'filres, i n peu glauques,' terminés par un capitule de fl eurs. Les feuilias sont alternes, obovales, lancéolées, aiguës, très entières, presque sessiles , fern es, dressées le long de la tigej les plus nférieures finissent ir sensiblement en un court pétiole. Fleu- s bleues, petites, disposées en capitules à l'extrémité de chaq: e rameau. Ces capitules sont globuleux, sessiles, formés d'ui involucre imbri<]ué, t ont les écailles sont brunes, scarieuses, tiliées sur les bords. L( réceptacle ou phoranthe est convexe, spongieux intérieurement. Les fleurs sont très nombreuses et très serrées. Chacune d'elles est accompagnée à sa base d'une bractée un peu plus courte qu'elle, spa- Ihulée, très aiguëj chargée sur sa face externe de poils longs et soyeux. Le calice est monosépale, légèrement tubuleux, très velu, fendu aux deux tiers de sa hauteur en cinq dents subulées, linéaires, aiguës. La corolle est irrégulière, ligulée; le tube est un peu arqué, évasé insensiblement vers la gorge, offrant eu devant une petite échancrure qui sépare deux dents peu sensibles j le limbe est ligulé, alongé, roulé en dehors , fendu jusqu'au tiers de sa longueur en trois lanières étroites, obtuses. Les quatre étamines sont saillantes, dressées, égales, à peu près de la hauteur du limbe, insérées au sommet du tube de la corolle. L'ovaire est libre, ovoïde, alongé, glabre, uniloculaire, terminé par un style un peu plus court que les étamines, incliné vers i'échancrure de la corolle, grêle et filiforme, qui finit par un stigmate fort petit, bifide. Le fruit est un akène très petit, entouré par le calice qui le cache en entier. Il est ovoiide, jaunâtre, lisse et luisant. Le péricarpe est mince , sec, et à peu près semblable à celui du millet.
Cette plante croît naturellement dans les provinces méridionales de la France. Je l'ai récoltée aux environs de Toulon,, dans les bois rocailleux non loin de la mer.
ACANTlIAc/iKS.
Propriétés et usages. Les feuilles de la Globulaire turbith ont une saveur très anière , légèrement âcre. Déjà réputées purgatives par les auteurs anciens , M. le docteur Loiseleur- Deslongchamps a de nouveau constaté leurs propriétés par un grand nombre d'essais. Ce médecin ne balance pas à regarder les feuilles de Globulaire turbith comme le meilleur succédané indigène du séné. La dose en est d'un gros à une demi-once, et même une once, bouillie dans huit onces d'eau. Ce médicament doit être placé parmi les purgatifs toniques. Cependant il est presque inusité à Paris.
On peut en dire autant des feuilles de la Globulaire vulgaire [GLohularia vulgaris L.), qui croît sur les pelouses sèches, aux environs de Paris , et qui possède à peu près les mêmes propriétés, mais à un moindre degré.
TRENTE-HUITIÈME FAMILLE. ï
ACANTHACÉES. — ACANTHACEM.
Nous observerons , dans les plantes qui forment cet ordre naturel, des fleurs solitaires et axillaires ou des épis terminaux ; chaque fleur est ordinairement accompagnée de deux ou trois bractées , dont la forme varie singulièrement ; le calice monosépale est irrégulier , présentant quatre ou cinq divisions plus ou moins profondes ; il est quelquefois tubuleux ou bilabié ; la corolle monopétale est irrégulière , très souvent bilabiée (la lèvre supérieure manque quelquefois)^ les étamines , au nombre de deux ou de quatre , sont didynames, ayant les anthères à une ou deux logps. L'ovaire est appuyé sur un disque hypogyne circulaire ; il présente deux loges qui , chacune , contiennent deux ou un grand nombre d'ovules. Le style est terminé par un stigmate bilamellé. Le fruit est une capsule à deux loges , renfermant deux ou un plus grand nombre de graines , portées chacune sur un podosperme ascendant qui part de la cloison. Celle capsule s'ouvre avec élasticité en deux valves, entraînant chacune une moitié de la cloison qui se dédouble en deux feuillets. L'embryon est très gros et dépourvu d'endosperme.
Celte famille se compose d'arbustes ou de plantes herbacées, dont les feuilles sont souvent opposées , et les fleurs axillaires. Elle a les plus grands rapports avec les Scrophulariées , dont elle diffère principalement par les bractées qui accompagnent chaque fleur; par sa corolle , presque constamment bilabiée; par sa capsule , s'ouvrant, ainsi que la cloison , avec élasticité, et surtout par ses graines dépourvues d'endosperme.
ACANTHE. — ACANTHUS. L. J.
Calice profondément quadriparti ; divisions inégales ; la supérieure très grande et voûtée, entière ; l'inférieure un peu plus courte , émarginée ; les deux latérales beaucoup plus petites et un peu intérieures ; corolle unilabiée ; lèvre inférieure trilobée ; étamines didynames, à anthères uniloculaires; capsule bivalve et à deux loges , qui contiennent chacune deux graines.
Les espèces sont ordinairement herbacées , portant des feuilles opposées , également et profondément découpées j leurs fleurs , qui forment un long épi terminal, sont, chacune, accompagnées de trois bractées , dont une inférieure plus grande , et épineuse sur les bords.
Acanthe molle. Acanthus mollis. L. Sp. 891. Blackw. t. 89.
Nom pharmaceutique : acanthi foUa et raclix. Noms vulgaires : brancursine. Partie usitée : les feuilles et la racine.
Cette plante vlvace offre une tige d'environ deux pieds , simple , un peu anguleuse ; des feuilles très grandes , presque toutes étalées en rosace à la surface du sol , pinnatifides , luisantes et d'un vert foncé ; leurs découpures sont très élégamment dessinées. Les fleurs sont très grandes, presque blanches, entièrement sessiles , et constituent un long épi qui garnit la moitié supérieure de la tige. La corolle est unilabiée ; la lèvre inférieure , qui est large et trilobée , est plus longue que le^ quatre étamines qui occupent la partie supérieure de la fleur. L'acanthe croît dans les provinces méridionales de la France.
JASMlNlÎEï).
Je l'ai trouvée en abondance dans les ruines du château d'Hyères, en Provence. Elle fleurit en juin. If.
Propriétés et usages. L'acanthe est beaucoup plus remarquable par l'élégance de ses formes, et surtout la beauté de ses feuilles, qui ont servi de modèle dans les ornemens du chapiteau des colonnes corinthiennes , que par ses propriétés médicales. Ses feuilles et sa racine ont une saveur fade , un peu amère. On en prépare des décoctions , que l'on administre surtout sous forme de lavemens adoucissans. Cette plante est bien rarement employée. Cependant en Orient on la considère comme une sorte de panacée.