TRENTE-NEUVIÈME FAMILLE
J AS MINÉES. — JASMIISEM.
Cette famille forme un groupe assez bien circonscrit , et qui se distingue facilement de tous ceux qui l'avoisinent par ses étamines constamment au nombre de deux. Les fleurs dans les Jasminées sont hermaphrodites ou unisexuées , et forment des grappes , des thyrses ou des espèces de corymbes. Leur calice présente quatre ou cinq dents , quelquefois très longues. La corolle est monopétale , régulière ; son limbe offre quatre ou cinq divisions; les étamines , au nombre de deux , sont tantôt saillantes, tantôt renfermées dans l'intérieur du tube de la corolle. L'ovaire est libre , à deux loges , qui contiennent chacune deux ovules attachés vers la partie supérieure. Le style est simple , terminé par un stigmate bifide ou biiobé. Le fruit est tantôt une capsule à deux loges , renfermant chacune une ou deux graines, tantôt une baie dans laquelle on trouve d'uu à quatre petits noyaux. Leur embryon est renfermé dans l'intérieur d'un endosperme charnu.
Les Jasminées sont des arbres ou des arbrisseàux d'un port élégant, portant des feuilles opposées, simples ou pennées, toujours ponctuées à leur face inférieure; des fleurs qui répandent souvent une odeur suave et agréable.
BOrANKJCfi,
I" Fruit charnu.
JASMIN. — JASMINVM. L. J.
Calice turbiné -, à cinq dents ou à cinq divisions étroites; corolle tubuleuse à limbe plane , offrant cinq lanières un peu obliques; étamines incluses; baie arrondie ou bilobée , à deux loges mono ou dispermes; tégument propre de la graine charnu.
Jasmin officinal. Jasminum officinale. L. Sp. 9.
3ous-arbrisseau dont la hauteur varie beaucoup. Ses rameaux sont longs et effilés , verts et glabres. Ses feuilles opposées sont profondément pinnatifides , composées ordinairement de sept folioles ovales , aiguës , entières ; les trois supérieures souvent confluentes entre elles. Fleurs blanches, répandant un parfum très agréable , disposées par petits bouquets axillaires et pédoncules , accompagnés de deux bractées linéaires. Chaque fleur est elle-même pédonculée. Le calice est campanulé; son tube est assez court ; son limbe a cinq lanières , longues et linéaires. La corolle est hypocratériforme, à tube très alongé, un peu strié ; son limbe est à cinq divisions ovales , lancéolées, aiguës. Etamines incluses , attachées vers le milieu de la hauteur du tube. Filets courts et aplatis. Anthères biloculaires , elliptiques , un peu comprimées. Pistil beaucoup plus court que le tube du calice. Ovaire presque cordiforme, à deux loges, renfermant chacune deux ovules. Style filiforme terminé par deux stigmates alongés , souvent collés ensemble. Le fruit est une baie biloculaire , dont chaque loge contient ordinairement une seule graine.
Le jasmin est originaire de l'Asie ; mais il est aujourd'hui naturalisé en France, et surtout dans les provinces du Midi.
Propriétés et usages. Autrefois très employées comme antispasmodiques , les fleurs de jasmin sont aujourd'hui entièrement inusitées, ainsi que leur eau distillée, que l'on faisait entrer à la dose d'une à deux onces dans les potions calmantes. Ces fleurs sont très recherchées des parfumeurs, qui en fixent l'arôme par différons procédés.
JASMINÊKS.
OLIVIER. ~ OLEÂ, L: J.
Calice évasé à quatre dents 3 corolle courte et subcainpanulée, quadrifide. Ovaire à deux loges biovulées, style terminé par un stigmate bilobé : drupe charnue renfermant un noyau à une seule graine.
Olivier d'Eirope. Oka europœa. L. Sp. 11. Blackw. t. 199.
L'olivier, dans les contrées méridionales de l'Europe, peut acquérir des dimensions assez considérables. J'en ai vu aux environs de Nice dont le tronc pouvait avoir trente à trentecinq pieds d'élévation, et trois à quatre pieds de diamètre. Son feuillage blanchâtre répand une teinte monotone sur les campagnes de la Provence et du Languedoc, où on le cultive en abondance. Ses feuilles sont opposées, persistantes, coriaces, un peu convexes, ovales, aiguës, légèrement dentées, d'un vert blanchâtre. Ses fleurs sont petites, blanchâtres, formant des espèces de petites grappes axillaires à la partie supérieure des rameaux. Chacune d'elles présente un calice presque plane^ à quatre dents 5 une corolle campanulée, courte, dont le limbe est à quatre lobes ovales, aigus. Les étamines sont un peu saillantes. L'ovaire est globuleux, à deux loges biovulées • le style est très court • le stigmate est épais, alongé, légèrement bifide. La drupe est ovoïd«, alongée, d'un vert foncé. Elle renferme dans son intérieur un noyau à peu près de même forme, qui contient une seule loge et une seule graine, par l'avortement presque constant des trois autres ovules. La graine est pendantCj composée d'un tégument mince et veiné et d'un endosperme charnu, qui contient un embryon central et renversé.
L'olivier, naturalisé dans les régions méridionales de la France, est originair ; d'Asie, et a été transporté en Europe par les Phocéens, à l'épo ;ue où ils vinrent étal ir leur colonie en Provence. Cet arbre craint le froid ; aussi ne le voit-on pas réussir en pleine terr sous le climat de Pai .s.
Propriétés et usager . La culture de l'olivic • est une des sources principales de la 1 ichesse des provinces aaéridionales de la France. L'huile grassj que l'on retire du p< ricarpe charnu de
l'olive est une des plus fines et des plus employées, soit pour l'usage de la table et de la pharmacie, soit pour la fabrication du savon. Il est digne de remarquer ici que l'olivier est du très petit nombre des arbres dont le péricarpe fournisse une huile grasse ; c'est généralement des graines dont on retire les différentes autres huiles fixes. A l'époque qu'on récolte les olives, leur chair est dure et d'une âpreté insupportable. Aussi ne les sert-on sur les tables qu'après les avoir laissé pendant quelque temps macérer dans de l'eau salée ; elles sont alors fort recherchées et d'un goût agréable. Avant de les soumettre à la presse pour en retirer l'huile, on les met en tas jusqu'à ce qu'elles se soient ramollies, et qu'elles aient subi un commencement de fermentation. L'huile d'olives peut être employée dans toutes les préparations pharmaceutiques où l'on prescrit d'ordinaire l'huile d'amandes douces. Mais c'est principalement pour servir d'assaisonnement dans une foule de préparations culinaires que sa consommation est immense. Dans plusieurs départemens méridionaux, on emploie exclusivement l'huile d'olives au lieu de beurre pour assaisonner une foule de mets.
Les feuilles de l'olivier ont une saveur acerbe. Quelques auteurs les regardent comme astringentes et fébrifuges.
Le docteur Bidot, médecin de l'hôpital militaire de Longwy, les a récemment proposées comme un des meilleurs succédanés indigènes du quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes. Quelques essais tentés à l'hôpital de la Charité à Paris ont prouvé que ces feuilles sèches, et réduites en poudre, n'étaient pas sans action sur les fièvres périodiques ; mais elles sont loin d'être aussi efficaces que le prétend M. Bidot ; et quoique ce remède soit assez fréquemment employé en Provence, cependant les praticiens en font généralement peu de cas, La gentiane, l'écorce de chêne, etc., sont des toniques, également indigènes, beaucoup plus actifs et plus certains.
Il découle de l'olivier une gomme-résine d'un brun rougeâtre, en larmes ou en masses plus ou moins volumineuses, composée , suivant l'analyse de M. Pelletier [Journ. pliarni.2, p. 337), d'une matière résineuse, d'un peu d'acide benzoïque
JASAIINÉES. ^97
et d'un principe particulier que ce chimiste a nommée oUvUe, Celte gomme-résine est aujourd'hui inusitée.
1» Fruit sec et capsulaire.
LîLkC.—SYRmGJ. L.
Calice turbiné à quatre dents; corolle hypocratériforme 5 tube un peu renflé supérieurement j limbe plane à quatre divisions un peu concaves; étamines incluses, stigmate profondément bifide : capsule alongée, comprimée, à deux loges, contenant chacune deux graines planes, et s'ouvrant en deux valves.
LiLAC ORDINAIRE. Seringa mlgaris. L. Sp. 11.
Cet arbrisseau peut s'élever jusqu'à dix ou douze pieds. Ses feuilles sont opposées, péliolées, cordiformes, aiguës, entières, très glabres. Ses fleurs, d'une couleur violette tendre, forment de grandes panicules pyramidales à l'extrémité des ramifications de la tige : chacune d'elles se compose d'un calice court, un peu globuleux, à quatre dents; d'une corolle, dont le tube est grêle, cylindrique , trois à quatre fois plus long que le calice; à la partie supérieure et interne du tube^ on trouve deux étamines incluses, presque sessiles; l'ovaire, qui est globuleux, offre deux loges, du sommet desquelles pendent deux ovules; le style, plus court que le tube de la corolle, se termine par un stigmate alongé, profondément bifide. La capsule est alongée, comprimée, terminée en pointe à son sommet; elle s'ouvre en deux valves carénées , qui entraînent chacune avec elles la moitié de la cloison adhérente au milieu de leur face interne.
Le lilac est originaire d'Orient. Il a été introduit en Europe vers l'année 1562. On le cultive dans tous les bosquets d'agrément.
Propriétés et usages. Jusqu'en ces derniers temps, on n'avait considéré le lilac que comme un des arbrisseaux les plus agréables de nos jardins. Aujourd'hui, la médecine compte en lui un médicament qui peut devenir d'un grand intérêt. M. le professeur Cruveilhier a le premier attiré sur le lilac l'attention
5f9^ BOTANIQUE.
des praticiens. Les capsules eiicoie vertes de cet arbrisseau ont une saveur amère très franche, sans aucun mélange d'âcreté. Il en a fait préparer un extrait mou, auquel il a reconnu des propriétés toniques et fébrifuges très marquées. L^auteur l'a administré à la dose d'un gros, qu'il a quelquefois continuée pendant deux ou trois jours. Les six malades qu'il a ainsi traités de fièvres intermittentes plus ou moins invétérées, ont tous été guéris. Cruveilhier remarque avec sagacité que six faits ne peuvent point faire loij mais ils suffisent pour appeler l'attention des médecins européens sur ce nouveau remède.
MM. Petroz et Robinet, ayant analysé les fruits du lilac , eï\ ont retiré les substances suivantes : 1° une matière résineuse^ 2° une matière sucrée; .3° une matière qui précipite le fer en grisj 4° une matière amère ; 5° une matière insoluble, ayant l'apparence d'une gelée ; 6° de l'acide malique ; V du maiate acide de chaux ; 8° du nitrate de potasse ; 9" quelques sels. {Jourti.', pharni. X, p. 139.)
Fl^Èm. — FRAXINUS. L. J.
Les fleurs, ordinairement polygames, sont quelquefois nues, c'est à dire sans calice ni corolle j d'autres fois elles ont un calice sans corolle, ou enfin elles sont complètes ; dans ce dernier cas, leur corolle est composée de quatre pétales distincts. Le fruit est une capsule alongée, comprimée, mince et membraneuse sur les bords, à une seule loge, renfermant une seule graine.
Les frênes présentent tous des feuilles opposées imparipennées.
Frèise a. fleurs. Frfiopinus ornus, l,, ^ç. Î510. Partie usitée : la manne.
La tige de cet arbrp peut atteindre une hauteur moyenne de vingt à vingt-cinq pieds. Ses feuilles, opposées et imparipennées, sont composées de sept ou neuf folioles, un peu pétiolces, ovaJeSi,.acurainées , dentées, d'un vert clair. Les fleurs sont blanches, et s'épanouissent ordinairement en môme temps que
JASMINÉES. 299
les feuilles j elles constituent une sorte de panicu'e rameuse à l'extrémité des jeunes rameaux, et présentent un calice très court, à quatre dents, une corolle formée de quatre pétales linéaires lancéolés. La capsule est très alongée, étroite, terminée par une languette plane et un peu obtuse.
Le frêne à fleurs croît naturellement en Italie; il est aujourd'hui naturalisé dans plusieurs forêts de la France.
Propriétés et usages. C'est de cet arbre et de quelques autres espèces du même genre, et en particulier du fraxinus rotundifolia Lamk., qui croît en Sicile , en Calabre et dans la Fouille, que découle le médicament connu sous le nom de manne. Cette substance exsude naturellement à travers l'écorce dans les temps chauds : mais pour en augmenter la récolte, on pratique des incisions plus ou moins nombreuses, par lesquelles la sève élaborée s'écoule et se concrète. Au moment où il sort des incisions longitudinales pratiquées à Técorce, le suc séyeux du frêne est limpide, incolore, d'une saveur sucrée, mais en môme temps d'une amertume assez prononcée. Cette saveur amère est assez fugace, car, desséché sous la forme de manne, il l'a entièrement perdue. C'est ce que j^ai pu reconnaître en visitant aux environs de Palerme, en Sicile, quelques unes des localités où l'on récolte la manne.
On distingue dans le commerce quatre sortes de manne : 1° la manne en larmes, qui est en grains plus ou moins volumineux, secs, et d'une couleur presque blanche : c'est la plus pure et la plus estimée; on la recueille sur les branches et le tronc, dont elle exsude naturellement ; 2° la manne en canons, ainsi nommée parce qu'on la recueille sur de petits morceaux de bois qu'on enfonce dans des entailles pratiquées à l'écorce pour faciliter l'écoulement du suc séveux; elle est formée de plaques concaves et lisses d'un côté, convexes et rugueuses de l'autre côté ; 3" la manne en sorte, formée de larmes agglutinée?, par une pâte plus noire : c'est celle que l'on emploie surtout dans les potions purgatives j 4° enfin la manne grasse, qui est molle, gluante et très impure. La manne la plus estimée nous est apj.ortée de la Sicile et de la Calabre. M. 1 hénard l'a trouvée
3oÔ BOTANIQIJIÎ.
composée de mannite , sucre incristallisable . gomme , matière azotée.
D'après les expériences de M. Magendie , la mannite est la partie purgative de la manne. On avait cru long-temps qu'elle n'avait pas cette propriété.
La manne est un des médicamens les plus fréquemment mis en usage. C'est un purgatif tellement doux, surtout quand elle est très pure, qu'on peut l'administrer sans inconvénient, même dans les maladies inflammatoires • sa dose doit être portée à deux ou même à quatre onces lorsqu'on veut qu'elle agisse avec quelque efficacité. Dans les provinces du royaume de Naples où l'on recueille la manne, les habitans des campagnes n'emploient pas d'autre sucre pour leurs usages particuliers. En effet, quand elle est très récente, elle n'est presque pas laxative.
Le Frêne ordinaire , Fraxinus excelsior L. , qui se trouve abondamment répandu dans nos forêts , présente quelque intérêt sous le rapport de ses propriétés médicales. Ses feuilles , et surtout son écorce, sont d'une astringence et d'une amertume assez intenses pour que quelques auteurs aient proposé do le substituer au quinquina dans plusieurs circonstances. Cependant il est rare qu'on l'emploie aujourd'hui.
Propriétés médicales et usages des J asminées.
La famille des J^isminées présente, dans ses caractères botaniques , des différences assez sensibles pour avoir engagé plusieurs botanistes à la diviser en deux groupes , savoir : les Jasminées vraies , et les Oléinés. Les propriétés médicales de cette famille n'auront donc point cette uniformité qui fait en général l'apànage des groupes très naturels. Ainsi , le genre olivier se distinguera par l'huile grasse que son péricarpe charnu fournit en abondance 3 les frênes, qui s'éloignent de tous les autres genres du même ordre par leur corolle polypétale, en différeront aussi par leur sève douce et sucrée, qui, lorsqu'elle est concrétée, forme le purgatif connu sous le nom de manne. Nous observerons plus de ressemblance dans les propriétés des feuilles et de l'écorce des Jasminées , qui est généralement amère, astringente et tonique. Il en est de même
VKRBÉNACfiF.f». 3oT
des fleurs qui, dans plusieurs genres, possèdent un arùme suave et très développé, comme on le remarque dans les jasmins , les lilacs et certaines espèces d'olivier. Il paraît même certain que c'est avec les fleurs de l'olivier odorant {olea fragrans) que l'on aromatise le thé à la Chine et au Japon.
QD.VRAISTIÈME FAMILLE.
VERBÉNACÉES. — VERBENACEM.
Le calice est monosépale , tubuleux , persistant dans la plupart des genres; la corolle est irrégulière , quelquefois bilabiée; les étamines , au nombre de quatre, sont didynames; quelquefois les deux plus courtes avortent; l'ovaire est libre, à quatre, rarement à deux loges, contenant chacune une seule graine : le style est simple , terminé par un stigmate quelquefois bilobé. Le fruit est une petite capsule ind^éhiscente ou une baie à deux ou quatre loges qui renferment chacune une graine. Les Verbénacées sont des plantes herbacées ou des arbrisseaux d'un port élégant; leurs feuilles sont opposées ou verticillées : leurs fleurs forment des épis ou grappes terminales. Cette famille se distingue des Acanlhacées par son fruit, qui ne s'ouvre point avec élasticité, et par ses loges à une seule graine ; des Labiées par son fruit bacciforme ou sec , mais non sous la forme d'un télrakène , se séparant en quatre coques ou akènes distincts.
VERVEINE. — VERBENA. L. J.
Calice tubuleux, à cinq dents; corolle tubuleuse, limbe à deux lèvres : la supérieure bilobée, l'inférieure à trois lobes; quatre étamines incluses (rarement deux avortent); style terminé par un stigmate simple ; capsule indéhiscente , à quatre côtes, à quatre loges monospermes.
BOTANIQTIIÎ.
Vkrvf.iivf officinale. Ferhena ofj '.cinalis . L. Sp. 20.
Bull. t. 215.
Nom pharmaceutique : »erhenw. foUa. Non: vulgaires : verveine, lierh sacre e. Partie usitée : les feuilles.
Kaclne bisannuelk ou vivace ; lige dressée, carrée, rameuse à' la partie supérieu -e, striée, légèrement pubescente et visqueuse, haute d'un pied à un pied et demi ; feuilles opposées : le? inférieures ovales , profondément incisées, dentées, velues, rétrécies insensiblement à la base en une sorte de pétiole ; les supérieures lancéolées, dentées à la base. Fleurs petites, violacé3s, presque blanchâtres, sessiles, alternant entre elles, et formant de longs épis linéaires à la partie supérieure des rameaux : chacune est attachée dans l'aisselle d'une petite bractée. Le calice est tétragone, tubuleux et à cinq dents. La corolle est tubuleuse, bilabiée ; le tube est plus long que le calice, et arqué ; la lèvre supérieure est à deux lobes obtus et égaux ; l'inférieure à trois lobes également obtus et égaux. Quatre étamines très courtes sont renfei*mées dans l'intérieur du tube de la corolle. L'ovaire est carré, tronqué au sommet, le style court, terminé par un stigmate renflé et capitulé. Le fruit est un tétrakène, tronqué au sommet, à quatre loges, renfermant chacune une seule graine, et ne s'ouvrant pas naturellement.
La verveine croît dans les lieux stériles , sur le bord des chemins, dans les décombres ; elle fleurit en été. IJL
Propriétés et usc7ges. Il est peu de végétaux auxquels la superstition et la crédulité des anciens aient prêté plus de propriétés miraculeuses. Autrefois employée dans l'art mystérieux des enchantemens et de la sorcellerie , long-temps en honneur chez les peuples de Rome et de la Grèce, révérée par les Druides, que de titres pour accréditer le mensonge et propager l'erreur ! La verveine, en effet , a longtemps été considérée comme Vherbe à tous maux : l'ictère, l'hydropisie , la pleurésie, les ulcères, et une foule d'autres maladies n'avaient pas de remède plus efficace. Mais les modernes, réduisant à leur juste •valeur les éloges prodigués à cette plante, l'ont reléguée
parmi les substances émoHienles dont l'aclion se borne à apporter <juel< ne atlou( issenienl aux parties tourmenlcîcs d'inllainmalion : aussi l;i verveine est-elle aujourd'hui presque inusitée. Cependant les habilans des campagnes préparent avec ses feuilles bouillies dans du vinaigre des cataplasmes légèrement irritans, qu'ils appliquent sur le côté douloureux dans la pleurésie. Ce moyen dérivatif est souvent assez efficace.
On a pendant long-temps regardé le fruit du Gattilièr {vitex àffnus-castus), arbrisseau de la même famille, comme un remède infaillible pour émousser les désirs vénériens, et pour préserver les babitans des cloîtres contre Vaigudlon de la chair. Mais la saveur cbaude et aromatique de ces petites baies devait certainement produire un effet tout contraire à celui qu'on se proposait; aussi ce remède est-il aujourd'hui tout à fait inusité.