‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 73 sur 187 · Partie usitée : les sommités fleuries · texte numérisé non relu

Partie usitée : les sommités fleuries

Arbrisseau de six à huit pieds de hauteur, qui croît sur les rochers des régions maritimes j ses rameaux sont alongés, anguleux, tomenteux à l'époque de leur premier développement. Les feuilles sont opposées, sessiles, étroites, lancéolées, obtuses, à bords entiers roulés en dessous; leur face supérieure est glabre ; l'inférieure est tomenteuse et blanchâtre. Ses fleurs, d'un bleu très pâle, sont disposées en petits épis au sommet des

(1) Comme dans presque toutes les Labiées ce sont les sommités fleuries que l'on emploie , nous croyons inutile de le répéter pour chacune d'elles.

jeunes ramifications de la tige. Le calice est à deux lôvres; la supérieure entiùre, striée, en forme de voûte ^ l'inférieure bifide. La corolle est bilabiée ; son tube est de la longueur du calice, il offre une petite bosse à son sommet; la lèvre supérieure est bifide ; ses dfeiix divisions sont obtuses et redressées latéralement; l'inférieure est à trois lobes très profonds, les deux latéraux sont ovales, obtus^ roulés en dehors; le lobe moyen, plus grand, plus large, est arrondi, très obtus, un peu échancré en cœur à sa base et concave. Les étamines sont au nombre de deux, plus longues que la lèvre supérieure, redressées et infléchies, attachées au haut du tube de la corolle, très rapprochées entre elles, surtout à leur partie supérieure. Les filets sont subulés ;les anthères sont très comprimées latéralement, et appliquées immédiatement l'une contre l'autre ; chacune d'elles est à une seule loge. L'ovaire est profondément quadrilobé ; le style est plus long que les étamines, subulé, et tsrminépar un stigmate simple, à peine distinct du sommet du style. Le fruit est un tétrakène. Cet arbrisseau croît dans les contrées méridionales de l'Europe, sur les bords de la Méditerranée, en Provence, etc.

Usages et propriétés. Le romarin est à juste raison placé au rang des aromatiques les plus prononcés. On l'emploie fréquemment en fomentation à l'extérieur. On en relire une huile volatile peu usitée, qui forme la base de l'eau spiritueuse connue sous le nom d'Eau de la reine de Hongrie. Il fait également partie d'une foule de préparations pharmaceutiques, telles •que le vinaigre des quatre voleurs, l'alcoolat de mélisse, Teau de Cologne, le sirop de staechas composé, etc.

SAUGE. —SALFIA. L. J.

Calice lubuleux, subcampanulé^ à quatre ou cinq dents, quelquefois bilabié ; corolle tubuleuse; tube dilaté et comprimé latéralement à sa partie supérieure, plus long que le calice; lèvre supérieure comprimée, falciforme; lèvre inférieure à trois lobes inégaux, le moyen plus grand et arrondi; étamines à fi, lets courts , à anthères dont les deux loges sont écartées l'une 3t

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de l'aulre par un conneclif filamentiforme placé Iransversalemenl sur le sommet du filet.

Sauge officinale. Sah-ia officinaUs. L. Sp. 34. Blackw. t. 10.

C'est un petit sous-arbrisseau qui offre une tige quadrangulaire, pubescente, rameuse ; des feuilles opposées, rapprochées, pub^scentcs, péliolées, ovales, lancéolées, à bords denticulés, à surface comme chagrinée, offrant souvent à sa base deux petites folioles ovales; des fleurs violacées, disposées en une sorte d'épi formé de verlicilles rapprochés : chaque fleur, qui est presque sessile, est accompagnée d'une bractée cordiforme, aiguë, concave. Calice tubuleux, strié, à cinq dents très aiguës, égales; corolle bilabiée j lèvre supérieure plus courte, comprimée latéralement, écliancrée à son sommet; lèvre inférieure à trois lobes, les deux latéraux courts et réfléchis, le moyen très large, légèrement échancré et réfléchi. La gorge est garnie d'une rangée de poils. Les deux étamines sont incluses; leurs filets sont courts, filiformes; leurs anthères à deux loges, séparées par un conneclif filamentiforme transversal, porlant à chacune de ses extrémités une loge fertile. Celte espèce habile les provinces méridionales de la France, Elle fleurit en juin et juillet. On la cultive dans les jardins.

Propriétés et usaget. On emploie ordinairement les feuilles et les sommités fleuries. Elles sont aromatiques, chaudes et excitantes. A l'intérieur, on les administre en infusion théiforme ; mais les modernes ont une bien moins grande opinion de ses propriétés que les anciens. Elle entre dans ua grand nombre de préparations pharmaceutiques spiritueuses.

Le genre sauge renferme encore plusieurs autres espèces dont les propriétés sont tout à fait analogues à celles de la sauge officinale. Telles sont Torvale ou sclarée [saLvia sclarea L.), la sauge des prés [sabla pratensis L.), la petite sauge [salvia horininuni L.), etc.

M. Fié , professeur de matière médicale à l'école vétérinaire de Turin , dit avoir employé avec le plus grand succès le Lyco- ■pus europœus comme fébrifuge dans le traitement des fièvres

LABIÉES. 3oy

intermittentes. Cependant celte plante, qui est fort commune sur le bord de nos étangs , est à peu près inusiti5e en France.

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