DEUXIÈME SECTION
Quatre étamines didjnames.
V Corolle unilahiée {la lèvre supérieure étant (rès pelite et à
peine marquée).
BUGLE. — AJUGA. L. J.
Calice tubuleux , cylindrique , à cinq dents 5 corolle tubuleuse , renflf^e supérieurement; lèvre supérieure presque nulle, formée de deux petites dents; l'inférieure à trois lobes, les deux latéraux ovales, obtus, celui du milieu plus grand et échancré en cœur. Étamines saillantes entre les deux dents qui constituent la lèvre supérieure.
BuGLE RAMPANTE. Ajugaveptans. L. Sp. 785. Bull. t. 345.
Noms pharmaceutiques : bugula vel consolidée média. Noms vulgaires :
biigle ou petite consolide.
D'une racine vivace et fibreuse naît une lige simple , dressée, quadrangulaire , haute de six à huit pouces, presque glabre , émettant de sa base un grand nombre de stolons étalés sur la terre, et s'y enracinant de distance en distance j les feuilles sont opposées, ovales, presque crénelées et glabres; les fleurs , d'une couleur bleu de ciel , garnissent la moitié supérieure de la lige, où elles forment des verticilles rapprochés à l'aisselte des feuilles supérieures. La bugle croît dans les bois humides et les prés, où elle fleurit dès le printemps, ^
Propriétés et usages. Lorsque l'on réfléchit que la bugle est une des Labiées les moins aromatiques, on a peine à concevoir comment les anciens ont pu lui prodiguer tant d'éloges. On l'a tour à tour employée contre l'ictère , la phthisie, les hémorrhagies, le crachement de sang, la dysenterie, la leucorrhée,
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et plusieurs autres maladies très graves ; mais aujourd'hui on en en a presque entièrement abandonné l'usage.
GERMANDRÉE. - TEUCRIVM. L. J.
Ce genre diffère du précédent par la fente profonde que l'on remarque à la partie supérieure de la corolle , fente à travers laquelle les étamines sont saillantes et redressées.
Germandrée marum. Teucriiim marum. L. Sp. 788. Noms ■vulgaires : marum , ou germandrée maritime.
Tige sous-frutescente , dont les rameaux sont dressés , presque cylindriques , pulvérulens et blanchâtres , longs d'un pied et plus , grêles et effilés. Les feuilles sont opposées , petites , orales, entières, d'un vert clair en dessus, tout à fait blanches en dessous , rétrécies brusquement à leur base , et formant un court pétiole. Les fleurs sont purpurines, axillaires et solitaires à la partie supérieure des tiges ; elles sont portées sur des pédoncules très courts. Le calice est tubuleux , assez large, cotonneux , à cinq dents presque égales. La corolle offre un tube redressé , un limbe biiabié ; la lèvre supérieure , à peine marquée , est profondément fendue , et présente deux dents saillantes et dressées ; l'inférieure est à trois lobes , deux latéraux très petits, un inférieur arrondi, concave. Les quatre étamines sont saillantes , hors de la corolle, à travers la fente qui existe à sa partie supérieure. Cet arbuste est originaire des contrées méridionales de l'Europe. Il croît ôlans les lieux stériles , aux îles d'Hyères.
Propriéiés et usages. Toute la plante exhale une odeur très agréable de citronnelle ou de mélisse. Elle est excitante, mais peu employée , quoique assez active. Les chats recherchent beaucoup cette plante , et aiment à se rouler sur elle.
Germandrée petit chêne. Teucriuin chamœdrjys. L. Sp. 790.
Blackw. t. 180.
Noms vulgaires : chcnelte, petit chêne.
La lige est presque cylindrique,, couchée, comme frutescente,
LABIÉES. 309
articulée , pubcscente ; les feuilles , opposées , petites , ovales , crénelées, presque incisées , obtuses, se terminent insensiblement à leur base en une espèce de pétiole ; les fleurs sont vcrticillées par quatre , tournées d'un seul côté , dressées, courtement pédonculées , d!une couleur rose foncée. Calice tubuleux , pubescent, comme à deux lèvres j la supérieure à une seule dent un peu redressée; l'inférieure à quatre dents plus petites , aiguës. Corolle unilabiée, pubescente. Tube un peu comprimé , redressé subitement ; lèvre supérieure très courte, profondément fendue , formant deux languettes subulées redressées; lèvre inférieure pendante , à trois lobes, les deux latéraux fort petits , ovales , aigus , le moyen ou intérieur très grand , dilaté et arrondi , un peu concave. Étamines didynames sortant , ainsi que le style , par l'échancrure de la lèvre supérieure ; filets grêles, subulés, très saillans , glabres , coudés au sommet; anthères ovoïdes , comprimées latéralement et comme réniformes. Le petit chêne est très commun dans les bois , où il fleurit en juin et juillet. 1^
Propriétés et usages. Il est très usité , à cause du principe amer qu'il renferme en quantité beaucoup plus considérable que le principe aromati(jue , qui y est très faible. L'infusion des sommités de petit chêne est légèrement tonique et stomachique; on y a souvent recours dans les scrofules, le scorbut , etc. Fleurot, de Dijon, a public dans le Journal de chimie médicale (Y. p. 456) un procédé assez compliqué pour isoler le principe amer du petit chêne. Ce principe est jaunebrunâtre , d'un aspect résineux , sous forme cristalline , d'une excessive amertume , insoluble dans l'eau à toutes les températures, soluble dans l'alcool et l'élher, à la température ordinaire, enfin manifestant aux papiers réactifs une faible alcalinité. Il est très probable, ainsi que le remarque l'auteur , que ce principe n'est pas à l'état de pureté.
Germaindrée aquatique. Teucrium scordium. L. Sp. 790. Bull.
Nom vulgaire : scordium.
Celte espèce se distingue du petit chêne par le duvet blan-
ZlO BOTINIQUE.
chàlre dont toutes ses parties sont recouverles ; par ses tiges tout à fait herbacées, hautes de huit à dix pouces j par ses feuilles sessiles , légèrement crépues et dentées : par ses fleurs pédonculées, rougeâtres, au nombre de deux ou trois dans l'aisselle des feuilles supérieures. Elle croît dans les lieux humides^ sur le bord des ruisseaux et des étangs, aux environs de Paris. IJi
Propriétés et usages. Les feuilles du scordium, froissées entre les doigts, répandent une odeur aromatique un peu alliacée. Cette plante, qui ne manque pas d'une certaine énergie, était beaucoup plus employée autrefois qu'aujourd'hui. Comme toutes les autres Labiées, elle est aromatique et stimulante. Elle entrait jadis dans une foule de préparations pharmaceutiques, entre autres dans le diascordium , auquel elle a donné son nom.
Germaisdrée ivette. T'eucrium chamœpitys. L. Sp. 787. Nom tulgaire : ivette,
L'ivette est annuelle; sa tige est rameuse, étalée, rougeâtre, longue de trois à cinq pouces, tétragone, poilue sur deux de ses faces, qui alternent à chaque articulation. Les feuilles inférieures sont très alongées, comme pétiolées, presque entières ou laciniées; les supérieures très rapprochées, un peu poilues, à trois lobes étroits et linéaires. Les fleurs sont jaunes, vertic liées aux aisselles des feuilles supérieures. Calice anguleux , ventru, à cinq dents, dont la supérieure ou moyenne est très petite, à peine visible. Corolle unilabiée ; tube droit, très renflé à sa partie inférieure; lèvre supérieure presque nulle, formée seulement par deux petites dents 3 l'inférieure a trois lobes, deux latéraux ovales, alongés, obtus, l'inférieur beaucoup plus long, élargi à sa base cl échancré. Etamines didynames, saillantes, mais non redressées, c'est à dire suivant la direction du calice et de la corolle. Anthères uniloculaires. Cette < s])cco croît communément dans les champs sablonneux aux environs de Paris. Elle fleurit en juin.
Propriétés et usages. La saveur de l'ivette est à la fois amère