I.ABIKES. 3ll
et aromatique 5 aussi agit-elle comme tonique et légèrement stimulante Son infusion chaude excite la transpiration culanée; de là son emploi dans la goutte, le rhumatisme, et les affections chroniques de la peau.
La CiERMA-MonKE MUSQUÉE OU ivclle musquée ( Teucrium iva L. Sp. 747) se distingue de la précédente par ses feuilles ovales, dentées, plus velues, et ses fleurs roses. Elle croît naturellement dans les provinces du midi de la France. Son odeur est plus aromatique que celle de l'ivette ordinaire : on l'emploie dans les mêmes cii constances.
2^* Corolle bilabiêe.
+ Calice à cinq dents , non bilabié.
* Étamines écartées et divergentes.
MENTHE. — MENTHA. L. J.
Calice cylindrique, à cinq dents presque égalesj corolle un peu plus longue que le calice, à quatre lobes obtus, presque égaux. Fleurs disposées en verticilles, très serrées, axillaires ou tn épis.
Menthe poivrée. Mentha piperiia. Smith. Fl. Brit. 2. p. 613.
Tige quadrangulaire, dressée, rameuse, haute d'un à deux pieds, légèrement velue j romeaux opposés, dressés. Feuilles ovales, lancéolées, aiguës, dentées en scie, un peu pubescentes, portées sur un pétiole court et canaliculé. Fleurs violacées , formant un épi court, ovoïde, très serré à l'extrémité des rameaux. Ces fleurs, courlement pédonculées, constituent de petits groupes composés d'une vingtaine de fleurs. Calice tubuleux, prcs(jne cyliudrique, régulier, à cmq dents aiguës, dont les deux supérieures un peu jtlus petites. Corolle infundibuliforme , à quatre divisions presque égales; tube cylindrique, évasé supérieurement, de la longueur du calice ; limbe à quatre lobes de même longueur, le supérieur un peu plus large, légèrement écliancié. Etamines didynames, écartées les unes des autres, ne dépassait pas beaucoup le tube de la corolle. Style grêle, filiforme, saillant hors delà corolle, et terminé par un
3ia lîOTANÏQtîE.
Stigmate bifide. Cette espèce, originaire d'Angleterre,' est abondamment cultivée dans les jardius : elle fleurit à la fin de Télé. 'If
Propriétés et usages. Sa saveur est vive , piquante , un peu âcre, et laisse dans la bouche une sensation particulière de fraîcheur. Son odeur est très aromatique et fort agréable. L'huile essentielle existe en abondance dans cette plante. Elle est d'un vert jaunâtre, et à la longue elle laisse déposer des cristaux de camphre. La menthe poivrée doit être placée à la téte des Labiées excitantes. Elle est antispasmodique et carminative. On emploie ses sommités fleuries en infusion théiforme. On en retire une eau distillée très usitée, à la dose de trois ou quatre onces, dans des potions excitantes. Son huile essentielle ne doit être administrée qu'à la dose de quatre à cinq gouttes, à cause de son extrême âcreté. On a proposé des lotions faites avec une infusion très chargée de menthe poivrée, pour guérir la gale : ce moyen n'est pas sans efficacité.
Menthe élégante. Mentha gentilis. L. Sp. 805. Noms vulgaires : menthe commune , baume des jardins.
La tige est dressée, rameuse, stolonifère à la base, quadrangulaire, presque glabre, haute d'un pied. Les feuilles opposées sontpétiolées, cordiformes, aiguës, denticulées en scie, glabres» vertes. Les fleurs sont très petites, disposées en épis alongés, formés de verticilles rapprochés à la partie supérieure des ramifications de la tige. Le calice est strié, à cinq dents aiguës , alongées. La corolle est à quatre lobes presque égaux j le supérieur est échancré en cœur. Les quatre étamines sont incluses et écartées les unes des autres ; elles ne dépassent point la hauteur du tube de la corolle. Celte menthe croît le long des chemins et sur le bord des champs. Elle est en fleur pendant les mois de juillet et août. IJL
Propriétés èt usages. Toute la plante exhale une odeur aromatique très agréable. Ses propriétés sont analogues à celles de la menthe poivrée. On peut facilemer^t lui substituer la plupart des autres espèces du même genre, qui produiraient absolument les mêmes effets : telles que la menthe crépue {M. crispa) , la
LABIÉES
menthe verte {M. viridis), la menthe aquatique {M. [acfuatica), etc.
HYSOPE. — HYSSOPVS. L. J.
Calice tubuleux, cylindrique, à cinq dents, strié j tube de la corolle évasé, à peine de la longueur du calice; lèvre supérieure courte et émarginée; lèvre inférieure à trois lobes; les deux latéraux petits , celui du milieu plus large et subcordiforme.
Hysope officinal. Hyssopus qfficinalis. L. Sp. 796. Bull.
Tige sous-frutescente à la base, rameuse, à rameaux dressés, effilés, comme pulvérulens , carrés, haut d'un pied et plus. Feuilles opposées , sessiles, lancéolées, étroites, aiguës, entières , un peu pulvérulentes , et garnies de petites glandes , surtout à la face inférieure. Le fleurs sont bleues , roses ou blanchâtres , réunies plusieurs ensemble à l'aisselle des feuilles supérieures , toutes tournées d'un seul côté. Le calice est tubuleux , cylindrique , un peu évasé supérieurement , à cinq dents aiguës, un peu inégales. La corolle est tubuleuse; le tube est grêle, recourbé, de la longueur du calice, évasé à sa partie supérieure ; le limbe est bilabié; la lèvre supérieure est courte, redressée, un peu échancrée : l'inférieure est à trois lobes , deux latéraux plus courts, entiers ; celui du milieu plus grand , plus large , un peu concave , émarginé et subcordiforme. Les quatre étamines sont écartées les unes des autres , et saillantes au dehors, ainsi que le style et le stigmate , qui est bifide. L'hysope croît naturellement sur les collines sèches des provinces méridionales de la France; on en forme souvent des bordures dans les jardins d'dgrémenl. Il fleurit en juillet et août. %
Propriétés et usages. Les sommités d'hysope ont une odeur aromatique , une saveur un peu âcre et amère. On les emploie spécialement dans les catarrhes pulmonaires chroniques. L'hysope jouit même dans cette circonstance d'une réputation près-
3l4 • BOTANIQUE.
que populaire. L'infusion et le sirop d'hysope sont très fréfjuemment employés pour faciliter rexpecloralion.
** Étaniincs réunies par paires.
SARIEÏTE. — SATVREIA. L. J.
Calice lubuleux, strié; corolle presque régulière; tube recourbé, de la longueur du calice 3 lèvre supérieure redressée, plane, écliancrée j l'inférieure à trois lobes, celui du milieu plus grand , un peu concave et émarginé.
Sariette des jakdins. Satureiahoriensis. L. Sp. 795.
Racine annuelle; tige dressée, rameuse, à rameaux opposés, divariqués , presque cylindriques , comme pulvérulens , haute d'environ huit à douze pouces. Feuilles opposées, linéaires, lancéolées, aiguës, entières, rétrécies à la base, ponctuées et glanduleuses. Fleurs petites , violettes, rassemblées, au nombre de trois , à l'aisselle des feuilles supérieures. Calice strié, à cinq dents égales , profondes , très aiguës. Tube de la corolle de la longueur du calice , évasé supérieurement; lèvre supérieure courte, obtuse, plane, légèrement émarginée : lèvre inférieure à trois lobes obtus, celui du milieu un peu plus grand et crénelé. Étamines plus courtes que la lèvre supérieure et rapprochées sous elle. La sariette croît dans les champs cultivés des provinces méridionales. On la cultive dans les jardins.
Propriélès et usages. Son odeur et sa saveur sont à peu près les mêmes que celles du thym ordinaire. Aussi l'emploie-t on plus souvent, comme ce dernier, pour aromatiser certaines préparations culinaires , qu'à litre de médicament.
Sariette des MOiNTAortES. Satureia monlana. L. Sp. 794.
Tige sous-frutescente à la base; rameaux dressés, effilés,^ pubescens , presque cylindriques. Feuilles obovales , alongées , subsp.jlljulées, eritières, rétrécies à la base, un peu acuminées au sommet. Fleurs violacées ou blanchâtres , portées sur des pédoncules axillaires , d'abord simples, puis divisés au sommet
' LABIÉES. 3l5
en quntre ou cinq pddicelles, portant chacun une seule (leur. Le calice est strié , tuhuleux, un peu évasé, h cinq dents, trois redressées et deux rabattues. La corolle a un tube droit un peu comprimé latéralement . plus long que le calice ; la lèvre supérieure est convexe , un peu échancrée • l'inférieure offre trois lobes obtus , celui du milieu un peU plus grand , arrondi , presque entier. Les étamines sont de la longueur de la lèvre supérieure , rapprochées et cachées sous celle lèvre La sariette des montagnes croit dans les lieux élevés des provinces méridionales. Elle varie par ses fleurs , tantôt roses, tantôt entièrement blanches. %
Propriétéx et usages. Son odeur est aromatique , agréable et très prononcée. Sa saveur est âcre et extrêmement piquante. Elle est très excitante , et peut s'employer aux. mêmes usages que l'hysope.
CATAIRE. — NEVETA. L. J.
Calice tubuleux à cinq dénis; corolle à tube arqué , évasé supérieurement; lèvre supérieure dressée , émarginée ; lèvre in^ férieure à trois lobes, deux latéraux courts et rabattus, celui du milieu plus grand", concave , crénelé sur son bord. Étamines placées sous la lèvre supérieure qu'elles dépassent quelquefois.
Cataire officinale. Nepela càlaria. L. Sp. 797. Nom vulgaire : lierhe aux chais.
Racine vivace : lige herbacée, téfragone , dressée , rameuse, pubescente , haute d'un à deux pieds. Feuilles cordiformes, aiguës , courtement pétiolées , crénelées , à crénelures aiguës , presque dentées, pubescenles , surtout en dessous, où elles sont blanchâtres. Fleurs blanchâtres un peu purpurines, verticillées à l'extrémité des rameaux , de manière à former des épis terminaux. Calice tubuleux, pubescent, strié, à cinq dents aiguës, ouvertes, un peu inégales, la supérieure et les deux moyennes plus gr.indes. Corolle bilabiée , tube très étroit , arqué , plus court que le calice. Limbe ouvert, à deux lèvres ,
3l6 BOTANIQUE.
la supérieure dressée à deux lobes profonds , arrondis , obtus; l'inférieure à trois divisions ; les deux latérales très petites , obtuses , réfléchies 3 l'inférieure beaucoup plus grande , arrondie , concave et crénelée sur son bord. Étamines rapprochées sous la lèvre supérieure , qu'elles dépassent un peu. La cataire croit dans les lieux incultes , sur le bord des chemins aux environs de Paris ; elle fleurit en juillet et août. ^
Propriétés et usages. L'odeur de cette plante est assez forte , mais peu agréable -, sa saveur est un peu amère et aromatique. Son infusion est surtout employée pour faciliter l'écoulement des menstrues. Les chats ont une singulière prédilection pour cette plante ; ils se roulent dessus avec une sorte de délices. Aussi est-il difficile de la conserver dans les jardins.
LAVANDE. - LAVANDULA. L. J.
Calice tubuleux, strié , denté au sommet, offrant une petite bractée arrondie, placée à sa partie supérieure j corolle à deux lèvres , la supérieure émarginée, l'inférieure à trois lobes obtus. Etamines renfermées dans le tube de la corolle.
Lavande ÇiVY\çxi<KVE..Lavandidavera. D. C. Fi. fr.,éd.3, suppl.,
Tige sous-frutescente , haute d'environ un pied , donnant naissance à des rameaux alongés, grêles , finement pubescens, blanchâtres, carrés, foliifères inférieurement ^ nus à leur partie moyenne , et florifères à leur sommet. Feuilles opposées, sessiles, étroites , lancéolées , aiguës, entières , pubesceiites et blanchâtres au moment de leur développement. Fleurs violacées , petites , verticillées , sessiles , formant , à la partie supérieure des rameaux, des épis interrompus à leur base. Chaque verticille , composé d'environ six fleurs , est accompagné de deux bractées obovales , arrondies, terminées à leur sommet par une longue pointe, striées et pubescentes ; et à la base de chaque fleur sont une ou deux bractées extrêmement petites , linéaires. Calice tubuleux , strié , velu , à quatre dents à peine marquées , avec un petit lobe arrondi , rétréci à sa base, placé
.'i la partie supi-ricurc du tube. Corolle lubulcuse , bllabiée ; tube droit plus long que le calice; lèvre supérieure obcordiforme, échancréc , à deux lobes arrondis; lèvre inférieure à trois lobes plus petits et obtus, Étamines incluses. Le style est très court, ù peu près de la longueur du calice, terminé par un stigmate divisé en deux lobes alongés , obtus , rapprochés l'un contre l'autre. La lavande est originaire des provinces méridionales de la France. On la cultive dans les jardins If. L'espèce que nous venons de décrire, confonduejusqu'en ces derniers temps avec la lavande spic {Làvandula spica L.), s'en distingue surtout par ses feuilles non spalhulées , par son calice cotonneux , par ses bractées ovales, etc.
Propriétés et usages. Cette plante est extrêmement aromatique. Son odeur est vive , pénétrante et très agréable. Sa saveur est chaude et un peu amère. C'est une des Labiées les plus puissamment stimulantes. Mais cependant on l'emploie plus souvent comme parfum que comme médicament. C'est de celte plante que l'on retire l'eau spiritueuse de lavande , dont on fait souvent usage dans la toilette. L'huile essentielle de lavande contient une quantité très notable de camphre. Quant à l'huile essentielle d'aspic , elle est fournie par la lavande spic {Lavandida spica L.) , avec laquelle la précédente a presque toujours été confondue. Cette dernière est très commune dans les provinces méridionales de la France.
Une autre espèce de ce genre est la lavande stsechas {làvandula stœchas L.) , petit arbuste qui croît également dans les provinces méridionales de la France, et qui se distingue très facilement par ses fleurs disposées en épis serrés, et accompagnées de grandes bractées colorées. Ce sont ces épis de fleurs qui sont très aromatiques et contiennent une grande quantité d'huile essentielle , que l'on employait autrefois. Ils sont à peu près inusités aujourd'hui.
GLÉCOME. - GLECOMA. L. J.
Calice cylindrique , strié ; corolle à tube plus long que le calice , évasé supérieurement ; lèvre supérieure bifide ; Uvre
3ï8 BOTANIQUE,
inférieure à trois lobes ; deux latéraux obtus, celui du milieu plus grand et écliancré : anthères réunies en forme de croix.
Glécome Hi^DÉRAGÉ. G lecof/ia hederacea. L. Sp. 807. Bull.
Noms vulgaires : lierre terrestre, ronclote, herbe de Saint-Jean.
La tige est dressée à sa partie supérieure, rampante à sa base, simple , un peu rude et velue, haute de six à huit pouces. Les feuilles sont opposées , pétiolées , cordiformes , arrondies, obtuses, crénelées. Entre la base de chaque paire de feuilles, on voit sur la tige une petite touffe de poils , s'étendant horizontalement de l'une à l'autre. Les fleurs sont violacées , quelquefois roses ou même blanchâtres, légèrement pédonculées , au nombre de deux à trois à l'aisselle de chaque feuille. Le calice est tubuleux, cylindrique, strié longiludinalement , à cinq dents très aiguës , un peu inégales. La corolle est biîabiée, trois fois plus longue que le calice. Son tube va en s'évasant. La lèvre supérieure est couite et bifide ; l'inférieure, plus large et plus longue , velue en dedans , est à trois lobes , les deux latéraux courts et entiers , celui du milieu plus large et échancré à son milieu. Les étamines sont situées sous la lèvre supérieure. Leurs anthères sont didymes et rapprochées deux à deux , en forme de croix. Le style est un peu plus long que les étamines, terminé par un stigmate bifide- Le lierre terrestre croît dans les buissons , les bois ombragés ou le long des murs. Il fleurit ên avril et en mai. 1^
Propriétés et mages. Toute la plante exhale une odeur aromatique assez agréable. Sa saveur est un peu amère et légèrement âcre. Il est très fréquemment usité en infusion , comme pectoral. Il convient plus spécialement dans les catarrhes pulmonaires chroniques. Il facilite l'expectoration en déterminant une légère excitation.
LAMIER. - LAMIUM, L. J.
Calice tubuleux , strié, à cinq dents inégales et très aiguës j tube de la corolle plus long, évasé au somm,etj lèvre su*
périeure entière, en forme de voùle , recouvrant les élamines; lèvre inférieure à trois lobes, deux latéraux plus petits et comme appendiculés, celui du milieu plus grand , un peu concave et éch ancré.
Lamier BLAiNC. Lnifiium all/um. L. Sp. 800. Bull. t. 213.
Noms vulgaires : ortie blanche ^ ortie morte.
Plante vivace, dont la tige est dressée, verte , simple, carrée , légèrement velue, ainsi que toute la plante. Elle est creuse intérieurement et haute d'environ un pied. Les feuilles sont pétiolécs , subcordiformes , aiguës , profondément dentées , à nervures saillantes à la face inférieure. Les fleurs sont blanches, grandes , sessiles , verticillées au nombre de quinze à seize à l'aisselle des feuilles supérieures. Le calice est lubuleux^son tube va en s'évasant et offre dix stries longitudinales 3 il est tacheté de noir à sa base. Son limbe est à cinq dents écartées , linéaires , très aiguës. La corolle offre un tube recourbé et redressé ^ évasé à son sommet : la lèvre supérieure est convexe, entière, en forme de voûte, recouvrant les organes sexuels j la lèvre inférieure est à trois lobes, deux latéraux larges, arrondis, peu salUans , avec une petite languette éroile} celui du milieu plus large , arrondi, un peu concave, échancré à son sommet. Les quatre étamines sont cachées sous la lèvre supérieure. Leurs anthères sont à deux loges noirâtres, couvertes de poils blancs , très écartées à leur partie inférieure^ se touchant seulement par leur sommet. L'ovaire est profondément quadriparti. Le style est de la longueur des élamines. Il est tiM-rainé par un stigmate bifide. Cetta plante croît abondamment dans les lieux stériles et incultes, le long des murs, dans les décombres. On la trouve en fleurs depuis le printemps jusqu'à la fin de l'été.
Propriétés et usages. L'ortie blanche a une odeur aromatique peu agréable. Elle est légèrement araére. On l'a jadis recommandée dans les scrofules, la leucorrhée, etc. On employait la plante entière. Peu usitée actuellement.
3ao
nOTANlQTJE.
BÉTOINE. ^ BETOlSrCA. L. J.
Calice évasé, subcampaniforme, à cinq dents acérées : corolle à tube arqué, plus long que le calice : lèvre supérieure dressée, obtuse, entière ; l'inférieure à trois lobes, deux latéraux obtus, un inférieur plus grand, arrondi, entier ou légèrement échancré,
Bétoine officinale. Betonica offLclnalis. L. Sp. 810. Bull. t. 41.
Tige herbacée, dressée, d'un pied et plus de hauteur, simple, tétragone, velue, ainsi que toute la plante. Feuilles opposées, les inférieures et les radicales longuement pétiolées, ovales, alongées, presque cordiformes, régulièrement crénelées; les supérieures sont presque sessiles et plus étroites. Fleurs purpurines verticillées, disposées en une sorte d'épi interrompu. A la base de chaque verticille, qui est très serré, se trouvent deux feuilles florales, étroites ; chaque fleur est de plus accompagnée d'une petite bractée à peu près de la hauteur du calice, très serrée contre lui, ovale, alongée, acuminée. Le calice est cylindrique, comme campanulé, à cinq dents acérées et presque régulières, glabre en dehors, poilu en dedans vers son orifice. La corolle est bilabiée, pubescente; le tube est alongé, cylindrique, arqué, deux fois plus long que le calice. La lèvre supérieure est dressée, ovale, entière 3 l'inférieure est presque plane, à trois lobes, deux latéraux, arrondis et petits, un moyen plus grand, arrondi et entier. Etamines moitié plus courtes que la lèvre supérieure qui les recouvre ; filamens couverts de poils glanduleux j anthères noirâtres, biloculaires. Ovaire très profondément quadrilobé, glabre ; style simple, de la longueur des étamines; stigmate bifide. La bétoine fleurit en juillet et août dans les bois , aux environs de Paris , où elle est très commune. ^
Propriétés et usages. Les feuilles de bétoine ont une odeur faible et peu suave, une saveur amère et un peu âcre. Réduites en poudre, on en faisait jadis usage comme sternutatoires : il en était de même des fleurs, qui sont à peine odorantes. Quant à la racine, elle est faiblement émétique. L'eau distillée, la con-
LAinÉKS. 3^1
serve, le sirop et l'emplAlre de bdlolne, clonl, on réservait l'usage pour les plaies de tête, sont aujourd'hui totalement inusités.
MARRUBE. - MARRUBWM. L. J.
Calice tubuleux cylindrique, à dix stries et h dix dents ; tube delà corolle arqué, dépassant le calice ; lèvre supérieure plane, bifide ; l'inférieure ù trois lobes, celui du milieu échancré.
Marrube conmvTi. Marrubium vulgare. L. Sp. 816. Bull. 1. 165. Nom vulgaire : marrube blanc.
Une racine vivace donne naissance à des tiges dressées, longues d'un à deux pieds, rameuses, velues et blanchâtres. Les feuilles sont pétiolées, cotonneuses, ovales, aiguës, crénelées, crépues. Les fleurs sont blanches, petites, très serrées, et forment de faux verticilles multiflores compactes aux aisselles des feuilles, accompagnés en dehors de bractées subulées aiguës, courtes. Le calice est tubuleux, cylindrique, strié, offrant dix dents subulées, dont cinq alternes plus petites. La corolle est bilabiée; le tube, un peu plus long que le calice, est légèrement arqué; la lèvre supérieure est dressée, plane, étroite et bifide ; l'inférieure est à trois lobes inégaux, deux latéraux plus petits, ovales, obtus; celui du milieu plus grand et émarginé. Les étamines sont très courtes, renfermées dans l'intérieur de la corolle. Le style est également très court, terminé par un stigmate à deux lobes inégaux. Cette plante est fort commune dans les lieux incultes, sur le bord des routes et des fossés. Elle fleurit pendant tout l'été. ^
Propriétés et usages. Le marrube ne manque pas d'une certaine énergie. Son odeur aromatique et comme musquée, sa saveur Acre et chaude, dénotent en lui des propriétés assez actives. C'est un bon stimulant, dont l'usage peut convenir dans certains cas d'aménorrhée et dans les catarrhes chroniques. Cette plante est un des nombreux ingrédiens de la thériaque ; elle fait aussi partie du sirop d'armoise composé.
Le docteur Furnari, chirurgien adjoint de l'Institut ophthal-
mi(infi de Paris, a piiblif- ri^cemînent {Jotirn. des Conn. méd.) clos observations qui tendraient h prouver que le niarrube Manc est un mtklicament plus important qu'on ne l'aurait cru jusqu'à présent. Suivant ce praticien, celte plante, donnée soit en infusion, soit en extrait, ou la matière particulière qu'il en a retirée, et qu'il nomme marrubine, est un des raédicamens que l'on emploie avoc le plus d'avantages contre les affections artliriliques et rhumatismales. Il cite huit cas de guérison complète. L'infusion se prépare avec une demi -once à une once de là plante pour quatre onces d'eau bouillante. Celte dose se prend le matin et le soir. L'extrait alcoolique se donne à la dose d'une douzaine 4e grains qu'on délaie dans du vin blanc chaud. Enfin, on peut aussi diriger sur la partie malade des douches de vapeurs faites avec l'infusion de marrube blanc.
BALLOTE. - BALLOT A. L. J.
Calice évasé, subcampaniforme, à cinq dents et comme à cinq faces, offrant dix stries longitudinales j lèvre supérieure en forme de voûle^ denticulée; lèvre inférieure à trois lobes inégaux, celui, du milieu échancré et plus grand.
Ballote NOIRE. Ballola nigra. L. Sp.682. Bull. t. 397.
Noms vulgaires : marrubin ou marrube noir.
Racine vivace : tige dressée, ranleuse, carrée, pubescente, haute d'un à deux pieds, rougeâtre, surtout à sa partie inférieure. Feuilles pcliolées, ovales, subcordiformes , aiguës, crénelées, pubescentes des deux côtés, un peu sinueuses et crépues. Fleurs purpurines disposées en un petit faisceau courtcment pédonculé, à l'aisselle des feuilles. Calice tubuleux subcampaniforme, évasé, à cinq dents et comme à cin([ plis, pubescent, offrant dix stries longitudinales. Corolle biLbiée: tube grêle, de la longueur du calice; lèvre supérieure petite, voûtée, arrondie^ denticulée ; lèvre inférieure à trois lobes inégaux, lo moyen échancré, Éiamines à anthères didymes, dont les loges sont superposées. Style grêle, de la longueur des étamines ; stigmate bifide. Celte plante est aussi commune que la précédente, et croît dans les mêmes localités,
rxBiKES. 3a3
Usages et propriétés. Son odeur est moins agri^able que celle du inarrube blanc ou commun j cependant on les emploie presque indiffiiremmcnt i'une pour l'autre.
AGRIPAUME. - LEONURUS. L. J.
Calice à cinq dents très aiguës et à cinq angles^ corolle à tube légèrement arqué , de la longueur du calice; lèvre supérieure entière et dressée, couverte de poils; l'inférieure à trois lobes presque égaux , obtus , entiers : anthères recouvertes de points blancs et brillans.
AcRiPAUME CARDIAQUE. Leonurus carcliaca. L. Sp. 817.
Bull. t. 273.
Tige carrée , velue, dressée, rameuse , haute d'environ deux à trois pieds. Feuilles péliolées, divisées en trois ou cinq lobes laciniés ; elles sont molles, pubescentes; le pétiole estcanaliculé, pubescent. Fleurs purpurines, disposées par verlicilles très serrés aux aisselles des feuilles. Calice à cinq angles, à cinq dents armées d'une pointe raide très piquante ; les deujc inférieures sont fortement recourbées en bas. Corolle bilabiée; tube gros et un Y)eu arqué; lèvre supérieure er.tière, très prolongée , arrondie, obtuse, en forme de voûte, couverte de longs poils blancs et soyeux; lèvre inférieure petite, à trois lobes, deux latéraux petits , réfléchis ^ l'inférieur court et obtus. Etamines didynames , filets grêles , subulés , un peu coudés supérieurement; anthères biloculàîres , didymcs , noiiâlres, offrant des points blancs et brillans. La cardiaque croît dans les lieux incultes, les décombres, et fleurit en juin et juillet. %
Propriétés et usages. L'odeur de ses feuilles est assez désagréable. Elle a joui autrefois d'une grande réputation dans la cardialgie des enfans; mais aujourd'hui elle est presque tout à fait inusitée.
BOTANIQUIÎ.
+ + Calice bilabié.
THYM. — THYMUS.
Calice tubuleux, strié, à cinq dents, trois supérieures et deux inférieures, formant deux lèvres ^ gorge du calice garnie d'une rangée circulaire de poils qui en bouche l'entrée ; tube delà corolle de la longueur du calice; limbe bilabié 3 lèvre supérieure légèrement échancrée; l'inférieure à trois lobes presque égaux, celui du milieu un peu plus grand et émarginé.
Thym vulgaire. Thymus vulgaris. L. Sp. 825. Blackw.
Petit sous-arbrisseau touffu , rameux , haut de six à huit pouces , dont toutes les parties sont recouvertes d'une poussière grisâtre et comme cendrée. Ses tiges, ligneuses à la base, herbacées supérieurement, sont presque cylindriques. Ses feuilles sont très petites , ovales, lancéolées , à bords roulés en dessous, ponctuées supérieurement, et blanchâtres à leur face inférieure. Les fleurs sont roses ou presque blanches, pédicellées et réunies ordinairement au nombre de trois à l'aisselle des feuilles supérieures. Elles forment ainsi une sorte d'épi foliacé au sommet des ramifications de la tige. Le limbe du calice est bilabié , la lèvre supérieure à trois dents , l'inférieure à deux dents subulées; l'entrée du tube est garnie d'une rangée circulaire de poils. La coi'oUe est un peu plus longue que le calice ;la lèvre supérieure est à peine échancrée, l'inférieure est à trois lobes égaux et obtus. Les étamines sont incluses; le style est saillant. Le thym croît sur les coteaux secs et rocailleux dans les régions méridionales ; on le cultive dans les jardins.']^
Propriétés et usages. Tout le monde connaît l'odeur forte, pénétrante et agréable du thym, et l'usage journalier que l'on en fait dans nos cuisines pour aromatiser un grand nombre de |)réparations culinaires. Mais presque jamais on ne l'emploie comme médicament , bien qu'il doive agir d'une manière fort énergique , à cause de la grande quantité d'huile essentielle qu'il contient. Cette huile est fluide, de couleur citrine. Le thym fait partie de beaucoup de médicamens composés.
Thym serpolet. Thymus serpillum. L. Sp. 825.
Petite planto étalée, à tige sous-frutesccnte à la base, rameuse , dont les rameaux sont longs de cinq à six pouces , couchés sur la terre, un peu velus, carrés, redressés dans leui partie supérieure. Les feuilles sont petites, opposées, ovales , obtuses , entières, rélrécies inférieurement et formant une espèce de pétiole; elles sont glabres et offrent des petits enfonceraens glanduleux à Ja face inférieure. Les fleurs sont purpurines, verlicillées, petites; les verticilles sont écartés inférieurement , rapprochés à la partie supérieure , où ils forment un épi presque globuleux. Le calice est tubuleux , velu et strié inférieurement, à deux lèvres; la supérieure redressée, tridenlée ; l'inférieure à deux dents subulées plus longues; l'entrée est bouchée par une rangée circulaire de poils blanchâtres. La corolle offre un tube de la longueur du calice; la lèvre supérieure est courte , un peu convexe et échancrée; l'inférieure présente trois lobes presque égaux, obtus. Les étamines sont incluses; le style et le stigmate dépassent la lèvre supérieure. Le serpolet est extrêmement commun dans les bois, dont il couvre les pelouses exposées au soleil. 'IJL
Ses propriétés sont absolument les mêmes que celles du thym ordinaire.
Thym calament. Thymus calamintha. Scopoli. Melissa calaminlha. L. Sp. 827.
Tige herbacée , rameuse , dressée , tétragone , velue ; feuilles cordiformes, arrondies, pétiolées , dentées , molles et velues. Fleurs purpurines , disposées en une petite panicule pédonculée à l'aissclIe des feuilles supérieures ; chaque fleur est ellemême pédicellée. Calice tubuleux , strié, pubescent , garni do poils intérieurement , à deux lèvres ; la supérieure à trois dents redressées ; l'inférieure à deux dents plus longues et subulées; tube de la corolle étroit , cylindrique , renflé insensiblement; limbe ouvert, bilabié ; lèvre supérieure arrondie, échancrée , recouvrant les organes sexuels ; lèvre inférieure à trois lobes, deux latéraux, ovales, arrondis, obtus, celui du milieu plus
SaC BOTANIQUE.
large, légèrement échancré. Le calament croît dans les Lois aux environs de Paris.
Propi^iciés et usages. Son odeur agréable a beaucoup d'analogie avec celle de la mélisse ; aussi l'eraploie-t-on aux mômes usages que cette plante.
ORIGAN. - ORIGANÏJM. L. J.
Calice court, à cinq dents, quelquefois bilabié, non garni de poils à son intérieur ; tube de la corolle plus long que le calice. Lèvre supérieure bifide; l'inférieure à trois lobes, celui du milieu plus grand, entier; fleurs serrées, accompagnées chacune à leur base d'une bractée ovale, souvent colorée, formant de petits épis globuleux, entremêlés d'écaillés imbriquées.
Origan vulgaire. Origaimm vulgare. L. Sp, 824. Bull. t. 193.
Piacine "vivace, noiràlre, presque ligneuse, rampante. Tige obscurément quadrangulaire, dressée, velue, rameuse à sa partie supérieure, rougeâire, haute d'un pied ou environ. Feuilles opposées, péliolées, velues, subcordiformes, entières, d'un vtrt foncé. Fleurs rosâires disposées en petits capitules pédonculés, opposés, rapprochés en tête h la partie supérieure des rameaux , et dont la réunion constitue une sorte de panicule serrée. Dans c»;s capitules, les fleurs sont toujours opposées et accompagnées à bur base d'une bractée ovale, souvent rouge, plus courte qu'elles. Le calice est très court, à cinq dents égales, non garni de poils à son intérieur. La corolle offre un tube long, grêle, cylindrique, trois fois plus long que le calice; la lèvre supérieure est plane, fendue; l'inférieure est à trois lobes obtus; celui du milieu presque rond et plus grand. Les élamines. plus longues que la lèvre supérieure, sont un peu écartées les unes des autres. Le style, à peu près de la même longueur que les étamines les plus longues, est terminé par un stigmate bifide. L'origan croît dans les bois, sur les pelouses; il fleurit en juillet et août. ^
Propriétés et usages. Cette plante a une odeur aromatique
LABIKES.
assez analogue à celle du serpolet ; sa saveur est chaude. Elle jouit des mcmes propriétés que les autres Labiées aroniatifiues. On remploie plus particulièrement à l'extérieur.
Origan dictame. Origanuni dictainnus. h. Sp. 823. Nom vulgaire : dictame de Crète.
Sa lige est rameuse, dressée, carrée, velue, haute d'environ un pied. Ses feuilles sont opposées, pétiolées, ovales, obtuses, arrondies, entières, tomenleuses et blanchâtres sur les deux faces. Les fleurs sont blanches, disposées en petits épis très serrés, pyramidaux, presque globuleux, pédonculés, opposés deux h deux, et réunis plusieurs ensemble à la partie supérieure des ramifications de la tige; ces petits épis se composent de bractées foliacées, cordiforraes, arrondies, tomenleuses, disposées sur quatre rangs; à l'aisselle de chacune de ces bractées se trouve une fleur plus longue qu'elle. Le calice est formé d'une seule foliole très obtuse, un peu roulée en cornet, évasée, pubescente, occupant la partie inférieure de la fleur. La corolle est bilabiée ; le tube est évasé, un peu comprimé ; la lèvre supérieure est courte et bifide ; l'inférieure à trois lobes aigus , celui du milieu un peu plus grand. Les élamines, au nombre de quatre, saillantes hors de la corolle, sont écartées et distantes. Le dictame est originaire de l'ile de Crèle ou de Candie. On le cultive dans lesjardins.
Propriétés cl usages. Les poètes et les historiens de l'antiquité ont dans leurs écrits vanté les merveilleuses propriétés du dictame , surtout dans le traitement des plaies occasionnées par les javelots et les flèches. Mais les auteurs modernes ne font plus usage de cette plante , dont on trouve seulement le nom inscrit parmi les ingrédiens de la thériaque , du mithridatc , etc.
La Maujolvine ( Origanum majorana L. ), que l'on cultive fréquemment dans nos jardins à cause de l'odeur suave et pénétrante de ses fleurs, s'en)ploie aux mêmes usages que l'origan commun. On peut en dire autant de l'origan de Crète [origanuni crcliciun L. ), qui croit dans les provinces méridionales de la France.
MÉLISSE. - MELISSA. L. J.
Calice tubuleux, bilabié; lèvre supérieure à trois dents, l'inférieure à deux dents ; corolle à deux lèvres : la supérieure en forme de voûte , échancrée ; l'inférieure à trois lobes inégaux , celui du milieu émarginé et cordiforme. Ce genre diffère du thym par son calice , dont l'intérieur est nu ; de l'origan , par ses fleurs non accompagnées de bractées , ni réunies en lêle.
Mélisse officinale, Melissa qffîcinalis. L. Sp. 827. Blackw. ,
La mélisse présente une lige dressée , rameuse, haute d'un à deux pieds , poilue à ses nœuds et vers sa partie supérieui e ; ses feuilles sont opposées , ovales , cordiformes , dentées , pubescentes , courtement péliolées ; ses fleurs blanches , verticillées , toutes tournées du même côté et courtement pédonculées. Calice évasé , tubuleux, à deux lèvres très marquées : la supérieure aplatie à trois dents aiguës , l'inférieure à deux dents rapprochées plus longues. Corolle bilabiée ; tube grêle , cylindrique , redressé ^ un peu plus long que le calice ; limbe dilaté , à deux lèvres : la supérieure convexe , redressée à son extrémité J échancrée, obtuse; l'inférieure à trois lobes, les deux latéraux petits, ovales , obtus , l'inférieur plus grand, un peu érodé, obtus. Étamines didynames rassemblées sous la lèvre supérieure.
La mélisse n'est pas rare dans les contrées méridionales de là France. Elle est cultivée dans les jardins. ^
Propriétés et usages. Les feuilles de mélisse, recueillies avant l'épanouissement des fleurs, ont une odeur suave de citron. On emploie J soit leur infusion , soit plutôt leur eau distillée , que l'on fait entrer à la dose de deux à quatre onces dans les potions excitantes. Quant à leur eau spiritueuse , connue sous les noms d'Eau de mélisse ou des Carmes , il est fort rare qu'on l'administre intérieurement. On. la fait respirer aux personnes qui tombent en défaillance ; elle fait assez souvent partie des linimens excilans.
LABIEES.
BASILIC. - OCYMUM. L. J.
Calice bilabié , lèvre supérieure plane , obtuse ; l'inférieure à quatre dénis ; corolle semblant renversée (1), à deux lèvres : la supérieure offrant quatre lobes obtus , l'inférieure à un seul lobe plus grand : style et étamines déclinés vers la partie inférieure de la fleur.
Basilic commdn. Ocymum basilicum. L. Sp. 833.
Sa tige est annuelle : elle est dressée , obscurément létragone , pubescente , rameuse j ses feuilles pétiolées , cordiformes , glabres , couvertes do points glanduleux , obscurément dentées. Pétiole canaliculé , plus court que la feuille. Fleurs rosâlres , verticillées, disposées en une sorte d'épi à l'extrémité de la tige et des rameaux j chaque verticille , composé de cinq à six fleurs, est accompagné de deux bractées cordiformes, aiguës, pubescentes, rétrécies en pétiole. Fleurs courtement pédonculées. Calice à cinq divisions inégales, pubescentes. disposées en deux lèvres , une supérieure très grande, orbiculaire , en forme de disque aplati ; deux latérales ovales , aiguës , et deux inférieures lancéolées , très étroites. Corolle bilabiée , renversée; tube court ^ limbe renflé supérieurement, à deux lèvres : la supérieure très large , à quatre lobes arrondis , denticulés ; les deux moyens un peu plus petits • lèvre inférieure à un seul lobe ovale , obtus , denticalé , recouvert par les organes sexuels , qui sont manifestement déclinés. La lèvre inférieure est très rétrécie à sa partie postérieure. Le basilic est originaire des Indes orientales , mais on le cultive aujourd'hui dans tous les jardins , à cause de l'odeur extrêmement suave de ses feuilles et de ses fleurs.
Propriétés et usages. Le basilic est, comme le thym, presque uniquement consacré à servir de condiment et d'aromate
(I) Dans toutes les Labiées les étamines sont dressées et cachées sous la lèvre supérieure; dans le petit nombre de cas où les étamines sont déclinées vers la partie inférietire de la corolle, c'est que celle-ci est renversée, de manière que sa lèvre supérieure est devenue inférieure.
aux préparations culinaires. Son «au distillée est très aromatique et très suave, mais peu employée.
m\]mLLE. — PRUNELLA. L. J.
Calice tubuleux , comprimé , bilabié; lèvre supérieure plane, tronquée , tridentée , l'inférieure bifide. Corolle à tube coart : lèvre supérieure concave, obtuse , entière ; l'inférieure à trois lobes presque égaux , celui du milieu denticulé ; filets des étamines bifurqués au sommet.
Prunelle officinale. Prunella vidgari.i. L. Sp. 837. Blackw, ,
La racine , qui est vivace , donne naissance à une lige rameuse, couchée à la base, à rameaux redressés, carrés, un peu velus, longs de six à huit pouces, portant des feuilles péliolées , ovales, subcordiformes , entières, légèrement velues ; pétiole long d'un pouce, canaliculé et cilié sur ses bords. Fleurs violettes , verùcillées verticilles ordinairement de six fleurs , très rapprochés les uns des autres , et formant , à la partie supérieure des rameaux, plusieurs épis ovoïdes très denses , accompagnés de deux feuilles à leur base. Chaque verlicille présente deux bractées très larges , cordiformes , aiguës , striées , velues. Le calice est tubuleux , comprimé, à deux lèvres: la supérieure plus large , plane , à bords rabattus en bas , tronquée et tridentée j l'inférieure , plus étroite , est bifide. La corolle est bilabiée; le tube de la longueur du calice : la lèvre supérieure est arrondie, entière et concave ; l'inférieure à trois lobes presque égaux , celui du milieu denliculé dans son contour. Les étamines sont cachées sous la lèvre supérieure ; les filets sont subulés , grôies , bifurqués au sommet ; l'une des divisions porte l'anthère , qui est biloculaire et didyme ; l'autre est nue. Le style est terminé par un stigmate profondément bifide , qui dépasse la lèvre supérieure. La prunelle ou brunelle est fort commune dans les bois et sur les pelouses.
Propriétés et usages, l'eu aromatique et légèrement astringente, la prunelle était autrefois employée dans la diarrhée et quelques autres maladies ; mais elle est aujourd'hui inusitée.
LABIÉES
Propriétés médicales et usages des ■plantes de la famille des
Labiées.
Il est peu do familles dans tout le règne végétal dont les caractères botaniques soient plus tranchés, et où les différens genres offrent une analogie plus grande que celle des Labiées. Très rapprochées des Scrofulariées, des Verbénacées, des Solanées et des Boraginées, les Labiées se distinguent de ces trois premières familles par leur fruit tétrakène, c'est à dire à quatre coques monospermes, tandis que dans les autres c'est une capsule ou une baie, et des Boraginées, dont le fruit est semblable au leur, par leur corolle toujours irrégulière, leurs élamines au nombre de deux ou quatre, et leurs feuilles constamment opposées. Cette analogie frappante qui existe entre les différentes plantes de la famille des Labiées se trouve également dans les vertus dont elles sont douées. Toutes en effet sont remarquables par leur odeur forte, pénétruute, qui leur a fait donner, et ajuste raison, le nom de plantes aromatiques par excellence. Ce principe odorant et aromatique est dû à une huile volatile essentielle, analogue au camphre, sécrétée en abondance par les glandes nombreuses qui existent dans presque tous les organes de ces plantes. Quelques chimistes, entre autres Carlheuser, et plus récemment M. Proust, ont pensé que, dans quelques espèces, telles que la lavande, le thym, la marjolaine , le romarin, etc., cette buile contenait du camphre, quoiqu'on n'ait pas pu former de l'acide camphorique avec la partie concrète de leur huile volatile.
Un second princii)e existe encorè dans les plantes de cette famille j c'est une matière gommo-résineuse qui leur donne une saveur amère, quelquefois extrêmement prononcée, comme , par exemple, dans la germandrée ou petit chêne {teucrium chamœdrys), l'ivelte, etc.
Suivant que l'un de ces deux principes prédomine, les propriétés des Labiées sont différentes : si c'est l'huile essentielle, elles sont alors aromatiques, stimulantes, diffusibles, et deviennent propres à porter dans toute l'économie une excitation générale, une force et une énergie peu durables à la vérité ,
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mais qui se propagent quelquefois à tous les appareils organiques indifféremment; d'autres fois elles portent leur action spécialement sur un appareil ou même un seul organe en particulier. C'est ainsi qu'elles sont tour à tour emménagogues , sudorifiques , antispasmodiques, etc. Dans ce groupe des Labiées aromatiques, se trouvent la plupart des genres de cette nombreuse famille, et plus particulièrement les sauges, le thym, le serpolet, la mélisse, la lavande, l'origan, la sariette, le romarin, les menthes, etc.
Si au contraire le principe aromatique est très faible, tandis que le principe amer est très développé, les propriétés changent, et les Labiées deviennent des médicamens simplement toniques, dont l'action plus lente, moins intense, mais plus durable , se concentre sur l'estomac. C'est ainsi qu'agissent les différentes espèces du genre Teucrium^ et surtout l'ivette {T. chamœpilys ) , le petit chêne {T. chaniœdrys), le scordium (T. scordium), etc.
Enfin dans un assez grand nombre de Labiées, les deux principes se trouvent combinés dans des proportions à peu près égales, et leur action sur l'économie participe de ces deux propriétés. L'expérience a fait observer ([ue dans ce cas ces plantes exercent une action spéciale sur l'appareil respiratoire, auquel elles communiquent une excitation convenable. Aussi emploiet-on souvent avec avantage l'infusion ou les autres préparations de l'hysope, du lierre terrestre, etc., dans les catarrhes pulnionaires chroniques, quand l'irritation a disparu, et qu'il ne reste plus qu'une toux souvent opiniâtre et fatigante, causée par les matières muqueuses qui séjournent dans les bronches. En résumé, la famille des Labiées ne renferme point de plantes dangereuses : toutes sont aromatiques, stimulantes, ou amères et toniques.