‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 80 sur 187 · MORELLE. - SOLANUM. L. J · texte numérisé non relu

MORELLE. - SOLANUM. L. J

Calice subcampanulé à cinq divisions , persistant ; corolle rotacée; tube très court ^ limbe à cinq divisions étalées. Les anthères sont alongées , conniventes , s'ouvrant par un petit trou pratiqué au sommet de chaque loge , et forment une espèce de petite pyramide centrale. Baie à deux loges ^ entourée à sa base par le calice persistant.

MoRELLE TUBÉREUSE. Solaiium tuberoswn. L. Sp. 265. Nom vulgaire : pomme de terre.

Souche vivace , rampante , offrant des tubercules charnus , de forme et de grosseur variables. Tige herbacée , rameuse , dressée , anguleuse et un peu ailée , charnue , presque glabre , haute d'un à deux pieds , donnant attache à des feuilles alternes , interruptipennées , à folioles ovales, cordiformes, pubescentes, inéquilatérales , entières , un peu sinueuses sur les bords ; pétiole commun canaliculé. Fleurs violacées, roses ou blanches , en grappes pauciflores , opposées aux feuilles, au sommet des rameaux. Calice subcampanulé, poilu, à cinq divisions peu profondes , semi-ovales , aiguës. Corolle rotacée, comme étoilée , à cinq lobes planes , triangulaires, dont le sommet est recourbé en dessous ; chaque lobe plus épais à sa partie inférieure et moyenne. Tube très court. Cinq élamines insérées au sommet du tube 3 filamens très courts ; anthères rapprochées latéralement en forme de cône tronqué : chacune d'elles est à deux loges , qui s'ouvrent par un petit trou à leur sommet. L'ovaire est libre, glabre, un peu conique , offrant deux légers sillons opposés ; il est à deux loges , contenant un très grand nombre de petits ovules , attachés à deux tropho» spermes saillans , qui partent du milieu de la cloison. Le style est plus long que les étamines ; il est cylindracé , glabre , et se termine par un stigmate capitulé, glanduleux, à deux lobes distincts. Le fruit est une baie cérasiformC; noirâtre à l'époque de sa parfaite maturité.

SOLANKES.

La pomme de lo.vvù esl originaire du Pérou, et fut introduite en Europe vers la lin du seizième siùcle. Long-temps négligée par le cultivateur, la pomme de terre est aujourd'hui cultivée dans tous les cantons de la France. 1!^

Propriétés et usages. Après les plantes céréales , la pomme de terre est sans aucun doute le végétal le plus utile à l'homme pour sa subsistance. Presque uniquement composés de fécule très pure et très blanche, ses tubercules lui offrent un aliment aussi abondant que salubre, qui peut dans les temps de disette remplacer entièrement l'usage du blé et des autres céréales. Lorsque l'on râpe ces tubercules dans l'eau , on obtient un amidon d'une grande pureté , que l'on emploie à différens usages économiques , et avec lequel on prépare des pâtes et des bouillies. Si on les soumet à la fermentation , on en retire une qtiantité considérable d'alcool, mais qui conserve toujours une odeur et une saveur peu agréables. Selon quelques auteurs , la pomme de terre jouirait aussi d'une propriété fort remarquable , celle de s'opposer au développement du scorbut dans les voyages de long cours, ou d'en arrêter les progrès [Journ. chim. méci.. t. 2, p. 129). Enfin l'on peut, par différens procédés , changer en sucre la fécule qui forme la base des tubercules de la pomme de terre. Par combien de titre ce précieux végétal ne mérite-t-il point d'être soigneusement cultivé en Europe !

MoRELLE DODCE-AMÈRE. Solanum clulcaniara. L. Sp. 264.

Tîull. t. 23.

Nom pharmaceutique : didcamara. Partie usitée : les tiges.

Sous-arbrisseau sarmenteux , dont la tige grêle , ligneuse à sa base , herbacée dans le reste de son étendue, est cylindracée, pubescente , et longue de plusieurs pieds. Ses feuilles sont alternes , péliolées , profondément trilobées. Le lobe moyen est plus grand , ovale , aigu , entier ; les deux lobes latéraux sont opposés, plus petits , irréguliers. On trouve quelquefois des feuilles entières; d'autres fois elles sont à cinq lobes. Les fleurs sont violettes , disposées en grappes , pédonculées , pauciflores , opposées aux feuilles. Le calice est très petit, turbiné, à cinq

lobf saigiis ; il est aussi d'un violet foncé. La corolle est rotacée, à cinq lobes profonds , étroits et aigus , marqués à leur basR de deux petites taches glandulaires, vertes et luisantes. Le tube est à peine marqué. Les étamines sont rapprochées en cône. Le fruit est une petite baie ovoïde, pisiforme, rougeâtre, entourée à sa base par le calice persistant. Cette plante se rencontre très communément dans les haies , les décombres , le long des vieux murs. Elle fleurit en juin et juillet.

Propriétés et usages. Ce sont les jeunes rameaux de l'année précédente que l'on recueille au printemps pour l'usage de la médecine. Ils sont ligneux, effilés, grêles; leur saveur, d'abord amère , devient ensuite assez douce et sucrée : de là le nom vulgaire de douce -amère donné à cette plante. Pfaff a extrait, sous forme cristalline , la matière amère puis douce de la morelle douce-anière. Il lui a donné le nom de picroglycion : elle est soluble dans l'eau , l'alcool , l'éther acétique. La décoction et l'extrait des tiges de douce-amère sont les seules préparations dont on fasse usage. Elles augmentent d'une manière sensible la perspiration cutanée 3 aussi les prescrit-on assez fréquemment dans le rhumatisme chronique, les maladies de la peau, la syphilis, etc. La dose de la douce-amère est d'une à deux onces pour deux livres d'eau. Quant à ses baies , elles sont fades , mais nullement délétères, ainsi que le croyaient les anciens.

MoRELLE MEL0>GÈNE. Solaiiuni melongena. L. Sp. 266. Noms vulgaires : aubergine , méringeane, etc.

L'aubergine présente une racine annuelle d'où s'élève une tige herbacée, rameuse, haute d'un pied et plus , cylindrique, un peu pulvérulente, offrant des aiguillons simples, courts, assez éloignés les uns des autres. Les feuilles sont alternes, pé- 'tiolées, ovales, aigûes , sinueuses sur les bords, pubescenies, à pétiole cylindrique , pulvérulent , épineux , inférieurement. Les fleurs sont très grandes , violacées , solitaires , pédonculées, opposées aux feuilles , ayant souvent un certain nombre de parties sur-ajoutées5 le pédoncule, d'environ un pouce, est pulvérulent et épineux. Calice campanifo rme , pulvérulent et épi-

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