QUARANTE-QUATRIÈME FAMILLE
BORAGINÉES. - BORAGJNEM.
Le calice est monosépale, persistant, à cinq divisions plus ou moins profondes : la corolle monopétale, le plus souvent régulière , offre quelquefois, à l'orifice de son tube, cinq appendices saillaiis et creux : les étamines sont au nombre de cinq : l'ovaire est le plus souvent profondément quadrilobé, appliqué sur un disque hypogyne, formant un bourrelet circulaire à sa base^ le slyle est terminé par un stigmate simple ou bilobé : le fruit est quelquefois une capsule ou une baie à quatre loges et à quatre graines; d'autres fois, et le plus souvent, c'est un tétrakène. La tige est herbacée, rarement frutescente, très souvent roulée en crosse à sa partie supérieure et florifère ; portant des feuilles alternes, ordinairement couvertes de poils rudes, dont la base est mamelonnée et persistante; de là le nom de Plantœ asperijbliœ qui leur a été donné par Linné.
1° Gorge de la corolle garnie de cinq appendices saillans.
CYNOGLOSSE. ~ CYNOGLOSSUM. L. J.
Calice à cinq divisions profondes : corolle infundibuliforme; limbe concave à cinq lobes obtus ; appendices connivens et obtus; fruits hérissés de pointes, principalement sur leurs bords.
Cynoglosse officinale. Cynoglossum officinale. L. Sp. 192.
Black, t. 249.
Racine bipannuelle pivotante; tige herbacée, dressée, velue, très rameuse et paniculée à sa partie supérieure , haute d'environ deux pieds, striée longitudinalement. Feuilles caulinaires , sessiles , alternes, ovales, lancéolées, aiguës, entières, molles et velues, surtout à la partie inférieure ; les radicales, beaucoup plus grandes et plus larges , se terminent à leur base en un pétiole long de plusieurs pouces. Les fleurs, assez petites, de couleur rouge ou violette foncée, forment à la partie
supérieure des rameaux des épis alongés , un peu roulés en crosàe à leur soQimel : ces lleurs sont portées sur des pédon- ' cules d'un demi-pouce de longueur, se recourbant autour de la tige pour se diriger tous du même côté. Le calice est persistant, partagé en cinq divisions très profondes, ovales, alongées, velues en dehors, La corolle est monopétale, régulière, courte, infundibulîfoi'me,'dè là longueur da calice. Sôri limbe est concate, à' ciHq divisions très obtuses • rorifice clu tube est fernié^ par «inq petits côrps velioutés, obtu'â , fc^'èùl à rîntérieur. Les^ étaminéô, au nombre de cinq, Sont àlteirhè^ avec les appendices * du tube, plus courtes qu'eux, et rénfermëés dans riniérieul'" du tube.'L'oVairé est déprime, à quatre côtes très saillantes et'^ arrondies, Séparées par des èrifôncemesiS ttès prôfôttds^ il est' tout cbiivéft de pOils glanduleux , et présente quatre logé^"'' reh'fermarit chacune iffi 'i^éùl ' oVtiré. ' le ' éfyïé^'^^^^^^ 'et '
arriiîîcî en 'pointé'a kori'sônihièt^ que^ termine iiA 'stigmate ti'èïJ * pétib;"^\il iëh'^bs^'^ '^^èiîie distiWct; Lé!''{ï-ttii; 'èkt 'nft^tài'àltèrïé'* apl'aW '; 'Héri^àë 'de'^lf)Oils rudes et blâriidhâfi'ès;' l'e'kiihW lf sàk'^ m iircu ' ' lë siyiè peràTstan t. ' "ta cy iio'gMssë 'érétt ' 'dalnà' Ùà" lièux sécé''et ''éktl(ihnéùx ', dkri's- ïés 'bais aûk éni^irôhs'^
Prophètes et usages. Toutes les parties de cetté plante exnalôrit une ddeùr désagréable. Ses feuilles, cuites dans l'eau, et' SOUS forme de cataplasme , isont émollientes et anodines. Soiî" cxtralr entre dans les pilules dé cynoglosse, dont toutes les'' propriétés d^^éindeht de l'opium,' qui s'y trouve qn quantité ' assez considérable. ■ n.iyMi,,j
: ^.n-..!> ■>ili, i.iod ci jirxijii, , Hirrt n" 'lijiui'l
i litr.viii;' j !ir :) li-.-i 'M\-i;:i:r,<{ •., ] .■•i;. v,vv
Calice étalé, à cinq divisions profondes. Corolle en roue^ àn cinq lanières étroites et aiguës ; appendices obtus, échancrés , glabrés : (ilamens des étamines surmontés d'urié corne, située en dehors de l'anthère. ..■-:...,;;:.!.
Plantes herbacées annuelles "èii ' Vivmk;''dW' frtî^e '^iVés feuilles sont recouvertes de poils très rudes.
*q 'iIj 'jlKntl/l
S^ti botàt^iVuk'.
BoDRACHE OFFJCiNALE. Bova^o officinoUs, L. Sp. 109. Blackw.
Wom pluii riiàceiiriquc : borag'iids herha, Jlorcs.Va^rWes ùsitiécs : lesjeuitles
et les fleurs. ' 'f 'ii :
bourache est une planl^ annuelle, dpnl la racine est alo»gé9„.uoirûli;e à rcxlérienrj blanche en dedans; la tige herbacée^ c;j^|indiiqu.e, sinople inféi-ieurement, rgmeus|e à sa partie supér rieuve V cWnue dressée,, couverte de ppils irèç rud'çs, Xçs feuilles radicales sont étalées, très grandes, oyales, obtuses ^ sinueuses sur les bords, rétrécies en un long pétiole ailé, canaliculé, dilaté vers sa partie inférieure. Les caulinaires sont sessiies, légèrement décurrenles, ovales, lancéolées. Fleurs bleue^s^, disposées, en panicule lâche à l'extrémité des rameaux : cha,cu^^e d'elles, portée sur un pédoncule long d'environ un pouce, eçt réflécliie. Calice monosépale, très profondément quinqyé-, fide, étalé 3 divisions linéaires , aiguës , à une seule nervure, glabres en dedans. Corolle rotacée, étalée. Tube presque nuLj limbe profondéinent quinquépartij divisions lancéolées, trèSj aiguës, offrant chacune à leur base un appendice sacciforme» saillant, bifide, un peu soyeux en dedans ; étamines attachées à la gorge de la corolle, saillantes, dressées, rapprochées les unes contre les autres, de. manière à former une espèce de cône aigu, filets épaissis à leur partie inférieure; leur sommet , comme tronqué, présente à sa partie externe un appendice linguïforraé bleu , dressé , atteignant le milieu de la hauteur de l'anthère. On rencontre fréquemment la bourache dans les lieux cultivés. Elle fleurit pendanMes mois de mai et de juin.
Propriéiés et usages. La bourache est composée, suivant l'analyse de Braconnot, de :
] Substance muqueuse 18
animale, insoluble dans l'alcool , 13
. AjCide végétal, combiné à la potasse, j^., . . 11
Acétate de potasse.. 1
Wilrale de potasse. , , , , , 0^5
BORAGINKES, S^jC
La bourache est très aqueuse. Elle contient une petite quantité de nitrate de potasse. JLa décoction de ses feuilles est une de ces boissons dont on prescrit fréquemment l'usage, peut-être par cela même que son action ne se fait que faiblement sentir. Ainsi, dans le catarrhe pulmonaire peu intense, dans les maladies de la peau, on fait souvent usage de la bourache. Sa décoction est mucilagineuse, légèrement diurétique et diaphorétique. Quant aux fleurs, elles sont insipides; leur infusion est adoucissante.
CONSOUD^. - SYMPHYTUM. Ju. J. .
- Calice à cinq divisions profondes; corolle tubuleuse, un peu renflée à la partie supérieure, à cinq lobes courts et rapprochés ; appendices intérieurs de la corolle lancéolés, aigus, glanduleux.
CoNSOUDE OFFICINALE. Symphj'tum officinale. L. Sp. 195.
Nom pharmaceutique : consolida major. Nom yulgaire : grande consolide. Parties usitées ; la rcicine et les feuilles.
Racine vivace très alongée, peu rameuse, d'un brun noirâtre i l'extérieur, très blanche intérieurement, d'une saveur d'abord fade et mucilagineuse, puis faiblement astringente. Tige herbacée, charnue, anguleuse, dressée, couverte de poils rudes, ailée par le prolongement des feuilles , qui sont alternes , ovales, lancéolées, aiguës, un peu ondulées sur leurs bords, décurrentes sur la tige à leur base. Fleurs blanches ou un peu purpurines, disposées par épis géminés à l'extrémité des rameau^j ces épis sont recourbés en volute. Leur calice est profondément quinquéparti, à divisions étroites, lancéolées, dressées, plus courtes que le tube de la corolle; celle-ci est tubuleuse, infundibuliforme ; tube gros, cylindracé, offrant à sa partie supérieure et externe cinq fentes qui sont les orifices des cinq appendices de la gorge; ceux-ci sont aplatis, lancéolés, glandurleux sur leurs bords, alternes avec les étamines. La grande consoude est fort commune dans les prairies humides , sur le bords des mares et des ruisseaux, aux environ^ .dp Î^^HS* .^i^'^ fleurit en mai et juin. ^ , f , i
Propriétés et usages. C'est principalement la racine dont on
prescrit, l'unage : sa saveur esUiri peu astringente, mais surtout très mucîlagineuse. Ou remploie assez souvent en décoction dans la diarrhée, le crachemcnt de sang, les catarrhes pulmonaires.' G'<îStun médicament adoucissant, dont Ja propriété astringente est trop faible et trop masquée par le mucilage pour pouvoir produire quelque effet. On prépare encore un sirop de grande consolide que l'on emploie dans les mêmes circonstances. Les feuilles de cette plante possèdent les mômes propriétés que celles cle la bourache. :>,c:ui j .■m^ni
BUGLOSSE. —ANCHUSA. L. J. •
Calice à cinq divisions profondes et dressées : corolle hypocratériformej limbe presque plane, à cinq lobes arrondis j appendices obtus, souvent velus^ stigmate bilobéjiir,f| k! é '>i»l)a )•«•
BuGLOSSE OFFici^JALE. Ancliusa italica. D. C. Fl. fr, 3, p. 63 1.
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Il paraît que nous ne possédons pas en France la vraie bugldsse officinale décrite par Linné , qui est confinée dans les régions septentrionales de l'Europe. Notre espèce s'élève jusqu'à enViroïi trois pieds - sa lige est di-cssée , très rameuse , cylindHque, couverte de poils longs et très rudes ,- ainsi que lès autres parties herbacées de la plante , et porte des feuilles aîtèrneS; ovales, très aigilës, entières, rudes au toucher, un peu ohdulées sur leurs bords. Les fleurs sont bleues, disposées en une sorte de panicule lâche à l'extrémité des rameaux. Leur calice est alongé, à cinq divisions profiûndes, linéaires, lancéolées, très aiguës, dressées. La corolle hypocratériforme a le lltrbè èylindrique , dé la hauteur du- cali'Ce| 'lè limbe plane , quinquéparti, à divisions ovales très obtuses, égales entre elles ; la gol-ge delà corOUe est garnie de cinq appendices creux, bleuâtres, couverts depoils blancs, rapprochés de manière à cacher tout à fait les étamines. La buglosse n'est pas rare dans les champs aux environs de Paris, où elle fleurit au mois de juin.
Ses usages et ses propriétés sont absolument les mômes que cénk de la bouraché'.«"^'^f ^''^ «"«'^ oitnuHuoj J iol Ja'j obuo«no> ■'^lia fafcine de VAhchusn tincïoria ILainkl, Lithospermum linctorinni L., est connuosous le nom-d'O/'r^^e^/e. Elle four-
BOUAGINIÎI-S.
fTO I '>up '«'•mr .;i ;(.T fiu h rroff - • '
iiiL un principe colorant rougo, d'une nature parliculière, qui est employé dans l'art de la teinture.., j„,,^„j.,j,,
2* Gorge de là corolle nue . sans appendices,
PULMONAIRE,' - PULMÔNJtRIAM'. S.
Calice subcampanulé, pentagone, à cinq dents profondes^ corolle hypocratériforme, à cinq lobes obtus, .un. peu .redf^^- Sés; stigmate bilob(l,..,n-,r-:.-,f .'^^^oV:•u<^ yA s>mJ,
POL&dNA!iuE ài^Miii^^i Palh\:6hàkà 'ànj^iiétifâka: îiàiîik.^
Racine vivace alongée; tige dressée, presque simple, un peu charnue et épaisse, couverte de poils rudes, ainsi que les feuilles : celles qui naissent de la racine sont alongées . subcordiformes , rétrécies à la base en un pétiole fort long, elles sont souvent maculées de taches blanches 3 celles de la tige sont scssiles, lancéolées, aiguës, un peu décurrentes. Les fleurs, (ie couleur bleue, quelquefois rougeâires, forment une sorte . de corymbe à la partie supérieure de la tige. Leur calice est monosépale, campanulé, à cinq angles et à cinq dentsj Içur corollp est monopétale, hypocratériforme; son tube est de la longuçur du calice; son limbe est campanulé, à cinq lobes obtus; la gorge de la corolle est garnie d'une rangée circulaire de poils I blancs et glanduleux- Les cinq étaniines ne dépassent pas le tube de la corolle. La pulmonaire est très commune dans les bois, où elle fleurit dès les mois de mars et d'avril. L'espèce que nous possédons en France est différente de la Pulmonaria ofjicincilis de Linné. ^
Pvopriélcs et usages . Cei\.e plante peut s'employer aux mêjnes usages et de la môme manière que la bourache. ?nic0|»
Propviàlcs. et {isages des plantes de la famille des Bordsinccs. y,. , ; y -';«(<••.■> o.j^i h./-., iUryr,û"t
"'"X'és'Bbyâgîtitlès né possèdent point des vertus bien pronori- ~
'iiées : si elles ne fournissent point de médicamcns très énergi-
ijties, aucune d'elles ne recèle de propriétés qui puissent rendre
leur administration funeste. Qn trouve dans toutes ces plantes
une grande quantité de mucilage, assez souvent associé à une
petite proportion d'un principe astringent ou amer, que l'on regarde cçmme narcotique. Ainsi la racine de grande consoude est légèrement astringente et très mucilagineuse ; la cynoglosse, au contraire, parait recéler un principe narcotique, mais peu abondant. D'un autre côté, la bourache, la buglosse, la pulmonaire, sont très mucilaginenses, adoucissantes et légèrement diaphorétiques. La bourache agit de plus comme diurétique, à càuise d'une certaine quantité de nitrate de potasse tout formé qu'elle renferme, sel dont on soupçonne également l'existence dans la buglosse, qui décrépite légèrement q'iand on la brûle.
L'écorce de la racine de plusieurs Boraginées fournit une belle couleur rose ; telles sont Vanchusa tinctoria, Vonosma echioideis ^-ïé lithospèrmum tinctorium , DC. , etVechium rubrum^ dont les racines sont mêlées et confondues dans le commerce sous le nom d'orcahelte. L'eau et l'alcool se chargent également du principe colorant de rorCanette. ^ i ' i - e^iii
Les fruits connus sous le nom de sébestes sont prodliits par un arbre de la famille des Boraginées, appelé cordia mixa^ qui croît en Egypte et dans l'Inde. Ces fruits, qui sont charnus et sucrés, étaient mélangés avec les autres fruits béchiques, tels que les jujubes et les dattes. Ils sont entièrement inusités de nos jours. : (d ,tji8i.i)qo«u