‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 84 sur 187 · QUARANTE-CINQUIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

QUARANTE-CINQUIÈME FAMILLE

CONVOLVULACÉES. - COiSrOirilLACB;^.

Nous distinguerons les Convolvulacées à leur calice persistant, offrant cinq divisions profondes j à leur corolle monopétale régulière, dont le limbe est entier ou à cinq lobes, et donne attaché à cinq étamines ; à leur ovaire libre, à deux ou quatre loges, contenant un petit nombre d'ovules dressés ; à leur style simple ou parlag^i en plusieurs divisions, qui portent chacune un stigmate. Lfi fruit est une capsule recouverte par le calice, à deux ou quatre Joges, restant quelquefois indéhiscentes: Les graines renferment un embryon, contenu dans- un etidosperme charnu, et dont les ,ideux cotylédons >spnt planes et plissés en différ^'riS sens. Lës^plan/es r^^nies .^î^s .^a/c^p^^^^^

CONVOLVULACÉES.

des Convolvulacées sont herbacées ou sous-frutesccntes ; leurs tiges sont grêles et volublles; leurs feuilles sont alternes, dépourvues de stipules ; leurs tteurs sont axillaires ou terminale^. Cette famille est très distincte desBoraginées P£^,^o>>,^pn -PojJ» fruit capsulaire et la structurfi f^^îî^.Sî^î^/'/ft'^-

LISERON. — CONFOLVULUS. L. J.

Calice persistant, à cinq divisions profondes ; corolle campanulée ou infundibuliforirie, à limbe plissé; ovaire surmonté d'un style que termine un stigmate bilobé. Le fruit est une capsule globuleuse, mince, ordinairement à quatre loges, dont chacune contient une ou deux graines attachées aiî bas dè là cloison.

Tolitcs les espèces sont herbacées ou frutescentes ; leur racine est souvent tubéreuse et charnue ; leur tige volubile.

Liseron jalkp. Convolvulusofficinalîs. Pelletan, Journ. Chim. ined. Xj p. 6 , t. \. Ipomœcepurga. Wenderoth. Nées d'Esenb. et Marquardt [Geiger's ann. bd. X. p. 119.)

Nom pharmaceutique : jalapœ radix. Nom vulgaire : jnlap. Partie^

usitée la racine. J

Racine vivace tubérifère; tubercules charnus , irrégulièrement arrondis , bruns à l'extérieur , jaunâtres et lactescens 4 l'intérieur. Tige cylindrique volubile et rameuse , portant de|i feuilles alternes , pétiolées , entières , cordîformes , acuminées , a lobes arrondis et queiquefois un peu divergens , d'un ver^ assez clair en dessus , glauques à leur face inférieure et parfaîr t'ëment glabres. Les fleurs sont solitaires , rarement géminées a l'aisselle des feuilles , pédonculées. Le pédoncule, long d'environ un pouce , porte deux très petites iDractées opposées , en forme d'écaillés , vers son tiers supérieur. La corolle d'une teinte rose clair , est longuement tubuleuse, ayant son tube légèrement renflé dans sa partie moyenne, son limbe étalé et môme réfléchi en dessus, dans son contour qui est sinueux et comme à cinq lobes , à peine marqués , très obscu,rs et même échancrés. Lesétaraines, au nombre de cîna, sont saillantes hors

tachées. Le fruit est une capsule globuleuse, accompagnée par le calice qui persiste, à deux loges monospermes , et qiieltfuefois même aune seule loge également monospermè.''"'^ ' ' ' * Cette espèce est originaire du Mexique. Ellé en a été rapportée des environs d'Orizaba , par M. Le Danois, pharmacien distingué , qui a résidé au Mexique , et à son retour en France a communiqué cette plante à M. le docteur Gabriel Pelletan qui l'a décrite dans le tome X du Journal de Chimie médicale.

.P/'ppriéiés et usages, Unsage dii la\a\> a été inli'oduit en Europe au commencement du XVir siècle ( en 1009 , selon Gaspard Baiihin)., ,§qîi n.Qm. français çst une çorruplion.de çeluj de Xalapa , ville du Mexique, d'où cette racine était primitivement appariée. Pendant long-temps o.ri a employé cette freine sans connaître la plante qui la produisait. Ainsi on avait cru d'abord qu'elle était celle de la belle de nuit , que pour celte raison on avait nommée mirabilis jalapa ; mais il fut rêconnu par Rai, Pluckenet çt enfin par Linné lui-même, qu'elle provenait d'une espèce de liseron c^\i'i\ t\omm^ Con^ôlOu lus jalapa. Plus tard, M. Desfpntaines crut que la coiiyplvulus jalaparde Linné était la même espèce que Vipomœa macrorhiza , découverte par Michaux dans les Florides , et que par conséqueni la plante dont la racine était connue dans le commerce sous le nom de jalap croissait non seulement au Mexique, mais aux Etats-Unis d'Amériqpe. Cette opinion était généralement admise quand^ en 183,1, M. Daniel Smijh f/oritrn. ojTfhe PhiLçd, pharm. Janv. l83Ï) fit voir la grande d|fférence qui existe entre Vipomœa macroî-ïiiza^ dont les tubercules pèsent qùeic^uefois jusqu'à soixante livres, et l'espèce mexicaine qui donne le vrai jalap, dont les tubercules excèdent rarement la grosseur du poing. Epfin, M. Le Danois, en rapportant en France dés écharir tilions de celte espèce , nous a mis à même de, reconnaître

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qu'elle était différente de Vipomœa mdcrorluza, non seulement

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par le volume beaucoup moindre de ses tu^ercuI|Bs ,^ mais ^

ses 'fleurs roses 'ell 'non IiVanches, et par ses tiges et ses 'f-Riinics

tout.à fait gïal!)r(3's/et différent^ aussi du Co?ivoU>dlus f alapa de

Lîniiéj en un mot qu*eïle formait "une espèce encore inédite.

CONVOLVULÀCiiliS. Sj^

Selon MM. Nées d'Esenbeck etMarquardt , le vrai jalap pourrait éïre cultivé avec Succès en Europe et en pleine terre , puisque cette espèce a supporté^ sans souffrir, les rigueurs de l'hiver de 1833 à 1834, dans le jardin botanique de Bonn.

, Telle qu'elle nous est apporte'e du Nouveau-Monde par la voie du commerce, la racine du jalap est en morceaux hémisphériques ou en rouelles d'environ deux à trois pouces de diamèt^'e : sa surface externe est brune j son intérieur est nicius foncé, marqué, de zones ou lignes concentriques f sa cassure présente quelques points brillans. Son odeur est nauséabonde, sa saveur âcre et très irritante. M. le docteur Félix Cadet de Gàssicoûrt, à qui l'on doit une dissertation fort intéressante sur le jàlàp, a troiivé que sur 500 parties on obtenait : riésme, 50 - eau , 24 ; extrait gomraeux , 220;- ifécule, 12,5; albumine, 12,5 3 ptiospli. de chaux, 4; muriate de potasse, 8,1; soiis-carbon. dépotasse, 2 ; sous-carbon. de chaux, 2; carbon. de fer, 0,1; silice, 2,7; perte, 17. Le jalap contient j en outre, du sucre et une matière colorante. L'élher partage la résine de jalap en deux nouvelles résines : l'une molle, qui forme les 3/10 du poids delà résine; l'autre sèche, qui est insoluble dans l'éther. La partie la plus active du jalap est sans contredit la résine,., qui forme environ la dixième partie de son poids. Aussi est-il plus avantageux d*admlnistrer cette substance isolée des autres principes constituàns de la racine du ialap.

Le jalap est un médicament puissamment purgatif, qui, adr ministré à une dose un peu élevée, peut déterminer des superpurgations violentes, l'inflammation des intcislins, et d'autres accidens très graves. Son usage convient surtout aux individus chez lesquels prédomine le système lymphatique, et à ceux dont la susceptibilité nerveuse est presque nulle. Ainsi plusieurs praticiens ont remarqué ses bons effets dans l'hydropisie ascite essentielle, dans les scrophules, et pour combattre Içs vers intestinaux. On doit s'en abstenir lorsqu'il y a fièvre ou irritation violente dans quelque organe. La dose du jalap en poudre est d'environ trente à quarante grains pour un adulte, n est presque toujours préférable d'employer la résine; celle substance, toujours idcntiqne, n'esl point sujette à varier dans

BOTANI(JUn.

son mode d'action. Sa dose est de quatre à huit grains convenablement éiendus dans un véhicule approprié, ou sous forme de pilules.

Indépendamment de cette espèce, M. Le Danois en a rapporté nne seconde du Mexique, que M. le docteur G. Pelletan a décrite (1. c.) sous le nom de com>olvuliis orizabensis , dont les tubercules sont également purgatifs.

Liseron scammonée. Convolvulus scâmmonia. L. Sp.

Nom pharmaceutique : scammonium. Nom vulgaire : scammonée d'Alep. Partie usitée : la gomme-résine.

Cette plante est vivace; sa racine est alongée, épaisse, charnue, lactescente, produisant des tiges grêles, volubiles, un peu velues, s'élevant à quatre où cinq pieds. Les feuilles sont alternes, pétiolées, hastées, aiguës, glabres et entières; les fleurs sont rougeâtres, plus petites que dans l'espèce précédente ; portées, au nombre de trois à six, sur les ramifications d'un pédoncule axillaire, plus long que les feuilles : les divisions 4u calice sont glabreis , obtuses , souvent échancrées et persistantes.

On trouve ce liseron dans plusieurs contrées de l'Orient , ep Syrie , etc. IJi "

Propriétés et usages de la scammonée. On rencontre dans le commerce deux espèces de scammonée, désignées sous les nom^ de scammonée d'Alep et de scammonée de Smyrne. La preiière, qui est la plus estimée, se relire du liseron que nous VenoTls de décrire. Pour l'obtenir, on découvre la parlie sijpérieure de ses racines, on y pratique des incisions par lesquelles s'écoule un suc blanchâtre, que l'on reçoit dans de petites cp; quilles ou il se concrète. C'est de celte espèce seulement que nous parlerons ici.' Là seconde, du là scammonée de Stnyrne, paraît provenir du peripVoca secaiÀone , de la famille des Apocynées.

■ Il y a encore une troisième sorte de scammonée, c'est celle de Montpellier, ou fausse scammonée , qu'on extrait, dans le niidi de la France , du cjnanchum monspe/iaciini , de la famille desi Apocynécs. Elle est noirâtre et tr.ès impure.

CONVOLVCIiACEES.

' La scammonée d'Alep est en morceaux volumineux , d'un gris foncé, à cassure brillante et opaque, assez friable, d'une odeur forte et pou agréable. MM. Bouillon-Lagrange et Vogcl l'ont trouvée composée de : résine, GO, gomme, 3; extrait, 2; débris de végétaux et substances terreuses,"3'5r La quantité respective de ces matériaux présente quelques variations, suivant la qualité et le choix de la substance analysée, et suivant les racines dont on l'a retirée.

Celte gomme-résine, qu'on appelle encore dîagrède, est un purgatif drastique très violent, qui ne convient qu'aux personnes fortes ou très lymphatiques. Elle agit absolument de la môme manière que la résiné de jalap, et s'emploie dans les mêmes circonstances. Sa dose est de cinq à dix ou quinze grains pour un adulte. Elle fait partie d'un grand nombre de préparations officinales, et entre particulièrement dans les différentes pilules hydragogues, la confection Hamech, les pilules raerciirielles de Belloste, etc. Pour faciliter son administration et

adoucir son action, on lui associe différentes substances muci- , . ■ . , ■ .

lagmeuses ou sucrées.

Outre les deux espèces clont nous venons de donner la description, le genre liseron en renferme encore plusieurs autres dignes d'être ici mentionnées. Ainsi la racine connue, dans les anciennes pharmacopées, sous la dénomination de tiirbiih, est celle du convolvulus turpelhum L., qui croît aux Indes orientales, à Ceylan, à Java, etc. Cette racine est en morceaux longs de quatre à cinq pouces, d'environ un pouce de diamètre, dont on a quelquefois retiré la partie centrale 3 elle est d'un gris brunâtre à l'extérieur, blanche en dedans 3 son odeur est faible^ sa saveur est nauséabonde. C'est un violent purgatif, mais inusité actutUement. M. Boulron-Charlard en a donné l'analyse dans le Journal de pharmacie (VIII, p. 122), Elle ressemblé beaucoup h celle du jalap. ^'''^'^ "-""^ ■

Il en est de môme du mechoacan, racine du convolvulus nie-; choacan L., qui vient du Mexique et de quelques autres cont trées du Nouveau-Monde, d'où on nous l'apporte sous forme de tranches plus ou moins épaisses, blanches, et comme amylacées, d'une saveur peu prononcée d'abord, mais. qui devient

JOO BOTANIQIIIÎ.

irii b ^yu'fttiuniiur /îi(;':-> i jin u;> '■■'•> f|')l/'h o^fJOfnmr.o^ <■. '•

acre. Il est légalement purgatif, mais plus faiblement quç le précédent.

JLa propriété purgative que nous venons de signaler dans la racine des liserons exotiques existe également dans ceux qui croissent naturellement dans nos climats, et surtout dans les espèces vivaces dont les racines sont épaisses et aharnues : ainsi les racines du liseron des haies [convolvidus sepiuin L. )„ du liseron soldanelle {convolvidus soldanelia), d\i liseron à feuilles de guimauve {convolvulus altœoides L.) jouissent, quoique à un degré moins énergique , des propriétés du jalap , de la scammonée , , du turbilh , etc. M. Chevalier a publié (journal de ■pharmacie ., juillet et août 1823) un travail intéressant sxxy Ig convolvidus arvenHs Ju,. croît si abondamment dans nos champs et sur le bord des chemins. , La résine qu'il a retirée de sa racine jouit absolument des mêmes propriétés que celle du jalap. Mais comme elle n'y existe qu'en petite proportion (5 pour cent au lieu de 10 pour cent que l'on retire du jalap), son extraction est dispendieuse, M. Chevalier a trouvé flans cette racine de l'eau, de , l'amidon , de l'albumine , du sulfate de chaux , du sucre cristallisable , de la résine, un extrait gommeux, des sels solubles et des sels insolubles résultant de la combustion de la racine,, et de l'oxide 'de fer. . ^

Quoique le genre liseron soit un de ceux dans lesquels les propriétés médicales des diverses espèces offrent la ressemblance la plus frappante, il faut cependant convenir que quelques unes d'entre elles s'en éloignent singulièrement, et forment une exception bien digne d'être remarquée. Ainsi , tandis que la majeure partie des espèces ont des racines violemment purgatives, nous trouvons dans celle de la patate [convolvidus batatas) , dans celle du convoLvuhts edulis , un aliment aussi sain qu'agréable. Dans ces deux espèces , le principe résineux est presque nul, et l'abondance dé la fécule amylacée qui compose leurs racines les rend extrêmement nourrissantes. \

C'est une espèce de liseron, le convohndus scopariusj arbrisseau qui croit aux îles Caîiaries , dont la tige ligneuse est connue sous le nom de bois de Rhodes ou bois de roses ,

Gr.NTIANiKS, 38 1

remarquable par son odeur agréal)le qui rappelle celle de la rose, qu'on emploie dans l'art du tourneur.

Ces exce ptions sont loin de détruire i'exlrôme analogie 6f' ferte par les plantes de la famille des Convolvulacées : sous le rapport de leurs propriétés médicales , toutes ces plantes peuvent être considérées comme âcres et purgatives, et leurs propriétés doivent être attribuées au principe résineux qu'elle^ renferment,

GEKTIANÉES. - GENTIANEM.'''' ^' ■''"'f

Dans les Gentianées , la tige est herbacée^ rarement sousfrutescente, et donnant attache à des feuilles opposées, sessiles ou pétiolées, entières ou composées. Le calice est persistant, inoTîosépale, à cinq divisions; la corolle, monopétale, régulière, tubuleuse; à cinq lobes : les étamines généralement au nombre de cinq. L'ovaire présente une ou deux loges , contenant un plus grand nombre d'ovules attachés à deux Iro- ^phospermes pariétaux; le style est simple ou bifurqué , et le stigmate est bilobé , ou bien il en existe deux bien distincts. Le fruit est une capsule à une ou deux loges , bivalve, septicide ^ Renfermant plusieurs graines. "mitiio

' Calice ordinairement à cinq divisions , quelquefois membrànèûij fendu et déjeté; corolle infundibuliforme , divisée en autant de lobès qu'il y a de divisions au calice; étamines àliérnes avec les lobes de la corolle, à anthères droites et non foulées en spirale. Ovaire et capsule fusiformes, uniloculaires, sans style distinct, mais terminés par deux stigmates roulés extérieurement en crosse. ' ' ''*^''^M, "j -i! -.Il !

„ ■ -r: l''<!irjl,M i:>t .k \-> V,')\-,, , .\,',\tV V;, ,\> ,

Gentiane jaune. Genliana lutea, L. Sn. 329.

M«m pbatmaccutique : gentianœ majoris rndix. Noms vulgaires : grande vin .;' gentiane^ gentiane jaune. Pailie usitée : la racine.

'''eette'^èkpéeè'i' Firné'fdëS t>lns remarquables du ffenre par sd

o02 BOTANlyCJ!.

laille et ses usages, présente une racine perpendiculaire, vivace , rameuse , d'un jaune foncé à l'extérieur j elle donné naissance à une tige droite, d'environ trois pieds de hauteur, simple et cylindrique. Ses feuilles radicales sont rétrécies en pétiole à leur base ; celles de la tige sont opposées , embrassantes ,61 soudées par leur partie inférieure j ovales, aiguës, très entières, d'un vert clair, marquées à leur face inférieure de cinq à sept nervures longitudinales très saillantes. Les fleurs sont jaunes, assez grandes, pédonçulées, et constituent une sorte d'épi ou de grappe très alongée , à la partie supérieure de la tige. Cellé grappe se compose d'un grand nombre de fleurs disposées par groupes à l'aisselle des feuilles florales j les pédoncules de ces fleurs , longs d'environ un pouce j sont ordinairement simples , rarement bi ou, trlfurqués. Le calice ç^jt membraneux , mince et scarieux j son oi'ifice est extrômeme^jt resserré dans les boutons encore très jeunes , et à cinq dents fort courtes ; mais bientôt il se fend latéralement pour laisser sortir la corolle : celle-ci est régulière et presque rotacée,,à cinq divisions lancéolées , aiguës , très profondes : les cinq élamines sont dressées et attachées à la base de chaque incision. L'ovaire est ovoïde , alongé , , terminé insensiblement en pointp à son sommet : il présente une seule loge contenant un grand nombre d'ovules attachés à deux trophospermes pariétaux : à la base de l'ovaire se trouvent cinq glandes arrondies neotarifères. Les deux stigmates sont linéaires, roulés en dehors. La capsule est ovoïde , alongée, uniloculaire, bivalve , renfermant des graines planes y et membraneuses sur les bords. j,,La grande gentiane croît dans les lieux montueux, principalement dans les terrains calcaires. On la trouve en Bourgogne, en Auvergne, dans les Yosges , les Pyrénées, les Alpes , etc. Elle fleurit en juillet et août. 7L , , .

Propriélés médicales et usages. La racine de grande gentiane du commerce est grosse, simple ou ramifiée ; d'un jaune foncé, d'une texture spongieuse , d'une saveur excessivement amère et d'une odeur forte et désagréable. On doit à MM. Henry et Caventou une analyse de la xaçine de gentiane. Ils y ont trouvé un principe amer crislallin qu'ils supposent de nature

GENT/ANEES. 383

acUle , el pour lequel Us ont in opp^t; le nom de ^en/ianin. Nous l'avons au contraire signalé cornme alcalin (l^), tant à cause de la manière dont il se comporte soit avec les acides, goit aveq les alcalis , qu'eu raison des résultats (^l^tenus par MM, Henry et Caventou eux-roômes , par MM. Henry , Guillemin et Jaquemin, dans deux précédcaites analyses ( /oa/vza/ de phai m. , avril 1819). C'est dans ce principe amer que résident les propriétés médicales de la gentiane. Elle contient en outre une matière résino-oléagineuse, analogue au caoutchouc, de l'acide pectique, un principe volatil , beaucoup de mucilage et un peu de sucre, qui , par, la fermentation, donnent une eau-de vie assez abondante, mais désagréable à cause de son goût particulier , dû sans doute à une petite quantité d'huile volatile., Il résulle d'expériences récentes de Tromsdorff et de Leconte , que: 1° le gentianin, qui était considéré comme leprincipe amex de la gentiane , ne contient qu'une faible proportion de l'amerlimie de la racine j il est composé de matière cristalline insipide et de proportions variables de matière amère , grasse et odorante ; 2° la matière cristalline de la gentiane , nommée par Leconte gentisin , est un corps dépourvu d'amertume , dans lequel on trouve une acidité prononcée; 3° la glu de la gentiane est composée de cire, d'huile et de caoutchouc. On doit donc rayer des formulaires les préparations dont le gentianin est la base. L'eau froide et l'alcool à 22» sont les meilleurs dissolvans du principe amer de la gentiane. On prépare avec la racine de gentiane un extrait et unp teinture alcooliques. Elle entre aussi dans toutes les préparations destinées à agir comme stomachiques ou toniques, dans le vin amer , le sirop aniiscorbutique de Portai, etc.

La racine de gentiane est le plus puissant et le plus énergique des médicamens toniques indigènes. Son extrême amertume dont le vin et l'alcool s'emparent également , lui assure un des premiers rangs parmi les médicamens qui ont la propriété de ramener les organes affaiblis dans l'état le plus convenable au libre exercice de leurs fonctions. Quelques grains de poudre de

(1) Nouveau juiunal de Médecine, t, X , p. 315.

384 BOTANIQUr..

gentiane, on nne cuillerée à café de sa leinlure alcoolique , étendue dans un VéliiCUle approjprié , pris une hétire avant lé ré'[î>ias, excitciit modérément l'action conlraclile de l'estomac , dévéloîjpent l'appétit et favorisent la digestion. Augmentez lal J dose du médicament , et ses effets , d'abord limités à resiomac , ' s'étendront bientôt à tous les autres organes de l'économie animale , et y susciteront lés phénomènes de la médication tonique. L'emploi de la gentiane conviendra donc dans toutes les circonstances où il sera utile dé ranimer les forcés sans pro- ' duire une CxCitatibii Irèp vite. Miisi l'oti èn fait usage dans! les ' fièvres intermittentes^ daris lè scorbut , et surtout dans les dit-,' féïentës affections 'scropliuléuses. L'ùsàgè de la teintiire de gen- ' tiarie , aidé d'un bon régiinç!, d'àliméns sains , de vétemeijis" cHauds j et dé l'habitation dans, des lieux bieii aérés et bien exposés à l'irifluence du soleil ',' est ûh des moyens les 'plqs effîcac'eis pour prévènir et àri'étèr , chez les éhfahs d^une conslitjii-! tiori lympliatîqué^ îés premiers syiiiptômes des scropliules. Ôn né' doit ï'ecbùrîr à l'usage de la sentîàné dans les fièvres intermitténtes que lorsqu'elles sont simples ou sans complication dangereuse : dans le cas contraire , il serait plus prudent d'cm-, ployer lé quiiiquina. ' ' , ,, i , . ; ., t

''Cette és'pèce n'fstpas'ia seule dont on fasse usage en médeciriëy hès Géntïana piirpùrea et G. piinctatà ti. sont très fré-. qù'emment Usitées en Allemagne. • •, . i ... i

''PiDxburgh a décrit sous le nom de gentiana çhirajta nne . espèce Originaire dé l'Inde , où elle est très employée. M. Guibdurt a cherché à établir que c'est cette espèce qui est le càlàiïitis vents des anciens. Mais cette opinion a étépeu adoptée.

2Ui;î> ,cWl>uu.i Ui. /...Wj.uiiiJi...).'. .i.'nfl.x u^-j, >. .f r».. ......

mY¥EmEv^:mJ^TffRMJ'J'^kk\ . v)in<; ni/ i

''(iklice à cinq divisions linéaires profondes j corolle hypo-,. crât'^rlferme à cinq divisions ; anthères roulées en spirale après;, la fécondation; ovaire surmonté par un style bifurqué portant^ deux stigmates distincts. Capsule très alongée , uniloculaire , ^ bivalve , offrant deux trophospel;jue^;,^9l/gaudiflla^x.l ,qvi^ font paraître presque biloculaire.

GEiyTIANÉES.

Erythrée petite centaurée. Eryihvœa centaurium. Rich. Chironia centaurium. Lamk. Gtnliana centaurium. L.

Nom pharmaceutique : centaurii minoris summitates. Noms vulgaires : petite centaurée, herbe aucentaure, kerbe à Chiroii. Partie usitée : les sommités fleuries.

Cette jolie pelite plante annuelle est fréquente dans les bois aux environs de Paris, où elle épanouit ses fleurs roses aux mois de juillet et d'août; sa tige , d'environ un pied de hauteur , légèrement quadrangulaire , porte de petites feuilles opposées , sessiles, ovales, aiguës, entières : les fleurs forment une cime à la partie supérieure des ramifications. Leur calice est cylindrique , à cinq lanières étroites , subulées et dressées; leur corolle , plus longue que le calice, est infundibuliforme ; son tube est étroit et strié, terminé par un limbe à cinq divisions égales , ovales , obtuses. Les étamines , au nombre de cinq , dépassent à peine l'orifice du tube de la corolle. L'ovaire est très alongé , presque linéaire , marqué de deux sutures longitudinales ; il est à une seule loge , contenant un très grand nombre de petits ovules , attachés à deux trophospermes longitudinaux , qui correspondent aux sutures , et qui sontbifurqués à leur côté libre et intérieur. Le style est moins long que l'ovaire ; il est bifurqué à son sommet , et chaque branche porte un stigmate arrondi et comme pelté. La capsule est très alongée, enveloppée dans le calice et la corolle , qui persistent l'un et l'auire.

Propriétés et usages. Les sommités fleuries de petite centaurée ont une saveur amère très franche , qui existe également dans les fleurs et dans les parties vertes , et qui devient plus intense par la dessiccation. Aussi cette plante est-elle fréquemment prescrite , soit comme simplement tonique, soit comme fébrifuge. Mais elle ne peut avoir quelque avantage dans ce dernier cas que lorsqu'on l'emploie contre des fièvres intermittentes peu intenses. Tout récemment , M. Dulong d'Astafort a fait annoncer à l'Académie des Sciences qu'il venait d'isoler le principe actif de celte plante , qu'il propose de nommer centaurine,

Suivant Moretti , la petite centaurée est composée de matière amère extiaclive, acide libre, matière muqueuse, extractif, sels.

MÉKyAKTHE. — MENYANTHES. Tournef.

Calice campaniforme à cinq lobes; corolle en cloche; limbe à cinq divisions égales et barbues à leur face supérieure; cinq étaaiines saillantes; ovaire globuleux; style terminé par un stigmate bilobé. Capsule unilaculaire ; graines attachées sur plusieurs rangs à deux trophospermes , placés sur le milieu des valves.

MÉiNYAiNTHE TRÈFLE d'eau. Menyanthes trifoliata. L. Sp. 208.

Bull. t. 131.

Nom pharmaceutique : menyanthes s. trifoliiim fibrinuin. Partie usitée :

les feuilles.

Sa lige est une souche herbacée , rameuse , horizontale , articulée, cylindrique , grosse comme le doigt, donnant naissance à des fibres radicales blanchâtres. Les feuilles sont alternes , pétiolées , ampiexicaules à leur base; le pétiole est long de plusieurs pouces , et porte à son sommet trois folioles ovales , arrondies , très glabres , obtuses , offrant quelques dentelures. Les fleurs , blanches , légèrement lavées de rose , courtement pédonculées , forment un épi court et presque globuleux au sommet d'un pédoncule commun , long de cinq à six pouces , glabre, cylindrique et exlra-axillaire ; chaque fleur est située dans l'aisselle d'une petite écaille lancéolée , aiguë, plus courte que le pédoncule. Le calice est carapanulé , à cinq divisions dressées. La corolle est monopétale, campaniforme. Son linibe est à cinq divisions lancéolées , aiguës, couvertes à leur face supérieure de longs poils glanduleux. La capsule est ovoïde, glabre, environnée par le calice.

Cette plante croît dans les marécages , dans les étangs aux environs de Paris : elle fleurit en avril et mai. 1^

Propriétés et usages. Les tiges et les feuilles de cette plante sont extrêmement amères. Elles jouissent d'une propriété tonique bien manifeste. On en exprime le suc . que l'on donne à la

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