CINQUANTE-UNIÈME FAMILLE
VACCINIÉES. - VACCINIM.
Formée d'une partie des genres précédemment réunis aux Ericinées , la famille des Vacciniées ne s'en distingue essentiellement que par son ovaire constamment infère. Le caliee est monosépale, adhérent avec l'ovaire ; son limbe offre quatre ou cinq dents; la corolle est raonopétale, régulière , à quatre ou cinq lobes , quelquefois assez pi'ofonds pour que la corolle paraisse polypétale, comme dans Yoxycoccus ; les étamines , an nombre de huit , ont leurs anthères appendiculées , à deux loges qui s'ouvrent par leur sommet. Le fruit est une baie globuleuse , couronnée par les dents du calice , à quatre ou cinq loges, qui renferment plusieurs graines.
Tous les végétaux placés dans cette famille sont des arbrisseaux ou des arbustes à feuilles simples et alternes : leurs fleurs sont généralement axillaires.
AIRELLE. - VACCimXJM. L. J.
Calice globuleux , à quatre ou cinq dénis ; corolle globuleuse , ou un peu évasée , à quatre ou cinq lobes , quelquefois très profonds ; baie globuleuse , ombiliquée au soramiet , à quatre ou cinq loges polyspcrmes.
VACCI NIÉES.
Airelle myrtille. — yaccinium myrtlllus. L. Sp. 498. Nom pharmaceutique : myrt 'tlU baccœ. Partie usitée : les fruits.
Petit sous-arbrisseau dont la racine est longue et rampante , la tige redressée, rameuse, haute de huit à douze pouces, chargée de feuilles alternes, caduques, ovales, aiguës j dentées . portées sur de courts pétioles , glabres et d'un vert clair. Les fleurs sont blanches, rosées , solitaires à l'aisselle des feuilles , et portées sur un pédoncule court et décliné. Le calice est globuleux, couronné par quatre petites dents ; la corolle est en grelot , très resserrée à sa partie supérieure , qui offre quatre dents très courtes. Les huit étamines sont renfermées dans l'intérieur de la corolle j le style et le stigmate sont légèrement saillans hors de la corolle. Le fruit est une baie noire , glauque 5 de îa grosseur d'une petite cerise , couronnée à son sommet par le limbe du calice, qui est tronqué. Elle est charnue , succulente : sa chair est violette : elle offre cinq loges, qui renferment chacune huit à dix graines très petites.
On trouve l'airelle dans les bois ombragés et un peu humides de toutes les contrées septentrionales de l'Europe. Ses fleurs paraissent dès les premiers jours du printemps, et ses fruits sont mûrs en juillet et août.
Propriétés et usages. Les petites baies de cet arbuste , lors* qu'elles sont parvenues à leur état de maturité , ont une saveur mucilagineuse et aigrelette, qui les rapproche beaucoup des mûres et des groseilles. Aussi ne sont-elles point négligées par les habitans des campagnes , qui les recueillent pour s'en rafraîchir. Cet usage paraît môme remonter à une très haute antiquité , puisque nous trouvons dans les Églogues de Virgile :
Alba ligustra cadunt , vaccinia nigra leguntur.
On peut aussi se servir de ces fruits pour préparer, avec leur suc, une boisson rafraîchissante, utile dans les phlegmasies des organes de la digestion. Quelques auteurs ont môme recommandé ces fruits en nature, pour arrêter des diarrhées chroniques; mais on en fait rarement usage. Ils contiennent une assez grande quantité d'un principe colorant rouge, et sont
4^2 XOTÀNIQUIi:.
Utilement employés dans l'art de la teinture. Quant à la tige et aux feuilles , leur saveur est âpre et astringente, et dans plusieurs contrées du Nord, on les emploie au tannage des cuirs. La plupart des autres espèces du genre airelle jouissent des mêmes propriétés que le myrtille , et sont employées aux mêmes usages. Nous citerons spécialement ici les vaccinium oxycoccus et vaccinium vitis idœa, dont les baies, possédant la saveur aigrelette que nous avons signalée dans le myrtille, sont fort recherchées par les peuples de l'Europe septentrionale. Nous ajouterons, à l'égard de celte dernière espèce, que ses feuilles sont assez souvent mélangées à celles de la busserole {arbutus uva ursi L. ), et que, selon quelques auteurs, elles sont comme elles puissamment diurétiques et utiles dans les affections calculeuses de la vessie. Nous n'insisterons pas davantage pour faire voir la grande analogie qui existe entre toutes les plantes de la famille des Vacciniées, lorsqu'on les considère sous le point de vue de leurs propriétés médicales.