Partie usitée : le Musc, Nom pfaarni. Moschus erientalis
Le chevrotain porte-musc habite cet immense plateau de montagnes qui s'étend entre la Sibérie , la Chine et le Thibet. Sa taille icst un peu au dessous de celle du chevreuil , dont il a les formes élégantes et la légèreté j sa queue est excessivement courte 3 son poil de couleur brune à son extrémité, et blanc à
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sa base , est extrêmement raide et cassant^, et resstmble plutôt aux piqnans da hérisson qu'à de yéritables poils. Â la mâchoire supérieure , le mâle porte deux longue eanines qui sortent de la bouché et se*recourbent en forme de défenses. Mais ce qui distingue éminemment cette espèce , t'est la poche qu'elle porte sons Tabdomen m avant du prépuce; et dans laquelle le musc se réunit après avoir été sécrété.
La bourse abdominale du porte-musc> qui n'existe que dans les individus mâles, est proéminente ; par son angle postérienk* elle se continue avec le fourreau du prépuce. Ses parois sont presque verticales, et son orifice est fermé par des poils convergens. Dans le fond de ceMe poche sont deux ouvertures : l'antérieure conduit dans le follicule, qui forme 1^ poche du musc; la postérieure esft la fente du prépuce. Le follicule moschifère a environ deux pouces de' longueur sur cinq à six de circonférence ; il s'étend en arrière par dessus la verge , sans être nulle part immédiatement adossé à la peau. La membrane qui tapisse cette poche est sèche, analogue à l'épiderme humain et sans vaisseaux apparens. Mais le tissu cellulaire environnant en contient un grand nombre. La paroi interne d^-fa poche présente des petites languettes ou valvules inégales. L'orifice, qui est lubréfié par de petites glandes, est garni de poils qu'on retrouve assez souvent dans le musc. Le musc, même sur l'animal vivant, forme une masse presque compacte, sur la surface externe de laquelle on aperçoit l'empreinte des valvules dont nous avons parlé. Dans les mâles adultes et bien portans, la poche contient jusqu'à six gros de musc ; mais cette quantité diminue beaucoup dans les individus plus faibles ou plus vieux.
Le chevrotain porte-musc est un animal timide et craintif, et qui ne sort guère que la nuit de la retraite solitaire dans laquelle il se cache pendant le jour. Aussi quoique cette espèce soit extrêmement abondante dans les vastes chaînes de montagnes q\ie nous avons indiquées, cependant les voyageurs çn rencontrent peu. Il faut les guetter pendant la nuit et les surprendre pour pouvoir en tuer un assez grand nombre.
Le musc nous est apporté en Europe encore renfermé dans
la pQcbe où il est sécrété^ et qn'tin a séparée èm i'^imal. Ob «b ifistingue éenx sortes : 1"* le musc tonquin^ qoinoBs Tient de hi proTÎnce de ce nom, et est renfermé dans une poche dont 1^ poil est plus on moins roux -, 2^ le musc kabardin^ qui Tient da Thibet par le Bengale, et dont les poehoi sont recouTertes A» poils blanchâtres. Le musc tonquin est bea<|c1»up plus estimé que le second. Ymci les caractères qu'il- présente lorsqu^a le retire de la bou^e quiJe contient : ^
Il est d'un brun noirâtre, en grameanx înéganx, onctueux et un peu gras au toucher,' ressemblant beaucoup à du saag eoagulé et séché. Son odeur est extrêmement forte, pénétrante, durable, di^sible^ sa saTcur est un peu àcr3 et amère.
Le musc pur est soluble presque en totalité dans l'eau diaude ; il reste un résidu d'euTiroai un dixième qui parait larme de débris de m^ubrane« animales. Il se dissout aussi 1res bien dms l'alcool, l'éther, le Tînaigre, ie jaune d'oeuf.
Plusieurs chimistes se sont occupés de l'analyse du musc. Voki les résultats qu'ont obtenus MM. Guibourt et Blondeau.
It Eau^ T ammoniaque; 3» suif solide (stéarine ) ; 4® suif liquide (ékine); 5^ cholestérine^ 6^ huile acide combinée k l'ammoniaque 5 T^ huile Tolatile ) S*" hydrochlorates d'ammoniaque, do potas^et de chaux j 9° acide indéterminé 5 10'' gélatine 3 11^ aUnimine; (12® fibrine 5 13"* matière très carbonée, soluble dans l'eau 5 14^ sel calcaire soluble, àacid3 combustible^ I6« carbonate d^ chaux 5 i^"* pho^ate de chaux; il"* poils et sable.
Les résultats de cette analyse» £aite d'ailleurs avec tant de soin, ne nous font peut-être pas connaître la vraie composition chimique du musc, tant il e$t rare d'avoir cette substance à l'état de pureté. L^.^able et les poils que ces deux habiles chimistes ont trouvé dans le musc tonquin qu'ils ont analysé, nous semblent indiquer qu'il avait été altéré. £n effet, ce médicament étant un des plus chers qu'on emploie en médecine, on \^Xit presque assurer que celui qu'on trouve dans les officines de nos pharmaciens a constamment été altéré, soit par les marchands des pays où on le recueille, soit à son arrivée en Europe. La substance aTCC laquelle on falsifie le plus souTcnt le
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musc, c'est le sang de différens animaniE. On y mélange aussi différentes substances balsamiques^ comme du styrax, du benjoin, etc., de la cire, de la fiente de dîTers animaux, du sable fin, de la limaille de fer, des poils , etc. Souvent même les poches dans lesquelles on 1# Tend ne sont pas 1^ follicule qui sécrète cette humeur y/&^ ont été fabriquées de toutes pièces avec la peau de l'animal. Cette fraude grossière se reconnaît aux sur tures que présente la p<Tche. Quant ainL autres sophistications, il est assez difficile de les reconnaître au premier coup d'œil, parce que Todeur du musc est si pénétrante, qu'elle se communique fecilement aux substances qu'on y mélange. Mais cependanti en se rappelant que le bon musc est onctueux au toucher, qu'il se dissout presque complètement dans l'éau chaude et dans Talcool, on pourra reconnaître celui qui aurait été falsifié.
Propriétés et usages. Le musc est un médicament essentiellement excitant et' diffusible, dont l'usage ne peut convenir toutes les fois qu'il y a inflammation aiguë ou chronique des organes digestifs ou pulmonaires. En effet, une petite dose de ce médicament, comme de deux à quatre grains, suffit pour déterminer plusieurs des phénoiQènes d'une exoitatipn générale, comme la sécheresse de la bouche, l'accélératiotr de la circulalion , de chaleur dans l'estomac. Mais de même que pour tous les autres'médicamens qui agissent spécialement sur le système nerveux. Faction du musc est extrêmement variable, et la même dose peut ne donner lieu k aucun phénomène sensible.
C'est principalement contre les maladies du système nerveux, et en particulier contre les névroses, que ce médicament réussit le mieux 3 il apaise les spasmes, les douleurs qui ne sont pas liées à l'inflammation des organes. Ahisi certaines convulsions , le hocquet , la toux nerveuse, des coliques violentes ont fréquemment cédé à l'emploi de ce médicament.
On l'emploie en poudre ,* dont on fait des pilules , ou qu'on suspend au moyen d'une petite quantité de jaune d'œuf dans un véhicule convenable. On le donne alors sous la forme d'une potion ou de lavement. La dose, d'abord faible , peut être graduellement portée jusqu'à un scrupule et au delà. On prépara
aussi une teinture alcoolique qu'on administre après l'avofr étendue dans un liquide convenable.
Il ^st à remarquer que certaines personnes très délicates et nerveuses ne peuvent supporter même l'odeur la plus affaiblie du musc , qui sufût pour leur donner des céphalalgies et même des convulsions. On conçeil qé'il faut s'abstenir de le prescrire dans ces circonstances.
L'odeur du musc est tellem^t diffusible que , chez les personnes qui en ont fait usage, tous les tissus et toutes les s^cré* tions et excrétions en sont imprégnés. Cette odeur se conserve même après la mort, surtout dans les organes di|;éstifs.
§ II. Ruminons avec cornes. ,.-
Dans cette division se trouvent réunis tous les véritables Ruminans ou pieds fourchus. Les cornes, qu'ils portent implantées sur leurs os frontaux , sont ou pleines , solides et caduques , ou creuses et persistantes.
A. Cornes pleines et caduques.
A cette première subdivision appartient le grand genre deé Cerfs {cervusL,), donfle# iftâles seuls jportent des bois^ qui varient suivant les espèces et suivant l'âge dans la même espèce 5 la femelle du Renne est la set]^e qui en soit pourvue. Ces cornes sont d'abord recouvertes par une peau velue qui finit par s'en détacher, et alors elles sont nues. Les espèces nombreuses de ce genre sont éparses dans toutes les contrées du globe. Ce sont des animaux de forme élégante, rapides à la course, vivant au milieu des forêts et s'y nourrissant de feuilles ►et d'herbes. Parmi ces espèces , on peut citer ici : 1° l'Élan {C, alces)^ là f\a& grande , puisque sa taille égale celle du cheval ; 2"* le Renne (C tarandus) , de la taille du cerf, si utile jpour les habitans des régions polaires de l'Europe ; 3® le Daim
(C. dama L. ) 5 4** le Chevreuil ( C. capreolus L. ) ; 6* l'Axis ou
cerf tacheté de l'Inde (C. axis L,)i 6*» et enfin le Cerf commun
(C elaphus L. ).
La corne de cerf est la seule partie des Ruminans de cette
section dont on fasse usage.
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Cerf. Cervus elaphus L.