‹ Elémens d'histoire naturelle médicale, Volume 1Chapitre 41 sur 131 · LES PALMIPÈDES · texte numérisé non relu

LES PALMIPÈDES

Ces oiseaux sont extrêmement bien caractérisés pair leurs habitudes et leur genre de vie. Us sont essentiellement destinés à Tivre sur l'eau; et autant ils montrent d'agilité et d'adresse lorsqu'ils glissent en nageant i sa surface, autant ils sont lourds et embarrassés quand ils marchent à terre. Leur corps a été généralement, comparé pour sa forme à une petite barque ou nacelle 5 il est recouvert de plumes extrêmement serrées , lustrées, et enduites d'une matière huileuse qui les empêche d'être mouillées par l'eau. Leurs pattes sont tout à fait palmées , et par conséquent très propres à la natation , puisqu'elles leur servent de rames. Leur cou est souvent très long , afin qu'ils puissent chercher au fond des eaux leur nourriture. Ils vivent principalement de poissons , de graines , et de matières végétales.

Nous adopterons ici la division des Palmipèdes en quatre familles, ainsi que l'a proposé Guvier :

l"* Famille. Mjes BrmeHypËère9 ou IRMan^ewrë. Leurs ailes sont généralement courtes, quelquefois même nues et dépourvues de plumes 5 leurs jambes sont implantées tput à fait à l'arrijère du corps. Ils nagent et plongent avec la plus grande facilité et volent peu ou point.

!• Les pLorvGEONS {fiofymbus L.) ont le bec droit , pointu , comprimé et lisse» et les narines linéaires. On en distingue les Grèbes ( Podiceps Lath. ) , dont les doigts sont bordés et non complètement palmés^^Ces oiseaux vivent sur les étangs et les petites rivières.

1"* LesGuiLLEMOTs {Uria Bris.) n'ont pas de pouce, ce qui les distingue des grèbes et des plongeons.

9« Les Pingouins ( AU>a L. ) ont le bec comprimé ^ élevé et

tranchant, sa hee supérieure sillonnée transversalement. Les pieds manquent de pouce , mais sont complètement palmés. Ils ne volent pas, à cause de la brièveté de leurs ailes.

4» LesMANCBOTS {Apterodjrtes Forster). Leurs ailes, très courtes, sont nues ou recouvertes d'écaillés : ils ne peuvent par conséquent, s'en servir pour voler. Ces oiseau» habitent surtout les régions polaires.

2* Famille. M,e» ^^os»«r<j»«fl*s»e«. La longueur extrême de leurs ailes forme un des caractères des oiseaux de celte se. conde fomille, et leur donne la iàciUté d'un vol étendu et rapide. Leur bec est long et sans dentelures , mais crochu à son «xtrémité ou simplement pointu. On compte dans cette bmiUe les genres PÉTREi(ProceaarwL.), Albateos {DiomedeaL.), GoELAWD {Larui L.), Stbrnb ou Hirondelle de iner ISterna L.) et B&c-EN ciseaux {Rhyncopa L.).

3» Famille. M.e» ToUgMame». Leurs ailes sont encore très grandes, et leurs quatre doigts, y compris le pouce , sont palmés jusqu'à leur extrémité. Néanmoins ces oiseaux jouissent de la faculté de se percher sur les arbres, circonstance assez rare parmi Tes Palmipèdes.

!• Les Péucans {PeUcanus L.). Leur bec est très long droit, crochu à sa pointe, et porte à sa mandibule Inférieure une sorte de poche nue et dilauble. Le Pélican ordinaire (i>. onocrotalttsL.) est de la grosseur du cigne et tout à ùùt blanc

2» Les CoRMORAHS {Phalacrocorax Briss.) en diffèrent par là poche de leur bec, plus petite et moins dilatable , et leur bec comprimé.

3» Les Anhingas {Plotus L.). Leur grand cou, disproporUonnément long , leurs pattes courtes, leur bec pointu , leur petite tête, distinguent ces oiseaux.

4" Les Phaétons on Paille-en-queue {PhaetonL.). Ce qui dislingue surtout ces oiseaux, connus sous le nom d'oiseaux du tropique, ce sont les deux longues pennes qu'ils portent à leur queue. Leur bec est droit et pointu j leur tète emplumée: leun ailes très longues leur permettent de s'avancer en pleine mer et c'est surtout au voisinage des tropiques qu'on les rencontre' ce qui leur a valu le nom vulgaire sous lequel on les connaît. '

l58 liRS PÀLMIPBDBS.

4'' Famille. Mée9 JLmwneMMiro9ire9 nous offrent un l>ec épais, revêtu d'une peau molle, ayant les bords garnis de lames ou de dents. Leurs pieds sont tout à fait palmés et leurs ailés médiocres. Cette famille sie compose des deux genres Canard et Harle.

!♦ Les Canards [Anas L. ) , dont le bec est grand , large et garni dans son contour de lames saillanteé. C'est ce genre qui renferme les cignes, les oies, les canards, les macreuses , les eiders et les sarcelles.

2^ Les Hàrles [Mergus L.) se distinguent facilement des canards par leur bec presque cylindrique et dont les bords sont hrmés de petites dents. Du reste ces oiseaux ont la même formé et les mêmes habitudes que les canards. La plupart des espèce^ sont originaires des contrées septentrionales de TEurope , où elles nichent dans des rochers. On les voît paraître en France comme oiseaux de passage pendant les rigueurs de Thiver. Tels sont le grand Harle {M. mer ganser L,)yle Harle huppé(il[f. ser^ ratorL,). *"'**

La classe des Oiseaux offre peu de produits à la matière médicale, n n'y K guère que Tœuf de la poule qui soit employé en médecine, et dont nous allons parler.

CBDF DE POULE.

Part, usitées : la coquille , le blanc ^ le jaune.

Le coq et la poule {Phasïanus gallus L. ) appartiennent à Tordre des Gallinacés. Ces oiseaux sont trop bien connus db tout le monde pour que nous croyions nécessaire de les décrire ici. Nous ne parlerons donc que des produits qu'ils fournissent à la thérapeutique.

1«» Coquille de Fœuf , putamen ovL

Elle est blanche , mince et friable. D'après l'analyse qui en a été faite par Vauquelin {Ann. chini.^t. LXXXI^ p. à04), elle se compose en grande partie de carbonate de chaux, de carbonate de magnésie , de quelques autres sels en petite proportion , et d'une matière animale qui est probablement de l'albumine. On fait ayec cette substance bien réduite en poudre et porphyriséo

des trôch^sques <{ae l'on employait, surtout autrefois ^ comme absorbant interne.

2" Blanc d'œuf ou albumine, albumen ovi.

Il est épais, filant et incolore, et se compose d'albumine, de mucus et des quatre cinquièmes de son poids d'eau. On s'en sert en pharmacie pour clarifier les sirops et plusieurs autres liquides. On l'étend' d'abord dans une certaine quantité d'eau, que l'on verse dans le liquide que Ton veut clarifier. On fait je-, ter un bouillon à la liqueur, en la plaçant sur le feu, et les particules d'albumine éparses, en se coagulant par l'action de la chaleur, forment une sorte de réseau qui s'empare de toutes les matières étrangères, et les amène à la surface du liquide.

Elle est également employée pour clarifier les vins, par suite de la propriété qu'a l'alcool de la solidier. Dans cette opération, l'emploi de la chaleur est inutile, et l'albumine se dépose au fond du vase avec les matières étrangères dont elle s'est emparée.

Il est encore un autre emploi du blanc d'œuf beaucoup plus important pour la thérapeutique : c'est qu'il est un des contre» poisons des préparations mercurielles et cuivreuses. Pour remédier aux accidens produits par ces substances, on délaio dans deux livres d'eau dix ou douze blancs d'œufs, et l'on fait avaler cette boisson par verrée à des distances très rapprochées. On la continue jusqu'à ce que le malade vomisse. L'albumine agit en décomposant ces sels, et en en^faisant des préparations insolubles. Ainsi, dans l'empoisonnement par le sublimé corrosif (deuto-chlorure de mercure), une partie du chlore se porte sur l'albumine et la solidifie^ et il ne reste plus que du proto-chlorure, qui n'est point vénéneux. Dans les préparations de Cuivre, il y a également décomposition, et le cuivre se 'combine avec l'albumine, et forme une sorte d'albuminate tout à fait insoluble, et par conséquent inoffensif.

3*» Jaune d'œuf, vitellus o\>i.

Le jaune d'œuf est un composé d'albumine , d'une huile grasse et d'un principe colorant. Comme le blanc de Fœuf, il se soUdifie par la chaleur 5 mais il devient moins dur, à cause* de l'huile qu'il contient. Le jaune d'œuf est fréquemment usité

|6o tES ll£PTILSS.

pour tenir une résine, ou tout autre corps insoluble, étt suspension dans un liquide aqueux, principalement pour la préparation des injections et des lavemens.

Le jaune d'œuf entre aussi dans la préparation d'un onguent qu'on nomme onguent digestif.

Etendu dans l'eau chaude, convenablement sucré, et aromatisé ayec un peu d*eau de fleur d'oranger, le jaune d'oeuf forme une émulsion blanche, d'un goût très agréable, qu'on désigne sous le nom vulgaire de lait de poule, et qu'on emploie fréquemment comme adoucissant dans les rhumes*

L'huile d'œuf est en général demi-solide à la température ordinaire de l'atmosphère , claire , transparente , très douce. On l'obtient en pressant fortement entre deux plaques métalliques chauffées les jaunes durcis par l'action de la chaleur.Cette huile est très adoucissante , on s'en sert quelquefois dans le traitement des gerçures qui se forment aux mamelons chez les femmes qui nourrissent.

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