‹ Elémens d'histoire naturelle médicale, Volume 1Chapitre 42 sur 131 · LES REPTILES · texte numérisé non relu

LES REPTILES

Les Keptiles sont des animaux ovipares et à sang froid, qui respirent au moyen de poumons celluleux analogues, mais à cavités plus grandes que dans les deux classes précédentes. Leurs membres sont au nombre de quatre, rarement de deux, par l'avortement des deux autres, ou tout à faits nuls. La peau qui les recouvre est en général nue, c'est-à-dire sans poils et sans plumes, ou recouverte d'écaillés ou de larges plaques plus ou moins grandes. On a donné le nom d^Erpétologeh la partie de la Zoologie qui a pour objet l'histoire naturelle des Reptiles.

Par une organisation spéciale de leur cœur, et par la disposition des vaisseaux qui en naissent , tout le sang qui revient des diverses parties du (5orps ne passe pas dans les poumons pour être revivifié : une partie est renvoyée aux organes sans avoir éprouvé l'action de l'oxigène , et se mêle à celui qui a pénétré dans le poumon. Nous avons expliqué précédemment les modificatioTis des organes centraux de la circulation, pac

sQîte desquelles il y a constamment dans cette classe d'anlnians mélange dti sang artériel et du sang yeineux, soit dans les carités même du cœur, et c'est le cas général dans ces animaux, soit en dehors du cœur, comme dans les Crocodiles. Il résull» de ce phénomène que la circulation et la respiration sont beau» coup moins actiyes et moins étendues dans les Reptiles que dans les Mammifères et les Oiseaux. De là il suit aussi que la ca* loricité est presque nulle chez ces animaux, dont la température est en général la même que celle du milieu dans lequel ib Tivent, et variable comme elle. Leur système nenreux est peu développé, et surtout peu irritable, et les phénomènes de la TÎe paraissent être beaucoup moins sous la dépendance immédiate des principaux organes. C'est ainsi, par exemple, que l'on Toit des Reptiles vivre encore et exécuter des mouvement plusieurs heures après qu'on leur a enlevé le cerveau on même retranché la tète en totalité, etc. Une autre particularité en* core plus remarquable , et qui a été constatée par les expériences nombreuses de Spallanzani, c'est que chex certains Reptiles (les Salamandres aquatiques) un membre que Ton a retranché repousse complètement , c'est-i-dire qu'il finit par être remplacé par un membre nouveau, entièrement sembldble dans son organisation et les parties qui le composent à e^ni auquel il succède.

L'encéphale dans les Reptiles se compose d'une double téiie de ganglions disposés par paires, ne se recouvrant pas comme dans les Oiseaux, et surtout dans les Mammifères, et ne présentant aucunes circonvolutions ni anfractuosités. La portion du système nerveux renfermée dans le crâne est excessivement petite relativement aux autres parties. Ainsi M. Di}méril a reconnu que dans une tortue de mer du poids de 29 livres, la totalité de l'encéphale ne pesait que deux gros, c'est-à-dire que la masse du cerveau correspondait à la ISôG** partie du poids total de ranimai. Les différens lobes dont se compose le cer* veau sont en rapport de grosseur avec le développement des nerfs qui en partent, le cervelet est toujours très petit. Les Reptiles sont ovipares 5 mais chez un grand nombre, le . petit renfermé dans l'œuf est déjà très développé an moment oà i« II

26s l'Es REPTILES.

I9 fem^leje i>on4, et en sort peu de temps après; ^uelquefoii mfimq récios^mient a lieu au momenl; où rœiif franchit l^ouyiçp- Ji^re, ^ cloajue, c'|Bst-i^-dire qu'ils sont vivipares, comme Içj j}^^j^e^^ p^r exemple, M. Gajr, dans son voyage au Chili, a fait 4a <;iweuse r^arque que daiis.plusieurs parties de cette i*^pn- I^iq^e, et sp^çialjE^men^aux environs de Yaldivia^ un ^ès grand j)<^q[ibre de Repues Ophidiens, Sauriens et inème Batraciens iOQtvivip^ref. {.Voy. Compte rendu, Inst. , 183Ç, p. 322.) Les |)eufs des JKeptiles ne^sont en général fécondés qu'au fur et h méiure qu'ils sont pondus par la femelle ; aussi sont-ils recouverts 4'iiQe simple , enveloppe membraneuse, et le mâle se cram« jponn^ quelquefois sur le dos de sa femelle, et féconde les œufi 4an^ 1^ mom^nt^ même où ils sortent des deux oviductes. «.. Quelques Rutiles présentent, dans les différentes périodes de leur vi^ des changemens complets de forme et d'organisation nonimés métamorphoses, et dont nous retrouverons d'autrej jBxèmples dens la classe des Insectes. Ainsi, dans les premiers temps , lenr organisation est à j^eu près celle des Poissons | ^'est-à-dire qu'ils respirent au moyen de branchies , .et que Af^rs organe du mouvement sont des nageoires, tandis qn^^ Illus tard , ils respireront avec des poumons et auront de véritables membres, également propres à la natation et à la progrfffdon terrestce.

Lu forme des Reptiles est extrêmement variable, et ne peutji o^mç celle des deux classes précédentes, être rapportée à uç H^me type. Quelle différepce, en effet, entre un serpent et un lézard, entire une grenouille ^l une tortue ! Mais ce que ces animaux ont de général, c'est l'espèce d'horreur qu'ils inspirent, et qui dépend autant de leurs formes insolites et souvent bizar* tes, de leur genre de vie souterraine et solitaire, que des acci* dens trop souvent mortels qui suivent la morsure de quelquesuns, d'entre eux. Cependant un très grand nombre d'espècef font tout à fait inoffensives^ et la chair de iquelques-unes peut servir d'aliment à l'homme.

(> La classe de| Reptiles se divise en quati*e ordres bien distipo^>,l^xoîr : les Chéloniens,lés SaurienSi les Ophidiens et l«i BatraciçQs.

LES CHÉliONIENS. x63

REPTILES (Erpétologie),

Divisés en 4 Ordres.

( Corps renfermé dans nne I chélouiens..

I 2 ou 4 membres. J carapace f ^**

é^I^u^s^.l ' Corps sans carapade..... Sauriens.

(Pas de membres ,,. Ophidiens.

B. Peau nue. Batraciens.

PREMIER ordre PES REPTILES.

LES CHLÉONIENS.

Les Chéloniens ou Tortues constituent le premier ordre déè Reptiles. Il est extrêmement bien caractérisé par la double cuU rasse qui défend leur corps supérieurement et inférieûrement^ et qu'on nomme la carapace et le plastron. Cette partie, oit boîte solide, dans laquelle le corps de l'animal semble être l6« talement renfermé, et dans laquelle il peut à volonté faire rentrer toutes sesparties naturellement saillantes àù dehors, conlme la tête et les membres, est formée par la colonne vertébrale, les côtes et le sternum soudés intimement, et recouverts à leur face supérieure de plaques ou écailles plus ou moins grandes et diversement arrangées. Les côtes, au nombre de huit paires seulement, sont ici' excessivement larges , sous la forme de plaques bu àé ceintures osseuses, soudées entre elles par leurs bords, et unies en avant avec le sternum, qui offre un développement très coii»> sidérable et forme la pièce inférieure ou le plastron. Il résulte de cette singulière disposition que le squelette est en grande partie extérieur dans ces animaux, et qu'il constitue une sorte de grande boite, à la face interne de laquelle les muscles éont attachés. Les membres sont au nombre de quatre^ les doigts sont tantôt distincts et séparés les uns des autres j tantôt ils sobt soudésf recouverts par la peau et sous la forme d'une sorte de rame comprimée. C'est ce que l'on remarque dans les espèces qui vivent constamment dans l'eau, comme les ChélonéS ou tortues de mer. Les espèces qui vivent dans les fleuves et les eauit douces ont les doigts réunis au moins à teur base jpar une inem«

1^4 l'Es CHELONIBNS.

brane. Dans celles qui vivent à terre, les doigts sont fort courts, en grande partie adbérens enl re eux, et les patles paraissent être comme tronquées.

Les Chéloniens ou tortues ont le cœur à deux oreillettes distinctes et très grandes, donnant dans un ventricule unique très épais, beaucoup plus large que long, et immédiatement appliqué sur la face supérieure du foie. Ce ventricule est partagé intérieurement en plusieurs cavités, souvent quatre, deux à droite et deux à gauche, qui communiquent toutes ensemble. Leurs poumons, au nombre de deux, sont extrêmement grands, et quand ils sont gonflés par Tair, ils s'étendent jusque dans la cavité abdominale qui n'est pas séparée de la thoracique par un diaphragme. Leurs mâchoires , dépourvues de dents, sont ordinairement recouvertes de pièces cornées analogues au bec des oiseaux. Aussi se nourrissent-elles essentiellement de matières végétales. Les unes sont terrestres , les autres vivent au milieu des eaux douces ou salées : différence qui en établit une dans leurs organes du mouvement. Les œufs de tortues s(mt revêtus d'une coque solide 5 elles les déposent sur le sable , où l'action du soleil lés fait éclore.

M. le professeur Duméril a établi parmi les tortues quatre familles , dont les caractères les plus faciles à saisir sont surtout empruntés aux organes du mouvement. Le tableau suivant présentera l'abrégé de ces caractères :

,o.o>.u..ai.u«cu,) '''^u^r lni.F«^u. o»P«™.

k roftchoires \ nues: plus de Iroîi » t-w i» n.

f bnglcs. I ^^' P^WDWM 0" ELODina.

l'"" Famille. Les €rherêiie8 ou Toriueë terrestres.

Les espèces qui appartiennent à cette première famille sont caractérisées par une carapace extrêmement bombée, des pattes courtes et comme tronquées, dont les doigts sont unis par une i^oiembrane très serrée qui ne leur permet p^s de mouvemens ,

LES CHÉLONIBNS. l6S

et terminés par des ongles très forts et en forme de petits sabots. Ces tortues vivent dans les bois humides, où elles trouvent en abondance les herbes dont elles se nourrissent. QuatriB genres composent cette famille , savoir : Testudo , Homopus , Pyxis et Cinyxis.

Les Tortues vraies { Testudo L,, Duméril) sont celles dont les pattes ont cinq doigts , la carapace d'une seule pièce , le sternum non mobile antérieurement, et les pattes postérieures offrant quatre ongles seulement. Parmi les espèces de ce genre on distingue : la Tortue bordée ( T. marginata ) , la Tortuo grecque {^T. grœca ) , qui vivent dans les régions méridlonalet de l'Europe.

2^ Famille. Les JEMaMie^ ou Tariues ^e iti€iral«*

Leurs doigts sont courts, réunis à leur base par une petite membrane 5 leurs ongles sont au nombre de quatre ou de c'uiq^ et leurs mâchoires cornées sont nues et non garnies de lèvres mobiles. Cette famille a beaucoup de rapport ^vec les Potamites, et en diffère surtout par ses mâchoires nues et le nombre des ongles qu'elle porte à chaque patte. On compte sept gt^nres dans cette famille, parmi lesquels nous mentionnerons les deux suiyans :

1* Les CiSTDDEs(Cwmc?o Fleming). Les pattes ont cinq doigts, les postérieures n'ont que quatre ongles; le plastron est large, ovale , attaché au bouclier par un cartilage mobile devant et derrière sur une même charnière transversale et moyenne.

C'est àcegenre qu'on a rapporté la Tortue commune ou d'Europe (C. europœa Gray, Testudo orbicularis L. , J*. eutopœa Schn.). C'est l'espèce la plus commune dans toute l'Europe. On la trouve dans le voisinage des rivières. Sa carapace est peu convexe, ovoïde, noirâtre, avec des points jaunes disposés en rayons. Il est rare qu'elle ait plus de dix à onze pouces de longueur. Elle se nourrit d'herbes, d'insectes et de vers.

Sa chair est d'un goût assez agréable : aussi la mange-t-on dans les pays où elle est commune^ mais elle est en général un peu visqueuse, à cause du mucus qu'elle contient en assez grande quantité. C'est avec la chair de cette espèce que l'on

106 IJBS CHÉLOHIENS.

préparait le bouilloii et le sirop de tortue, dont on trouTe la Recette dans quelques anciens formulaires, mais que Ton prescrit bien rarement aujourd'hui.

2*» lies ËMYDES ( Emys Dum. ) différent surtout des Cistudes par leur plastron non mobile et solidement attaché à la carapace. Les espèces en sont fort nombreuses. Deux se trouyent en Europe, savoir .-rEmyde Caspienne et l'Emyde sigriz. Toutes les autres sont exotiques.

3^ Famille. Les J>otofftlto^ ou Tariues /iuriaies.

Elles sont principalement caractérisées par leur carapace recouverte d'une peau molas^j par leurs doigts à phalanges comprimées e% peu mobiles } par trois ongles seulement à chaque patte j par un repli extérieur de la peau environnant les mâchoires, et leurs narines placées au bout d'une sorte ^e petite trompe.

Cette famille ne comprend que deux genres : les Cryptopodes et les GymnopodeSy formés aux dépens du genre Trionyx. Les espèces, en petit nombre^ vivent dans les grands fleuves^ où elles nagent avec beaucoup de facilité et se nourrissent de poissons, de mollusques, de vers et d'insectes.

|f Famille. Les THmMassiies ou .Tariues éie n»er*

La forme des pattes comprimées sous la forme de rames, et où'les doigts, aplatis et soudés, ne sont plus susceptibles de mouvemens particuliers ^ distingue de suite cette dernière famille.

"^ ' te genre Chéloné {Chelonia'Brong.), qui forme presque à lui seul cette dernière famille, renferme entre autres deux espèces intéressantes :

^^ fia Tortue franche (Çhelonia Mydas Latr.),vulgairement Tortue de mer. C'est la plus grande des espèces de tortue. Quelques individus acquièrent une longueur de six è sept pieds et un poids de cinq à six cents livres. Elle est d'une couleur yerte fonc<^e , et vit par grandes troupes dans l'Océan atlantique, se nourrissant principalement de fucus. Sa chair et ses

liXf fijLTrmnmt. 167

oeufii sont très bons à manger, et sourent d'un gnmd secours

pour tes navigateurs. j n . i» » «

' T* Le Caret ou Tortue à écaille (C. imbricata Schweig). C'est cette espèèe dont les écailles forment la matière que nous^ désignons sous le n(>m*d'^cm(te, et avec laquelle on fait des peignes; dès boites et d^autres petits nietibles.'Ëile esroriginaii^é'de Û mer des Indes et est un peu moins grande que la 'tHftae tàrdcèi* cbe. Sa chair n'est pas bonne à mander ;iiiaïs on dit que ses œufe sont excellènii. ' -•..»-•» J .

Page 1