‹ Elémens d'histoire naturelle médicale, Volume 1Chapitre 44 sur 131 · I.ES SÀURISNS. l · texte numérisé non relu

I.ES SÀURISNS. l

Ces animaux ontles doigts unis, mais partagés en deuxpaquets^ ce qui leur donne la faculté de saisir les corps cylindriques et de grimper aux arbres 5 leur queue est grêle et prenante à son extrémité; et la langue très longue et très mobile. Le Caméléon ( Camœieo qfricana ) , qui a donné son npm à cette famille , est une sorte de lézard à corps comprimé, offrant une crête sur )e cou et le dos , qui vit dans le midi de l'Espagne et dans le nord de l'Afrique. Il est connu par la faculté qu'il a de changer assez rapidement de couleur, ce que l'on attribue généralement à la rapidité plus ou moins grande qu^il imprime à sa respiration et à sa circulation. Ou reste , c'est un animal inoffensif et d'une lenteur extraordinaire.

m. Les Geckotiei^is se distinguent à leur peau, presque lisse ou offrant seulement des tubercules isolés ; leur corps est déprima j leurs doigts , libres et distincts , sont ordinairement élargis et planes à leur extréaiilé. Ce sont des Reptiles lents et nocturnes , ayant assez de ressemblance avec les Salamandres , et vivant dans les vieilles maisons et les masures. Le Gecko des murailles { Gecko Jascicularis Daud.) est d'un gris foncé et comme piqueté ; le corps couvert de tubercules. Il est commun dans le midi de la France. Les Provençaux le dési* gnent sous le nom de Tarente,

lY. Les Iguaniens ont une grande ressemblance avec les Laeertiens; mais leur tête est sans plaques cornées et surtout leur langue charnue est épaisse, simplement échancrée et non bifide, et extensible comme celle des Lacertiens. Cette famille est une de celles qui renferment le plus grand nombre de genres : tels sont les Stellions, les Âgames, les Dragons, ainsi nommés parce qu'ils portent de chaque côté de leur corps une expansion membraneuse en forme d'aile ; les Iguanes sont de très grands lézards originaires de l'Amérique. Leur chair est, dit-on , excellente et très recherchée.

Y. Les Lacertiens ont pour type notre lézard commun. Leur tète porte des plaques cornées; leurs écailles sont imbriquées : celles du ventre sont très grandes et carrées ; la queue est longue et effilée; la langue est charnue , grêle , extensible et très longue, bifide à son extrémité : tels sont les Sauv^-garde ou Mo-

nitors, ainsi appelés , dit-on, parce qu'ils font entendre ^ quand ils aperçoivent un Caïman, une sorte de ^ifflement qui avertit de la présence de ce dangereux animal. Les Lézards qui offrent un grand nombre d'espèces sont : le Lézard gris {Lacertà agilis ) , le Lézard piqueté ( L. viridis ) , le grand |l>ézard vert ( L. oceilata). Ce sont tous des animaux de petite taille, vivant d'insectes et fort inoffensifs.

YI. Les Chàlcidiens forment un petit groupe, qui ont, comme les Lacertiens, des plaques cornées sur la tëtè, lîiais les écailles du corps verticillées. tes Reptiles, pour la forme, établissent lé passage entre les Sauriens et les Ophidiens. Ils sont cylindriques et très alongés. Les Chàlctdes, type de cette famille, ont les pattes très courtes et très éloignées ; les Chirotes manquent de pattes postérieures , et leur corps est tout d'une venue ^ les Bipèdes, au contraire, n'ont que. les pieds postérieurs. '

VII. Les SciNGOÎDiENS ressemblent beaucoup aux Lacertiens^ mais ils s'en distinguent par leur queue courte et très épaisse à la base 3 par les écailles de leur ventre , semblables à celles du dos. Une espèce du genre Scinque a été autrefois employée en médecine , et entre encore dans quelques préparations.

Le ScïNûDE [Lacerta scincuslt., ou Scincus q/lîcinalis Schn,), Son corps est cylindrique , long de sept à huit pouces, se confondant insensiblement avec la queue qui est très grosse, un peu plus courte que le corps. Sa couleur est d'un jaune argenté, avec des bandes transversales noirâtres ; les quatre pieds sont très courts 3 les dents sont courtes et très rapprochées; les doigts sont libres et terminés par un ongle. On le trouve en Abyssinie, en Egypte, en Nubie, etc. Pour l'envoyer en Europe, on le fait sécher, après avoir enlevé les intestins, que Ton remplace par des herbes aromatiques, et on l'enveloppe dans des feuilles d'absinthe. C'est dans cet état qu'on le trouve dans le commerce. Le scinque a été long-temps considéré comme un remède très puissant pour ranimer les forces éteintes par l'abus des plaisirs vénériens. Mais aujourd'hui il n'est guère employé. Cependant son nom figure encore dans quelques vieilles formules très compliquées , et entre autres dans celle de l'électuaire de Mithridate.^

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Vin. Les Ortfts. Nous croyons devoir, à l'exemple de quelques zoologistes, réunir aux Sauriens le genre Orvet {anguis L.), placé par quelques* naturalistes, et entre autres par Cuvier, entête des Serpens.Ces Reptiles sont dépourvus de pieds Tisibles à l'extérieur ; mais leur structure interne est véritable-» ment celle des lézards et non des serpens. En effet, nous avons déjà vu dans la famille des Chalcidiens les pieds manquer, tantôt les antérieurs, tantôt les postérieurs. Ces organes, non visibles à Fextérieur dans les Orvets, existent à l'état rudimentaire sous la peau.De plus, ils ont,comme les Sauriens, des paupières, un sternum et deux poumons, dont un à la vérité est plus petit que l'autre, caractères que l'on ne trouve pas parmi les vrais Ophidiens.

Le genre anguis de Linné comprend 1® les Orvets proprement dits, dont on trouve une espèce si communément dans nos bois, et que sa fragilité a fait nommer anguis fragilis 5 2« les Ophiosaures et les Acontias. •

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