ANIMAUX MOLLUSQUES
Oiseaux. Dans certains Mollusques la face interne de l'estomac est garnie depiquans ou de plaques calcaires fort diverses, toujours destinées au broiement des matières alimentaires , et qtii montrent l'analogie qui existe entre la membrane tapissant la £ace interne de l'estomac ^t la peati- qui recouvre le corps extérieurement.
Ils sont tout à fait privés de membres. Cependant,. dans un assez grand nombre , on voit à la partie inférieure du corps \ine sorte de disque charnu ou de plateau , sur lequel appuie le corps de l'animal , lorsqu'il rampe à la surface du sol. Bans d'autres^ tels que les Seiches et les Calmars, la tête cSï environnée de longs appendices ou tentacules charnus qui sont pour ces animaux non seulement des organes de tact et de préhension , mais encore de véritables organes de mouvement. Les Ptéropodes (tels que les Clios , les Hyales ) ont les bords de leur manteau développés sous la forme d'expansions ou d'ailes , qui sont d'excellentes nageoires pour orfs^Iollu's^es vivant exclusive-* ment dans les eaux de la mef .
Les organes de la génération soht fréquemment réunis sur le même individu; c'est-à-dire qu'ils sont réellement hercàtaphrodites. Il en est même dans lesquels il semble n'exister queTorgane femelle , qui est un ovaire très considérable , occupant la plus grande partie de l'abdomen , et qui communique au dehof s par un oviducte s'ouvrant entre les feuillets branchiaux; mais on n^est point encore parvenu à constater l'existence de l'organe mâle. La réunion des deux sexes sur le môme individu peut présenter deux modifications principales : ou b:en le même individu se suffit à lui-mÔiBie, c'esl-fi-dire que ses œufs sont fécondés en traversant l'oviducte, et, dans ce cas, on conçoit qu'il n'y a pas d'accouplement nécessaire ni possible, comme dans les moules, les huîtres : ces animaux sont alors hermaphrodites i ou bien, il faut le concours de deux individus pour que la fécondation puisse s'opérer. Il y a un double accouplement^ et chaque individu est en même temps mâle et femelle, c'est-àdire que tandis qu'il introduit sa verge dans l'oviducte de l'autre^ il reçoit celle du second individu dans ses propres organes femelles. Tous les hélices ou limaçons présentent ce sin«
aoa ANIMAUX MOLI^ITiQlIBR.
gulier mode d'accouplement, que nous retrottyerons ettcore dans quelques Annélides. Ces animaux sont androgyns.
'Les organes^ des sens n'existent pas tous dans les Mollusques r ainsi, ils éovA privés de ceux de l'audition et de rolfaction. Mais le toucher, qui réside^ans leur.peàu si contractile, est très délicat. Les yeux, qui manquent dans quelques uns, sont très déyieloppés dans d'autres, et ofïk-ent une organisation presque aussi compliquée que celle des animaux Tertébrés. C'est ce qu'on observe dans les Seiches et les Calmars par exemple. Tantôt les yeux sont sessiles sur la tétb 5 tantôt ils sont por-> tés sur un"p|^ictile plus ou moins long et rétractile , que l'animal alonge ou'raccourcit à sa volonté. Les organe!^ du goût existent aussi chez certains Mollusques , et consistent en appendices placés au devant de la bouche.
Quel ques uns des annaux de cette classe nous offrent un exemple d'animaux composés, c'est-à-dire que leuroorps se compose de la réunioïi d'un grand nombre d'animaux agrégés soudés en un seul , tels sont tes Ascidies , les Pyrosomes , etc. Ce$ exemples seront beaucoup plus fréquens parmi les Zoophytes.
Les Mollusques présentât deux grandes divisions. Tantôt
leur tête est bien distincte des autres parties du corps ; tantôt
elle eàt confondue et ne peu|f,étre distinguée. On nomme ce-
phatés ceux qui sont dans le premier cas , et acéphales ceux qui
sont dans le second.
D'après la disposition des organes du mouvement, on a divisé les Mollusques en six ordres, de la ^nière suivante :
1*" ordre. Les Céphalopodes. Leur tète se distingue du reste du corps par une sorte d'étranglement j et ils offrent autour de la tète de très longs appendices en forme de bras , ou des tentacules qui leur servent à s'accrocher aux corps voisins ou d'organes de progression. Tels sont les Seiches^les Calmars, les Argonautes , etc.
2* ordre. Les Ptéropodes , qui ont également la tète distincte du reste du corps, n'ont pas les tentacules des Céphalopodev , mais de simples appendices membraneux ^en forme de lattes
MUftAux- xolUbsqubs; %oà
ou de iiageol»«s sur leurs parties kftérales. Tels sont les Hyales, les Clios , etc.
3^ ordre. Les Gastéropodes. Leur tète est également distincte, et sous leur ventre existe une sorte de disque cliarnu, sur lequel appyie le corps , pendant qu'il rampe sur le sol ou nage dans Peau. Tels sont tons les Hélices, les Bulimes, etc.
4^ ordre. Les Acéphales proprement dits n'ont point de tête distincte du reste du cor|>s , ni par un rétrécissement , ni par aucuns appendices. Ils sont nus ou concbyfères, et leur coquille se compose de deux Talves. Tels sont les Moules , les Huîtres , etc.
5*" ordre. Les Bbaghiopopes sont des Mollusques acéphales , qui sont pourvus de tentacules mobiles et charnus. Ex. : les Orbicules et les Lingules.
6® ordre. Les Cirrhipodes, mollusques acéphales , ayant des tentacules formés de pièces cornées on calcaires et articulées , eomme les Lepas.
Yoici le tableau de cette classification :
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Z>e /û coquille des Mollusques,
1!^ Ayant de tracer les caractères des diverses classes de Mollusques , nous allons donner quelques détails sur la structure de la coquille et son mode de développement. On peut reconnaître
AmMÀtrX MOLLUSQUES, SoS
devtX fotlaatdbtis "de ttaturb différente dans la coqtiitle : Tune lamellense^ etfautre Titrée. Celle-ci se forme communément «ti' dernier lieu, car là coquille peut être considérée comme le Tésoltat d^one sécrétion analogue à celle des dents. ' ' Le premier dépôt se forme par lames qtii se superposent , et à la ïetët mterne desquelles s^ajoutênt successivement des lamés plus récenfés, de telle sorte que les dernières repoussent à l^extéri^uFlès^remîèries déjà' formées.
^'Qiielqtièléis ces lames restent bien distinctes lés unes des autres, comme on le toit dans plusieurs'e^pèces d'huîtres^ et alors l«§':e^t(àiil^ ont misinifestement une structure feuHletée. D'autre» fois, au contraire, ces couches, fort minces , sont intimeihent'utiiéè et à pefttfe distintctes. On voit enfin /daiis^ certaines coquille*, lèST^^tmes-marines, par exemple, que chaque couche se compose de fibres perpetiéitùlaires. Quand la coquille est ^a/ven^e à' son detnier de^ré de développement , et que par éonséqufent feUe cesse de croître, la couche intérieure est formée par le dépèt Vllreiait, et Cette (X)uche présente fréqoemÈrteht une couleui* diff^ente dùjrestè de la coqfatfle et souTént très vive. Da«s le cô^éouï' même de la coquifle, ce dépôt constitue assez «Ouvent'^és bourrelets plus ou moins épais, qui modifient de diverses mariiérés là forme de la bouche de la coquille , et quelquefois même y produisent des éminences ou des dents, tH>mme dahs le genre Monocérôs , pkr exemple.
La cfOtiléur dé là coquille varie avec Tâge, et il y a à cet égard des différences telles qu'au premier abord on pourrait prendre pour des espèces différentes des individus de différéns âges appartenant en réalité à la même espèce.
N^us avons dît que la coquille était le résultat d'une sorte de îS^rétlon. C'est souvent sur le bord libre du manteau, partie ordinairement plus renflée et qu'en nomme le collier, que Tes cryptes muquéux chargés de cette sécrétion son^plns abondans. Néanmoins il en existe aussi sur d'autres points du corps de l'animal.
La lumière ne paraît pas exercer une bien grande influence Wr la coloration des coquilles, car fréquemment ce sont celleis qui vivent au fond des mers, enfoncées dans le sable, qm offrent
2o6 AxiHAxm xoLi^ittQinis.
les coDlltitrs les plus Tires* Cette remarque pénC égAemmi s'appliquer aux Poissons. SouTeut, dans les Mollusques, la face interne est plus Tirement peinte que la &ce exteroe 5 et, ce qui n'est pas moins remarquable , c'est que dans q^elqofp espèce^ de peignes, Time des yalyes est plus colorée ^w l'aulr^ f ranimai est en général d'une tein^ moins prononcée qi^ la coquille qui Je renfer^te» ; ,, /^ . .
On sait qu'un grand nombre de coquilles pffrent des coul^urp irisées qui dépendent de la manière doi^ la lumî^ est décomposép par les lamelles dom elles sont eaaaposées. Une re» marque fori importante ^ été £E4te^par Hatche^., ^I^ieinevft à la composition chimique de ces coquillen irjaées : c'esl qu'elles contiennent toujours beaucoup plus de matière animale que les autres qui ne le sont pas y ainsi ce chimiste es a quelquefois retiré jusqu'à 34 pour <^nt.
Ces couleui:s brillantes et irisées ne sont as^ea souTeut râitblesque quand on a enlevé la couche extérieure de la coquilj^^ çomn^e pn le voit dans certaines espèces de Turbo et d'Haliotide.
J)'^utJ|^esi coquilles ont c^la de remarquable que left diverses couches dont elles sont composées offrent des teintes différentes. Ainsi, dans certaines espèces des genres N£»se §i Turbo, Ifis couches externes sont d'une teinte différe|ite.4es internes.
La peau des Mollusques se prolonge qu^lqnetois sous la forme de tubes p)us ou n^oins alongés. Dans plusieurs Gastéropodes, ces tubes sont enrelqppés dans un prolongenient tubuleux d^ la coquille qu'on nomme le syphon. D'autres fbis la présence de ces tubes détermine seuleinent des échaucrures df forme et d'étendue différentes .
JJ^^ coquilles ne sont pas toujours formées d'un même Aombre de pièces. Ainsi celle 4es Oscaluri^as se compose de plusieurs pièces disposées en série longitudinale à la suite les unea des autres et uji peu imbriquées. DaUs les Anatifes, ces pièces sont nombreuses et en nombre impair, et non arrangées symétriquement. Elles sont réunies en cercle ou en couronne dana les gepres Balane et Coronule. Enfin, et ces deux dispositions sont de beaucoup les plus fréquentes, on troure des coquillea bivalYes et uni?al?es.
Suivant le milieu qu'elles habitent , on les JUttingiae enter* restres, jQuyis^es et marines.
Les coquilles terrestres sont constamment univalyes : leur ^piderme est généralement yerdàtrei. Elles sont plus minces et plus fragile^ que celles qui.Tivent dans les eaujL, et surtout dans les eaux de la mer. Quant aux coquilles marines, «lies sont unî^- Yalves y bivalyes ou multivalyes.
On a encore distingué les coquilles en coquilles nvantes # coquilles fossiles.
Les coquilles uniyalTes sont <pielquefois enroulées sur eUesmêmes , et cet enroulement se fait constamment dans le mémo ^en» ^: c'est toujours de la droite vers la gauche , de telle sorte que quand on regarde la coquille par sa face inférieure, la bouche est placée à droite ; les exceptions à cette règle sont peu nombreuses. Néanmoins, i\ y a quelques coquilles dontlabour che est tournée à gauche, lu Hélix asp^s amême offre des indi<vidus qui présentent l'une ou l'uutre de ces deux positions , presque indistictement.
On appelle spire la partie enroulée; oolumeilCj l'axe autour duquel se fait l'enroulement Quelquefois cet axe est remplacé par un yide ou une cavité , et la coquille alors est dite ombiliquée. Le noodbre des tours de la spire est le même dans une même espèce , mais il yarie suivant l'âge , sans cependant qu'il puisse rigoureusement servir à le déterminer, car il varie suivant les diverses périodes. Ainsi, il est plus rapide dans les premières années.
Comme l'accroissement est Suceessif dans les coquilles, il se manifeste spuyent à leur surface externe j>ar des stries plus ou moins parallèles qui forment des varices , des bourrelets , des épines , etc. , etc.
« Dans une coquille unîvalve on distingue plusieurs parties. Ainsî^ la gorge ^ua:> est toute la partie deTouverture delà coquille que Ton peut voir à l'extérieur. La bouche {os) est le bord même de la gorge. Elle se dms0 en deux lèvres : la . gauche applîqui^esur la cohunelle, el la droite qui lui est opposée.
^Quelquefois le Mollusque ne remplit pas toute sa coquiJÇle.
Il laisse derrière lot , dans la partie enronlée, des espèces de loges 'séparées par des cloisons régulières. Ces coquilles se nomment polythalames.
L'âge entraîne des différences énormes dans la forme de la coquille. C'est ainsi que certaines espèces de porcelaine (Cyprea) k leur état jeune sont minces et dnt la forme d'olires. La boucha dans la jeune coquille n'est jamais bien fomnée ; elle est {dus ou moins mince et incomplète»
II y a certains Mollusques dans lesquels les sexes sont séparés. Chez eux les coquilles yarient suivant le sexe. Ainsi , dans la femelle , le dernier tour de spire est plus renflé. ,
Les coquilles bivalves présentent aussi plusieurs parties à distinguer. Ainsi on appelle, 1° crochets ou nates , les extrémités des valves placées en dehors de la charnière et qui forment des saillies plus ou moins considérables ; 2® corselet , la partie intérieure àe& crochets, dans laquelle s'insèreie ligament quand il est extérieur 3 3° lunule , la partie généralement déprimée placée au dessous des crochets ; 4° charnière , celte portion du bord supérieur de chaque valve , qui est modifiée pour assurer l'articulation des valves. Elle est dentée , c'est-à-dire qu'elle présente des dents, ou parties saillantes, dont le nombre, la forme ej; la position varient, ou bien elle est simple ou èdentêe. On comprend que lorsque l'une des valves présente des dents, l'autre doit offrir des enfoncemens coi^espondans pour les recevoir. On tire beaucoup de caractères génériques de la charnière pour distinguer les coquilles bivalves. 5° Enfin le ligament est l'organe ordinairement corné et élastique qui sert ù unir les deux valves. Il peut, être interne ou externe ^ dans ce dernier cas il recouvre en partie le corselet.