‹ Elémens d'histoire naturelle médicale, Volume 1Chapitre 9 sur 131 · I. DE Là NUTRITION · texte numérisé non relu

I. DE Là NUTRITION

La nutrition est la fonction la plus générale des animaux. C'est elle qu'on observe encore la dernière, quand toutes les autres ont successivement disparu. Tous les animaux j en effet, quelque simple que soit leur organisation, doivent absorber les matériaux qui serviront à leur accroissement, et se lesai{simi]er. La nutrition comprend trois autres fonctions spéciales, savoir : la digestion, la circulatio|i et la respiration , que nous allons étudier successivement.

§ I. Organes de la digestion.

Les organes de la digestion dans l'homme et les animaux qui ont le plus de. rapports avec lui, sont sous la forme d'un long tube ou canal, ayant une ouverture antérieure nommée bouche^ pour l'introduction des alimens 5 une autre ouverture postérieure par laquelle sortent les matières qui n'ont point servi à la nutrition : cette dernière ouverture se nomme anus. Dans les animaux supérieurs, ces deux ouvertures sont fort éloignées l'une de l'autre, comme dans tous les Vertébrés, par exemple^ et plusieurs classes d'Invertébrés. Dans d'autres animaux, particulièrement dans les Mollusques , la position en est variable. Ainsi, dans les doris^ l'anus est en arrière et en dessus ; dans le genre o/tcAi^ie, également en arrière, mais en dessous; dans les patelles, il est placé sur la téte^ dans les limaces, les limaçons, sur les côtés du cou.

Dans la plupart des Mollusques acéphales, comme les venus, les tellines , les moules , etc. , le rectum est embrassé par le cœur qu'il semble traverser. L'huttre commune forme exception à cette disposition qui est presque générale , dans cette (Classe de Mollusques.

Dans les Mammifères ^ l'ouverture par laquelle sortent les

ST^K US. AMIMÀtX. g

axcrémens est voisine , mais distincte, des organes sexuels. Dans les Oiseaux, les Reptiles, les Poissons, et en général dans tous les animaux ovipares , elle vient aboutir à une poche commune, dans lac[uelle s'ouvrent égalemedt ces organes, et qu'oh nomme le cloaque. Le cloaque communique à l'extérieur paV une ouverture qui se ferme au moyen d'un sphincter. Cette ouverture est circulaire, ou sous la forme d'une fente transversale. Enfin, dans l^eaucoup de Zoophytes, il n'y a qu'une seule ouverture qui sert à la fois pour l'introduction des alimens et Texcrétion des matières fécales.

Dans l'homme et les animaux qui lui ressemblent le plus , le canal alimentaire se continue^ avec la cavité buccale, par une ouverture nommée pharynx; Vœsophage est la partie de cet oi^ane placée au dessus de l'esiomac. La partie située au dessous porte successivement les noms de duodénum , jéjunum , iléum , cœcum , colon et rectum , qui aboutit à l'anus. L'intestin, replié un grand nombre de fois sur lui-même, est maintenu en place par un double repli du péritoine qui le fixe à la colonne vertébrale, et qu'on nomme le mésentère; un autre repli libre et flottant , qui part de la grande courbure de l'estomac , recouvre la masse des intestins et a reçu le nom de ipiploon. Les alimens , après avoir été broyés et réduits en pulpe dans la bouche qui présente pour cet effet des pièces dures nommées dents ^ descendent dans l'estomac où ils éprouvent une élaboration spéciale ; ils passent ensuite dans les autres parties du canal alimentaire , où la matière vraiment nutritive, qu'on nomme le chyle , se sépare sous la forme d'un liquide légèrement opaque et coloré , et est absorbé par des vaisseaux particuliers qui vont le verser dans le torrent de la circulation sanguine.

L'estomac des animaux invertébrés , offre quelquefois dans Tépaisseur même de ses membranes des plaques dures et cornées , des espèces de dents, d'écaillés ou de crochets, qui toutes ont pour usage d'accélérer et de rendre plus puissante l'action de cet organe sur les alimens , comme nous l'indiquerons tout à l'heure pour plusieurs Crustacés.

Dans le trajet du canal digestif, différentes glandes sécrètent

et versent des liquides qtii ezerceiit une action spéciale si^ les phénomènes de la digestion : tels sont les glandes saliyaires , le panoréas et le foie , qui fournissent la salive, le suc pancréatique et la bile.

La longueur du canal digestif est, dans toutes les classes d^animauxy en rapport avec le genre d'alimens dont ils se nourrissent. Ainsi il est beaucoup plus long chez les herbivores que chez les carnivores. Dans les premiers aussi, l'épaisseur de ses parois , et surtout celle de la membrane musculeuse , est beaucoup plus grande. Dans les Oiseaux et certains Mollusques, Testomac est embrassé par deux muscles puissans renforcés par des fibres tendineuses. Cet estomac, ougéziery se remarque surtout dans les Oiseaux qui vivent de grains. La cavité de Testomac n'est pas sîlhj^le dans tous les animaux comme elle l'est dans l'homme , le lion, le chien, et tous les autres carnassiers. Ainsi, dans le lièvre, le castor, et en général dans tous le& animaux désignés sous le nom de Rongeurs , l'estomac est partagé en deux ou même en trois loges , toutes communiquant entre elles , mais dans chacune desquelles les alimens éprouvent différentes élaboratiôns. Ainsi , dans le lapin et le lièvre , dont l'estomac est divisé en deux parties, les alimens placés dans la cavité droite sont en pleine digestion , tandis que ceux contenus dans la gauche sont à peine ramollis. Le nombre des estomacs est également variable. Ainsi , dans le bœuf , le mouton , la chèvre , le cerf , on en compte quatre qui portent des noms spéciaux : le premier se nomme la panse , le second le bonnet, le troisième le feuillet, et le quatrième la caillette. Il 7 en a trois dans les Oiseaux : le jabot, l'estomac succenturié et legézier. Un même nombre dans plusieurs Mollusques.

Les Mollusques brachiopodes, comme les térébratules et les lingules , ont le canal alimentaire aussi simple que possible 3 il s'étend de la bouche à l'anus sans former de circonvolutions, et sans offrir de dilatation marquée dans aucun des points de sa longueur. On pourrait en dire presque autant de beaucoup de Crustacés^ dont le canal digestif est tout droit , mais qui offrent un estomac bien manifeste, et dont l'organisation est fort singulière dans les Décapodes. y tvs l'ouverture du pylore se trouvent placées cinq dents^ dures et mobiles qui exercent une sorte de

nlAiticatîoti» Cet estomac est soutenu par un à{^paireil de pièces solides osseuses, qui l'empêche de s'afTaissef quand il n'est pas rempli par les alimens.

Dans les Insectes , tels que les cantharides, le canal alimentaire est plus simple : il s'étend gén éralement presque sans circonyolutions dé la bouche à l'anus. Il en est à peu près de même dans les sangsues , le ver de terre, etc. Dans la sangsue, à un œsophage court succède un estomac assez long , à parois minces , dont l'intérieur est divisé par des diaphragmes horizontaux , percés d'un trou dans leur milieu. Le ver de terre n'offre paffde dilatation distincte qu'on puisse appeler estomac; mais son canal alimentaire offire dans presque toute son étendue un grand nombre de diaphragmes horizontaux. Dans les vers intestinaux, entre autres l'ascaride lombricoïde, c'est un long tube sans renflement marqué pour l'estomac , qui s'étend de la bouche à l'extrémité caudale de l'animal. Quelquefois il naît des parties latérales de ce canal simple et sans circonvolutions des appendices cœcaux plus ou moins nombreux. Ainsi , dans l'aphrodite commune (aphrodita aculeata) , on voit de chaque côté une vingtaine de cœcums très longs , renflés vers leur extrémité aveugle , qui eSt engagée entre les muscles des pieds et les vaisseaux latéraux.

Enfin , dans les animaux placés aux derniers degrés de l'échelle, les organes digestifs sont sous la forme d'un sac n'ayant qu'une seule ouverture commune qui sert à la fois et à l'introduction des alimens et au rejet des matières qui n'ont pas servi à la nutrition. Quelquefois ce sac est parfaitement simple, comme dans les astéries ou étoiles de mer; d'autres fois il en part des appendices cœcaux plus ou moins ramifiés , qui représentent des espèces de petits arbres , et qui se rendent par paires dans chacune des branches dont le corps étoile de l'animal se compose : c'est ce que l'on voit dans les ophiures. Enfin, dans les Polypes , ce n'est plus un sac distinct et flottant dans la cavité du corps , c'est une cavité creusée dans la substance même du corps, aux dépens de laquelle elle a été formée. On peut même, dans les hydres, retourner le corps, qui est sous la forme d'une espèce de tube , de telle sorte que la surface interne , chargée spécialement de la digestion , devienne extérieure , et

la CO1YSI0BRÀTIOKS GENERALES

la sur&ce externe, devenue alors intérieure, opérera également la digestion des matières qui y seraient introduites.

M. Ëhrenberg a divisé les Infusoires en deux grandes classes» d'après leurs organes digestifs : V les monogastriques , dont le canal intestinal, bien distinct, offre un seul renflement stomacal : tels sont les rotifères ; 2^ et les poly gastriques , qui offrent plusieurs cavités stomacales communiquant toutes ensemble» et venant se rendre à une sorte de canal ou d'axe flexueux, comme dans les leucophres , les monades , les paramécies , les kolpodes^ etc. , les unes ayant une seule ouverture ou bouche , les autres en ayant deux.

Les glandes salivaires ne se rencontrent pas non plus dans toute la série animale : on ne les trouve que dans les Mammifères et dans certains Mollusques et Insectes j elles manquent dans les Oiseaux ; les Reptiles, les Poissons, etc.

Le foie, dans les animaux supérieurs, est sous la forme d'une glande rougeàtre et très volumineuse, qui verse dans l'intestin, par un ou deux conduite , la bile qu'il sécrète. £n général , le foie est d'autant plus gros que les glandes salivaires le sont moins 3 et lorsque ces dernières viennent à manquer^ comme, dans tous les animaux vertébrés ovipares , le foie est proportionnellement plus développé.

Le foie, dans beaucoup de Mollusques, environne et recouvre l'estomac en totalité, avec lequel il est plus ou moins intimement soudé. La bile y est versée par un grand nombre d'ouvertures. Mais ce qui est fort remarquable dans ces animaux , c'est que cet organe ne reçoit du sang que de l'aorte, et non ce sang veineux qui, dans les animaux vertébrés , lui est apporté des organes de la digestion par la veine-porte.

Dans la cantharide et plusieurs autres Insectes , et dans la plupart des Crustacés , le foie , au lieu d'être sous la forme d'une glande , se présente sous celle de vaisseaux flexueux qui s'abouchent par leurs deux extrémités avec Fintestin et y versent le fluide qu'ils sécrètent. Enfin cet organe , ainsi que les autres glandes annexées aux organes de la digestion, manquent dans un grand nombre d'animaux.

L'épiploon , qui existe chez l'homme et les autres Manmii*

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féres, diminue et disparaît dans les autres classes des Vertébrés^ pour se remontrer parmi certains Mollusques.

Chez les animaux supérieurs , les Vertébrés, le chyle ou la matière réparatrice retirée des alimens par les oi^anes digestifs est absorbé par un système particulier de vaisseaux qui le portent dans le système veineux. Les vaisseaux lactés manquent dans tous les animaux invertébrés. Dans les Mollusques, les Crustacés , ce sont les veines qui en remplissent le rôle j tandis que dans les Insectes , dont le système vasculaire est réduit au dernier degré de simplicité , la séparation du chyle et son absorption se fait par simple imbibition, c'est-à-dire que le fluide nutritif, après être sorti du canal alimentaire par transisudation , est ensuite absorbé par le tissu dont l'abdomen est rempli , et de là transmis aux différens organes. Il en est de même aussi dans les Polypes , dont tous les organes intérieurs paraissent consister en un simple sac placé dans le tissu mémo dont tout l'animal se compose.

Cependant, dans la plupart des Acalèphes, qui font partie des Zoophytes, il nait de la cavité stomacale ou des cavités stomacales des vaisseaux lactés destinés à porter le fluide nutritif , extrait des alimens par l'estomac , jusqu'aux parties les plus éloignées du corps.

§ IL Organes delà circulation.

La circulation est essentiellement liée , dans les animaux , avec la respiration , et l'étude de ces deux fonctions serait difficilement séparée. Cependant nous parlerons d'abord des organes propres à la circulation. Cette fonction a pour objet essentiel de porter dans toutes les parties du corps de l'animal le fluide qui doit leur fournir les matériaux de leur accroissement et de leur nutrition.

Dans les animaux supérieurs, la circulation est double, c'està-dire que le sang qui a été porter dans toutes les parties les matériaux de leur nutrition , en revient par une série de vaisseaux nommés veines , qui , en se réunissant , forment un ou plusieurs troncs principaux appelés veines ca^fes. Ces troncs

l4 CONSIDÉRATIONS GENéllAIiES

Tiennent aboutir à une cavité musçulo-membraneuse {oreillette droite ) , d'où le sang passe dans une seconde- cavité à parois épaisses et chapaues {ventricule droit). Le ventricule droit, en se contractant fortement sur lui-même , chasse le sang veineux par Tarière pulmonaire et ses innombrables ramifications dans le poumon. Là , ce fluide se trouve mis en contact médiat avec Fair atmosphérique , absorbé pendant la respiration , et il s'y oxigène de noi^iveau en perdant une partie de son carbone pour former de Tacide carbonique qui est expiré. Il revient ensuite des poumons par les veines pulmonaires à V oreillette gauche; celle-ci le verse dans le ventricule du même côté, qui, par ses contractions, le chasse dans une grosse artère nommée aorte^ dont les ramifications vont le porter à toutesles parties du corps. Ainsi dans IHionmie , les autres Mammifères et les Oiseaux, la circulation est double , c'est-à-dire que le sang qui a circulé dans toutes les parties du corps par le moyen de l'aorte , des veines caves et de leurs ramifications ^ circule ensuite dans Torgane respiratoire. Il y a donc en réalité deux circulations dans ces animaux , et un organe d'impulsion ou un cœur placé à la base de chacune d'elles : le cœur gauche ou aor'tique et le cœur droit ou pulmonaire, La circulation aortique porte le nom de grande circulation -^ la circulation pulmonaire est appelée la petite circulation. Dans les animaux supérieurs , les deux oreillettes et les deux ventricules sont réunis en un seul et même organe qui porte le nom général de cœiMr . Mais nous allons voir tout à l'heure que , dans d'autres animaux, ces parties se séparent et forment autant d'organes distincts.

Non seulement dans les Mammifères et les Oiseaux la circu^ lation est double , mais la respiration est toujours complète , c'est-à-dire que tout le sang qui revient des diverses parties du corps passe dans le poumon , et par conséquent éprouve en entier les modifications que la respiration lui imprime avant d'être reporté dans le torrent de la grande circulation. U n'y a aucune communication direct^ entre les cavités droites et les cavités gauches du cœur, et par conséquent aucun mélange possible du sang artériel et du sang veineux. Il n'en est pas de même dans' les Reptiles ; c'est un caractère commun & tous les

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animaux de cette classe qu'il y ait mélange dea deux sangs artériel et veineux.

Les Reptiles, c'est-à-dire les crocodiles, les tortues, les serpens, les lézards et les grenouilles, vont nous offrir de notables modifications dans les organes de la circulation.

Les crocodiles ont le cœur organisé comme les MammifèNS ^t les Oiseaux, ç'est-à-dire deux oreillettes et deux yentricules parfaitement distincts et sans communication. Cependant une particularité remarquable les distingue des deux classes précédentes. Le yentricule droit ou veineux, en même temps qu'il donne naissance à l'artère pulmonaire, fournit aussi un gros tronc qui, après un certain trajet, s'unit à une autre branche née du ventricule gauche ou artériel, et ces deux branches Réunies constituent l'aorte descendante. Il résulte de cette disposition que dans cette aorte descendante qui se rend aux parties inférieures du corps, se trouve mélangé du sang artériel et veineux, tandis que les carotides primitives et l'aorte ascendante qui naissent immédiatement du ventricule gauche et se rendent à la tête et aux membres supérieurs^ ne contiennent que du sang artériel.

Dans les serpens, il y a deux oreillettes distinctes et deux ventricules 3 mais ces derniers communiquent ensemble par une large ouverture. Les tprtues» les lézards, nous offrent également deux oreillettes, mais un seul ventricule, qoi néanmoins est partagé en deux loges par une membrane attachée à sa paroi interne par des colonnes charnues. Il résulte nécessairement de cette oi^anisatiou qu'il n'y a qu'une portion du sang qai revient du corps qui soit envoyé au poumon, et par consé^ quent revivifié, et qu'à chaque contraction du ventricule le sang qui est poussé dans l'aorte est un mélange de sang veineux et de sang artériel. De là résulte pour ces animaux un fluide sanguin beaucoup moins oxigéné et privé de chaleur propre.

Dans les grenouilles, le cœur n'est plus composé que d'une seule oreillette et d'un seul ventricule ; mais l'oreillette est partagée en deux loges par une cloison mince qui descend et aboutit exactement à l'orifice auriculo-ventriculaire j de sorte qu'à chaque con]traaio& simultanée desoreittettes, il entre dans le

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ventricule une quantité déterminée de sang artériel et de sang Teineux, où il se mélange ; d'où il résulte que dès leur entrée dans l'oreillette unique les deux sangs se mêlent, et que, par conséquent, celui que le yentricule envoie aux poumons par l'artère pulmonaire , aux autres parties par l'aorte, est également un mélange de sang reineux et de sang artériel.

Jusqu'à présent nous avons vu un organe spécial d'impulsion placé à la base de chacun des deux systèmes pulmonaire et aortîque. En effet, les Mammifères et les Oiseaux ont deux ventricules, l'un chargé de faire passer le sang dans le poumon, l'autre dans le reste du corps par l'aorte. Les Reptiles ont également un agent d'impulsion distinct ou commun pour les deux systèmes de circulation. Dans les Poissons^ au contraire, il n^ a pltts^qu'un seul cœur, et ce cœur est un cœur droit ou pulmonaire. Le sang veineux revient des diverses parties du corps par les deux veines caves 5 celles-ci se rendent dans l'oreillette unique, qui le verse dans le ventricule. Du ventricule, qui est très charnu, nait une artère formant à son point d'origine ua renflement à parois très épaisses, nommé bulbe de Vartère branchiale. Cette artère se rend aux branchies, ou organes respiratoires^ et s'y divise en autant de branches qu'il y a d'arcs branchiaux. Des dernières ramifications des artères branchiales naissent, en marchant en sens inverse, les veines branchiales analogues aux veines pulmonaires. Mais au lieu de revenir aux cavités gauches du cœur, comme dans les Mammifères et les Oiseaux, elles se réunissent en un tronc unique qui forme l'artère aorte. Cette artère nait donc immédiatement de l'organe jrespiratoire, et ne présente par conséquent à sa base aucun organe d'impulsion^ c'est-à-dire qu'il n'y a pas de cœur gauche.

Les Mollusques qui commencent la série des animaux sans vertèbres, ou sans squelette intérieur, offrent une circulation fort différente, suivant les différens^ ordres de cette classe où on Tobserve. Elle est toujours double , comme dans les Manu mifères et les Oiseaux. Dans les seiches et les calmars (Céphalopodes), la veine cave se divise en deux branches qui se rendent chacune dans un ventricule particulier qui pousse le sang dans les deux organes respiratoires. Les deux veines pulmo-

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naires ou branchiales, qui rapportent de Torgane respiratoire le sang qui est allé s'y revivifier, s'ouvrent dans un troisième ventricule qui chasse le sang dans l'aorte. L'appareil central de la circulation se compose donc ici de trois ventricules sans oreillettes , dont deux sont pulmonaires et le troisième aortique. Les limaçons , les Ivmnées (Gastéropodes)» qui nagent en abondance à la surface de nos étangs, n'ont qu'un cœur simple comme les Poissons , mais aortique. Le sang , qui revient des diverses parties du corps par les veines caves, passe sans intermédiaire dans les branchies. A la base des veines branchiales » se trouvent une oreillette et un ventricule, qui pousse le saHg dans l'aorte.

Dans les sangsues , le ver de terre et autres vers à sang rouge , désignés aujourd'hui sous le nom <J'Annélides , le système circulatoire consiste en quatre grands troncs étendus d'une extrémité à l'autre de ranimai , et communiquant entre eux par des branches transversales assez volumineuses. Mais ici il n'y a plus ni oreillette , ni ventricule, et par conséquent plus d'organe d'impulsion. La circulation est des plus simples; car , comme dans quelques-uns de ces animaux , il n'y a pas d'organe spécial pour la respiration , mais que probablement cette fonction se fait par toute la surface extérieure du corps , il n'y a sans doute qu'un seul ordre de vaisseaux dans lequel circule le sang qu'on ne peut plus distinguer en artériel et en veineux.

Les crabes , les homards , les écrevisses et autres Crustacés , ont les organes de la circulation disposés à peu près comme dans les Mollusques céphalopodes, et par conséquent aussi une double circulation. Le sang, qui revient des diverses pjirties du corps , se rend dans deux grands sinus veineux , comparés par MM. Audouin et Milne Edwards aux deux ventriculesrpùlmonaii:es des seiches et des calmars • il passe ensuite dans les branchies par un vaisseau afférent , redevient artériel , passe au cœur, composé d'un seul ventricule , qui le renvoie aux autres oi^anes de l'animal.

Les Arachnides , c'est-à-dire les? araignées et les scorpions, nous offrent ^des organes circulatoires encore plus simples. Le "I. a /

Digitizst^by

iS CONSIDERATIONS ÇENl^ïlALES

long de la partie dorsale de leur corps règne un gros tronc vasculaire, simple dans sa partie supérieure^ et offrant dans SQp^ extrémi^ inférieure jes branches qui pe tardent pas ^ se perdre dans les organes enviroi^inans: Le tronc pripcipal préçen^t^ des pulsations maiûfestes, et ^'on peut même reconnaîtra ^ tràrers les tégumens dané quelques grosses araignée;» vivanles, surtout quand leur jpeau est à peu prè9*dépoury«e de poils. Oa peut donc le considérer ou comme un coeur très alongé, analogue, à celui que l'on voit dans quelques Crustacés, et ep p^rUr , culier dans les squiles, ou bîBn comme un# ^orte de la<)[|lleljie naissent inférieurement plusfeurs branche^.

' Cette organisation 'des organes circulatoires dans les Araçh'nides nous conduit; insensiblement à celle que Ton obsefTO dans les Insectes. Ces animaux n'oni pour çrgane circi||atoire qu^un seul gr^s vaisseau que s^ position a fait nommer 'Vaisseau dorsal, composé de plusieurs cbambres communiquant toutes les unes avec les autres, et offrant, ainsi que Tout prouvé les belles recherches de M. Strauss, des ouvertures latérales par lesquelles le sang peut pénétrer ou sortir 9 maicf sans aucune branche ni ramificfation qui en partent ni y arrivent. Le vi^isseau dorsal des Insectes a été cpnsidéré tour 4 tour comme un cœur, comme une série de cœurs placé» les uns k U shite des autres, et même cpmxa^ un organe enUèrement étrwr ger à la fonction de la circulation, mais servant à sécréter le fluide graisseux qui est si abondant dans les insectes. Mais quand on passe des Arachnides aux Insectes, il est impossible de ne pas reconnaître dans le vaisseau dorsal de ces dernier^ T^rgane placé dans la même positipn chez les araignées, et çomm^ lui susceptible de pulsations évidentes. Cet organe est ici sans aucune espèce de ramifîcatiops, et ses commuuications avec les £^utres parties s'établissent par des fentes qu'on voit dans sa longueur. Nous reviendrons sur le mécanisme de cette singulière circulation d^ns les généralités placée;» en tète de la classe des Insectes.

Les organes de la circulation éprouvent, comme on le voi^ une modification particulière, une sorte d'^rrét d» développement d'autant plus remarquable daps les Araçhnidff ^ lesll^-

uct^, que le resta de l'organisation de ces amniaiqc est fort compliqué. Mais ces modifications sont étroitement liées avec la forme particulière et le développement des organes de la res** piratioa, qui suppléent en quelque sorte à Timperfection des premiers. C'est ce «fue l'on concevra bien mieux quaad boue aurons £ait connaître la respiration de ces animaux. Nous ne devons donc pas être étonnés de voiir dee animaux dont tou^ la structure est plus simple que celle de ces deux elasse#, noua présenter une complication plus grande dans les organes de )ft eireulation. C'est ce que nous allons en effet reeonnAre en étiiv diant sous ce rapport la grande classe des Zoopkytes.

On a pendant long^-temps considéré les Zoopby tes, qui forment le dernier embranchement du règne animal, comme dépourvna d'organes de circulation ; mais les recherchas dé plusieurs zootomistes, et en particulier de MM. Carus, Tiedemann, Dello Chiaje, etc., nous ont montré une circulation assez compliqué^ dans plusieurs de ces animaux. Ainsi danji les ficbinodermes, tels quevles oursins, les holothuries, les étoiles de mer, ça trouve une double circulation, l'une extérieure pour Ja peau , qui est l'organe respiratoire, l'autre pour les organes intérieurs» On ne sait pas encore bien positivement si ces deux systèmes communiquent l'un avec l'autre.

J^es Acalèphes présentent aussi des organes circulatoires trè| développés. Ainsi Eschscholtz décrit dans chaque tentacule ui^ vaisseau qui descend le long de l'estomac, en reçoit le fluide nutritif, et arrive à sa partie inférieure. De la réunion de pluf* sieurs vaisseaux semblables natt un vaisseau circulaire qui pro^ duit quatre trcmcs droits se rendant aux crêtes branchiales j de celles-ci naissent d'autres branches qui ramènent le sang au milieu du corps. Les Infusoires, suivant les observations d'Ëb* renberg, auraient aussi un système de vaisseau;x circulatoires dont l'extrême exiguité n*a pas encore permis de bien étudier la dispesitim»

Enfin, il y a des animaux qui paraissent leut à fait privés d'organes spéotanx de circulation. Ainsi Carus a observé dans la plumatella calcaria que le vide existant entre la cavité dt* gestiveetTenveloppe extérieure du o^rparenfeme de l'eau dans

fiO CONSIDSRATtONS «ÉWlÈRALES

laquelle on voit un mouvement giratoire, premier indice d'une circulation. Il peut donc dans les organisations très simples y avoir une sorte de circulation sans vaisseaux, c'est-à-dire sans organes spéciaux pour l'exécuter. De même* que dans de semblables circonstances^ nous verrons qu'il peut y avoir respiration, c'eslrâ-dire modification du fluide nutritif par l'action du fluide dans lequel est plongé l'animal, sans organes respira^ toires Ipéciaux. Ici les différens actes de la nutrition, séparés et distincts, bien que concourant au même but dans les animaux supérieurs^ se confondent et se réunissent en un seul. Le fluide nutritif, à mesure qu'il se forme, se porte par imbibition aux divers oi^ànes, et n'a besoin d'aucune nouvelle élaboration pour servir à l'accroissement.

Le Éang ne présente pas les mêmes caractères quand on l'étudié dans tonte la série des animaux. Ainsi dans tous les animaux vertébrés, Mammifères, Oiseaux, Reptiles, Poissons, c'est un liquide rouge, mais dont la teinte varie suivant qu'on l'examine dans les artères où elle est très vive, ou dans les veines où elle est foncée et plus ou moins violacée. Ce liquide doit sa couleur à de petits corpuscules oi^anîsés, nommés globules du sang, et dont la forme et la grandeur varient suivant les animaux dans lesquels on les observe. Mais le sang peut présenter d'autres couleurs. Ainsi il est quelquefois bleuâtre, comme dans certaines Mollusques, verdàtre, jaunâtre, ou même tout à fait incolore. Dans ce dernier cas, on voit quelquefois encore des globules légèrement colorés nager dans son épaisseur , ce qui permet d'en suivre les différens mouvemens circulatoires, ou bien ces globules disparaissent complètement, et il devient alors impossible de suivre les mouvemens de ce fluide dans les vaisseaux qui le contiennent.

§ III. Organes de la respiration,

La respiration est le complément de la circulation. Le sang, qui a serii à la nutrition des diverses parties du corps , a perdu une partie de ses élémens. Par l'acte de la respiration , il se trouve mis en contact médiat avec Fair atmosphérique , et ce contact suffit pour lui rendre les propriétés qu'il avait perdues,

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