SYMPATHIES DES ORGANES
térieures, ou celui des poumons avec la poitrine, du cœur avec le péricarde ou le thorax , du cerveau avec ses membranes, etc., peut donner lieu à quelques phe'nomènes qui ont une certaine influence sur la vie ou sur la santé , à quelques changemens ou anomalies sur lesquels nous n'avons encore que très-peu de données certaines. On est, au contraire, très-éclairé sur les effets que produit la continuité : elle est de deux espèces : elle existe dans des parties semblables ou de différente nature; elle est absolue ou relative. Dans tous les cas, c'est nn état organique qui influe puissamment sur l'économie, soit en état de santé, soit en état de maladie , et dont l'action est utile à connaître pour rétudedes agens hygiéniques. Celte influence de subordination se remarque manifestement dans l'action des nerfs par le moyen du cerveau, et sans laquelle elle est nulle et anéantie s'il vient à être aflccté. Tous les sens sont éi?a- Jcment subordonnés au cerveau ^ ainsi que les organes qui s'y rattachent. Il nous serait facile de citer beaucoup d'autres exemples. La coniiguité absolue consiste dans une série de parties identiques suivant leur longueur , et la contiguiié non al)solue dans une série de parties difTérenies suivant leur épaisseur.
L'influence des organes entr'eux par sympathie est la plus étonnante, et cependant la plus
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fréquente, et peut-être celle qui a le plus fixé l'attention des physiologistes. On entend par 57mpatliie une liaison , une connexion des organes entre eux sans aucune espèce de continuité ni conliguilé. 11 est impossible de se rendre raison d'un tel phénomène ; mais il existe ; il faut nous borner à l'observer , et tout ce qu'on a dit et écrit sur les causes de la sympathie ne mérite guère d'être cité. Les anciens physiologistes avaient assez bien envisagé ce phénomène de l'économie ; mais dans la suite, confondant l'effet avec la cause, on est tombé dans de graves erreurs. On a fait plusieurs espèces de sympathies : Hunter ^ par exemple, distinguait les sympathies de continuité, de contiguité, et les sympathies éloignées. Barthez définit la sympathie une affection irrégulière , non concomitante et sans rapport avec les fonctions. Nous pensons , avec M. le professeur Roux , qu'on ne doit reconnaître que la dernière espèce admise par Hunter. En second lieu, la sympathie ne peut pas être considérée comme n'ayant aucun rapport avec les fonctions; elle paraît, au contraire, en beaucoup de circonstances , identifiée aux fonctions et soumise à un ordre régulier et constant. Blchat, qui a jeté quelque jour sur ce point de la physiologie, s'est trompé toutefois quand il a dit que les sympathies étaient Texercice irrégulier des propriétés vitales. Les
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pbysiologisles^ nous l'avons déjà dit, ne se sont point entendus lorsqu'ils ont irailédes sympaililes, et ils.ne leur ont jamais accordé l'influence qu'elles doivent avoir dans l'économie animale; déplus, ils ont admis au nombre des sympathies des phénomènes qui ne s'y rapportent point. C'est ainsi , par exemple, qu'on appellesympathiquela douleur qu'un malade amputé ressent dans la partie qu'il n'a plus : ces sensations tiennent sans doute à la longue habitude qu'on a d u membre qu'on a perd u, à la conscience de son existence qu'on conserve encore quelque temps après en être privé, ou encore aux impressions qui peuvent douloureuse- *iicnt aflecter l'extrémité des nerfs recouverts par la cicatrice, et inaccoutumés à être impressionnés de celte manière. On a mis au nombre des sympathies et appelé sympathie cl imitation , différens mouvemens que nous sommes portés à imiter en les voyant exécuter , comme le bâillement, les envies de vomir, etc. Bocrhaave cite un homme qui imitait tous les mouvemens qu'il voyait faire. Il est évident qu'on ne peut pas conserver le nom de sympathie à ce phénomène, parce que le phénomène d'imitation dont il s'agit nes'exerce qu'entre les individus , et que la sympathie ne s'exerce qu'entre les organes; de plus, ne serait-il pas raisonnable d'assigner à celte sympathie d'imitation les mêmes causes que nous
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assignons à tous les mouvement auxquels nos passions nous livrent , lesquels sont le produit de nos sensations, et délerminés par une rcaclion du cerveau qui nous fait agir ?
On voit qu'en nous restreignant au mot sympathie tel que nous l'avons défini, il est facile de distinguer un pliénomène syuipalliique de tout autre : par exemple , aussitôt que nous avons introduit des alimens dans l'estomac, il s'opère en nous une multitude de changemens ; nous sentons lin certain degré de froid qui s'empare de nous ; le ])Oulss'accélère, lacirculationdevieniplus rapide: voici un véritable phénomène sympathique. Eu effet , il n'y a entre l'estomac et le cœur aucun rapport de continuité , contiguilé , ni de subordination. Mais l'accélération de la circulation <jui arrive trois ou quatre heures après l'introduction des alimens dans l'estomac n'est plus un phénomène sympathique. Cette accélération est due à l'augmentation du sang à l'arrivée du chyle, qui, en augmentant son volume, peut encore élre la cause de quelques changemens. Dans la marche ordinaire du liquide , tout phénomène qui peut être expliqué par l'intermédiaire des nerfs n'est point sympathique.
Un rapport sous lequel il est important de considérer la sympathie , c'est celui qui nous la montre comme excitant isolément chacune des
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propiiéiës vitales , et les modifiant de différentes manières. 11 y a des sympathies de toutes nos propriétés vitales , c'est-à-dire qu'elles peuvent éire toutes mises en jeu sympalhiquemcnt , en commençant par la sensibilité animale. Nous voyons la peau sympatbiquement affectée dans l'hépatite, à l'épaule , dans le clou hystérique. Le nez est le sic'ge d'une démangeaison incommode dans les affections vermineuses des enfans. Toutes nos sensations de besoin ne sont souvent que sympathiques : la faim, la soif, l'excréiion des urines , des matières fécales, l'envie de dormir, etc. Après avoir pris beaucoup d'exercice on peut avoir faiiu ou besoin de sommeil , sans que l'estomac soit vide ni que l'heure habituelle du sommeil soit arrivée; l'impression du froid sollicite l'excrétion des urines; la peur provoque l'excrétion des matières fécales, etc., etc. La conlractililé animale peut également être mise en jeu d'une manière sympathique : cependant il est difficile de savoir si les nerfs n'y ont pas quelque part , en conséquence nous n'en parlerons point. L'expansibilité est également sous l'influence sympathique ; on sait que les vers intestinaux sont souvent une cause de la dilatation de l'iris. Les différentes impressions que nous pouvons éprouver font entrer en érection le mamelon , la verge , le clitoris , etc.
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L'irritabilité est soumise à la même loi : la présence des allmens dans l'estomac, avons-nous dit, acce'lère la circulation; l'irritation de la luette détermine des vomlssemens , etc. La tonicité n'est pas moins que les autres propriétés vitales modifiée par la sympathie. Il nous faudrait porter notre examen sur toutes les propriétés vitales qui président à nos fonctions pour passer en revue toutes les sympathies de l'économie. ♦
Nous ne nous attacherons pas à énumérer chacune des fonctions dans Texercice desquelles se manifestent des phénomènes sympathiques : cependant, ceux qui dépendent de la calorification pouvant être confondus avec ceux qui appartiennent à la sensibilité animale, nous nous y arrêterons un moment. Il est certains genres de douleurs analogues aux sensations de froid ou de chaleur; ces sensations ne sont que sympathiques ; elles n'appartiennent point à la calorificalion, mais dépendent de perversions ou d^anomalies dans la sensibilité animale. Ainsi, dans les fièvres intermittentes , le malade éprouve d'abord des frissons plus ou moins violens, puis un sentiment de chaleur plus ou moins insupportable , sans que la température de la peau change d'une manière appréciable; la chaleur ne diminue ni n'augmente, ou si elle offre quelques variations, elles ne sont nullement proportion-