CHAPITRE V
De la Durée de la vie.
X DUS les êtres organisés , après avoir parcouru les trois périodes d'accroissement, de consistance elde dépérissement, laissentexhaler de leurs corps
r/^a ÉLtMENs d'hygièni^.
épuisés le feu qui les animait. La mort est donc une véritable fonction de la vie , qui consume l'aliment nécessaire à son entretien. Chaque espèce vivante a un terme désigné par la nature , ;ru-delà duquel elle cesse d'exister : c'est dans 1-a connaissance des moyens qiii peuvent pro^ longer ce terme en prévenant la trop prompte consomption de la flamme vitale, que consiste la médecine conservatrice. Jetons d'abord un eoup-d'œil rapide sur la durée des différentes classes du mond-e organisé , en commençant par les plantes , avant que d'en venir à celle dernière période où l'âme humaine, se dégageant des entraves de la matière , va se réunir à son auteur. Ce que j'en dirai mettra le lecteur en état d'apprécier dans la suile les circonstances les jilus importantes qui influent sur là prolongation ou la diminution du terme de sa vie.
Les diflorentes espèces de plantes, que les botanistes, d'après les dernières découvertes , portent au nombre de quarante mille, peuvent être divisées, en général, en trois classes principales, savoir, les annuelles ou d'un art et; même de six mois, car elles naissent pour la plupart au printemps et meurent en automne ; les bisannuelle^ f qui meut-eht afu bout dé deux îâhé/ enfin lès ^'ti'aceSy qui viVfent dépuis quatre j'usqti'à mille ans.
Les plantes succiUcntcs et {iqticùsts , dont l6â
DtJRÉt DE LA VIE. l^^
organes sont déJicals, ne vivent qu'un an ou deux au plus; celles qui sont plus robustes et dont les sucs sont plus consistans , durent davantage ; mais elles ne peuvent, sans bols, vivre bien longtemps. On remarque des ditrérences très-sensibles dans les plantes qui ne vivent qu'un ou deux ans ; celles qui sont inodores et insipides vivent généralement moins que les plantes aromatiques et sapidcs.
Les arbrisseaux et les arbres de la petite espèce peuvent durer jusqu'à soixante et même cent ans ; de ce nombre sorît entre autres la vi"ne et le ro-
o marin. Les arbres qui vivent le plus sont les plus
grands et les plus forts, tels que le chêne, le tilleul, le hélre, etc. Le baobab, dont le tronc acquiert vingl-cinq pieds d'épaisseur, est un des IS'estors du règne végétal. Adanson trouva , vers le milieu de ce siècle , les noms des navigateurs des i5* et 16^ siècles sur des baobabs qui n'avaient encore que six pieds d'épaisseur , et les incisions n avaient pas encore beaucoup d'étendue. H y a eu des cèdreé diï Liban et des cbcncs qui ont vécu plus de mille ans.
Tous les arbres dont la crue se fait rapidemcn( , tels que le piri, le bdiildàii , etc. , ont un bois bien moins fort, et qui dure rnoins : le chéue, qui croît le pluslenienient , a auSsile bois le plus duF; et vit l;èy-lu.**w-icmps.
l44 ÉlÉMENS D'iIYGlèNE.
Les végétaux de la pclile espèce ont en général une vie plus courte que ceux qui sont très-grands et d'une certaine grosseur. Ceux qui ont le bols le plus dur ne sont pas ceux qui vivent le plus long-temps : le buis, le cyprès^ le genévrier , le noyer et le pommier, ne durent p.^s autant que le tilleul , dont le bois est néanujoins plus tendre. En général, ceux qui donnent des fi uits mous, succulens , et perfectionnés par Tart , durent îuoins que les autres et que ceux qui n'en portent que de mauvais. Parmi ces derniers, ceux qui portent des noix ou des glands ont une vie plus longue que ceux dont les fruits sont à no^'au , ou à grains. On observe qu'en général ceux dont le feuillage et les fruits viennent et passent lentement, vivent plus long -temps que les autres. Les arbres -domestiques vivent moins aussi que les sauvages; et ceux dont les fruits sont aigres et âpres durent davantage que ceux qui en portent de doux.
La culture , les irrigations et les engrais fréquens font pousser et fructifier davantage les arbres ; mais ces moyens abrègent leur vie. LIne chose remarquable, c'est qu'en coupant souvent les branches , on prolonge considérablement la vie des végétaux , et en remuant la terre autour des racines de vieux arbres auxquels on n'a pas touché depuis long-temps , on leur procure une
DUREE DE LA VlË. i ^5
sorte de rajeunissement, un feuillage plus abondant et plus vert.
Enfin, il résulte des expériences faites sur les végétaux, que, pour vivre long-temps, il faut, i". que leur accroissement soit lent; 2". qu'ils ne se propagent que lentement et tard ; 3°. qu'ils aient un certain degré dé solidité , mais non excessif, assez de bois, et que leurs sucs aient de la consistance; 4° qu'ils ne soient pas trop grands, mais qu'ils aient néanmoins une certaine étendue; 5°. qu'ils soient en plein air;.6''. qu'on ne remue pas souvetit la terre qui est autour d'eux, que les irrigations ne soient pas trop fréquentes, non plus que les engrais. Toutes Ic&condilions contraires sont défavorables aux végétaux , et abrègent leur vie, en consumant, rapidement le priiïcipe vital qui les anime. . ,
Passons maintenant au règne animal, qui renferme une infinité d'espèces. Depuis l'insecte éphémère qui vit tout au plus l'espace d'un jour, et qui, dans la vinplième" heure de son aae , se trouve comme un ccntenairo , au milieu d'une nombreuse postérité , jusf|U'à l'élépliànt qui vit deux cents ans, quelle, multitude innombrable d'animau^xde forme, (^c grandeur , d'organisation et de durées différen^-ps I , Je. , li'essalerai pas d'.en)brasser un.sujet si vastp^qùi m'éloignerait de celui que je me propose de ;4iraiter; je rassemblerai I. • 10
l46 ^lÉmENS D'llYClè?(B.
soiilement quelques p.irÙGulariies qui pourront servir à expliquer d'où dépend la duré? de la vie.
La classe la plus imparfaite des animaux, et qui est voisine de la famille des végétaux , est celle des vers. Comme ils sont d'une constitution Irèsfaiiile, il est très-facile de les détruire; mais, de même que les plantes , ils ont une faculté reproductive extraordinaire, et qui est telle qu'ils continuent de vivre et de reproduire les parties qui leur manquent; ce qui fait qu'il est très-difficile de dire quelque chose de certain sur la durée de leur vie. 11 est dans celte même classe des espèces qui semblent indestructibles: tels sont entre autres les vers fdi formes et les vibrions. Foiîtana fit sécher au soleil le plus ardent , et ensuite au four, plusieurs de ces animaux , et il parvint à les rani.ner six mois après , en les mettant dans l'eau tiède.
Les insectes, dont l'organisation est moins imparfaite, cl qui occupent un rang plus élevé dans l'échelle animale, ne jouissent pas d'une faculté reproductive aussi grande ; mais leur existence se prolonge d'une manière prodigieuse par les métamorphoses diverses qu'ils subissent. L'insecte vit plusieurs années sous la forme de larve , de vers, puis passe à l'état de chrysalide; il existe encore quelque temps dans cet état de mort apparente , duquel il ne sort que sous la foime de pa-
DURfeE DE LA VIK. î.^^J
pillon. C'est alors seulement qu'il peut propager son espèce; mais ce temps est court, et il meurt bientôt après.
Lesamphlbiesparviennentàunâgetrcs-avancé.
Ils ne sont sans doute redevables de leur lon^é-* vile , ainsi que tous les autres animaux qui en jouissent, qu'à l'intime union du principe vital à la substance médullaire nerveuse. Il est des exemples presque incroyables de la ténacité de la vie dans ces animaux. On a vu des tortues vivre pen-* dant quelque temps sans télé , et des grenouilles sauter après leur avoir arracbé le cœur. D*après l'observation , la tortue et le crocodile sont de tous les ampbibies ceux qui vivent le plus longtemps. La tortue, paresseuse et flegmatique, croît si lentement , que dans ses vingt premières années, on remarque à peine en elle une différence de quelques pouces; elle vit au-delà de cent ans* liC crocodile vit aussi un grand noml^re d'années, et croît jusqu'à la mort.
Il est des poissons qui parviennent a une grande vieillesse. La lamproie vit soixante ans ; le brocbet et la carpe, cent cinquante. Lesaumon croît vite et vit peu ; la percbe, dont la crue est lente, a une vie beaucoup plus longue. Remarquons en passant qtie la mort naturelle est plus rare parmi les poissons que dans les autres classes d'animaux, parce qu'ils se dévorent entre eux , et
î/j8 ÉLÉlWENS d'uYGiÈne;
que le plus faible devient la proie du plus fort.' Cette desuuclion coniinuî^lle au moyen de laquelle la vie se soutient dans Tempire des eaux , était absolument nécessaire pour prévenir la putréfaction et les exhalaisons nuisibles qui en sont l'effet inévitable.
Il est aussi des espèces d'oiseaux qui vivent trèslong-temps. Le grand aigle, l'ossifrague, qui est grand et fort, et dont les fibres sont très-dures, parviennent à un âge très-avancé; on en a. vu , dans des ménageries, qui ont outre-passé cent ans. On rapporte la même chose de l'épervier , du faucon, du corbeau et du cygne. Le perroquet vit, dans l'état de domesticité, au-delà de soixante ajis, et le paon vingt. Le coq, le plus lascif des piseaux , ne vit pas autant. Les petites espèces vivent encore moins , excepté cependant le merle elle cliardonncret, qui peuveni atteindre l'a vingtième année.
Parmi les quadrupèdes à mamelles, r<-lépliant est celui qui pousse le plus loin sa carrière ; il croît jusqu'à 1 âge de trente ans, et vil l'espace de.deux siècles. On ne peut délermijicr la durée de la vie du lion; il est néanmoins présumable qu'elle est longue, car on en a trouvé qui n'ay^jient plus de dents. L'ours ne vit pas beaucoup. Il n^en est pas dCj même du chauieaU, qui va à cinquante et nieuie à cent ans. Le cheval et l'âne
tîURÉE DE LA VIE. l^^)
ne passenl guère trente ans; mais le mulet vit plus long-temps. Ce que l'on a dit du grand âge des cerfs n'est qu'une fable : ils ne vont guère au-delà de trenlt-cinq à quarante ans. Le taureau, malgié sa grandeur et sa force, n'atteint que la quinzième ou la vingtième année au plus. La plupart des quadrupèdes plus petits, tels que la brebis, la clièvre, le renard, le lièvre, ne vivent que huit à dix ans, excepté le chien et le cochon , qui vont à quinze et même à vingt ans.
IjCS observations nous conduisent aux résultats SLiivans :
1°. La durée de la vie est en raison directe de Ja longueur du temps que l'animal reste dans If sein de sa mère ou dans l'œuf : l'éléphant, dont la femelle porte près de trois ans , est l'animal qui ville plus long-temps ; le cerf, le taureau -, le chien, etc., qui ne restent que quelques mois dans le ventre de leurs mères , vivent moins. '
2". La durée de la vie est en raison de la lenteur de l'accroissement , et en raison inverse de la proniplitude avec laquelle l'animal se propage. Le cheval , fane , le taureau sont pubèies et peuvent se rejjroduire à trois ou quatre ans ; les deux premiers ne parviennent nu'à la vingt-cinquième ou à la trentième année, cl l'aulre à la quinzième ou à la vinglièiuc. La brebis pciil être mère à
l50 ÉL^MENS d'hYGiÊWE.
deux ans , et ne vit au plus que deux lustres.
3°. Toutes les bêles à cornes vivent en général moins long-temps que celles qui n'en ont pas.
4". Les animaux qui ont la chair noire vivent davantage que ceux qui l'ont blanche.
5°. Ceux qui sont paisibles et limides n'ont pas une vie aussi longue que les animaux courageux et irascibles.
G°. Les animaux qui sont très -couverts, tels que les oiseaux^ vivent le plus long-temps. 11 en est de même de l'éléphant , du rhinocéros et du crocodile, qui ont la peau très-dure , et des poissons à écailles.
7". L'espèce de mouvement que prennent les animaux paraît avoir aussi quelque influence sur leur vie : la course ne semble pas lui être favorable; mais la natation et le vol sont au contraire Irès-avantajzeux à sa durée.
8**. La ténacité de la vie est en raison de la simplicité de l'organisation : les zoophyles , qui sont tout estomac , sont eu quelque sorte indestructibles.
g°. Les animaux à sang froid ont plus de ténacité vitale que ceux qui ont le sang chaud. En général , les animaux aquatiques vivent plus que ceux qui respirent.
lO'^r Les animaux dans lesquels existe la faculté de reproduire de nouveaux organes, vivent
DUllEE UE I.A VIE. IDI
plus que les autres: les zoo})liy(es, les vers, les amphibies, en un mot tous les animaux à sang froid et sans cartilages, en {"ournissenl une multitude prodigieuse d'exemples. Le changement d'écaillés dans les poissons , de peau dans les serpens, les grenouilles, les crocodiles, etc., de plumes et de bec dans les oiseaux , leur procurent le même avantage. Plus ce renouvellement est parfait, plus la vie est Jongue à proportion.
Les deux premiers résultats énoncés plus haut souffrent peu d'exceptions , et sont en général applicables à toutes les es[)èces d'animaux, même à l'homme. Celui-ci reste neuf mois.dans le sein de sa mère, et son accroissement dure vingt-un à vingt-trois ans : aussi ne vil- il que la moitié de la vie de l'éléphant , qui reste trois ans dans les flancs maternels , et qui croît durant trente années après en être sorti.
Le terme ordinaire de la vie humaine est à quatre-vingt-dix ou cent ans. Cependant, nous avons des exemples récens qui font penser qu'il est dans l'homme une source de vie plus longue que la vie ordinaire. On a vu dans ce siècle des vieillards de cent vingt , cent cinquante , et même de cent quatre-vingt-cinq ans ; et si cela arrive rarement, il faut bien moins en accuser la décré{)iiude de la nature que nos mœurs dépravées.
l52 ÉlÉmEKS D'ilYClèiNE.
L'iiomnie peut parvenir à un âge très-avancé dans tous les climals, sous la zone lorride comme dans les régions glaciales. La seule différence est qu'il y a un plus grand nombre de vieillards dans certains pays que dans d'autres, et que le terme de la yie y est plus ou moins reculé. Dans ceux même où la morlalilé est en général plus considérable, on rencontre des individus qui vivent plus que dans d'autres où elle est moindre. Elle n'est pas grande , par exemple , dans les climats les plus chauds de l'Orient; delà vient que la population y est excessive : néanmoins on y trouve f lo*iles choses égales d'ailleurs , moins d'hommes très-avancés en âge que dans les contrées situées plus au nord , où la mortalité est prodigieuse.
C'est dans les lieux élevés que l'on rencontre le plus grand nombre de vieillards. Cependant il ne faudrait pas admettre en principe que, plus un Heu est élevé, plus il favorise la longévité; car l'observalioii y est manifestement contradictoire : les monlagnes de la Suisse fournissent un bien moindre nombre d'hommes avancés en âge que celles d'Ecosse.
L'espèce humaine ylt plus long-temps dans les pays froids qi^e dans les pays chauds; mais il est un terme moyen pour le fioid comme pour la chaleur : les habilans du Groenland , de la i\ou-
DUKKE DE I.A VIE. 1 53
velle-Zemblc , etc., ne vivent pas beaucoup. Ce qui contribue le plus à la longévité, c'est l'égalité et la douceur de la température : les j)ays sujets aux variations grandes et subites de l'atmosphère ne sont pas favorables à la durée de la vie ; les hommes n'y parviennent pas à une extrême vieilleiSse.
L'excès de sécheresse et d'humidité nuit à la vie. L'air le plus favorable est celui qui lient eu dissolution une légère quantité d'eau : les îles et les presqu'îles ont été dans tous les temps le séjour de la vieillesse.
Les observations prouvent que la Norwège, le Danemarck , la Suède, l'Angleterre, la France et la Suisse , sont les pays de l'Europe où l'homme vieillit le plus, j)arce qu'ils réunissent toutes les qualités énoncées plus haut. Au contraire, l'Abyssinie , Surinam et quelques contrées de l'Amérique , sont ceux où la vie humaine e:il la plus courte.
Observons que la plupart des hommes qui soni parvenus à un très-grand âge avaient été mariés, et qu'on ne cite qu'un très-petit nombre de célibataires qui aient vécu long-temps. Observons encore que, quoiqu'il y ail plus de femmes que d'hommes qui vieillissent ^ il n'y a cependani que CCS derniers qui atteignent l'iige le plus avancé j cl (jue le séjour des cajnpagncs ou dr:>
petites villes est plus favorable à la longcvilé que celui des ^^randes villes , qui lui est au contraire très-préjudiciable.
Enfin, l'honinie vit plus ou moins long-lemps sous toutes les latitudes, selon qu'il est plus ou moins fidèle et souujis aux lois de la nature. On a vu les liabitans d'un même pays vivre plus d'un siècle, tant qu'ils menaient la vie frugale et sobre des bergers et des agricoles , et les générations suivantes terminer plus vite leur carrière dès qu'elles furent plus avancées dans la civilisation , et qu'elles commencèrent à se livrer à l'oisiveté , au luxe et à la débauche.
Je terminerai ce chapitre par un court exposé d'arithmétique politique, établie d'après les observations les plus récentes et les plus fidèles.
Si on suppose , ce qui est très-probable , que la terre soit peuplée d'environ mille millions d'hommes, et si on établit qu'il faille trente-trois ans pour une génération, il en meurt dans cet espace de temps un même nombre, et par conséquent celui des morts est :
Chaque année, de. . . 50;000,ooo;
Chaque jour, de. . . . 82,000;
Chaque heure, de. . . 3, 4^0»
Chaque minute, de. . . 60;
Chaque seconde, de. . 1.
D'une autre part , vu que le nombre des morts
DURléE DE LA VIE. 1 55
est à celui des naissances comme lo esta 12, il naît :
Chaque année 56,000, 000 ;
Chaque jour g8,ooo ;
Chaque lieure. .... ^,080;
Chaque minute. ... 72;
Chaque seconde. ... iy|.
De tous les babitans d'un pays , un quart demeure ordinairement dans les villes, et les trois autres quarts dans les campagnes. Dans celles-ci il en meurt i sur 40; dans les petites villes, i sur 32 ; dans les villes moyennes, i sur 28 ; dans les plus grandes villes, i sur 24 à 25; dans tout un pays, i sur 36 : de sorte que de 1000 personnes en vie, il en meurt par an 28.
La quantité d'habilans d'un pays ou d'une ville est renouvelée à-peu-près tous les trente ans ; par conséquent, dans un siècle , le genre bumain se renouvelle trois fois, plus un tiers.
De 100,000 esclaves , il en mourait ci-devant, dans la Martinique, 20,000 par an.
De 1000 en fans nouveau nés , il en reste au bout d'un an j/yo ; de 2 , 620 ; de 3 , 600 ; de 4> 696 ; de 5 , 584 >* ^^ ^> ^7 4 7 ^^ 7 > ^64 ; de 8 , 554; ^6 9> ^4^j de 10, 540; de i5, 5 18; de 20, 49^ i ^6 25, 471» Je 3o, 44^ J ^^' 5^» 420; de 40, 585; de 45, 55o; de 5o, 3i3; de 55, 271; de 60, 226; de 65, j8o; de 70,
l56 ELKrrtF.!VS D IlYGlEi\E.
i5o; de ^5, 85; de 80, 49 j ^le 85, 2/^; de 90, II ; de 95, 5; de 97, I.
Parmi loo enfans morts dans l'espace d'un an , il y en a, en général, trois venus iiiorls au inonde. Celte proportion varie néanmoins dans les diflférens lieux : à Dresde, parmi 16 enfans nés dans l'année, il en vient un mort au monde; à Berlin, c'en est i sur 3o, et en Suède, 1 sur 5o.
De 200 enfans qui naissent , il n'en périt pas lout-à-fait un dans le travail de l'accouchement. Sur 100 qui naissent, on ne peut pas en compter un qui meure durant les couches de la mère.
De 1000 enfans allaités par le sein maternel, il en meurt 5oo au plus; mais de looo confiés à des nourrices, il en meurt 5oo.
De ii5 femmes qui sont accouchées, on en compte une morte en couche, et parmi 400 , une seule morte dans l'enfantement.
lia petite-vérole emporte ordinairement huit pei'sonnes de dix qui en sont attaquées, et plus de filles que de i;arç(ms.
D'après un calcul l'ait en Angleterre, il s'est trouvé , parmi un million d'honnues morts, 7 de l'âge de 100 ans; 5 de 101 à 102; 4 <^^ lOo; 2 de 104 ; 4 ^^^ io5 ; 2 do loG; i de 107; 7 de 1 08 ; !> de 1 09 ; 4 ^^^ 1 1 0 ; 5 de 1 1 1 ; "i de
nURFE r>E LA VIF. î 5^
ÏÎ2; 5 de ii6; 2 do 118. D'après cela, il ne se trouve qu'un homme de 100 ans parmi 3i25 morls.
11 est constaté par l'observation que, de 100 personnes qui vivent dans de grandes villes , il n'y a, dans le courant de l'année, que 12 malades d'un mois, ou 24 de i5 jours.
Ij\î<,^e de y ans est celui où Ton peut espérer de vivre le plus grand nombre d'années. A celui do I 2 ou i5 ans, on a fait le quart de sa vie; à celui de 28 ou 29, on en est à la moitié; et à celui de 5o, on en a fait les trois quarts. Il est dans l'âge viril une époque, celle de 4o ans, où Ton est plus assuré de vivre, et où l'on peut , plus qu'auparavant, espérer de passer un certain terme. Il en est aussi où les probabilités de la vie restent les mornes pendant quelques années. BiiiTon observe qu'a So ans on peut e?pérer trois ans de vio; qu'à qo ans on a encore la probabilité de vivre trois ans; et au-delà de cet âge, toujours trois ans.
En prenant la totalité des morts dans un pays , on trouve que le nombre des mâles morts dans 1 année est, à celui des femmes, comme 27 est a 25.
D'après des observations faites durant l'espace de 5o ans, on a trouvé que la plus grande mortalité a consiammieiu eu lieu vers la fia d'avril etié
î56 ÉlÉmENS D'uYGlèNE.
commencement de mai , et ensuite aux mois de septembre et d'octobre; et la p!us petite, aux mois de décembre et janvier.
Le mois, et surtout le premier jour de la naissance, sont marqués par le plus ^^rand nonibre de morts : de 2,7 35 enfans qui ont péri en bas âge, 1292 ont perdu la vie dès le premier jour , et 164 dans le premier mois.
Le nombre des morts est à celui des naissances comme 10 est à 12 ou à i5 , de sorte qu'il naît, dans un lieu quelconque , deux ou trois dixièmes d'hommes de plus qu'il n'en meurt.
La totalité des vivans étant divisée en deux parts, la moitié en est de l'âge de 27 ans ou audessus ; et l'autre moitié , un peu plus forte , est au-dessous de cet âge.
Les femmes mariées sont à tout le sexe d'un pays comrfe i est à 3 , et les hommes mariés sont à tous les garçons comme 5 à 5.
Les garçons au-dessus de 1 5 ans sont aux habitans d'un pays comme 4 à 55; et les filles audessus de i5 ans sont aux mêmes habilans comme 5 à 26.
Les filles, ainsi que les garçons au-dessus de 1 5 ans, sont à tous les habitans d'un pays comme i à 8.
Le plus grand nombre des naissances a lieu dans les mois de décembre et de janvier.
DURTE DE LA VIE. 1 5q
TiC nombre des garçons qui naissent est à celui des filles comme 21 à 20, ou 104 à 100; mais comme , dans l'enfance, il meurt deux vingt-cinquièmes de garçons de plus que de filles, le nombre des bommes et celui des femmes sont à-peu-près égaux vers l'âge nubile.
Le nombre des jiuiieaux est à celui des en fans qui naissent comme i est à 65 ou 70; de sorte que parmi 65 ou 70 naissances, il ne se rencontre qu'une fois des enfans jumeaux.
Le nombre des enfans est à celui des familles (le tout un pays, comme 10 est à 66; de manière qu'il y a 66 familles pour 10 enfans nés dans l'année.
Le nombre des vivans est ordinairement à celui des enfans nés dans l'année, comme 26 ou 27 ou 28 sont à I.
Le nombre des mariages est à celui des habilans d'un pays comme 175 est à 100. Actuellement le nombre des mariages doit être considérablement diminué par rapport à la guerre, et aux funestes effets du luxe et du libertinage.
Dans tout un pays, cbaque mariage , l'un portant l'autre , ne peut donner que 4 enfans; dans les villes, il n'y a que 35 enfans pour 10 roariages.
Les bommes en état de porter les armes font le quart des babilans de tout un f)ays.
iGo élémens d'iiygiènt;.
Le nombre des veuves esl ordinairemeni à celui ries veufs comme 5 est à i ; celui des veuves qui convolent en d'autres noces est à celui des veufs qui se remarient comme 4 est à 5.
Le nombre des veufs , dans un pays , est à celui de tous les liabitans comme i à 5i ; celui des veuves est à ces mêmes habilans comme i est à i5.
Les veufs et les veuves sont aux gens maries d'un pays comme 3 à y. Le nombre des veufs esl à celui des mariages comme i à lo , et celui des veuves comme 3 à 7.