‹ Élémens d'hygiène (volume 2)Chapitre 17 sur 36 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

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Histoire naturelle de V homme dans les differens climats.

ij'iiOMME est cosmopolite;, il est l'habitant dp tous les pays et de tous les climats ; il peut v\vrc et se perpétuer sous les latitudes les plus opposées. Il n'en est pas de même des animaux , qui, pour la plupart, dégénèrent bientôt et s'abâtardissent , ou ne se perpétuent point, mais s'élcignenl lentement liors des lieux qui les ont vus naître. 11

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paraît que c'est à la grande sensibilité dont jouit Tcspèce humaine, qu'elle est redevable de la force de résistance qu'elle oppose aux agens extérieurs qui allèrent l'organisation des animaux , dont le ton fixe de sensibilité ne peut tenir contre l'action des causes offensives que présente la différence des climats. Néanmoins l'homme, pour en changer, n'est pas à l'abri des maladies : souvent il contracte celles qui sont propres aux indigènes , ou il en éprouve d'autres qui sont décidées par ia nature même, qui fait d'utiles efforts pour mettre en équilibre le système organique du nouveau colon avec le nouvel ordre de choses. L'expérience nous apprend aussi que les habilans des contrées chaudes s'acclimatent plus aisément , et sont moins exposés aux maladies dans les pays froids , que ceux des pays froids transplantés dans les contrées chaudes.

Le climat, par sa température et ses productions, exerce la plus grande influence, non-seulement sur le physique de l'homme, mais encore sur ses facultés mentales; le gouvernement et la religion modifient puissamment aussi son existence; en sorte que son caractère, ses mœurs , ses opinions, ses préjugés, sa physiononrle , sa couleur et sa taille sont dans une dépendance étroite de ces causes, et spécialement du lieu qu'il habile. Et, en effet, on rencontre souvent des I. II

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différences très-marquées dans les peuples Hmîiroplies : un bois, une rivière, une montagne, établissent souvent une ligne de démarcation qui rend deux bourgades presque entièrement différentes.

Tout est soumis aux lois physiques, et les animaux éprouvent , ainsi que l'homme, les influences du ciel et de la terre. C'est principalement par la nourriture que l'homme reçoit l'influence de la terre ; celle de l'air et du ciel agit plus superficiellement ; et tandis qu'elle altère l'organe extérieur, les alimens agissent sur la forme intérieure par des propriétés qui sont constamment relatives à celles de la terre qui les produit. Il résulte de là , ainsi que l'a très-bien observé Buffon^ que les mêmes causes qui ont modifié l'homme dans nos climats ont influé aussi sur toutes les espèces d'animaux. Le loup , qui dans notre zone tempérée est peut-être l'animal le plus féroce, ne l'est pas à beaucoup près autant que le tigre , la panthère , le lion^ de la zone torride , ou l'ours blanc, le loup-cervier et l'hyène de la zone glacée. Bien plus, on remarque non-seulement que le cHmat est fait pour les espèces , ou les espèces pour le climat, mais encore.on trouve dans chaque espèce en particulier le climat fait pour les nrœurs, et les nireui-s relatives au climat. Les animaux féroces de l'Afrique sont bien moins re-

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(îoiilables en Amérique. Us ont dégénéré dans le nouveau continent, parce qu'ils y ont éprouvé rinfluence d'un climat plus doux^, et y sont devenus conformes à sa nature.

Les végétaux ne participent pas moins que les anmiaux à la nature du climat; chaque contrée, chaque degré de température , a ses plantes particulières. Ce sont les climats excessifs qui donnent naissance à celles dont les qualités sont extrêmes ; les pays tempérés ne produisent au contraire que des substances tempérées , les herbes les plus douces , les légumes les plus sains , les fruits les plus agréables. Ce n'est que là que l'on rencontre des animaux paisibles, et des peuples dont les mœurs sont douces et innocentes. Par-tout les êtres organisés ont des rapports directs avec les climats. Il suffira pour s'en convaincre de jeter un coup-d'œil rapide sur les principales contrées du globe , en commençant par le Nord.

Le Spilzberg est le pays le plus septentrional que nous connaissons; il est aussi le plus froid^ et l'air y est très-vif : durant l'été le soleil y reste plus de quarante jours sur l'horizon ; mais SOS rayons ont si peu dé force que l'âpreté du froid n'en est que très - peu diminuée. Ce pays n'est habité que par des ours blancs à pieds palmés, d'une grosseur et d'une force considérables, par des renards gris et des rennes , surchargés

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d'une graisse qui a la funeste propriété de donner la dysenterie à ceux qui en mangent , et par des canards de différentes couleurs. Le sol ne produit ni arbres ni arbrisseaux. Ce pays n'est point habité par l'homme.

La nouvelle Zemble , grande île au nord de l'Asie , dans la mer Glaciale, est le plus misérable pays de l'univers ; il est rempli de montagnes, et presque entièrement couvert de neige. Cette île n'est point habitée , mais fréquentée par les Samoïèdes , qui y passent vers le milieu de mai, cl qui s'y occupent tout l'été à la pèche et à la chasse. Les Hollandais qui abordèrent sur la cote orientale de cette île , en i5g6, cessèrent de voir le soleil depuis le 4 novembre jusqu'au 26 janvier iSgy ; ils ne devaient l'apercevoir que quatorze jours plus tard d'après les règles de l'astronomie : ce que ces navigateurs prirent pour le soleil durant ces quatorze jours n'était sans doute qu'une parélie , ainsi que l'a prouvé Cassini le père.

Le Groenland , grande presqu'île au nord-est de l'Amérique septentrionale , ne produit aucun arbre , si ce n'est vers le sud ; et les seuls qui y croissent sont des saules , des bouleaux , des aunes, quelques buissons de genièvre, de groseillier et de ronces , qui ne portent que de mauvais fruits. Mais les lichens y sont en quantité ; ils sont

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