‹ Élémens d'hygiène (volume 2)Chapitre 20 sur 36 · HISTOIRE NATURELLE DE L HOMME. 2O · texte numérisé non relu

HISTOIRE NATURELLE DE L HOMME. 2O

On les a accusés, avec fondement, de paresse et d ivrognerie ; mais ils ont des mœurs pures et douces. Les Holteniols qui avoisinent les Gafres sont errans , malpropres, et mènent la vie sauvage. Ainsi que les Madécasses (i), ils n'ont point de culte , pas la moindre idée de la divinité ; malgré cela ils sont hospitaliers , humains , et ont beaucoup de bonne foi. Les femmes sont beaucoup plus petites que les hommes : il est faux qu'elles aient naturellement un tablier de peau qui descende jusqu'à mi-cuisses (2).

Les Holtentols sont pour la plupart bergers ou chasseurs; ils sont souvent en guerre, et traitent ainsi que les Suisses, avec leurs voisins pour marcher à leur défense. Ces peuples étaient autrefois dans l'usage de se couper une phalange des doigts de la main quand ils perdaient un de leurs proches , en sorte qu'on pouvait connaître à l'inspection des doigts le nombre des morts d'une famille. Cet usage était établi aussi dans le

(i) On a observé que les vieillards élaieni. extrêmement considérés chez les dilïérenles nations qui peuplent l'île de Madagascar. Ce sont eux qui rendent la justice , et qui sont chargés du maintien des lois et des coutumes.

(2) Ce que des voyageurs peu instruits a\aienl pris pour une espèce de tablier , n'est autre chose qu'un développera^tl excessif des nymphes ou petites lèvres des partie» génitales de la femme. (I. B. )

Paragual et dans la Californie ; il existe encore chez les Guaranis.

Les Hoitenlois regardent l'action de penser et de réfléchir comme le fléau de la vie. QuedeHottentots parmi nous ! Ces peuples sont très-paresseux; leurs femmes font presque tout; ils passent la plupart du temps à dormir ou à se reposer dans leurs hamacs. Si on veut acheter leur lit , ils le vendent le malia , sans penser qu'ils en auront besoin le soir.

Si nous portons nos regards dans les différentes contrées de l'Amérique , nous y rencontrerons , comme nous l'avons dit , dans les parties les plus septentrionales , des peuples semblables à ceux du nord de l'Europe et de l'Asie. Les sauvages qui habitent les terrres du détroit de Davis sont d'un teint olivâtre , fort laids , petits , mais trèsrobustes, et ont les jambes courtes et grosses; ils vivent long-temps , et beaucoup atteignent la centième année. Us ont la couleur , la figure et les mœurs des Lapons. De même qu'on trouve près de ceux-ci les Finnois , qui sont blancs , beaux, assez grands et bien faits , on trouve aussi près le détroit de Davis une espèce d'hommes blancs et ressemblant aux Finnois. On rencontre ensuite, dans le voisinage de la baie d'Hudson , des hommes velus, semblables aux sauvages d'Iago, et enfin ceux du Canada et de toute la Terrer

HISTOIRE NATURELLE DE L HOMME. aOQ

Ferme , qui ressemblent aux Tartares par tant d'endroits qu'on ne pourrait guère douter qu'ils n'en descendent , si l'on n'était très-embarrassé sur la possibilité de la migration.

Si nous nous arrêtons sur les Iroquois et les Hurons , peuples sauvages de l'Amérique septentrionale dans l'intérieur du Canada, nous y trouverons une coutume barbare qui fait frémir la nature, celle de tuer leurs parens trop faibles pour les suivre à la chasse, ou dans leurs expéditions militaires, dans la crainte qu'ils ne meurent de faim ou sur le bûcher de leurs ennemis j ils croient faire un acte de piété filiale , en obéissant aux volontés des auteurs de leurs jours , qui leur demandent la mort comme une grâce, et ils ne pensent pas pouvoir leur donner une plus honorable sépulture que dans leurs entrailles. Ces peuples sont d'une haute stature^ olivâtres, polygames , cruels , et vivent en société.

Les sauvages de la Floride , du Mississipi , et des autres parties méridionales du continent de l'Amérique septentrionale, sont assez bien faits et plus basanés que ceux du Canada; ils ont un leint»olivâtrc tirant sur le rouge, qui est dû en grande partie au rocou dont ils se frottent. Ils sont presque nus et très-vaillans, mais féroces ; ils immolent au soleil les hommes qu'ils prennent à la guerre , a[)rès quoi ils les dévorent.

•l*c» Natchez , fcauvag*» de la IvOuiMano, »onl Ltan'l» <*! coq)ulcfns; ih ont I»^ rif.*/. Ton lonfj *•! )♦• jïifinWn arqué. LorMjii'unf; i^fnimf; nobl^; , qu'on croit éire de la race du soleil , vieni à mourir , on éirançle douze pciii» en fan» el qaalorxeadulif» CTti*on eritcrre avec elle , el on mel clan» letir fos^e commune des ustensile» de cuUine, de« arme» de mierre , el loui l'ailirail d'une loilrite.

La LouiAi^ine e*l un payii irèsr-humide el marécageux ; les Kahitan* y son! trc<»-eii posés aux fièvre* malignes, rémitlenlesetinierrnillenle», qui ne ce**enl qne lorsque le* verjis du nord cotnmencenl à &oufflf*r en novembre. Le téuujos v est irêft-fréquent, »urlonl chez les nouveau-nés; le^ maladies occ-isionée» par les vers de toute espèce, et même par le ténia , y sont aussi (rcs-communes, el le» personnes de tout âge y sont sujettes. La peiite-vérole v paraît à cerUiinf?s périodes , et y Tait le& plus grandi ravages, tant parmi les bllUiCI que parmi les Indiens et les IVf'-gre». Ia's jié(IK!tions de fwilrine , telles que les crachemcns de sang et la phlhisie pulmonaire y sr>nt aussi très- fr éq u e n tes .

La Californie , péninsule ifs-vasie de l'Amérique septentrionale , présente un climat en général chaud et sec à Texcès : son terrain nu , f/ierreux, moniueux et sablonneux, est ircs^érilr. Parmi le petit nondjre d'arbres qui y crcjis&eni,

insToiRS naturf.llt: dï l homme. a 1 1 le plus mile est le pilabaya, dont les fruits sont J.T principale nourriture des hahitans de ce pays.

Les Californiens sont bien faits et Irès-robusles, mais en gf'ncral inconstans, pusillanimes, paresscui , stupides et même insensibles : ce sont des enfans en qui la raison n'est pas encore développée. Ils sont plus basanés que les Mexicains, qui sont néanmoins sous la zone torrlde. Celte couleur plus foncée n'est due sans doute qu'aux graisses et aux autres ingrédiens dont ils oignent leur corps.

Les Caraïbes sont des insulaires des Antilles du vent , qui sont aujourd'hui concentrés à la Dominique et à Salnt-Vlnccnt. Ces jx'uples ont, ainsi que les Omaguas, la tête aplatie d'une manière trcs-difforme : on prétend que les parens sont dans l'usage de comprimer entre deux planclies la tète des enfans qiii viennent de naître, pour les faire ressembler à la pleine lune. On retrouve ce même usage chez les Omaguas. Les Ciiraïbes se teignent le corps avec le rocou et riiuile, ce qui leur donne la couleur d'écrevisse ruile. On pense que celte mode établie chez presque tous les peuples sauvages , de se teindre la peau , a pour but de se garantir de la piqûre des insectes dont leiu- pavs (ourmille. Les Caraïbes ont les cheveux noirs , mais non crépus ni frisés. Cl les portent courts ; ils n'ont point de barbe ,

212 ELtMENS D HYGIENE.'

et ne sont point velus. Ils ont les yeux noirs ,' gros, saillans , et le regard effaré. Ils vont nus, et n'ont pas moins de honte d'un vêtement que l'Européen en aurait de la nudité. Observons que si la plupart des sauvages se couvrent les parties sexuelles , c'est moins en eux TefFet de la pudeur que de la crainte de blesser des organes délicats et sensibles , en traversant les bois et les halliers.

Les Caraïbes vivent très-long-temps. Ils adorent la lune, sont souvent en guerre, et se servent de flèches empoisonnées par le suc du mancelinier.

L'intérieur de l'Amérique méridionale est peuplé d'une multitude de nations sauvages, cruelles, vindicatives, toujours en guerre entre elles, et presque toutes antropophages. Les Brésiliens passent avec raison pour les plus barbares. Us ressemblent, pour la taille, aux Européens; mais ils sont plus robustes , et moins sujets aux maladies ; il y a peu d'estropiés et de contrefaits parmi eux. Ils ont le teint des Espagnols et des Portugais, Ils se teignent la peau de diverses couleurs, et ont le nez plat; le premier soin des pères , à la naissance de leurs enfans, est de leur rendre ce service. Les deux sexes sont presque toujours nus, à l'exception des jours de fêtes, et des temps où ils sont en guerre. Avec le goût le plus décidé pour la chair humaine, les Brésiliens

Page 1