‹ Élémens d'hygiène (volume 2)Chapitre 21 sur 36 · HISTOIRE NATURELLE DE L HOMME · texte numérisé non relu

HISTOIRE NATURELLE DE L HOMME

ne mangent que ceux de leurs ennemis qui tombent vivans entre leurs mains; mais ils ne touchent pas aux morts ni aux mourans étendus sur le champ de bataille. Ils sont très-hospitaliers : quoique polygames, ils ont en horreur l'adultère , et jouissent de la liberté du divorce. Ils vivent de la pêche et de la chasse, et cultivent l'alpy , les patates et le manioc , dont les racines leur servent aussi de nourriture , ainsi qu'à la plupart des Américains méridionaux.

De même que la plupart des sauvages, les Brésiliens ne manifestent aucun attachement pour les lieux qui les ont vus naître ; leur vie est errante et vagabonde , et ils ne voient de pairie que là où ils peuvent subsister. L'amour de soti pays , qui s'exalte dans les bons gouvernemens , et passe en habitude dans les mauvais; qui conserve à chaque nation son caractère , ses usages , ses goûts ; cet amour est un sentiment factice qrti naît dans la société , mais inconnu dans l'état de nature. Le cours de la vie morale du sauvage est entièrement opposé à celle de l'homme civilisé : celui-ci ne jouit des bienfaits de la nature que dans le premier âge, l'autre en jouit dans toutes les époques de sa vie. Il trouve également partout à satisfaire ses besoins physiques, les seuls qu'il connaisse, et sa patrie est en tout lieu.

J2l4 f LUMENS IVHYGlÈNE.

Les Péruviens sont couleur de cuivre , comme leshabilans de l'isllmie Panama, surtout ceux qui habitent le bord de la mer et les terres basses. Ceux au contraire qui demeurent dans les pays élevés , comme entre les deux chaînes des Cordilières, sont presque aussi blancs que les Européens, tandis que les naturels de la Terre-Ferme, situés près la rivière des Amazones et dans lecfintinent de la Guyane, sont basanés, et de couleur rougeâtre plus ou moins claire ou foncée. Ces diverses nuances, ainsi que l'a dit deLaCoridamine, ont pour cause principale la difïérente température des pays qu'ils habitent , variée depuis la grande chaleur de la zone torride jusqu'au iroiil que l'on ressent dans le voisinage des neiges.

C'est cette diversité de température qui rend si dissemblables les habitans de la partie haute du Pérou et ceux de la partie basse de ce pays. Ceux des contrées les plus élevées sont sujets à l'asthme, aux inflammations de poitrine, et aux rhumatismes. Ces maladies sont dangereuses et même mortelles pour quiconque est déjà aJÛTeclé de la maladie vénérienne , ou fait usage de liqueurs fortes. Les autres , qui habitent les montagnes inférieures , sont exposés aux fièvres bilieuses rémittentes et intermittentes, qui y sont très-contagieuses. La petite-vérole cause aussi dans tout le pays des ravages inexprimables.

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