‹ Élémens d'hygiène (volume 2)Chapitre 22 sur 36 · HISTOIRE NATURELLE DE L «OMMF.. 2 I · texte numérisé non relu

HISTOIRE NATURELLE DE L «OMMF.. 2 I

Le Pérou est très - sujet aux tremblemens de terre , qui y sont presque iiabiluels. Ce terrible fléau est l'eflét des volcans qui y sont en grand nombre. La partie haute de cette contrée offœ des variations de température telles qu'on éprouve le même jour, quelquefois à la même heure, et toujours dans un espace très - borné , la température des zones les plus opposées. Ceux qui s'y rendent des vallées ressentent à leur arrivée un froid si vif qu'ils nen peuvent être, garantis ni par le feu ni par les vêleraens ; mais il cesse d'être désagréable après un séjour d'environ un mois. Ceux qui y viennent pour la première fois sont plus ou moins tourmentés du mal de mer, selon qu'ils en auraient eu plus ou moins à souffrir sur 1 Océan.

II règne dans les vallées, quoique près de l'équatcur , la plus délicieuse température , et les quatre saisons de l'année s'y font remarquer sensiblement, sans qu'aucune y soit incommode : celle de l'hiver est la plus marquée et la plus constante, quoique sous la zone torride , et il n'y pleut jamais, ou seulement tous les deux ou trois ans.

Les habitans du Paraguai , ainsi appelé du nom d'un grand ûeuve qui l'arrose , sont d'une taille avantageuse; ils ont le visage allongé et la coupleur oli\âlre. Ils sont sujets à une sorte de lèpre

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qui leur couvre tout le corps, et y forme des croules semblables aux écailles de poisson; mais celte incommodité ne leur cause aucune douleur ni aucun autre dérangement dans la santé.

Le climat du Chili est le plus agréablement tempéré des deux hémisphères. Ce pays est situé sous un ciel toujours pur et serein. Son sol est extrêmement productif et ferlile. Seshabitans sont d'une couleur basanée tirant sur celle du cuivre rouge, comme celle des Péruviens. En général, dans tout le continent de l'Amérique méridionale, les peuples sont d'un jaune rougeâlre. Les habitans du Chili sont d'une belle taille; ils ont les membres gros , la poitrine large , le visage peu agréable et sans barbe ^ les yeux petits , les oreilles longues , les cheveux noirs , plats et gros comme des crins. La plupart vont nus , quoique le pays soit froid : seulement ils portent sur leurs épaules des peaux d'animaux. .

On ne trouve, à proprement parler, dans le Nouveau-Monde, qu'une seule race d'hommes , plus ou moins basanés , selon les divers climats qu'ils habitent. Si on entxcepte le nord de l'Amérique , dont les habitans diffèrent peu des Lapons, et quelques autres à cheveux blonds, et qui- ressemblent aux Européens septentrionaux, on ne voit dans tout le resle de ce vaste continent que des hommes presque semblables, tandis que les

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peuples de l'ancien offrent un irés-grand nombre de variétés. Cette uniformité vient de ce qu'ils vivent tous de la même manière^ de ce que les saisons y sont égales, et la température constamment à-peu-près au même degré.

Tous les Américains indigènes étaient, lors de la découverte de leur pays , et sont peut-être encore sauvages, si l'on en excepte les Mexicains et les Péruviens ,. dont la civilisation n'est néanmoins pas encore très-avancée. L'origine de tous les peuples d'Amérique est commune ; ils sortent tous de la même souche, et ils conservent encore aujourd'hui presque tous les caractères de leur race primitive.

La nature paraît avoir mal traité les indigènes de ce climat : ils sont peu forts , sans courage et sans poils ; tous sont dégradés dans les organes de la virilité, et peu sensibles aux charmes de l'amour. Les femmes , plus faibles que les hommes, y sont mal traitées autant par la nature que par leurs époux. Ceux-ci ne voient en elles que les instrumens de leurs besoins, et les font moins servir à leurs plaisirs qu'ils ne les sacrifient à leur paresse. Néanmoins , en les chargeant des tiavaux de l'agriculture, ils se sont réservé, ainsi , que partout ailleurs , les périls de la guerre , de la chasse et de la pêche. Cette sorte d'enfance, qui est marquée par l'absence des signes de la virilité.

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et par celle indifférence qu'ils ont pour leurs femmes, semble annoncer qu'ils sont un peuple sorti récemment des mains de la nature; mais leur origine est incertaine , et il n'existe aucune donnée pour en résoudre le problème.

Ce qui autorise à croire que les Américains sont un peuple nouveau, c'est que leur civilisation est encore à peine ébauchée. Ce vaste continent était très-peu peuplé lorsqu'on en fit la découverte ; il est encore couvert de marécages immenses qui rendent l'air malsain, quoique l'on ait défriché beaucoup de terrains , et la terre y produit une multitude de poisons. Ce qu'il y a de surprenant, c'est qu'on y rencontre beaucoup d'animaux dont les analogues n'existent point dans notre hémisphère; d'où l'on peut inférer qu'il a existé de temps immémorial , et peut-être de tout temps, entre l'ancien et le nouveau monde , une barrière insurmontable, qui a empêché les animaux indigènes de passer d'un continent dans l'autre.

Quant aux peuplades des îles découvertes dans ce siècle^ dans la mer du Sud et dans les terres du oontinent austral , Byron dit avoir vu dans les îles de la mer Pacifique des hommes armés de longues piques qu'ils agitaient d'un air menaçant. Ces hommes sont, dit-il , d'une couleur basanée, vigoureux , bien proportionnés , et extrêmement légers à la course. Dans plusieurs autres îles de

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celte même mer, et notamment dans celles appelées îles du Prince de Galles , il a trouvé des peuplades nombreuses. Ces insulaires , selon ce voyageur , ressemblent à ceux dont il vient d'êlre parlé, pour la taille et la proportion des membres. Leur teint est bronzé, mais clair, et les traits de la figure n'ont rien de désagréable. Ils ont des cheveux noirs et de la barbe.

Dans plusieurs autres îles situées au-delà del'équateur, dans cette même mer, il existe, dit Carleret, des peuplades nombreuses d'hommes qui ont la plupart la tête laineuse, comme celle des nègres, mais moins noirs que ceux de Guinée, et n'ayant point comme eux le nez plat et les lèvres grosses j ces derniers poudrent leurs cheveux , et même leur barbe , de blanc. Celle mode est en vigueur aussi chez les Papous. Néanmoins il est quelques-unes de ces îles habitées par des hommes dont la tête n'est pas laineuse, et qui, au lieu d'êlre noirs , sont couleur de cuivre , avec peu de barbe, de grands et longs cheveux noirs, et qui ne sont pas entièrement nus comme les pi-écédens, ce qui indique que leur pays n'est pas aussi chaud que celui des premiers.

Lesinsulaires d'Olaitisont irès-grands et d'une taille bien supérieure à celle des Européens, forts, bien membres, bien faits , agiles, dispos et d'une belle figure ; ils ont le teint basané , et les che-

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veux noirs, quelquefois bruns et même blonds. Leurs femmes sont très-belles , et vendent librement leurs faveurs en public. Les liommes offrent, par civilité ou par récompense, leurs sœurs et leurs filles aux étrangers. Lès Otaïtiens parviennent à une extrême vieillesse , sans incommodité , et sans perdre la finesse des sens. Le poisson et les végétaux , au rapport de Bougainville i sont leur principale nourriture ; ils mangent rarement de la viande , et ne boivent que de l'eau ; ils éprouvent de la répugnance pour le vin , les liqueurs fortes , le tabac , les épiceries, et pour toutes les choses fortes. Il semble , dit le capitaine Cook , qu'ils soient d'un caractère brave, sincères, sans soupçon ni perfidie, et sans penchant à la vengeance et à la cruauté; mais ils sont adonnés au vol. Le mariage n'est chez eux qu'une convention entre l'homme et la femme; ils pratiquent la circoncision sans autre motif que celui de la propreté.

Les habitans de l'île Huaheine, selon le mém<?j ressemblent pour la figure, le langage, l'habillement et les usages , à ceux d'Otaïli , dont ils ne sont éloignés que de trente lieues. Les liommes paraissent être encore plus vigoureux et d'une stature plus grande ; les femmes y sont très-belles^ Ils se nourrissent de végétaux et de viandes, et parlent tous la même langue , qui est aussi celle

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de toutes les îles de la mer du Sud , jusqu'à la Nouvelle-Zélande.

Nous ne connaissons que depuis peu les habitans des terres australes : Cook est celui qui les a le mieux vus. Fernand de Quiros, qui y a abordé avant lui , rapporte que les sauvages de l'île de la Belle-Nation ont des mœurs peu différentes de celles des Olaïliens ; ils sont beaux , très - bien faits et blancs , quoique dans un climat qui semblerait devoir les noircir. Les femmes y sont trèsbelles et à demi vêtues. Le même ajoute avoir rencontré sur la côte orientale de la Nouvelle- Hollande , à laquelle il donne le nom de terre du Saint-Esprit , des habitans de trois couleurs : les uns noirs , les autres très-blancs, à cheveux et à barbe rouge , et les autres mulâtres ; ce qui lui fit conjecturer que cette contrée était très-étendue ; il ne s'était pas trompé, car il résulte des découvertes de Cook que la Nouvelle- Hollande est aussi étendue que l'Europe entière. Ce dernier dit que ses habitans sont nus, et ne se i|purrissent que de poissons. Sur la même côte, à quelque distance, Quiros vit une autre nation de plus haute taille , et d'une couleur plus grisâtre ; ils venaient en troupes , armés de flèches qu'ils décochèrent sur les Espagnols , qui ne purent les faire retirer qu'à coups de mousquets.

Abcl Tasman a trouvé dans les terres voisines

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d'une baie dans la Nouvelle-Zélande, des hommes qui avaient la voix rude et la taille grosse; ils étaient d'une couleur jaune-brunâlre , et avaient les cheveux noirs et presque aussi longs et aussi épais que ceux des Japonais , attachés au sommet de la tête avec une plume longue et épaisse au milieu. Les uns avaient le milieu du corps couvert de nattes, et les autres de toile de coton; mais le reste était nu.

Les habitans de la Nouvelle - Zélande , dit Cook , ont une taille en général égale à celle des Européens les plus grands; ils ont les membres charnus , forts et bien proportionnés ; mais ils ne sont pas aussi gros que les insulaires oisifs de la mer du Sud. Ils sont alertes, vigoureux et adroits; Jeur teint est en général brun. Les femmes n'ont pas beaucoup de délicatesse dans les traits ; leur voix est d'une très-grande douceur, et c'est par là qu'on les dislingue des hommes , leurs habillemens étant les mêmes. Les Zélandais ont les cheveux% la barbe noirs, les dents blanches et régulières ; ils jouissent d'une santé robuste , et parviennent à un âge très - avancé. Leur principale nourriture est le poisson. Ils sont décens et mo- «lestes, mais peu propres. Le insulaires de la mer du Sud se fendent le prépuce , pour qu'il ne recouvre pas le gland : les Zélandais , au contraire , le ramènent sur le gland , et en nouent

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rexlrémllé avec un cordon qui est attaché à leur ceinture : le gland est la seule partie qu'ils ne montrent qu'avec une honte extrême. Cet usage, quoique paraissant contraire à la propreté , acependant l'avantage de maintenir la fraîcheur et la sensibilité de celle partie. Ceux en général qui ont le prépuce court, perdent dans la partie qui en est recouverte la sensibilité plus tôt que les autres hommes.

Il y a de grandes ressemblances entre les habitansde ces pays et ceux des îles de la mer du Sud , par rapport aux usages et à la langue ; ce qui prouve que tous ces insulaires ont la même origine. Cook pense qu'ils ne viennent pas de l'Amérique, qui est située à l'est de ces pays ; et comme la langue d'Otaïti et des autres îles de la mer Pacifique, ainsi que celle de la Zélande, ont beaucoup de rapport avec les langues de l'Inde méridionale , il est probable que toutes ces peuplades sont originaires de l'archipel indien.

C'est du climat, ainsi que nous l'avons déjà observé , que dépendent en grande partie les qualités physiques et morales des peuples. On remarque en général que , dans les pays chauds, les hommes sont plus petits , plus secs , plus vifs, plus gais et plus spirituels , mais moins vigoureux et moins laborieux; qu'ils sont plus précoces et qu'ils vieillissent plus lot que dans les cli-

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mats froids. Les femmes y sont moins fécondes; plus jolies, mais moins belles. Une blonde est rare dans ces pays, comme une brune l'est dans le Nord.

La beauté dépend en grande partie de la température du climat. Le froid , en resserrant le tissu extérieur dans le sexe du Nord , ôle à la peau cette raollessie et cette douceur qui sont les indices de la sensibilité. Une atmosphère brûlante , en procurant d'abondantes sueurs , dessèche et ride la peau , énerve la constitution , et flétrit la beauté dans son germe. C'est dans les zones tempérées que l'on trouve les plus beaux hommes et les plus charmantes femmes. Plus on approche de l'équateur et des pôles, moins la nature est prodigue de ses faveurs ; on y rencontre une multitude d'êtres informes et hideux. Dans certaines contrées ce sont des pygmées , des albinos , en un mot , des peuplades d'hommes entièrement dégradés , et celte dégradation fatale s'étend même jusqu'aux végétaux; les arbres y sont dégénérés pour la plupart, et les fleurs y périssent avant que de s'épanouir.

Le caractère des peuples a aussi les plus grands rapports avec les pays qu'ils habitent. Le Caraïbe, né et vivant dans les bois , ne saurait avoir l'urbanité de l'Européen ; l'Africain , énervé par les chaleurs excessives qu'il endure habituellement.

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ne peut avoir la force et la vigueur de ces nations du Nord , qu'on a regardées à juste litre comme la pépinière du genre humain. Convenons néanmoins que la chaleur d'un climat n'est pas la seule cause de l'inertie et de l'indolence de ses habitans ; la fertilité du sol n'y contribue pas moins. En effet, si le sauvage du Nord est plus actif que l'Africain et le Caraïbe . c'est que ces derniers , pour qui la nature a tout fait , n'ont pas besoin d'une aussi grande industrie. L'ignorance et la stupidité coulent de la même source : en Afrique et en Amérique , quels sont les peuples dont les facultés de l'ame sont le moins développées ^ ce sont les habitans de ces forêts dont les arbres fournissent sans culture à tous les besoins. N'a-t-on pas vu la prospérité engourdir l'esprit d'une nation, de même que la souffrance l'éclairé, mais l'abrutit quand elle est devenue excessive? Les j)assions , de même que le génie, sont dans une étroite dépendance du climat : l'amour, par exemple, est , dans les pays chauds , ainsi que l'a' fort bien dit Desèze , un délire, une fièvre brûlante , un cri de la nature ; dans les climats tempérés , une passion douce , une affection réQéchie , et souvent un produit de l'éducation ; enfin, cfens les pays froids , ce n'est plus une passion, mais le sentiment tranquille d'un besoin peu urgent.

C'est dans les climals tempérés que le génie semble avoir fixé son empire : ils ont été le berceau des sciences et des arts nécessaires à la civilisation et à la prospérité des nations. Il n'en est pas de même de la zone torride et des deux glaciales, qui , à en juger par les Nègres et les Lapons, sont le fléau de l'intelligence Immaine et le tombeau de la nature. « Jusqu'à présent , a » dit Fontenelle , les sciences n'ont point passé » l'Egypte et la Mauritanie d'un côté , et de l'au- » tre la Suéde. Peut-être n'a-ce pas été par ha- M sard qu'elles se sont tenues entre le mont Atlas )) et la mer Baltique : on ne sait si ce ne sont n point là les bornes que la nature leur a posées, » et si l'on peut espérer de voir jamais de grands w auteurs nègres ou lapons. »

L'influence du climat est telle qu'elle peut changer entièrement les mœurs d'un peuple. Une colonie prend insensiblement la constitution physique , le régime et le caractère du nouveau pays où elle a été transplantée. Les Tartares conquérans de la Chine diffèrent peu de la nation qu'ils ont subjuguée; les Hollandais, actifs et laborieux «n Europe, sont à Batavia moux et voluptueux. Un fleuve ou une montagne sufiit pour établir une différence très-marquée entre 4eux peuples voisins : l'habitant de Turin n'est pas le même ^u€ celui des Alpes; les Athéniens différaient des

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Tliéîjalns , quoiqu'ils ne fussent séparés que par ie fleuve Asope. Le climat même est sujet à varier, soit par quelque grande révolution du globe, soit par d'autres causes secondaires. Les Scythes, du temps d'Hippocrate , étaient inhabiles à la génération : néanmoins ce sont eux qui, sous les -noms d^Alains de Vandales et à^Hérules , ont inondé l'Europe et renversé l'empire romain, L'Italie elle - même a éprouvé des vicissitudes physiques et morales : son atmosphère est aujourd'hui infectée par les exhalaisons mortifères <les marais Ponlins et par des éruptions volcaniques j <on n'y éprouve plus ces hivers rigoureux dont parle Tite-Live ; ses habitans ont perdu l'énergie de leur caractère; et Rome, après avoir enfanté les héros de la liberté, a fini par devenir esclave de la superstition sacerdotale.

Le gouvernement et la religion n'ont pas une moindre puissance sur le caractère et les mœurs des peuples : lorsque l'un est despotique et l'autre mystérieuse, ils ôlent toute énergie, coupent les ailes au génie , et étouffent la pensée dans les esprits et la vertu dans les âmes. La patrie des Thémistocle , des Socrate , et celle de tant d'autres grands hommes , qui^n'offrent plus aujourd'hui que les monumens de la servitude la plus outrageante à l'humanité, en sont une preuve non équivoque.

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Le propre des gouveriiemens despotiques est d'énerver dans l'homme le mouvement des passions, et d'en affaiblir le ressort. Aussi les peuples soumis au pouvoir arbitraire n'ont-ils ni la fermeté d'âme, ni la hardiesse et l'élévaiion de ceux qui n'obéissent qu'à la loi. Sous le despotisme, l'homme est étranger à ces efforts héroïques et sublimes qu'inspire la vertu. 11 n'en est pas de même d'une nation libre , que l'amour de la gloire stimule continuellepient, parce qu'elle y è^t le prix des grandes actions et des vertus pa- Irioiiqués. Le pouvoir arbitraire est un germe de calamités, dont le développement amène la misère et la dévastation ; l'esclave , privé d'activité et d'énergie , est essentiellement vicieux et ignorant * son âme est atteinte d'une gangrène morale qui en corrompt les facultés; des mains serviles ne sauraient fertihser les champs , ni des esprits abrutis acquérir des talens. Un peupleserf est lâche, perfide , délateur et ci uel ; égoïste à l'excès, il ne tourne jamais les yeux vers l'intérêt général. Un peuple libre est courageux, franc et humain; il honore l'agriculture, enfante et perfectionne les arts ; sans cesse occupé du bonheur de son pays, son génie crée , ses bras miîllipllent, étendent les branches fécondes de l'industrie, et ouvrent les sources de la prospérité publique.

On observe assez généralement que, lorsque

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les lois scxiiales ne contrarient pas la nature, et qu'elles ne sont pas en opposition avec le climat, les peuples qui vivent sous un ciel doux et riant ont des instiiulions douces , €l que leurs annales ne sont pas souillées de ces grands crimes qui sontla honte de l'humanité. D'ailleurs leurs mœurs s'épurent par le régime végétal , dont la nature leur a donné le goût. Les hommes sont plus dépravés sous la ligne et près des pôles. Les hahitans des plaines hrûlantes de la zone torride et des glaces polaires , tourmentés par les feux du soleil, ou consternés de son absence , et ayant sans cesse sous les yeux la nature morte et inanimée, ont le caractère sombre et misanthrope, presque toujours des lois de sang, et une morale corrompue. Leur dieu est méchant et cruel , et pour l'honorer, ils cherchent à lui ressembler. 11 en est de même des peuples dont le pays est sujet aux inondations , aux ouragans et aux tremblemens de terre. Si on consulte l'histoire de l'Egypte, du Mexique et du Japon , on y trouve des peuples féroces et cruels , un gouvernement violent et despotique , et un culte barbare et destructeur. On a observé par toute la terre que les religions avaient la plus grande influence sur l'esprit des nations, et qu'elles portaient la plupart l'eniprcintc du climat. C'est un grand malheur pour l'humani'.é quand elles s'établissent par la force.

aSo ]Élémens d'hygiène.

La religion maliomélane , qui ne parle que de glaive, agit toujours sur les Musulmans avec cet esprit destructeur qui l'a caractérisée dans son institution. C'est bien pis encore quand les prêtres prêchent le dogme de l'intolérance et demandent des bûchers pour ceux qui ne pensent pas comme eux. Apôtres du mensonge, votre religion consiste-t-elle donc à détruire ? le Dieu qui anime la nature est - il donc un Dieu de ruines et de tombeaux ?demande-t-il la dévastation et le meurtre pour hommage ? exige-t-il pour hymnes les cris et les larmes du désespoir j des homicides pour adorateurs , et pour temple un monde désert et couvert de cendres? Voilà néanmoins, imposteurs sacrés, les fruits amers de vos odieux mensonges ! Partout on rencontre les traces livides et ineffa'^ cables de la destruction que vous avez ordonnée au nom d'un Dieu bon et clément par essence , et que vous avez fait semblable à vous. C'est vous qui avez perverti et corrompu la morale de la nature , abruti Thomnie et brisé les ressorts de ïmie,

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