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de décembre et au commencement de févriet-; entre ces deux termes, il dure deux ou trois jours et rarement cinq. II est si vifet si perçant qu il disjoint les planchers des maisons, les ponts des navires et les côtés qui sont au-dessus de l'eau : ces ouvertures se soutiennent aussi long-temps qu'il est dans sa force; ensuite tout se rejoint comme auparavant. Les hommes et les bestiaux restent pendant ce temps enfermés, autrement ils perdraient la vie, à moins que leurs corps n'aient été enduits d'huile ou de graisse. Ce vent souffle entre l'est et le nord-est. Il est si sec qu'il resserre le parchemin et le cuir, à -peu -près comme le feu. Il est très-froid, sans éclairs, sans tonnerre et sans pluie; pendant sa durée le ciel reste couvert; et dès qu'il finit, le vent ordinaire , qui sur cette côte est toujours ouesl-sud-ouest ou sudouest, recommence à souffler, et le ciel reprend sa sérénité.
L,œil de bœufâe la montagne de la Table au cap de Bonne-Espérance, est un petit nuage si rapide et si prompt dans sa course, que les marms ont à peine le temps d'abaisser les voiles pour se garantir de la tempête- On a ainsi appelé ce petit nuage parce qu'il ne paraît d'abord dans le ciel que comme une petite tache ronde qui se forme tranquillement sans aucun mouvement sensible dans l'atmosphère, et amène lout-à-coup un
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orage des plus terribles, qui précipiterait les navires au fond de la mer si leurs voiles étaient déployées. On éprouve aussi sur la côte de Guinée des orages furieux , appelés traitâtes , qui ne durent guère qu'une heure. Un nuage qui ressemble à un très-petit point, erre d'abord dans les airs, puis s'étend avec une rapidité inconcevable, couvre tout l'horizon, et forme enfin une tempête affreuse , qui lance les éclairs et le tonnerre avec une telle vitesse, que ceux qui sont en rase campagne n'ont que le temps de se jeter à terre, et ceux qui naviguent, celui d'abattre leurs voiles et de couper leurs cordages, s'ils ne veulent être engloutis sous les eaux.
Le vent de cinquarite jours n'est pas propre à l'Egypte; il est commun à la Syrie, à l'Arabie, à la Perse, et même à l'Espagne. Ses effets sont les mêmes dans ces contrées, mais sa direction est différente. En Egypte , le plus violent vient du sud-sud-ouest. On l'a nommé vent de cinquante jours , non qu'il dure cinquante jours de suite, mais parce qu'il souffle dans les cinquante jours qui avoisinent l'éqninoxe. On l'appelle aussi vent empoisonné , et plus correctement vent chaud du désert. En effet, il possède cette qualité au point qu'on ne peut comparer, dit Volney, son impression qu'à celle qu'on reçoit de la bouche d'un four banal, au moment qu'on
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ttn lire le pain. Quand ce vent commence à souf-' fier, le ciel , toujours si pur dans ces climats, devient trouble, le soleil prend un aspect violàtre, et l'air se charge d'une poussière très-fine qui ne se dépose pas et qui pénètre partout. Les hommes et les animaux éprouvent, pendant sa durée, des changemens notables. La respiration devient courte et laborieuse, la peau est sèche , et on est tourmenté crune chaleur et d'une soif extraordinaires que rien ne peut diminuer. Les habilans s'enferment tout le temps que dure ce vent. Il règne ordinairement trois jours; s'il passe ce terme, il devient insupportable et dangei eux , car il suffoque tout-à-coup , et donne subitement la mort, surtout au moment des rafales. On peut éviter ces accidens en se bouchant le nez et la bouche avec des mouchoirs. Les chameaux , guidés par leur instinct, enlbnceni le nez dans le sable, et y attendent que la rafale s'apaise.
Ce vent est excessivement sec, et au point de faire évaporer en quelques minutes l'eau dont on arrose les appartemens. Il flétrit et dessèche les plantes; il crispe la peau des animaux, ferme les pores , et cause cette chaleur fébrile qui accompagne la transpiration supprimée.
On observe dans l'atmosphère , ainsi que dans les mers , deux grands mouvemens généraux ; 1°. le courant d'orient en occident, ou le vent gé-
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iiJral d csl ; el dt'U\ autres couraiis conlinucls , de chacun des jiotesvcrs réqualeiir, dans la par-!lie inféiieure de l.aliiKJsphôrc, tandis que dans sa partie supéiiieore ces couraiiS en produisenl d'opposés ^ui se dirigent des tropiques a .x pôles.
Le courant d'orient en occident , ou le. venl général d'est, qui souffle entre le^ tropiques, reconnaît pour cause la rotadon du alobe d'occideijl.cn orient, dont le mouvement à raison de sa masse, est ^jIus accéléré que celui de l'atmosphère , et l'action du soleil el de la lune sur l'Océan aérien.
Les deux autres courans , établis de chacun des pôles vers l'équateur, ou venls-périodiques anniversaires, dépeudenl du mouvement annuel de la terre,' Lei^ circonstances locales, ci quelques autres causes secondaires, modifient leur action.
Les causes principales, des autres \ents sont : i". la chaleur, qui raréfie plus ou moins l'air; 2". le froid, ei surtout celui qui, arrivaixt biîusquemenl,le condense tout-à-coup; 5*^. l'ascension des gaz et des vapeurs tlans I atmosphère, el ieiu- piécipUalion plus ou moins imj;étueuse; 4". la l'ormalion et la pression des nuages; 5°. Tapparition des météores ignés; 6". l'aclion raréti;«nle du soleil el des feux souterrains; 7". les inégalités donl esl parseujée la surface des îles et dcsconlineiis; 8". la direction des côtes, leur élé-
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valion, et surtout leurs aiifiactuositcs. Telles sont les principales causes qjii , en troublant Téquilibrc des colonnes de ratmosplière ^ donnent, ijais-^ sance à ces niéiéores , aussi utiles dans l'ordre naturel qu'ils sont parfois nuisibles par leur violence et les exhalaisons dont ils sont chargés.
Il y a autant de sortes de vents qu'il y a de degrés dans l'horizon^' mais l'usage a prévalu de les diviser en trente-deux rumbs. Les quatre principaux sont les vents du nord , du sud , de l'est et de l'ouest. On le^j divise en intermédiaires, qui sont le nord -est, le sud-ouest, le sud -est ot le nord-ouest ; ceux-ci participent des qualités des deux vçnts cardinaux entre lesquels ils soiM placés» On les subdivise encore en vents de iiordnord-esi , sud-^ud-ouest, etc.; le premier est celui qui tient une l'ois plus du nord que de l'est, l'aïUie une Ibis plus du sud que de l'ouest, etc. Celle division va communément jusqu'à trentedeux, ainsi que je l'ai déjà dit; au-delà de ce terme, il n'est guère possible d'observer leurs variations.
La nature des terrains et l'espèce des climats que traversent les vents influent sur les qualités dont ils jouissent. Ainsi le vent du nord est froid , parce qu'il circule dans les pays froids avant d'arriver dans le nôtre; il est j)luvieux en Afrique, parce qu'il traverse la Méditerranée. Le veat
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d*est est sec; il vient des plaines sablonneuses de l'Asie ; il amène presque toujours la sérénité. Le vent du sud est chaud, parce qu'il a parcouru la zone lorride. Enfin, les vents d'ouest et de sudouest sont humides, parce qu'ils se chargent des vapeurs de l'Océan. Ainsi , les vents sont chauds ou froids, secs ou pluvieux", selon les lieux d'où ils viennent, et ceux sur lesquels ils ont passé. En général, ceux qui parcourent les grands contirieùs sont secs , tandis que ceux qui traversent les mers sont humides : ainsi , en France , les vents du sud, qui passent sur la Méditerranée, ceux d'ouest, qui traversent l'Océan Atlantique, sontimmides, tandis que les vents d'est et de nord-est, qui ont parcouru de vastes contrées, sont très - secs.
Toaldo a remarqué par rapport aux vents du sud-est et du nord , qu'ils soufflent dans un nombre presque égal de jours durant le cours de dixhuit années ; ce qui indique un certain rapport entre eux et les nœuds de la lune et la double révolution du périgée.
Hippocrate n'a reconnu dans les vents d'est et d'ouest aucune qualité propre et déterminée; il les a tous réduits à deux principaux , le veni du nord, aquilo y et celui du sud, austcr, selon que leur direction approclie plus ou moins de l'un ou de l'autre de ces deux points. « Les'veuts du sud
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)) rendent l'ouïe dure, la léle pesante, énervent )) le corps, et le rendent lâclio et paresseux. Ceux » du nord déterminent la toux, desscclieut la » gorge, resserrent le ventre, occasioncnt des » diflicultés d'uriner, des frissons, et des dou- » leurs de côté et de poitrine. » (Hipp., apli. 5, scct. III. )
L'action des vents sur les corps est relative aux qualités de l'air, et diffère selon qu'il est chaud ou froid , sec ou humide , plus ou moins oxigéné et électrique, ou altéré par des exhalaisons vicieuses et délétères. Outre cela , ils exercent par leur impétuosité une action mécanique plus ou moins forte sur l'organe extérieur , dont ils modifient par conséquent la sensibilité. Ils agissent en comprimant, comme si le poids de l'air était augmenté; ils appliquent siu' la surface du corps, dans lan temps donné , une plus grande masse d'air ^ il en résulte que l'almosplière exerce une biei;i plus. grande activité. $Wi: Ips animaux Jorsque les venls souillent que quand elle est ^ranquillp. Les venls soiit des douches d'air; el comme la douche d'eau est plus eflicace que le bain , le vent agit aussi davantage que l'air qui n'éprouve point d'agitation.
Les vents sont d'une très-grande utilité ; ils rafraîchissent cl modèrent la chaleur de l'almosphèie , el la dépouillent des vapeurs et des mias-
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mefs qu'elle coniienf. Lêi Ourngans mêmé'lesplus désastreux sonl des ventilateurs puissans i qui tlivîsênl , emportent loin de nous et erisév'elissent dans les abîmes des mers , les exhalaisons nuisibles et morbifères. On observe aussi que les saisons durant' desquelles l'^ir est calme et 1ranc|tiille sont les moins salubres ; elles donnent fréquemment Keu/ 'Surtout en été, aux maladies contagieuses. L'^ir immobile est aux animaux, et même aux végétaux, ce que Teau bourbeuse des marais est aux poissons de rivière. La succession des vents n'est pas moins utile, comme l'avait déjà fort bien remarqué Hippocrate : il pensait que les v^nts coiistans et modérés de l'Asie ne peuvent nulfernent elfe comparés , par rapport à leur influence sur les habitans, aux vents variables qui excitent ei stimulent les Européens (i).
Lés vertfs ont beaucoup d autres avantages : ils transportent les nuages pour arroser et fertiliser les terres des différens climiits; c'est sur leurs ailes que kont portées au 'loin les semences des végétaux', et c'est par ce "moyen que les plantes et les â^bi^e^tmïsexuelssG ré|^rôduisenietsé niuliiplieul: tel est èntr'autres le fiaitiiier mâle, â6nl\epcJfcn, transporté par les >ents, va féconder le patiniierfemellé à de très-grandes dislances. * ' ' ' ' '' '
(i) Ilirr. , Lib. ilew^è'rej Aqitis et Loeis'i * •
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Les vents sont souvrni nuisibles , surtout aux personnes délicates et sensibles , par leurs conversions subites; comme, f)ar exenjple , lorsque W vent du" nord est toul-à-côup remplacé par ce- Itti dii'snd , ou celui-ci par le vent du nord. Ces variations brusques produisent les mêmes efteis que les alternatives subites de chaud et de froid qui ont lieu dans le même joiir , et même dans un degré plus intense.
Ce n'est pas seulement sur le physique de ri>ommê que les vents exercent leur influence ; ils agissent encore sur le pioral , et modifient , selon leurs diverses qualités, l'étal de 1 ame. A Messine, lorsque le siroco reflue , on est anéanti , sans force et ^ans intelligence. A Montpciiier, quandJe vent souffle du côté de la mer , on éprouve de 1 accablement , des pesanteurs de tête, de la faiblesse , et une inaptitude à toute espèce d'application. Le venl du noi'd-ouest , qu'en Provence on nomme maestro ou mistral, est sec, et produit un efifet tout contraire. TiC venl d'est, et surtout celui du matin , donne, par sa pureté et sa fraîcheur, de la gr'jîté , de la légèreté, et une disposition singulière aux travaux de l'esprit. L'air du soir, (Mii a une f«aîcheur humide, afTiihlit au conlraii;e 1 imagination , et trouble la netteté des idées.'
344 élémens d'iiyciè«e.
§ vu. De la Lumière.
La lumière est un fluide transparent el délié, parfaitement élastique , qui se meut avec une vitesse prodigieuse dans la direction de la ligne droite , pénètre tous les corps , et dont une des principales propriétés est de nous faire apercevoir de loin les objets , et de leur donner de la couleur et de l'éclat.
Quelque opinion (|u'on embrasse sur la nature de la lumière , on ne peut croire autre chose , sinon qu'elle est répandue dans tout l'espace. Je pense avec Euler qu'elle est un véritable fluide, disséminé partout , et que les corps lumineux mettent en mouvement pour produire les couleurs , comme les corps sonores agitent l'air pour effectuer les sons (i).
Outre la propriété qu'a la lumière de rendre
(ij Nous n'avons point d'idées exactes et positives sur la nature de l'agent d'où dépendent les phénomènes lu-^ niineux. Les uns (Descaries , Euler) admettent l'existence d'un fluide universellement répandu dans l'espace, et auquel les corps lumineux impriment un mouvement vibratoire analogue à celui que les corps sonores font éprouvera l'air. Suivant d'autres physiciens, au nombre desquels on met Newton , le soleil et les autres astres iuniineux lancent de toutes paris ; jusqu'à nous, des tor-