‹ Élémens d'hygiène (volume 2)Chapitre 25 sur 36 · LUMIÈRE · texte numérisé non relu

LUMIÈRE

sensibles à la vue les objets , elle a encore d'autres avantages relatifs aux végétaux et aux animaux.

1". Elle favorise la transpiration, car elle a réellement la propriété d'évaporer les liquides, comme le prouve l'expérience. On a exposé durant plusieurs nuits aux rayons de la lune, qui, comme on sait (i ) , ne donnent point de chaleur au thermomètre non plus qu'aux sens , deux vaisseaux d'égale capacité, et qui contenaient d'égales quantités d'eau; on a placé sur l'un d'eux, et à une certaine distance, un parasol, pour intercepter les rayons directs de cet astre ; et on a constamment observé que le vaisseau qui avait été exposé aux rayons, directs de la lune avait perdu , dans l'espace de neuf nuits, deux lignes et un sixième d'eau plus que l'autre.

2*^. La lumière joue un rôle important dans la végétation. D'après les expériences de Senebier, dlngenhousz et de Laméthei-ie ,* répétées par

rens de lumières-. D'après cette ihe'orie, la vitesse avec laquelle la lumière traverse l'espace est prodigieuse ^ puisquelle franchit linlervalle immense qui nous sépare du buleil en huii minutes et treiae secondes, c'est-à-dire^ qu'elle parcourt soixante - douze mille lieues par seconde. (I. B.) •

(i) La lumière de la lune, quand elle est dans son plein , est enviruu 3oo,ooo fois moins forte que celle du soleil.

M. Th. de Saussure, elle jouit do \n propriéié de fixer te càrijofte'darte le lissu végeial j on décom-^ pdsaht l'air qui «li coniieiit , ot noiamni©îrr4'.'icside éarbonicfue ; il en résukc, \)ur conséquent / un! dég'agenienl d'oxigène cédé à ralmosplière. KjiW exerce, en qulre, une action stimulante qni con»-» côUti à développer la couleur, lai saveur ,, la co*h sîstance et autr-es propriétés «lans chaque végétrtL ''Les plantes qui, au contr^u*e.,végè lent dans F'é4)scurité s''étiolent ; elles deviennent pâles', grêlés , effilées , 6ten quelque. sorte cachectiques ; étlës ortl béisoin ,r'poiir changer d'^iat*, 'du contaei dé-ià lti;im'ji%';^iêWes> la désirent forieinjenl; et hH^s^uéjtlâttSk'S 'serres, ell«s ne leur parvient ^j^iiè par uii ^eul endroit, ou les voit s'ùiclir.er, par un mouvement spontané j vers ÇMïte ouverw ture pour la recevoir. . . :: •

. Un grand nombre d'ex pérîeriice;3 i^c permettant pâsi de doiUer de l'influence de 1» lunnèi'e sur les régétaux. Le eélebre Bonnet ^st 4e |Meniier qui s'en soit occupé , et qui ait prouvé que leur étio- Teilîwit provenait de l'absence dé la Itunière. Ensni le l'observai tëu r Méesé' a ' exâ mine ce sujet âans ses moindres détails. Lé résiiltai de ses expériences, rédigées par Wanswinden, est, 1". que les semences: lèvent dans l'obscvrité cxijmme à la lumière; mais que les plantes s'y étiolent et périssent; cet ('lioleincni est en raison do l'obscii-

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riiéi; 2°. Jes jeunes plantes ne peuvent vivre ni croître dans l'obscurité; il n'y a que celles qui sotti grandes et adultes qui y produisent des liges; 5t». les ftïuiHes veines iauxquel les ôri intercepte la lumière périssent; mais celles qui' otit été pr<^duilés dans l'obscurité vivent pins- long- temps ; 4*. l^B parties naturellement vertes j^unissctii , mais la couleur pourprée ne change p.is dans h?a feuilles et les pétioles nés dans l'obscurité : 5°. les poil s de viennent plus rares et plus lon^s, et leur stroctnre paraît un peu altérée j'â^irobscuriié reiardf le développement des feuilles rarli- •cales. ■

-' 'Le médecin Tcissiera-fait, apr^s Méese, d'autres expériences; deiîqtieUfes ce savant a tiré les conclusions su i\;intt»s' :

- -îV Lfs plantes ékvées dans les souterrains y sont d'autant moim\éi'te^qu'elles reçoivent moins de lumière. . ; .

• 2**. Celles qui dans les souterrains l'ebôivént la lumière du joiir, ont ime couleur verte pbisfoniiGG que celles. qui ne la leçoivenl que par réflexion ; plus on mtdtiplie Iç^ iéllexj,0|i^, plus la couleur s'affitihlit. ,

5''. La lumière d'une lampe cOQ*erve aux plantes leur couleur verte. Celle-ci est moins intense qiYe celle des plantes qui srint exposées à la lumière du jour, directe ou réfléchie. 'Celte cou-

leur perd de son intensité à la réflexion de la lumière d'une lampe , mais elle subsiste.

4°. Les plantes se décolorent lors même qu'elles sont voisines de la lumière , si celle-ci ne tombe pas sur elles.

5°. Les plantes qui sont exposées la nuit à la lumière de la lune, et qui restent le jour dans l'obscurité , sont bien moins jaunes ou blanches que celles qui sont jour et nuit dans l'obscurité.

6'^. Les jeunes plantes s'inclinent très-sensiblement vers la lumière, directe ou réfléchie, même vers celle d'une chandelle, soit qu'elles végètent à la surface de la terre , dans des souterrains , soit qu'elles croissent dans des appariemens très-éclairés ou qui reçoivent peu de jour.

Enfin l'inclinaison des plantes à la lumière est eu raison composée de leur jeunesse , de leur dislance de la lumière, de la manière dont leurs germes ont été posés, de la couleur des corps qui les environnent, et du plus ou moins de Tacililé que leurs tiges trouvent à sortir (i).

(i) Les plantes sont tellement sensibles , si l'ont peut s'exprimer ainsi , à l'action de la lumière', qufe M. Decandolle est parvenu à changer l'e'poque du sommeil et de la veille du /«imQ6ïZ piidica , en l'enfermant pendant lé jour dans un endroit obscur, et en re'clairant la nuit avec une lumière artificielle. (I. B.)

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La lumière n'a pas une moindre influence sur les animaux. Les vers et les chenilles qui vivent dans la terre ou dans le bois sont décolorés ; les oiseaux de nuit et les phalènes se distinguent de ceux de jour par des couleurs moins vives et moins brillantes. On remarque une semblable différence entre les animaux du Nord et ceux du Midi. On voit de même les hommes s'étioler par les travaux sédentaires, dans les logcmens resserrés , dans les rues étroites, où la lumière du soleil parvient rarement ; ils se développent au contraire par les travaux à l'air libre et par l'exposition au soleil. Il suit de là que les personnes pâles , cachectiques, ont besoin de respirer un air libre et traversé parles rayons directs du soleil, comme celui des lieux élevés. Il en est de même des personnes lymphatiques , dont les solides sont dans le relâchement et l'inertie; la lumière opère sur elles, comme sur les végétaux, une action tonique et véritablement vivifiante , et rend à la fibre le ton et l'énergie dont elle était privée.

La lumière solaire a donc la plus grande influence sur les hommes ; elle les colore plus ou moins, selon qu'elle est plus ou moins forte, et que son action est plus ou nioins continue ou interrompue. Les nuances qui caractérisent les dlffiérens peuples du globe sont très-variées : la nature descend par degrés imperceptibles du blanc

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des Suédois au Ixisiiné des Espagnols, el du grîs cendré d«'s Siauiois à l'olivâlro des Mogols, au Jaune des Brésiliens, el enfin au noir foncé des nations qui hal)iieni l'inlérieur de l'Afrique. C'est la couleur qui forme une des variétés physiques les [)lus remarquables de l'espèce liuruaine.

Les différentes couleurs des peuples sont principalement l'effet de l'aclion de la lumière solaire, qui diffère sous les mêmes parallèles. L'espèce humaine se noircit au feu du soleil , et blanchit dans les régions glaciales. 11 n'y a point de ne- "1 es hors les limites de la zone torride , et encore n'en renconire-l-on que là où l'action de la lumière est excessive , c'est-à-dire , où le thermomètre monte de trente à trente-quatre degrés. Parloul ailleurs où l'atmosphère est moins brûlante , où elle est rafraîchie par les vapeurs de TOcéan , des fleuves, des rivières et des marais, par les vents de la mer, par la diminution du reflet des rayons solaires sur un terrain moins nu et moins sablonneux, il n'y a point de nègres : seulement les hommes y sont plus ou moins basanés. Au reste, il est essentiel d'observer qu'en parlant de ce degré excessif de chaleur, on entend une chaleur constante, habiiuolle , el qui se soutient long temps au même point. Enfin on observe qu'à mesuie qu'on s'éloigne de l e-

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qualeur, le leinl noir devient b.jsané/ piiis se change en brun , et tle celui-ci il n'y a qu'une nuance au blanc , qui semble eue la couleur -primitive de l'homme.

On concevra ai&ement, d'après ce que je viens de dire, pourquoi toule celle grande bande du globe, la zone lorride, n'esl pas uniquement peuplée de nègres : cela «lépend de» causes locales qui modèrent l'action du soleil. 11 est certain , par exemple, que les terres qui sont défendues du vent d'est par le pic de TénérifFe ei le mont Atlas, ne sont pas habitées par des nègres parfaits , comme les plages de h» Nubie, de Serra-Léona et du Sénégal. Si les nations de l'archipel indien, quoique placées sous la ligne, ne sont que basanées , c'est que les vapeurs de l'Océan qui les entoure, et les vents alizés qui v régnent, ébranlent sans cesse la colonne d'air embrasé , et diminuent ainsi le reflet des rayons du soleil. Enfin , si toute la partie du Nouveau-Monde qui est située entre les tropiques ne contient aucun nègre, c'est que, d'après les observations thermométriques de La Condamine et d Adanson, la chaleur du Pérou est moindre de quinze degrés que celle du Sénégal ; dimmuiion qu'il faut atliibuer aux exhalaisons du sol humide de l'Amérique , aux vapeurs qui s'élèvent continuellement de l'Océan, et surtout aux forêts immenses dont ce continent

3^2 ÉlÉmEIVS d'hYCI^XE.

est surchargé, et qui offrent aux rayolis du soleil une barrière presque irapénélrable.

Rien ne prouve davantage celle opinion que l'histoire de Ceylan. Ceux des insulaires qui habitent les plages découvertes ont le teint couleur de cuivre, tandis que les Bedas, qui vivent dans les bois , et qui probablement sont indigènes , puisque de temps immémorial ils parlent la langue du royaume de Candi, sont d'une blancheur semblable a celle des Suédois. L'observation démontre que les pays couverts de bois sont plus froids que les pays découverts. Les arbres attirent les nuages, recèlent l'humidité dans leurs feuilles , et leurs rameaux sont autant de ventilateurs qui agitent et rafraîchissent l'atmosphère.

Ce qui démontre d'une manière incontestable que c'est la lumière du soleil qui colore l'homme, c'est que les Européens transplantés sous la ligne y voient à la longue leur teint passer par toutes les nuances intermédiaires entre le blanc parfait et le noir d'ébène, surtout quand ils adoptent la manière de vivre et la nudité des naturels du pays. Si l'on en croit le savant auteur de l'histoire de l'Afrique française , la postérité des conquérans portugais qui y descendirent vers le milieu du quinzième siècle , est devenue entièrement semblable aux nègres par la laine de

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