FRICTIONS
seize minutes, avec un linge, une flanelle, ou une brosse. On ne doit les faire que lorsque la digesùon est achevée , ei non imniédialenient après le repas.
Les frictions appellent les forces et l'aciion au dehors ; elles donnent du ton et de la vigueur aux solides, et accélèrent le mouvement progressif du sang dans les veines, et ensuite dans les artères. Il ne faut pas qu'elles soient fortes ni soutenues trop long-temps; autrement elles enflamment la peau, précipitent la circulation, et décidm la fièvre. Leur effet est donc d'augmenter Je mouvement , et de donner de la mobilité aux humeurs stagnantes et épanchées : aussi s'en sert-on utilement pour atténuer et résoudre les tumeurs indolentes , pour ranimer l'action languissante des vaiseaux , et rétablir la circulation dans les parties où elle se fait difficilement. Ces effets ne se bornent pas à la partie sur laquelle on applique la friction , car elle excite souvent une transpiration générale, en déterminant le rayonnement des forces 'de l'épigastre vers l'organe extérieur; ainsi leur sphère d'activité embrasse tout le corps; c'est pourquoi Celse les recofuiTiandaii principalement dans les affections qui reconnaissent pour cause la fixation et la concentration des forces dans l'intérieur, comme dans la mélancolie, l'hypochondrie , etc.
L'usage des friclions exige quelques précautions : 1°. on doit s'en abstenir dans les cas de pléthore; 2° il ne faut pas les pratiquer sur l'estomac ei le ventre lorsqu'il y a embarras des premières voies , chaleur et tendance à la pourriture.
Les anciens mettaient beaucoup en usage les onctions avec l'huile : ils s'en servaient avant que d'entrer dans le bain, pour empêcher une trop grande évaporaiion. La troupe employait ces moyens pour se préserver du froid , et conserver la souplesse et la flexibilité de la peau et des membres, lorsqu'elle se mettait en campagne dans les saisons rigoureuses. On lit, dans Xénophon, qu'il tit frotter d'huile et de graisse ses soldats lors de leur retraite, durant laquelle il furent engourdis par le froid. Tite-Live rapporte qu'Annibal usa de ce même moyen dans une circonstance où .ses soldats, après s'être mis dans l'eau pour poursuivre l'ennemi, et après avoir essuyé une pluie considérable durant la nuit suivante, avaient de corps roide et presque immobile , au point de ne pouvoir manier leurs armes. Ce général fit allumer des feux devant les lentes, et distribuer à son armée de l'huile pour faire des onctions sur les membres; ce qui lui réussit.
Les peuples les moins industrieux des contrées