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Quclcjucs mcclcclns om proposé (l<^ roiiipl.iccr les linges de toile par des cioftes de laine, dans la persuasion que l'usage de ces dernières , portées sur la peau , serait plus salutaire. Comme cet objet est d'un intéiêl général , je présenterai les réflexions suivantes, à l'aide desquelles on pourra aisément décider la question.
1°. La laine portée sur la peau l'irrite et l'excite davantage que la toile ; il en résulte qu'elle en aiguise la sensibilité , qu'elle y attire habituellement une plus grande somme de forces et une plus grande quantité d'humeurs, et qu'ainsi elle augmente considérablement la transpiration.
2°. La laine isole le calorique des corps sur lesquels elle est appHquée, et la toile le laisse passer libren\enl. 11 suit de là que la laine entretient plus de chaleur à la peau que les toiles ; elle absorbe la sueur tandis que la toile l'abandonne et. la laisse évaporer sur la pqau : ainsi , quand on transpire beaucoup, on n'est pas mouilN'^ avec la laine, et on l'est avec la toile. Mais un inconvénient attaché à la laine, c'est que les vapeurs abondantes dont elle s'imbibe, exaltées par Lv^haleur, se corrompent, s'altèrent rapidement , et portent à la peau leiir impression vicicti/ie. On a observé que les maladies cutanées étaient bien moins fréquentes et njoins communes depuis qu'on I. 5o
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avait substitué à la laiiic les ciiemisea et les bas de toile.
3". Enfin la laine attire et retient, plus Ibrtcment que la toile, riiumidité et les miasmes morbifères.
On voit d'après cela que l'usage dé la laine appliquée à la peau n'est pas aussi salutaire qud celui de la toile. Cette dernière mérite en général la préférence, surtout dans la jeunesse, parce qu'à cet âge on a moins besoin d'augmenter la chaleur et la transpiration , de même que le sentiment et l'activité de la peau. Il est néanmoins des cas où la laine est préférable; mais alors il faut en changer fréquemment et la faire laver beaucoup plus souvent que quand on se sert de la toile.
La laine est utile à ceux qui ont passé l'âge de quarante ans, parce qu'à cette époque de la vie la force concentrique l'emporte sur celle excentrique, et que l'action de la peau et la transpiration ont déjà diminué notablement. Elle est avantageuse aux personnes piluiieuses, cachectiques, à celles qui ont la fibre lâche et molle , et qui n'ont pas beaucoup de chaleur et de forces. On doit la conseiller àcetix qui mènent une vie sédentaire, et surtout aù\ hommes de cablnef ; la transpiration ne ' s'exerce qu'avec peine chez eux, et la peau a besoin d'un stimulant pour entretenir la libre circulation des forces. Elle
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produit Je bons eflfels dans les personnes sujettes aux rhumes, aux fluxions catarrhales , aux douleurs rhumatismales, à l'asthme, aux hypoçhondriaques, aux femmes hystériques, aux infirmes , aux convalescens , en un mot , à tous ceux qui sont très-sensibles aux variations de l'atmosphère, aux habitans des pays où l'on en éprouve fréquemment de brusques, aux voyageurs, ainsi qu'à ceux qui, par leur genre de vie, sont exposés à deschangemens subits. L'usage de la laine portée sur la peau convient également à ceux qui ont le ventre relâché; cutis denshas , ventris raritas , et l'on a vu quelquefois des diarrhées invétérées guéries par cet unique moyen.
L^usage de la laine est nuisible aux personnes sanguines et bilieuses, à celles qui sont maigres et efTilées, à celles qui transpirent beaucoup naturellement , chez lesquelles les forces vitales sont très-énergiques, et h celles qui sont affectées de maladies cutanées et de vermine, ou qui ont des dispositions à en avoir.
§ IV. Cosmétiques.
Les cosmétiques tiennent, de près à ce sujet, vu qu'ils portent leur impression sur la peau ; c'est pourquoi j'en parlerai sommairement avant que de terminer cette classe. Le désir de plaire, si na-
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iiirel au sexe féminin , a faii rechercher, dans tons les lempsel dans tous les pays dumondè,les moyens lié t éhausser l'éclat dé la beauté , d'en perpétuer la durée, ou d'en réialiiu- lesbièclies. L'aniimoine est le pUis ancien fard dont on ait fait u^aj^e. L<;s lemnies, dans l'Orienl, se frottaient autrefois le contour de l'œil avec lé fard d'antimoine. Aujourd'hui les feiumes syriennes, babyloménnés ei arabes mettent ce procède en usage, dans I^ même "^^lie d'avoir les yeux noirs, grands "et fendus : les femmes barbaresques se teignent les poils des paupières et les yeux avec le molybdène pulvérisé. Les Grecques et les Romhineâ empruntèrent des Asiatiques cette mode; mais pour étendre l'ernpire de la beauté, et. ré.lablii* les couleurs flétries, elles imaginèrent, deux nouveaux faids qui ont passé jusqu'à nous, le blanc et le roujie. ...
La plupart des nations (île l'Asie et tfe l'Afriqne sont encore, ainsi que je 1 ai dit dans. Hustoire naturelle de riionimc , dans l'usage de se peindre de différentes couleurs diverses parties du corps , d'après les idées qu'elles se sont formées de la beauté.
' Avant que les Moscovites eussent été policés parle czar Pierre P"^, les.femrvies russes ftisaieru déjà usage du ronge,, s'arrachaient les sourcils, se les peignaient , on s'en formaient d'artificiels.
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Enfin, le l)laiic ol \o rouge onl i;ui Ibrlimc en l'Europe, cl surtout en France. Celle mode y lui apporlée par les Ilaliens qui vinrent à la cour de Catherine de Modicis ; mais ce n'est que sur la lin du dix-septième siècle rpie le rouge, le crépon de Strasbourg et le nakaral de Portugal, ont f)ns faveur, et que leur usage est dcVenû générât vhez les femmes nobles, les petit-maîtres, les coiirediennes pt les prostituées.
Les cosmétiques, dont les oxides métalliques , comme ceux de plomb, de mercure, de ])ismiitli, le talc, l'alun, etc., forment la base, sont nonseulement incapables de réparer les injures du temps et d'eflacer les rides de la vieillesse, mais encore ils produisent un effet tout cojitraire : sous les couches du fard , les traits se déforment , la peau se lime, et le teint se flétrit. Combien de femmes qui, pour mieux réussir à plaire, perdent, à force d'art, jusqu'à l'avantage de paraître jeunes! Les grâces fugitives de la jeunesse ne s'envolenielles f)as déjà lidp |)ronq)ternertl ! Une élég;uife propreté sans })rélention , et une noble simj)iicilé sans élude, peuvent seules rendre la beauté plus séduisante , ou tempérer la laideur et en affaiblir les traits. On ne saurait trop répéter au sexe ce qu'a dil, avec autant rt'espiil que de vérité, Jaucour : « Des grâces simples et naturelles , le rouge » de la pudeur j l'enjouement ei la douceur.
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» voilà le fard le plus séduisani de la jeunesse;' » quant à la vieillesse, il n'est aucun fard quV )) puisse l'embellir, si ce n'est l'esprit et les coh- » naissances. »
Les vrais cosmétiques sont les lotions aqueuses' pour la {rùpreté, et les onctions que l'on peut employer pour décrasser et adoucir la peau,' comme les substances emulsives, l'huile récenia,' le blanc de baleine, le beurre, celui de cacao, lé savon, la pâle d'amandes , et aulres de ce genre : aucun oxide métallique ne doit être appliqué à la peau : outre qu'ils la dessèchent et qu'ils ternissent Téclal du teint , ils donnent lieu à line rnultitude innombrable d'accidens. L'expérience à prouvé que leur usage affectait les yeux, et faisait naître des boutons au visage; ils causent des fluxions, des maux de lê(e et de dents; ils en détruisent l'émail; ils échauffent la boiiche et lîai gorge, infectent et corrompent îa salive; enfin, pénétrant peu à peu dans la substance des poumons, ils l'irritent, et produisent des maladies de poitrine très-graves, et d'autant plus difliciles à guérir qu'on en soupçonne rarement la véritable cause.
Il n est pas moins dangereux ci appliquer des oxides ou des dissolutions métalliques sur les cheveux, dans le dessein de les teindre. Ces subsumces actives , pour peu qu'on en prolonge î'usage , ne
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lardent pas à porter leur action sur le cerveau , douLellcs lroublent.les fonctions. On a vu plusieui s fois la frénésie survenir à la suite de lotions faites sur les cheveux avec la dissolution d'arirent dans l'acide nilricpie très-affalbli avec de l'eau. J'ai vu moi -même une attaque d'apoplexie, qui faillit cire mortelle, survenir à un homme de soixante ans qui , voulant dérober son âge aux yeux des belles auxquelles il cherchait encore à plaire, avait essayé de noircir ses cheveux blancs avec une composition qui avait pour base l'acétite tle plomb.
Il est très-salutaire de peigner souvent les cheveux, surtout lorsqu'on emploie fréquemment la pommade et la poudre ; car ce mélange forme , avec la sueur et 1 humeur perspirable, une colle qui, en interceptant la transpiration , occasione des fluxions calarrhales, des maux d'yeux, de gorge, d'oreilles, etc., et favorise la production de la vermine. On dit que les matelots sont exemj)ts de cette dernière, parce qu'ils portcnl des chemises bleues teintes avec l'indigo : si cela était , il sérail très - avantageux d'en faire porter aux soldais eM campagne ; ils y trouveraient un autre avantage de plus, celui de la diminution des frais (pi'entraîne la fréquence des blanchissages.