‹ Élémens d'hygiène (volume 2)Chapitre 8 sur 36 · PROPRIÉTÉS VITALES · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS VITALES

corps , celte propriété est seulement appréciable pour les fluides, et n'appartient point aux solides. 2^, Les conditions organiques qui sont suscepùbles de se transformer en causes de phénomènes sont au nombre de deux , l'extensibilité et 1^ contractilité de tissu. Prouvons cela par deux exemples : sireslomac ne pouvait se dilater, nous ne pourrions y accumuler une aussi grande quantité d'alimens , quantité nécessaire à la nutrition ; l'extension des parois de l'abdomen est nécessaire à la dilatation des dififérens viscères abdominaux, etc. JLa contraclilité est encore bien plus importante et plus souvent cause de phénomènes: c'est en vertu de cette faculté que s'exécutent un grand nombre d'excrétions , etc. Toutes nos parties sont extensibles , chacune a un plus ou moins grand degré. Pour avoir une idée exacte du plus ou moins d'extensibilité dont est pourvue chacune d'elles , il faut remarquer que rextensibllité s'exécute promptement ou lentement. Les os, par exemple, sont susceptibles d'une extension assez considérable, mais lente, et aucune force, quelqu'intense qu'elle fût, ne pourrait promptement leur donner cette extension. D'autres organes , au contraire , sont susceptibles d'une prompte exlensibiliié , etc. L'extensibilité lente appartient à toutes nos parties. Toutes les parties souples cl molles ne sont pas toutes également

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Irès-exterslLlf s. Le tissu artériel , par exemple , dans les anévrysmes, n'est pas susceptible d'une grande extensibilité. On a souvent confondu la contraclilité de tissu avec la contraclllité animale; souvent, en effet, l'une et l'autre se trouvent réunies : lorsque la peau coupée par un instrument tranchant se rétracte en vertu de sa contractilité de tissu et de sa contractilllé anitnale irritée par la présence de l'instrument. On a aussi rapproché l'extensibilité de l'élasticité ; mais ce rapprochement est défectueux , puisqu'il n'y a guère que les os et les cartilages qui soient parfaitement élastiques ; d'ailleurs, l'élasticité est un phénomène subit et instantané ; la contractililé, au contraire , s'exécute lentement et dans un temps donné. Pour que l'élasticité s'accomplisse, il faut un premier déplacement, car c'est le retour des parties qui constitue l'élasticité , ce qui ne se remarque pas dans la contractilité. Cependant, il il faut en convenir , il est certaines circonstances qui peuvent en imposer , et on ne peut qu'approuver Yïdée de I/untcr , qui appelait cette propriété élasticité contractante.

La contractilité de tissu s'exécute ordinairement par défaut d'extension de nos parties. En effet , toutes sont entretenues dans un état de tension assez considérable les unes par les autres : cet état vient - il à cesser par une cause

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quelconque, elles se rëtracteni de suite en vertu de la contraciililé de lissu. La peau , par exemple, dont la tension varie suivant les différentes parties oiji elle se trouve , est susceptible d'une rétraction plus ou moins grande, lorsque les parties qui maintiennent cette extension viennent à s'affaisser ou que sa continuité est interrompue ; c'est ainsi , par exemple , qu'une plaie transversale de la cuisse causerait une plus grande rétraction de la peau qu'une plaie longitudinale. On voit tous les jours des malades qui, passant d'un embonpoint extrême à une maigreur considérable , présentent une laxllé considérable dans le système cutané , et des plis résultant de sa rétraction : quoique ces plis et cette rétraction disparaissent dans la suite , il est rare cependant que la peau revienne à son état naturel par un pliénomène d'élasticité parfaite , phénomène rare , même peut-être impossible. Celle rétraction est moins considérable et plus susceplible de disparaître chez les jeunes sujets que chez les vieillards et même les adultes. Ainsi, par exemple, un jeune homme qui passe d'un grand embonpoint à l'élat de maigreur ne présente jamais autant de rides ni autant de dépressions sur la figure qu'un vieillard. On sait qu'une jeune femme qui a eu encore peu d'enfans présente peu de •volume et peu de dislen-

sion dans \es tégumcns de rabtlomen ; tandis qu'une femme adulte qui en a eu un grand nombre offre beaucoup d'amplitude dans les parois abdominales. La vieillesse imprime une sorte de rigidité aux parties qui les rend beaucoup moius élastiques.

Bichat admettait un autre mode de contraclilité de tissu qu'il appelait contractU'ilé par racornissement. Ce phénomène purement accidentel, hors de toute influence vitale , qui n'éSt dû qu'à l'action des corps extérieurs sur nos parties, tels que des agens chimiques, le feu, etc. , est ou instantané ou s'exécute lentement : dans le premier cas, il est opéré parle feu; dans le second , il reconnaît pour cause les acides et les sels : c'est ainsi qu'on voit des pièces anatomiques conservées dans des sels ou des acides se racornir lentement.

3°. Les conditions ^vitales sont sans contredit les plus importantes , et placées au premier rang par le grand nombre des phénomènes auxquels elles président , elles ont pris les noms de propriétés, de forces vitales , de facultés ^ etc. Le principe de la vie est remarquable par deux modifications fondamentales ou facultés prédominantes ; ce sont la sensibilité ou faculté de sentir , la moti- Jité ou faculté de se mouvoir spontanément. Ces deux modifications nous'en présentent d'autres

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en assez grand nombre , et sur lequel les pliysiologistesne s'accordent pas. En effet:, quelquesuns, en augmentant le nombre, ont nommé propriétés des phénomènes qui ne peuvent être revêtus de ce nom. Grimaud , par exemple, admet une propriété qu'il appeWe force digesti^Cj qu'il généralise beaucoup , à laquelle il rattache la digestion, la nutrition, etc. Mais il est évident que la sensibiUlé et la îiiolilité président à la digestion , ainsi qu'aux autres fonctions , et qu'on ne peut considérer dans les organes qu'une aptitude à ces mêmes fonctions, qu'il est abusif de prendre pour une propriété ; car alors il faudrait dire également force de sécrétion , force de respiration, force de circulation y etc. Blumenbach a nommé /b/'ce génératrice la cause occulte et niyslérieuse en venu de laquelle s'accomplit la génération , et il la met au nombre des propriétés vitales. 11 est fautif sans doute d'appeler /b/ce génératrice cQi acte secret et mystérieux ; cependantil existe peut être par lui-même, et sous ce rapport il y aurait moins d'inconvénient à le placer au nombre des propriétés vitales, bien que d'ailleurs le mécanisme nous en soit inconnu.

Barihez admettait une force de situation fixe, en vertu de laquelle les muscles sont disposés à agir, ont une tendance continuelle à résister à ceux qui leur sont opposés, et par conséquent

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établissent un anlagonisnje parfait entre eux; mais on n'a pas besoin de celle force pour expliquer l'aclion musculaire , puisque les muscles sont sous l'influence de Irois propriétés, la conlracli- ]ilé animale, l'irrilabililé , et la coniraclilllé de tissu, qui déterminent leur action sans avoir besoin de recourir à une propriété imaginaire. Le professeur Dumas admet de son côlé une foice assimilatrice , par laquelle les substances sont élaborées , altérées, modifiées et changées en nos propres organes ; une force de résistance vitale en vertu de laquelle nos parties luttent sans cesse contre la mort et l'empire des lois cbimiques. Mais il est facile de voir que celle force n'est que ]a vie elle-même , dont tous les résultais tendent à nous mettre en opposition avec les causes qui tendent à notre destruction. Enfin, on a fait une dernière propriété vitale du principe producteur delà chaleur, qu'on appelle ca/o ne t7e; soit qu'on comprenne sous ce nom la puissance qui dégage le caloiique ou ce dégagement lui-même, l'idée nous paraît également fausse.

Ce phénomène s'exécute comme les autres fonctions de la vie ; il est inutile , pour l'expliquer, de recourir à une modification particulière du principe de la vie. En un mot , la cause productrice de la chaleur , ou la production de la chaleur elle-même , sont des effets et non des

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causes^ comme la puissance nutritive et la nulrilion , la puissance d'exhalation et l'exhalaiion elle-même ne sont également que des effets; elles ne s'exécutent point en •\'ertu d'une condition spéciale , mais par le moyen des propriétés vitales. Il est à remarquer que toutes ces propriétés que nous venons d'analyser sont reconnues seulement par leurs inventeurs, et ne sont adoptées par aucun physiologiste , ce qui prouve, en quelque sorte, qu'elles ne sont que hypothétiques.

Comme nous l'avons déjà annoncé plus haut , la sensibilité et la molilité comportent plusieurs manières d'être, ou modifications secondaires qui portent également le nom de propriétés vitales.

La sensibilitéesl commune à toutes nos parties; il Tien est aucune qui ne soit susceptible d'être impressionnée d'une manière plus ou moins grande; elle présente deux manières d'être distinctes , suivant que nous avons la conscience des impressions, ou qu'elles sont concentrées l\ l'organe qui les reçoit sans que le cerveau les perçoive. Dans le premier cas , elle prend le nom de sensibilité animale , ou impressionnabilité , expression que nous adoptons volontiers, parce qu'elle paraît consacrée de tous les temps par le

Go ÉlÉME^S D'ilYGlÈNE.

fréquent usage que l'on faii du mot impression pour exprimer une sensalion (i).

Dans le second cas, la sensibilité prend le nom de sensihiiilé organique] les sensations qu'elle reçoit sont concentrées dans l'organe auquel elles sont communiquées sans êlre transmises au cerveau. Nous lui donnerons le nom d'excitabilué, par la même raison que nous avons adopté celui ôUmpressionjiabilité (2). De ces deux propriétés , la première appartient essentiellement à la vie animale, et la seconde à la vie organique. On aurait évité bien des erreurs si on avait toujours fait celte distinction , et on n'aurait point refusé aucune espèce de sensibilité à certaines parties qui possèdent la sensibilité organique. En effet , il n'est pas probable , quoiqu'on ne puisse le voir ni s'en assurer positivement , que le sang n'imprime aucune excitabilité au cœur , les alimens à l'csLomac , les matériaux des, sécrétions aux organes sécréteurs, etc.

(1) Nous regardons comme inexacl le nom de sensibilité percevante ou percepliùililc. En efl'el , celle expression ne nous paraît propre qu"à exprimer une opéralion de faine et non du corps. Le corps seul transmet ses sensations, mais ne perçoit pas, faculté absolument réservée au principepriraiLif et inconnu qu'on appelle awe.

(•2) Loco citato.

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La moiilité ou facullc de se mbuVoir est une propriété inliérenle à tous les êtres organisés, qui se modifie à nos yeux de deux manières ditrérenles, ou par la dilatation de nos parties , ou par leur raccourcissement ou diminution d'étendue; la première porte le nom à^ extensibilité et de dilatabilité : tels sont le développement de certaines cavités, comme celles du cœur, la dilatation des poumons , le gonflement ou Téreciion du mamelon, de la verge, du clitoris, etc. Il ne faut pas confondre celte extensibilité avec l'extensibilité de tissu. La seconde , connue sous le nom de contractilité ou faculté de se contracter, se présente à nos yeux sous deux états différcns : ou elle est apparente et tombe facilement sous nos sens , où elle est latente et obscure, semblable à la sensibilité organicpie. La première a reçu le nom de contractilité animale et sensible , et la seconde celui de contractilité insensible , ou mouvement tonique, tonicité; et quoiqu'on n'ait pas de preuves irrécusables de son existence , il est impossible que nos fluides et nos solides réagissent les uns sur les autres, produisent de nouveaux matériaux, sans aucune espèce de mouvement , etc.

La sensibilité animale n'est départie qu'à un certain nombre d'oriianes. La sensibilité orqanique, au contraire, est commune à toutes nos parties. Elle préside à la nutrition, qui est

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une fonclîon générale qui appartient à loules les parties de l'économie animale : cette propriété est par conséquent la manière d'être la plus générale de la vie. La sensibilité organique est toujours suivie , accompagnée ou confondue avec un mode de mobilité. L'exercice de la sensibilité animale n'est ni suivie, ni accompagnée d'aucune espèce de mouvement ou mobilité, à moins qu'on ne suppose que la transmission nerveuse, la sensation même ne s'opèrent que par le moyen d'un mouvement subit et invisible à nos sens, qui se propage par la continuité des organes. La sensibilité animale présidant auï fonctions de relation ne peut être dans un exercice conlinuel^et est soumise à une intermiltenced'action propre à ces fonctions. La sensibilité ornique est constamment en action ; son exercice est continu comme la vie à laquelle elle préside. Le plus souvent ces deux propriétés, lorsqu'elles existent simultanément dans une même partie , sont en raison inverse lune de l'autre. Le cœur, par exemple, qui jouit de la plus grande irritabilité possible, et par conséquent de la sensibilité organique à un très-haut degré, ne jouit pas de la sensibilité animale , puisque nous ne sommes point avertis de l'abord du sang dans cet organe, et qu'on l'irrite sans causer aucune douleur chez les animaux, comme on l'a souvent ré-

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