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U. II

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moyen innocent dont lesTemmes peuvent user sans crainte; car, si elle ne produit pas l'effet quon en attend , au moins elle ne saurait faire de mal.

IX. l^es framboises ( rubus idœus ^ L. ) , fruits du framboisier, qui ont beaucoup de parfum et une saveur irès-agréable. Ils jouissent , à peu de chose près, de toutes les qualités des fraises , et donnent à la distillation une eau chargée d'arôme, dont la saveur est délicieuse. On fait en Russie et dans la Livonie polonaise, avec les framboises, un hydromel exquis , et qui ressemble au vin de Portugal. On mange ces fruits crus, mêlés avec les fraises et les groseilles ; on en fait des confitures, des gelées, des compotes, ^es conserves, des dragées, du sirop, du vinaigre,: ils entrent dans la composition de plusieurs ratafias. On préjUire avec les framboises, le sucre et Teau, une boisson très-rafraîchissante, qui provoque les urines , et d'un goût très-agrcable. Infusées dans le vin ou le vinaigre , elles leur communiquent une odeur et une saveur-exquises. On ne peut les conserver quelques jours mûres sans être confites, parce qu'elles moisissent promptenient. En les faisant fermenter elles fournissent du vin dont t)n peut retirer de l'alcohol.

X. Les mûres ( mori ) sont les fruits d*uri arbre indigène de l'Europe méridionale, et qui s'est très-bien acclimaté en France. C'est cet arbre

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dont les feuilles servent de nourriture aux vers à soie. Il y en a deux variétés principales , le mûrier blanc (morus aJba ^ L.), el le mûrier noir ( morus nigra , L. ). On peut tirer de son écorce, qui est filamenteuse, le même parti que de l'ortie, pour faire de la toile et des cordes : on la déta^ che du bois en le faisant rouir dans l'eau. On peut en faire aussi du papier. Ses fitiits sont très-doux et très-sucrés,* ils n'ont rien d'astringent , ainsi que quelques médecins l'ont pensé; ils sont au contraire laxatifs.

XL Ltes pêches (persica maîa ; amigdalus persica f L.), fruits à noyaux du pécher, arbre qu'on croit originaire de l'Aiie et de l'Aniérique. 11 y en a un grand nombre de variétés. C'est sans fondement que quelques personnes , qui regardent comme infaillible l'autorité des anciens , leur attribuent des qualités nuisibles et malfaisantes ; les pêches fournissent une nourriture innocente, savoureuse, délicate, rafraîchissante et saine , quand on les mange mûres et en petite quantité. On les confît à l'eau - de - vie , au -vinaigre , au sucre , et on en fait du vin.

Xil. Les j'ûisins ( ui^œ vitis ) , fruits à grappe de la vigne ( vitis vinifejYi , L. ), qui est un arbrisseau sarmenleux , originaire d'Asie , où on le cultivait de temps immémorial, car l'usage du vm doit être aussi ancien que le monde ^ puis«p .

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que dans les temps les plus reculés et chez presque tous les peuples, une des parlies principales du culte consistait à offrir à l'Etre suprême du pain et du vin. La vigne croît naturellement dans les bois de la Louisiane et du Canada , et s'y multiplie d'elle-même.

Il existe un grand nombre d'espèces et de variélés de raisins , qui diffèrent de forme , de grosseur , de couleur , de saveur, de précocité, et dont les uns sont préférables pour la table , et les autres pour le vin. On cultive la vigne dans les pays chauds et tempérés de l'Europe , et elle vient bien partout où les étés ne sont pas courts et où les pluies ne sont pas fréquentes , comme entre le trentième et le cinquante-unième degré de latitude nord : au-delà de ces termes la culture en est infructueuse.

Les raisins possèdent dans lin haut degré toutes les qualités des fruits doux et sucrés ; Ils contiennent beaucoup de sucre : c'est pourquoi ils sont très-nourrisans. On y rencontre aussi de Tacide tartareux et de l'acide citrique tout formés en différentes proportions, selon le degré de maturité et l'espèce de raisin. C'est la grande quantité de sucre et la présence de l'acide tartareux contenus dnns le raisin , qui donnent au vin qu'on retire de ce fruit délicieux la supériorité dont il jouit sur les autres vins.

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î>s raisins rëcens; fermentent aisément , et il est prudent de n'en pas manger de grandes quantités lorsqu'on a l'estomac faible : d ailleurs leurs pellicules se digèrent très-difficilement, et il est des personnes qui , d'après le témoignage de Galien , de Kerckring et de plusieurs autres, ont gardé dans leur estomac des grains de raisins entiers pendant plus de trois mois. Les pépins sont aslringens, et le moût très-fermentescible : il est dangereux d'en boire , par rapport à la fermentation qu'il contracte bienlôl dans les premières voies , eLqui occasione quelquefois les plus grands troubles dans la macbine. Mustum inflat et sub^ ducit ac conturbat fervens in ventre , et alvo 5ecedit* ( Hipp. , lib. Il de Diœlâ, )

On mange les raisins frais , secs ou confits. On fait sécher principalement, comme les plus agréables au goût et les plus faciles à conserver, les raisins de Corinthe ( passulœ minores ) , dont les grains sont plus petits que ceux des groseilles rouges, et les raisins de Damas , dont les grains ressemblent à de petites prunes par leur grosseur ; ils sont très-nourrissans, et ceux de Corinthe plus laxatifs.

XllI. Les prunes Ç pruna ; prunus domesti'ca, L.'), fruits à noyaux du prunier, arbre moyen, originaire de l'Europe méridionale, et dont il existe un grand nombre de variétés, qui

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diffèrent par ]a forme , la couleur, la saveur, le volume el Tëpoque de leur maturité. On mange les prunes crues ; on en fait aussi des pruneaux : la pulpe est laxalive. On en prépare et on en fait sécher de grandes quantités dans la ci - devant Touramc. Los principales sont : i°. la prune de Monsieur y c^uï est très-belJc et grosse, d'un jaune violet : elle est très-bonne, surtout danî>les pays chauds, comme dans les déparlemens méridionaux de France. 2". Jydprujie de Sainte- Catherine, qui est gvosse , blanche , bonnea manger et à faire des pruneaux. 5°. Le damas gris , on prune ah icotée , qui est grosse, ronde, bianche , un peu rouge, ce qui la fait lessembler à un peiii abricot , et d'un goût exquis. 4''' La prune de Brugnole , qui est petite , d'un rouge clair , d'une chair un peu ferme, légèrement acide el vineuse; elle est humectante et rafraîchissante. 5". La reine-claude , dont la peau est fine , verte, la chair succulente et très-sucrée ; elle est la meilleure de toutes les prunes. 6'\ En(in , la mirabelle y qui est estimée particulièrement en confitures.

Les prunes ont en général beaucoup d'analogie avec les abricots, par rapport à leurs effets sur l'économie animale. Celles qui sont les plus aqueuses fermentent aisément dans l'estomac; celles qui sont douces et qu'on a desséchées sont irèi-iaxatives.En généraîjespruneaux sontde tous

les fruits secs ceux qui conservent le plus la qua-r lité laxalive. La dessiccation dépouille les fruits d'une grande partie de leur eau et de l'air qui y étaient contenus ; elle concentre la matière sucrée, et les rend ainsi plus doux et plus nourrissans. Les prunes sont irès-fermentescibles : on en retire par la distillation , lorsqu'elles ont fermenté , une liqueur forte qui approche de l'eau de cerises, et qu'on appelle zwetschgen-'wasser»

Tous les fruits acides et doux jouissent plus ou moins de la vertu laxative , et sous ce rapport ils diminuent la transpiration.

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