‹ Élémens d'hygièneChapitre 25 sur 43 · II · texte numérisé non relu

II

3o6 ÉLÉMENS D HYGIENE.

forces est augmente louleî» les fois que les fonctions corporelles et mentales sont excitées alternativement dans de justes proportions (i).

Les personnes faibles, infirmes et valétudinaires doivent s'abstenir des substances grasses, visqueuses, pesantes et difficiles à digérer, et faire des exercices proportionnés à leurs forces. Les moyens excilans et sédatifs, combinés et modifiés suivant les circonstances, sont de la plus grande efficacité : il faut imprimer assidûment et pendant long-temps au principe vital des affections opposées entre elles, et qui se succèdent dans un ordre très -varié, pour cbanger l'habitude des aberrations des forces, et rétablir leur équilibre. On a réussi à produire ces effets par l'alternative fréquente des bains tièdes et des bains froids pris

Cl) Ces réflexions sonl judicieuses, sans doute : mais les limiles enlre fexcitalion et la jouissance ve'nërienne sont si fragiles, qu'elles seront presque toujours franchies par le malade ou le vieillard qui perdront trop souvent d'un côté ce qu'ils pourront gagner de l'autre. En faisant coucher un malade ou un homme affaibli avec une jeune fille ou une jeune nourrice , il est donc beaucoup à craindre qu'ils n'épuisent le reste de leurs forces et qu'il ne leur arrive ce que raconte Félix Plater d'un malade qui , après avoir recouvré un peu de ses forces , les employa à engrosser sa nourrice , comme s'il eût voulu, dit Plater, entretenir la source du lait qui lui avait fait tant de bien. (I. B.)

HLCIME. 5o7

pendant l'espace Je quelques minutes, par IVquitalion ou le mouvenieni de la voilure* les frictions sèches ou avec des linges péneircs de la vapeur du benjoin, du succin, de l'encens, et par Tusage des remèdes toniques, tels que les martiaux, surtout les eaux martiales, le quinquina elles autres amers, pris à différens intervalles^ pour que la nature ne s'y habitue pas trop, et ne suit pas révoltée par l'action trop continue de ces moyens.

Quant au reste, il convient de suivre les conseils de Celse, qui s'exprime en ces termes : «Les }i personnes délicates, dans la classe desquelles » je mets, dit cet auteur, la plus grande partie » des habilans des villes, et presque tous les * >) hommes de lettres, ont besoin d user de beau-- )) coup de précautionSi 11 faut qu elles regngnent )) par des soins assidus à veiller sur elles-mêmes, }) ce que leur faible constitution ^ leurs études et » la nature du lieu qu'elles habitent, leur ont n fait perdre du côté de la santé. Ainsi, dans » celte classe de personnes, celles qui ont bien » digéré peuvent se lever malin ; celles qui ont n moins bien digéré doivent rester plus long- » temps au lit; et si on est forcé d'en sortir, il n faut se recoucher dans la journée* Quand on a » mal digéré, il convient de garder le lit, se tran- » quilliser, et ne faire aiicun exercice, ni se li-

SoS ÉLÉMENs d'iiyciènï:.

» vrer à aucun genre de travail. Lorsqu'on est » sujet à des rapports qui ne sont point accompa- )j gnés de douleurs d'estomac, il faut boire de » temps en temps quelques verres d'eau fraîche » et se reposer ; habiter une maison bien éclai- » rée, exposée au vent en été, et qui ait le so- » leil en hiver. On doit éviter le soleil de midi, )) le froid du matin et du soir, et les vapeurs des » rivières et des lacs. H ne faut pas s'exposer à un :» air nébuleux et froid , ni à la chaleur du so- )) leil, pour ne point éprouver l'action alterna- )) tive du froid et du chaud ; car rien n'est plus » propre à décider des rhumes, des enrouemens » et des fluxions. C'est surtout dans les lieux où » l'air est altéré , et où les choses dont nous ve- )) nous de parler produisent même quelquefois )) la peste , qu'il est bon de prendre ces précau- » tions. On est certain de la santé lorsque l'u- » rine qu'on rend le matin est d'abord blanche » et ensuite jaunâtre. Lorsqu'on est éveillé, il » faut rester encore quelque temps au lit, et en- )) suite, à moins que ce ne soit en hiver, se la- » ver la bouche avec de l'eau froide. Dans les » longs jours, il vaut mieux faire la méridienne » avant le repas, et dans les jours courts, après. » En hiver, il est à propos de se reposer durant » la nuit; et si l'on est forcé de travailler, il ne » faut pas le faire immédiatement après le repas.

» mais lorsque la digestion est faite. Celui qui a » travaillé pendaDt la journée, soit à ses aftaires » particulières , soit aux affaires publiques , doit )) se délasser et se remettre de ses fatigues pen- » dant quelque temps. L'exercice doit toujours )} précctler le repas; cet exercice sera moiixlre » pour celui qui a peu travaillé et qui a bien di- )) géré, et plus considérable pour celui qui en a » riiabitude^ et qui a moins bien digéré. La lec- » ture à haute voix, les armes, la paume, la )) course , la promenade sont des exercices salu- )) taires. Il ne faut pas se promener dans un lieu » absolument uni^ il est bon qu'il v ait des. mon- » lées et des descentes; cela procure une variété w de mouvemeus dont le corps se trouve bien , » à moins qu'il ne soit très-faible. La |>rome- » nade esl meilleure en plein air que sous un por- » tique; meilleure, si la tête le permet, au so- » leil qu'à l'ombre ; meilleure à l'ombre des murs » ou des allées d'arbres, qu'à celle des toits. On » se trouve mieux de se promener en ligne » droite, que d'aller en tournant. L'exercice » doit finir par la sueur, ou au moins par une » lassitude non accompagnée de fatigue. Il faut » s'exercer tantôt plus, tantôt moins. On ne peut » prescrire là-dessus, comme aux athlètes, des » règles fixes; il suffit de dire que l'exercice ne M doit pas être immodéré. Après l'exercice, ii

5lO ÉLÉMENS DllYGlÈNE.

» est quelfiiiefois à propos de se faire parfumer,

)) ou à la chaleur du soleil, ou à celle du feu,

}) et d'autres fois de se bai'^ner ; mais il faut que

)) ce soit toujours dans une salle fort élevée, spa-

}) cieuse et bien éclairée. 11 n'est cependant pas

» toujours nécessaire de s'oindre ou de se bai-i

» gner; mais il convient de faire souvent l'un et

» l'autre, selon que le corps est disposé, et de

» se reposer ensuite quelque temps. Quant aux

w alimens, il n'est jaiuais avantageux d'en prendre

i) trop ; il y a aussi du danger de n'en point

}) prendre assez. L'excès dans les boissons est or-

i) dinairement moins nuisible que celui dans les

» alimens. On se trouve mieux de commencer

» le repas par des choses salées, les légumes au-

» très de cette nature, et ensuite d'en venir aux

)> viandes. Les meilleures sont celles rôties ou

>i bouillies. Tous les ragoûts sont nuisible^s pour

» deux raisons: la première, parce qu'on eu

» mange trop à cause de leur saveur qui irrite

)) l'appétit; la seconde, parce qu'ils Se digèrent

» toujours moins bien, quand même on n'en

» prendrait que modérément. Le dessert ne nuit

» pas à un bon estomac, mais il s'aigrit dans les

» estomacs faibles. Ainsi , quand on n'a pas l'es-

)) tomac bon , il vaut mieux manger des dattes,

» des pommes et autres fruits semblables. Lors^

a qu'on a bu au-delà de la soif, il faut cesser

REGIME. 3ll

» de manger, et ne rien faire quand l'eslomac » est rempli. Lorsqu'on a mangé beaucoup, la » digestion se fait plus aisément en buvant un » verre d'eau froide, en veillant quelque temps, » et en dormant ensuite d'un sommeil plein et }) tranquille. Quand on a fait un grand dîner, » on ne doit point s'exposer au froid ni au cbaud, » ni travailler immédiatement après; car le froid, » le chaud et le travail nuisent bien davantage » après avoir beaucoup mangé que lorsqu'un » est à jeun. »

§ m. Régime dans les divers climats et les différentes saisons.

Le régime doil varier selon les pays et les saisons. La nourriture animale convient dans les contrées du Nord et dans les saisons froides ; l'usage des végétaux est plus approprié aux babilans des climats chauds et dans les saisons chaudes; mais dans les climats et les temps tempérés, il est conveijfable d'observer un régime mixte, et d'user à la fois de viandes, de légumes et de fruits : la nature indique ces différentes sortes de régime d'une manière bien sensible , par les divers appétits qu'elle excite dans les hommes, selon la lempéirature des climats et tics saisons. Les peuples septentrionaux supportent très-bien Tu-

sage des viandes, même de celles qui sont îes plus difficiles à digérer, parce qu'ils sont Torts et robustes, et que d'ailleurs le système humoral a chez eux une forte tendance à l'acidité. La vigne ne croît pas dans le Nord; c'est le cidre, le poiré,, et surtout la bière, qui y sont en usage. Ce genre d'alimens et de boissons, joint à des exel^cices proportionnés à la vigueur et à la forte constitution des babiians, est nécessaire pour prévenir l'acidité et le défaut d'animalisalion ; il leur convient de plus d'exercer fortement l'estomac pour entretenir la libre circulation des forces , qui, sans cela, se concentreraient dans l'intérieur, et s'y convertiraient en un spasme dangereux. Il n'en est pas de même des pays méridionaux, où le système humoral tend éminemment à la hilijîcation. Les forces y sont sans cesse attirées à l'organe extérieur par l'action continuelle , de la ebaleur, et l'épigastre en est presque dépourvu : il résulte de là que l'atonie et le spasme se succèdent rapidement , si rien ne s'oppose à la divergence habituelle des forces. Il éti^t donc nécessaire que l'homme y fît un plus gi'and usage des végétaux qu'ailleurs, non-seulement pour atténuer la sensibilité excessive des organes du sentiment , mais encore pour modérer l'effervescence du sang, et enrayer les progrès de la hilescence. Il convenait qu'il bût du vin , et qu'il

RiÉClME. 5l5

assaisonnât ses alimens pour exciter le sens de la faim, et rappeler dans l'inlérieur les forces qui tendent sans cesse à s'en éloigner. Aussi, la nature ^ dont le plan principal a pour but la conservation des êtres, a-t-elle fait croître dans ces .pays la vigne et les condimens acres et aromatiques.

Ce que je viens de dire du régime , par rapport aux pays septentrionaux et méridionaux, doit s'appliquer aux saisons froides et cbaudes. Quant aux contrées tempéréçs, c'est aux différentes saisons qui y ont lieu qu'il faut avoir égard pour la diète.

C'est en général dans les saisons froides et humides , comme l'hiver , que convient l'usage des alimens forts ; et , pour me servir de l'expression des anciens , des substances chaudes et sèches , telles que le gibier, le cochon , les viandes salées, les rôtis , les fritures , les pâtisseries et les assaisonnemens acres et excitans. C'est aussi en hiver qu'il est plus utile de boire , sans mélange d'eau , une plus grande quantité de vin généreux. Les forces digestives jouissent dans cette saison de la plus grande énergie , et la puissance dissolvante du suc gastrique est considérablement augmentée; il est donc nécessaire d'exercer fortement l'estomac , pour qu'il monte la macliine au ton qu'elle doit avoir pour résister aux impressions du froid

5i4 F.Li^niEXR d'hycifne.

humide de cette saison^ qui refoule l'action dans répigastre , et pour empêcher une concentration constante des forces , qui serait funeste. L'hiver est aussi la saison des festins ; mais il n'arrive que trop souvent que les fêtes des parens et des amis dégénèrent , surtout dans les campagnes , en orgies dégoûtantes, qui sont autant à la honte de l'humanité que préjudiciables à la santé.

On mange et on dort beaucoup plus en hiver que dans le« autres saisons ; aussi l'hiver amène ordinairement la pléthore, et souvent les premières chaleurs du printemps qui suit déterminent des maladies catari haies et inflammatoires. Ces affections pourraient être prévenues , chez les plédioriques, par un carême auquel ils s'assujettiraient durant quelque temps ^ à la fin de l'hiver et au commencement du printemps. Cette institution , prescrite comme un acte de religion par l'église romaine, m'a toujours paru utile sous plusieurs rapports : elle prévient, en diminuant la pléthore, beaucoup de maladies du printemps; et d'ailleurs, c'est à l'époque où elle a été fixée que se renouvellent les races des animaux , dont les chairs sont alors moins bonnes et moins salubres.

Le printemps est une saison chaude et humide ; il est fréquemment arrosé par des pluies qui sont nécessaires à la végétation. Cette saison favorise la production du sang dans les animaux,

RÉ6IME. 3l5

et rexpansion de la force excentrique. Il convient, pour maintenir, un juste équilibre d'action dans le système^ el prévenir les maladies dépendantes de l'excès du sang, de diminuer la nourriture animale, et d'user. de végétaux; il est à propos aussi de boire moins de vin qu'en liiver, de le choisir léger, et même de le tremper. Les assaisonnemens forts peuvent être très-nuisibles, surtout aux pléthoriques.

Ce sont les personnes d'un tempérament sanguin qui ont le plus à redouter les maladies calarrhales et inflammatoires de l'hiver et du printemps : elles doivent donc éviter l'usage des choses qui peuvent augmenter la masse du saog , et de celles qui s'opposent au libre dévelo|)pement de la force excentrique. C'est pourquoi il convient, outre le régime indiqué plus haut, qu'elles ne fassent pas trop d'exercice; qu'elles évitent le passage brusque du repos à l'exercice , de l'exercice au repos, et d'une température chaude à une température froide ; et qu'elles ne quittent pas trop tôt les habits d'hiver.

Les movens les plus appropriés aux maladies de l'hiver et du printemps sont , en général , les saignées répétées selon la pléthore et le degré de la fièvre ; les vomitifs , lorsque la partie affectée est située au-dessus du diaphragme , et les purgatifs lorsque le siège du mal est au»- dessous de

5i6 élémens d'hygiène.

celorgane(i); les vésicaloires appliqués de bonne heure; enfin Iqs ahiimoniaux, les ammoniacaux , les opiatiques et les cUapnoïqaes, sur la fin des afifeclions catarrhales. On a molné à redouter Tusage des bouillons de viande et des substances animales dans lés maladies de l'hiver que dans -celles du printemps. Dans cette dernière saison , -les jus d'orge , les crèmes de riz, les bouillons de pain, sont plus convenables, parce que les affections vernales sont plus décidément inflammatoires , ou tendent éminemment à le devenir. Les saisons chaudes et sèches , comme Tété régulièrement constitué^ exigent l'usage des àlimens légers et faciles à digérer , mais surtout de ceux que fournit le règne végétal. Le système veineux est alors bien plus actif, et l'appareil biliaire plus fortement excité. Il résulte de là que, pour prévenir les maladies qui sont fréquemment déterminées par cette cause , il convient de faire usage des alimens mous Ç molliores cibi ^ , dit Hippocrate, des chairs des jeunes animaux, des viandes blanches , de légumes et de fruits ; de ne boire du vin qu'avec modération , de le mêler à l'eau fraîche, et même après l'avoir rafraîchi à la

(i) Suprà septum transversuni qffectiones quœ puvgaiione egent^ sursiun purgante opus esse indicant; qucc 1/erb infràj deorsiun. (Hipp. , aph. iS, sect. IV.)

RÉGIME. 5lJ

nlace. Il est mile aussi de mêler des assaisonnemens aux alimens ; mais ils ne doivent pas être prodigués , surtout aux personnes sanguines et pléthoriques. On doit s'abstenir en été des alimens durs , compactes , des viandes gluiineuses et grasses , de la chair de cochon , du gibier , du fromage, etc. , et éviter les violens exercices, surtout dans le temps de la journée où la chaleur est la plus grande. Les bains et les boissons à la glace sont de la plus grande utilité dans cette saison.

On a conseillé et on a blâmé trop généralement l'usage des fruits durant l'été : il est trèspréjudiciable de s'en abstenir ; c'est une nourriture salutaire , mais dont il ne faut pas abuser. Beaucoup de maladies bilieuses très-graves , surtout les dysenteries, régnent épidémiquement dans les années où les fruits sont peu communs : elles sont rares et bénignes, au contraire, lorsqu'ils abondent et qu'ils sont de bonne qualité. J'ai déjà remarqué que, pris en trop grande quantité , ils donnaient lieu à des accidens dépendant de l'acidité. Il faut encore observer qu'ils ne conviennent pas aux convalescens de dysenteries et de fièvres intermittentes ; car, quoique leur usage corrige la tendance aux maladies dites bilieuses et putrides , ils affaiblissent l'organisation en vertu de leur puissance atonique et sédative , et don-

3l8 ÉLÉMENS D HYGIENE.

neraienl ainsi lieu aux rechutes. Oii conseille , avec raison, Fusage moJéré des fruits pendant ces maladies; mais il convient de s'en abstenir durant la convalescence, ou du moins de n'en manger qu'en très-petite quantité. Les personnes qui jouissent d'une bonne santé doivent en user modérément aussi , lorsqu'elles habitent des pays humides et marécageux , parce qu'en affaiblissant l'organisme , ils le disposent à recevoir l'action morbifére des miasmes aqueux et des marais.

Les saisons anomales et marquées par les changemens brusques de température de l'atmosphère dans lesquelles les inst rumens météorologiques parcourent en très-peu de temps de grands espaces , comme l'automne , et qui décident des conversions subites de mouvemens contraires dans l'économie animale , exigent un régime tonique et fortifiant , surtout lorsque le froid et la sécheresse dominent , et qu'on approche de l'hiver : c'est alors le cas d'user d'une plus grande quantité de viandes et de vin pur. Néanmoins il convient de mêler des végétaux aux viandes ; ils sont d'autant plus utiles que les chaleurs de l'été ont été fortes et continues.

En général, les |>ersonnes d'un tempérament bilieux ou mélancolique ne doivent user en été , et durant la première partie do l'automne, que

d^une quanilié modérée d'alimens , ainsi que le recommande Hippocrate, lorsqu'il dit (aph. i8, sect. I), « qu'en été et en aitorane, les personnes » bilieuses ne supportent pas aisément les ali- )) mens , mais plus facilement en hiver, et un » peu moins au printemps. »

Les remèdes les plus efficaces dans les maladies de l'été et de l'automne sont les vomitifs, les boissons acides, l'eau pure, fraîche ou à la glace, le camphre ;, en un mot, tous les anti-septiques réfrigérans, dans les commencemens; et dans le cours de ces maladies , lorsque les forces sont abattues , les toniques et les excitans , tels que le quinquina, la racine de serpentaire de Virginie , etc. Les saignées et l'application des vésicaloires ne sont pas aussi bien indiquées que dans les autres saisons : néanmoins il est des complications inflammatoires ou catarrhales qui en exigent l'usage. Quant aux alimens, ils doivent être puisés uniquement dans le règne végétal , et presque jamais dans le règne animal , si ce n'est quelquefois à la fin de l'automne, et dans les convalescens.

Quant aux saisons irrégulières , le régime doit varier selon l'espèce de saisons et d'anomalies. La première irrégularité commune à l'hiver et au printemps, est celle dans laquelle l'hiver est sec , froid et soufflé par ies vents du nord, et le prin-

temps pluvieux et dominé par les vents du sud (i). Dans la première saison, on a à redouter les maladies inflammatoires ; ^ans Ja seconde , les maladies catarrliales-bilieuses gastriques; enfin , dans l'été qui suit le printemps , les fièvres bilieusescatarrliales.

Le régime prophylactique que les sanguins et les pléthoriques doivent observer durant l'hiver sec, froid et aquilonaire, ainsi que dans toutes' les saisons qui lui ressemblent, consiste à user d'alimens doux , humectans , et surtout de végétaux dans lesquels entrent peu d'assaisonnemens; à boire moins de vin que de coutume , et à le mêler avec de l'eau; à se garantir du froid au moyen des vêiemens chauds; à faire des exercices modérés; à se livrer au sommeil plus longtemps que de coutume , et à éviter les impressions subites du froid, et les boissons froides, lorsque le corps est échauffé.

La diète convenable dans les saisons pluvieuses où dominent les vents du sud, consiste à fortifier les organes que la chaleur jointe à l'humidité jette dans le relâchement et la faiblesse, à favoriser l'expansion de la force excentrique, et à prévenir la tendance aux affections catarrhales, bilieuses, etc., que favorise une semblable consti-

(i) Hipp. , aph. II ; sect. III.

tulion. En conséquence, la nourriture doit être succulente et tonique : il est bon d'user d'assaisonnemens et de vin plus que de coutume, ainsi que du café à l'eau, des amers, en un mot des forlifians ; de faire beaucoup d'exercice et des frictions sèches; de porter des habits chauds et idio - électriques ; enfin, de recourir de bonne heure aux évacuations , lorsqu'il se manifeste des signes de saburres existantes dans les premières voies.

Une autre irrégularité de l'hiver et du printemps (i) est lorsque la première saison est pluvieuse , tranquille et dominée par les vents méridionaux, et qu'à un semblabJe hiver succède un printemps sec et aquilonaire. On conçoit aisément, d'après ce que je viens de dire, que l'on doit se comporter, durant les hivers humides et austraux, comme dans les printemps qui sont constitués de même, et durant la constitution sèche et aquilonaire du printemps, comme dans les hivers d'une constitution semblable. La saignée est rarement utile dans les saisons humides pendant lesquelles les vents du sud ont soufflé : ce sont les vomitifs, les purgatifs, les vésicatoires , les ammoniacaux, les diapnoïques, en un mot les excitans et les toniques, qui sont les —

(i) Hipp. , aph. 19, secl. III.

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