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moyens les ]lus convenables dans les maladies qui régnent durant ces saisons : au lieu que dans celles qui sont sèches et dominées par les vents du nord, ce sont en général les saignées et les anli-phlogisdques qui sont les plus propres à diminuer l'irritation inflammatoire et la conceniralion des forces.

La première irrégularité de Tété et de l'automne a été décrite par Hippocrate ( aph. t5, secl. III) ; elle consiste en ce que l'été est sec et boréal, et l'automne suivant pluvieux et austral. Ce sont les tempéramens sanguins et bilieux qui sont les plus exposés aux maladies inflammatoires et bilieuses de la première saison. Ils doivent, par conséquent , mettre en usage les moyens antiplilogistiques dont j'ai déjà parlé, et qui sont appropriés aux saisons sèciies et boréales. Gomme les constitutions lymphatiques faibles se trouvent bien de la température froide et sèche, et que les progrès de la constitution catarrhale sont enrayés par l'action de cette température , il suffit qu'ils mènent une vie sobre et régulière pour ne pas perdre les avantages d'une semblable saison , qui leur est extrêmement favorable. Quant à l'automne, il convient d'user des moyens sthéniques dont j'ai parlé en traitant du régime qu'il convient d'observer dans les saisons pluvieuses et australes, et de recourir aux vomitifs et aux purgatifs dès

qu'il paraît le moindre indice d'humeurs saburralcs.

Comme les maladies qu'enfantent ces deux saisons irrëgulières se développent principalement durant l'hiver qui suit, et corhme ces m.aladies sont bilieuses - caiarrhales , ou calarrliales - bilieuses , on conçoit aisément que les moyens curatifs les plus efficaces sont en général les vomitifs , les purgatifs administrés dans le principe , les vésicatoires , les anti-septiques excitans et toniques , et souvent les vermifuges.

La seconde irrégularité de l'été et de l'automne est riiumidiié et la dominance des vents du sud, qui ont lieu durant ces deux saisons; on doit s'attendre, dit Hippocrate, à beaucoup de njaladies durant l'hiver qui suit (i). Celte constitution australe, continuée pendant deux saisons, produit des maladies caiarrhales chez les pituiteux, et des affections bilieuses ou caiarrhales chez les hommes qui passent quarante ans. Le régime et les autres moyens prophylactiques et curatifs sont les mêmes que ceux indiqués plus haut, en parlant des saisons pluvieuses et australes.

L'automne est irrégulièrement constitué lorsqu'il est sec et boréal. Cette constitution aulom-

r- — I ■■ 1 II

(i) De Aère , Aquis et Locis.

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nale est favorable aux personnes pituileuses; mais elle nuit aux sanguins (surtout lorsque l'été qui a précédé a été de même sec et dominé par les vents du nord), aux bilieux et aux mélancoliques. Les personnes pléthoriques et bilieuses doivent s'astreindre à un régime humectant, adoucissant, et surtout végétal etacescent; elles doivent faire peu d'exercice, prolonger leur sommeil; en un mot, tout ce que j'ai dit être capable de prévenir le refoulement des forces et réréthisme inflammatoire.

§ IV. Régime des constitutions et des âges,

La diète végétale convient généralement aux lempéramens sanguins et bilieux ; ils ne doivent user de viandes qu'avec modération, parce qu'elles produisent la pléthore sanguine et bilieuse. Les sanguins néanmoins, pourvu que le sang ne soit pas surabondant, peuvent user librement de tous les genres d'alimens et de boissons ; il convient même que leur vie soit très -variée : c'est particulièrement à eux que s'applique le conseil de Celse , de ne s'astreindre à aucune règle particulière de régime, mais, au contraire, d'ensuivre un très-varié. Il n'en est pas de même des pléthoriques : les alimens qui leur conviennent doivent être peu nourrissans^ et leur boisson ra-

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fraîchissante; il est utile qu'ils fassent un exercice modéré et réglé d'après les différentes saisons , qu'ils s'abstiennent de café et de liqueurs^ qu'ils boivent en petite quantité du vin pur ou mêlé d'eau; la bière même est préférable. Les salades , les fruits, les berbes potagères, comme la laitue , la chicorée, le pourpier, les oseilles, les bouillons maigres, et les viandes blanches assaisonnées avec les acides, comme le vinaigre, le suc de limons ;, le verjus, sont les alimens qui leur conviennent le mieux

Les pléthoriques et ceux qui ont b'eaucoup d'embonpoint doivent encore plus éviter les alimens succulens : ils doivent s'abstenir surtout des substances grasses, huileuses, et des assaisonnemens recherchés, qui, en augmentant la diathèse sanguine ou la diatlièse inflammatoire, décideraient nécessairement des maladies graves de ce genre. Par la même raison, ils doivent boire trèspeu de vin et rarement pur, préférer la diète végétale et les viandes blanches, et s'interdire celles qni abondent en fibrine.

Ce même régime convient aux tcmpéramens bilieux ; il est propre à enrayer les progrès des affections bilieuses. Ils doivent, ainsi que les pléthoriques, n'user qu'avec beaucoup de modération des assaisonnemens acres et aromatiques, et généralement de toutes les substances irritantes et

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échauffantes. Leur nourriture, comme Fa fort bien dit Hippocrate , doit être humectante : Biliosis ratio victûs humectans adhibenda ( de Affec^ tionibus). Les acides leur conviennent particulièrement, biliosis naturis acetum confert (de Vict, rat.), et ils doivent s'interdire le lait, le fromage, les graisses , les viandes noires et les alimens doux, sucrés, mielleux, qui, ainsi queJ'avait déjà remarqué Hippocrate , augmentent la quantité de bile dont ils abondent. 11 est utile aussi qu'ils ne boivent que peu de vin , et rarement. L'eau est la boisson qui leur est la plus avantageuse : outre qu'elle jouit réellement de la vertu antispasmodique, elle a encore celle de s'opposer au développement de l'état bilieux ; elle est par conséquent capable de prévenir les explosions gastriques auxquelles les chaleurs de l'été ou d'autres causes donnent souvent lieu. Hippocrate en recommandait l'usage dans la fièvre ardente, le choléra, et les» autres affections dépendantes de la diathèse bilieuse. Les exercices des bilieux doivent être modérés , et leur sommeil prolongé.

Les mélancoliques doivent s'abstenir des alimens grossiers, visqueux, et entre autres des farineux non fermentes, des substances flatuleuses et difïiciles à digérer^ ainsi que des forts assaisonnemens, et généralement de tout ce qui peut exciter la sensibilité déjà trop exallée , et aug-

menier fes progrès de l'animalisaiion. Le pain bien fermente et bien cuit ; les cbairs des jeunes animaux , ou plutôt les viandes blancbes et gélatineuses, comme celle» de veau, d'agneau, de poule, de poulet; les berbes potagères et les fruits; les vins légers et trempés, la petite bière, le petit cidre , sont Jes alimens et les boissons les plus convenables à ce tempérament. Les viandes noires qui abondent en fibrine, comme celles des vieux animaux , ou de ceux dont la vie a été très-exercée, comme le bœuf, le pigeon, le gibier; les poissons de mer, et surtout les cétacés, ceux d'étang; les viandes enfumées et salées; les légumes, le lait et le fromage, leur sont préjudiciables. Les crèmes d'orge, de riz, etc., Ieu;r sont très - utiles , parce qu'elles sont adoucissantes et qu'elles provoquent le sommeil. H faut ajouter à ce régime de légers exercices en plein air, dans une atmosphère tempérée et un peu humide, et éviter trop de dissipation et trop d oisiveté.

Les alimens et les boissons qui sont utiles aux tempéramens sanguins, bilieux et mélancoliques, ne conviennent point aux pituileux ; ils leur seraient Irès-nuisibles: wn régime opposé est celui qui leur est approprié, La laxité des solide», Yaquosité des humeurs, la dominance d'action du système cellulaire et lymphatique , et l'imperfection de Ta-

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nimalisalion , contre-indiquent l'usage des substances relâchantes, adoucissantes et acescenles. Le régime de Pythagore est très -contraire aux pituiteux : ils ne doiventtiiser que très-modérément des végétaux , et parmi ceux qui leur conviennent on trouve les plnates dites animales, parce qu'elles contiennent de l'azote, les plantes âcres,qui provoquent les urines et la transpiration , comme les crucifères , les diurétiques chauds , tels que le persil, l'asperge et les aromatiques, qui excitent vivement l'action des solides. Les pituiteux doivent s'abstenir des alimens humeclans , visqueux, gras^ de la chair des jeunes animaux , des poissons , des farineux non fermentes, et des légumineux , surtout de ceux qui ont une gousse. Leur nourriture doit consister en viandes abondantes en fibrine, telles que le bœuf^ le mouton, le pigeon , le gibier, etc. : ils n'ont pas à redouter les assaisonnemens, ni l'usage des vins vieux, légers, mais généreux, purs ou mêlés d'un peu d'eau, non plus que du café et même des liqueurs fortes, mais pris modérément. Il n'est pas de constitution dans laquelle il soit plus nécessaire de prendre de l'exercice, et surtout dans un air sec et chaud : aussi voit-on i^rement des pituiteux parmi les soldats, les laboureurs et les hommes de travail. Ce tempérament est souvent le produit de l'oisiveté; et le travail le fait dispa-

raîire insensiblement. 11 convient auiJsi que les piiuiteux dorment moins long -temps que les autres hommes. « Le sommeil , ainsi que l'a » fort bien dit Hippocrate, humecte , et la veille )) dessèche. )) Il est nécessaire que les adultes de cette constitution endurent quelquefois la faim, qui dessèche les corps, et qu'ils séjournent dans les pays montagneux exposés au nord ou à l'est.

Enfin, tout ce qui peut augmenter l'action et établir une juste répartition des forces dans toutes les parties, toutes les choses capables de favoriser l'animalisation et d'augmenter les sécrétions, sont on ne peut pas plus avantageuses à cette constitution. L'engourdissement et l'apathie des organes du pituiteux , qui en font presque un automate , nécessitent l'usage des excitans et des toniques.

Le régime des différens âges de la vie doit avoir pour base celui des constitutions et des saisonsqui leur sont analogues; car, comme je l'ai exposé phis haut, la constitution de l'enfance est la pituiteuse, celle de la jeunesse est la sanguine, celle de l'âge viril la bilieuse; enfin celle de la vieillesse la mélancolique ou la pituiteuse. Néanmoins, les enfans, quoique pituiteux, de même que les jeunes gens dont la constitution est sanguine, ne doivent faire usage que de peu de viandes : ce sont les légumes, les racines, les herbes potagères et les fruits dont il convient de faire leur principale

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nourriture : le vin et les liqueurs devraient leur être absolument interdits jusqu'à dix-huit ou vingt ans. La nourriture purement animale serait extrêmement préjudiciable dans les premiers temps de la vie , en ce qu'elle nuirait au développement des organes. On voit , par le caractère gélatineux des humeurs et les appétits de l'enfance pour les productions végétales , que la nature a pour but de s'opposer à une trop grande azotisation des sucs nourriciers , afin que, plus éloignés de l'état albumineux et gluiineux , ils se durcissent moins , et forment des solides plus lâches , plus flexibles , et qui prêtent convenablement à l'extension et à l'accroissement du corps. Le vin et les liqueurs contrarieraient également le vœu de la nature , parce que ces boissons sont très-irritantes , et que l'irritabilité est très-grande à cet âge; mais à mesure que la vie fait des progrès , la diète animale devient plus nécessaire , de même que l'usage du vin , parce qu'il y a plus à réparer , et que Y azotisation doit être moins entravée pour que les humeurs , plus animalisées et plus concrescibles , puissent donner aux parties qu'elles réparent toute la solidité dont elles doivent jouir dans le solstice et le déclin de la vie. On conçoit aisément, d'après cela^ pourquoi dans l'enfance l'action des systèmes cellulaire , lymphatique et gastrique est plus grande que

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dans les autres âges , et pourquoi la gélatine est plus abondante : mais à mesure que Ton avance dans le cercle étroit de Texistence animale , Taclion de ces systèmes diminue, elle cesse presque entièrement dans la vieillesse , et les fluides acquièrent alors un excès â! animalité.

En général , les jeunes gens doivent fuir Foisiveté , l'inaction , le trop long séjour au lit , les lits trop mous, les compagnies suspectes, les ouvrages licencieux, les plaisirs vénériens; s'abstenir des aliraens succulens très - assaisonnés , des liqueurs fortes , et ne boire que modérément du vin trempé ; en un mot, ils doivent éviter tout ce qui peut dépraver les mœurs , et bâter la consomption du feu de la vie. Le régime , ainsi que je l'ai déjà dit , a une grande influence sur le moral de riiomme. « Le vin et les viandes , dit Plu- » tarque, afl^aiblissent et énervent les ressorts de » l'âme. » « Que ceux , dit Galien , qui ne pen- » sent pas que la diversité du régime rend les » uns tempérans, les autres dissolus; les uns » chastes , les autres incontinens; les uns braves, }) les autres lâches ; ceux-ci doux , ceux-là que- » relieurs ; les uns modestes , les autres présomp- » tueux ; que ceux , dis-je , qui nient cette vé- » rite viennent près de moi , et qu'ils suivent » mes conseils pour les alimens et les boissons : » je leur promets qu'ils en retireront de grands

» secours pour la philosophie morale; ils senii- » ront augmenter les forces de leur âme ; ils ac- » querront plus de génie, de mémoire et de pru- M dence. Je leur dirai aussi quels sont les bois- » sons , les vents , la température qu'ils doivent » choisir ou éviter (i). w

Hippocrate , Platon , Aristole , et beaucoup d'anciens philosophes , pensaient de même sur cet objet. Or , qu'y a-t-il de plus essentiel , et néanmoins de plus négligé , que les bonnes mœurs , soit qu'on envisage l'utilité publique et la prospérité d'une nation, soit qu'on ne considère que la santé, le bienfait le plus précieiix de la nature ?

Quant aux autres âges , il suffit , pour maintenir l'harmonie des fonctions, de suivre les régies générales et communes à tous les hommes , et d'observer le régime analogue au climat , à la saison , au tempérament et à la profession qu'on exerce. Je donnerai dans la section suivante les préceptes généraux qui concernent lés difFérens états de la vie; j'insisterai ici sur la froide vieillesse : heureux si je puis contribuer à adoucir les maux attachés à cette dernière période de l'existence. *

Cette époque brillante de l'homme , dans la- ^ «■■ ... . — — — *

(i) Charterius , tomeV; page 457.

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quelle il a acquis le complément de l'organisation et des forces, et où la vie semble être stationnaire , n'est qu'an point de temps , pour ainsi dire, indivisible; un instant fugitif qui s'envole d'une manière imperceptible , et que rien ne saurait fixer. Dès que l'homme a atteint son point de perfection y il marche nécessairement à la décadence ; et après avoir brillé de l'éclat de la jeunesse et joui de la souplesse et de la flexibilité de ses organes , il voit insensiblement se faner les roses du printemps , et son corps acquérir pas à pas cette rigidité et cette induration qui entravant l'énergie du feu vital , amènent lentement sa destruction. On pourrait aussi faire remonter la première époque de la vieillesse à celle où commence l'âge de consistance , quoiqu'alors le dépérissement ne soit encore qu'insensible.

La vieillesse est plus hâtive chez la femme , mais aussi ses progrès sont plus lents. Le mode d'existence dans les difFérens âges du sexe féminin n'est pas le même que dans l'homme : la femme en a un qui lui est propre dès qu'elle est parvenue au moment où les organes de la génération commencent à entrer en action , et qui varie dans les autres périodes , d'après les lois de son organisation. « Tout s'anime dans la femme, dit Rous- >j sel , au temps de la puberté : ses yeux , aupa- » rayant muets, acquièrent de l'éclat et de l'ex-

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» pression ; tout ce que les grâces légères et naï- » ves ont de piquant , tout ce que la jeunesse a » de fraîcheur, brille dans sa personne. De ce » nouvel état il résulte en elle une surabondance » de vie qui cherche à se répandre et à se com- 1) Tuuniquer. Elle est avertie de ce besoin par de )) tendres inquiétudes , et par des élans qui ne w sont que la voix tj^rannique et douce de la vo- » lupté. Pour intéresser puissamment toute la » nature à sa situation, elle semble appeler le )) plaisir à son secours. Lorsque le vœu de la T) nature est rempli , elle semble négliger les » moyens par lesquels elle est parvenue à son ^ but. La femme perd peu à peu de son éclat : )) celte fleur délicate du tempérament qui ne » marche qu'avec la première jeunesse, disparaît }) comme la rosée du matin. La force dont les » organes tiraient leur coloris et leur force sé- )) duisante , diminue , se ralentit ; et une flacci- » dite désagréable succéderait à la souplesse et à >) la fermeté élastique dont ils étaient doviés , si » cet embonpoint qu'amène ordinairement l'âge V adulte^ ne les soutenait, et n'en imposait par » un certain air de fraîcheur. Si cette nouvelle 7) modification est incompatible avec la léj^èrelé, )) la finesse des traits , et cette taille flexible, qui » sont le partage de la puberté, elle admet au )) moins des grâces majestueuses, et des agiéniens

» qui , sans être aussi piquans , ne laissent pas » quelquefois que de semr de piège à l'amour. » La nature tâche cependant d'en tirer parti , et » de le faire tirer au profit de l'espèce : elle ra- }) ninie par intervalles l'éclat de la femme ; elle » fait de temps en temps naître de nouvelles >) fleurs sous ses pas , pour en tirer de nouveaux » fruits. Mais , enfin , ne pouvant plus la dé- :» fendre contre les impressions" destructives du 5) temps , et la tenant quitte de tout envers l'es- » pèce, elle abandonne à son individu l'usage » des derniers raomens qui lui restent.

» La vieillesse, qui est toujours plus hâtive » pour la femme que pour l'homme, ne succède )) point immédiatement à l'époque où elle cesse » d'engendrer. Il est encore un espace de temps*, ■» mais trop court sans doute , où elle intéresse » par un reste d'attraits qui rappellent le souve- » nir de ceux qu'elle n'a plus. Elle redouble » d'efforts pour conserver ce reste précieux et » inutile. Elle rassemble autour d'elle toutes ses » machines pour arrêter les ravages du temps » qui la dépouille tous les jours de quelque chose: » mais si elle pousse ses soins plua loin que ne » l'exilée le désir léfjitime de faire une retraite » honorable ; si elle écoute trop cet instinct qui » ne lui a jamais fait envisager d'autre bien que >i le bonheur de plaire , il est à craindre que la

» vieillesse, prête à fondre sur elle , ne vienne )) mettre dans un Irop grand jour le contraste 1) desavantageux de ses prétentions et de son imj>) puissance.

» Lorsqu'enfîn cet âge , qu'un auteur appelle >) Venfer des femmes , est arri> é , l'impulsion vi- » laie qui animait tous ses organes se concentre )) vers l'intérieur^ et se fait à peine sentir aux » narties externes; l'embonpoint , qui leur ser- « vait de support , se dissipe et les abandonne à » leur propre poids : d'où résulte un affaissement )) général qui défiguie la femme par les mêmes » choses qui l'embellissaient autrefois. Parmi les » débris dont elle est entourée, les cheveux , que » l'homme perd de bonne heure , se montrent » encore chez elle , et font voir que les organes >j de celle-ci ne perdent jamais lout-à-fait la flexi- » bilité qui faisait leur caractère^ et qu'après avoir » différé en tout de l'homme , elle décline encore ;> et vieillit à sa manière. » (^Système physique et moral de la femme, pages 82 , 85 , 84 > ^^ et 86. )

Il faut distinguer deux périodes dans la vieillesse : la vieillesse verte , senectus cruda , qui comnience entre cinquante-cinq et soixante ans , cî la vieillesse décrépite , qui se manifeste d'une manière non équivoque vers l'âge de soixante-dix ans. Le régime qui convient dans la première doit avoir pour objet de relarder ses progrès en

ralentissant la concentration des forces , et en entretenant la souplesse et la flexibilité des fîhres , sans diminuer l'énergie du principe vital. On doit donc s'interdire à cet âge les liqueurs fortes, les assaisonneniens stimulans , les exercices violens , €t éviter tout ce qui peut exciter des passions vives. Il est bon de diminuer la nourriture , surtout au repas du soir, et de ne faire usage que de viandes peu abondantes en fibrine, lé^èies, bien tendres, de pain bien fermenté et bien cuit , de végétaux nourrissans : les alimens farineux , visqueux , gras et pesans , doivent être entièrement bannis du régime des vieillards. Le vin, qui a été appelé avec raison le lait des vieillards ^ leur convient très-bien; mais il faut qu'il soit d'un âge moyen, peu chargé de tartre, et pris avec modération. Les bains tièdes sont aussi de la plus grande efficacité pour retarder l'induration et faciliter les sécrétions , et surtout la perspiration , qui est très-diminuée à cet âge ; aussi ontils été recommandés dans tous les temps , et dans l'antiquité la plus reculée, comme le prouve l'exemple de Nestor dans Homère ; ce héros , très-âgé, se baignait avant le repas et se livrait ensuite au sommeil. Hippocrate conseillait aussi le bain aux vieillards, et celle doctrine , adoptée par tous les célèbres médecins d'un âge inférieur, est conforme à celle des modernes.

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