‹ Élémens d'hygièneChapitre 27 sur 43 · II · texte numérisé non relu

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H convient aussi, à mesure qu'on avancé dans la vieillesse, de mener une vie sobre, tempérante, cl de mettre de la régularité dans les fonctions. Lés repas , le sommeil , les exercices et le repos , les occupations , les excrétions, tout doit être refilé et se succéder constamment dans le même ordre. L'exercice passif, comme de monter à clieval, d'aller en voiture, est le plus utile ; les camisoles de laine, portées à nu sur la peau, et l,cs frictions faites sur l'habitude extérieure, ne le -sont pas moins. Enfin, il faut éviter dans la vieillesse les impressions du froid, et les grandes évacuations, telles que les saignées, les purgatifs violens, lés sueurs abondantes, à moins que des circonstances particulières n'en indiquent la nécessité : encore ne doit-on se les permettre, quand le cas l'exige, qu'avec prudence et modération , car elles épuisent le peu de forces qui. restent, et augmentent la sécheresse.

La vieillesse décrépite doit être considérée comme une maladie dont la crise est la mort. A cette époque , le corps est courbé vers la terre , il est incapable d'aucune action , le sentiment physique et moral est presque éteint, les fonctions ne s'opèrent plus avec aisance , les humeurs sont acres et mal élaborées, les solides racornis, et la sensibilité vitale presque entièrement retirée dans ses principaux foyers. Lorsque Thomme est parvenu

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à ce point de dégradation , il ne doit plus espérer de reculer bien loin le terme fatal; la coupe de la vie est presque épuisée, et malgré tous les soins et foutes les précautions , une mort douce et paisible viendra bientôt le délivrer d'un fardeau pénible, et terminer ses maux et sa misère. On conseille, dans cette dernière période, le même régime que ci-devant : seulement il faut retrancber de la nourriture, augmenter le nombre des repas, user d'alimens forlifians, toniques et mous, et s'abstenir entièrement des bain^ qui, en augmentant la faiblesse, consumeraient plus rapidement la cbaleur vitale. C'est à la vieillesse décrépite qu'est applicable l'apborisme 14 de la première section : ^Senibus autem pauciis calor ^ proptereà paucis fomi^ tibus indigent , à muîtis enim extinguitur.

L'amour de la vie, si naturel à l'iiomme, a fait imaginer dans tous les temps diverses méthodes propres à la prolonger au-delà du terme fixé par la nature. Celles-ci ont été l'objet des recherches d'orgueilleux adeptes qui, au moyen de leurs élixirs,, de leurs teintures métalliques et autres compositions plus propres à abréger l'existence qu'à en rec\iler les bornes , promettaient à leurs prosélytes une vie de plusieurs siècles, et même l'immortalité. Il est inutile de réfuter de semblables absurdités. La mort prématurée de ces ridicules charlatans prouve assez combien peu on

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doit ajouter foi à leurs paroi es. L'homme, de même que tous les êlies vivans , est né mortel ; et s'il est un moyen d'allonger le cours delà vie, il consiste dans la sobriété et la tempérance , ainsi que dans le régime propre aux âges , aux constitutions et aux climats; tout autre mojen quelconque est nul, plus souvent nuisible qu'utile, et doit être rejeté avec la pitié ou le mépris qu'inspirent les inventions des insensés et des fripons.

§ V. Régime du sexe féminin,

hes femmes ont une constitution très-analogue à celle de l'enfance. Une plus grande mollesse du tissu cellulaire que dans l'homme , et par conséquent un fonds inépuisable de sensibilité, que renforce l'excentricité des forces; les sympathies extraordinaires qu'a la matrice avec tous les organes , surtout avec l'estomac , et la vie sédentaire qui est propre au sexe , établissent , ainsi que je l'ai déjà dit, des différences essentielles entre la femme et l'homme, tant au pbysique qu'au moral. Il en résulte que, pour prévenir les affections nerveuses auxquelles elles sont disposées par leur constitution, le régime des femmes doit être, à peu de chose près, le même que celui des enfans, et qu elles doivent s'interdire l'usage des stimulans et des échauffans, tels que les assaisonnemens forts, le café, les liqueurs, et n'user que d'alimens de

facile digestion , surtcTiit de viandes blanches et de végétaux , qui ne concentrent pas trop l'action et n'occasionent pas des désordres nerveux. Il est nécessaire aussi qu'elles s'assujettissent aux règles diététiques relatives aux lempéramens, aux âges, aux saisons, etc. Quant-aux différens états des femmes, quiexigent des précautions particulières, j'en parlerai dans la suite de cet ouvrage (i).

(i) Ce long chapitre sur le régime est loin d'être aussi précis et aussi complet qu'on pourrait le désirer ^ néanmoins ^ si Ton considère la difficiillé du sujet et le peu de développement qu'on lui a donné jusqu'à ce jour ^ on ne s'élonnera point que nous n'ayons pas entrepris de completter cette partie du Traité d'Hygiène par des additions et des notes 3 il y avait d'ailleurs trop à faire pour atteindre ce but. Il n'entrait point dans notre plan de re-faire les parties de cet ouvrage qu'on peut lire avec quelque fruit. (I. B.)

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