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4l8 ÈLEMENS D HYGIENE.

condes font dominer la force concentrique. Celle fonction varie encore d'après un grand nombre de circonstances. Les exercices, réiectricité et la clialeur de l'atmosphère l'augmentent ; l'air froid et Teau froide produisent le même effet dans les hommes dont le système est capable d'une forte réaction. 11 n'en est pas de même chez les personnes faibles ; leur faiblesse s'opposant à la réaction , les forces sont refoulées dans l'intérieur, et y sont retenues par l'action de ces causes. Rien ne s'oppose plus à la transpiration que la vie sédentaire , les variations de l'atmosphère et le froid humide. Il résulte des expériences de Sanctorius, que les substances alimentaires font varier aussi la quantité de celte excrétion. La chair de porc, par exemple, les champignons, les melons, les raisins, les figues fraîches^ le concombre, le poisson, surtout l'anguille, les substances grasses et huileuses , les boissons prises dans le temps de la digestion , et en général tous les alimens d'une coction difficile, retardent ou diminuent la transpiration. Au contraire, le pain bien fermenté et bien cuit, le mouton, le poulet, les oiseaux, les alliacées, etc., l'augmenient d'une manière sensible.

La température du pays qu'on habite contribue beaucoup à la transpiration. D'après les expériences de Sanciorius, on transpire en Italie les

EXCRETIONS ET RETENTIONS. ^ig

cinq huitièmes des alimens; d'après celles de Keil, les trois huitièmes en Angleterre; et, d'après Gorter, on perd par jour, sur huit livres d'alimens, à-peu-près trois livres et demie d'humeur perspirable, en Hollande. Dodari a trouvé que la transpiration variait beaucoup en France, mais qu'en général elle n'égalait jamais la quantité désignée par Sanctorius pour l'Italie , et qu'elle n'était pas moindre qu'en Angleterre.

Les grandes sueurs jettent le corps dans la faiblesse et l'épuisement. La transpiration diminuée ou supprimée n'est pas moins à craindre , et donne lieu à diverses maladies graves , qui affectent particulièrement les organes sécrétoires du mucus, probablement parce que l'humeur perspirable a quelque affinité avec lui. Ce que je viens de dire de la diminution et de la suppression de la transpiration , doit s'appliquer aussi aux sueurs habituelles^ périodiques ou critiques; leur cessation est extrêmement dommageable, et occasione une foule de maladies graves et souvent mortelles.

Les moyens propres à rétablir la transpiration dérangée consistent dans l'usage des frictions, des bains tièdes, des couvertures chaudes et sèches^ et des boissons diaphorétiques et sudorifiques. Mais on ne doit les employer que dans le temps de l'imminence de la fièvre; dès qu'une

/^20 ee^éme^s d'itygie,\"E.

fois celle-ci s'est djîclarée , ils ne pourraient que Texaspérer et augmenter les accidens.

t/exercice modéré est un des moyens les plus propres à favoriser la transpiration ; mais pour qu'il puisse être plus utile, il faut le prendre dans le temps que la matière qui doit la former est disposée à l'excrétion , lorsque la coction est achevée, c'est-à-dire, six à sept heures après le repas, ou le matin, en sortant du sommeil, ainsi que le pratiquaient les anciens.

La semence est une humeur sécrétée dans les t 'Siicules pour la génération, et qui, d'après l'analyse qu'on en a faite, est composée de mucilage animal 00,6; de soude 00,1; de phosphate de c^aux 00,5 ; et d'eau 0,90. Le phosphate de cfîaux s'y rencontre cristallisé : on ignore la cause de ce phénomène, qui n'a pas encore été observé ailleurs. Quelques pliysiciens pensent que c'est dans le mucilage séminal que réside la vertu génératrice, parce qu'on trouve constamment ce mucilage dans le sperme des animaux , au lieu que le phosphate de chaux et la soude n'y existent pas toujours.

La sécrétion de la liqueur séminale ne commence qu'à l'âge de puberté , et lorsque l'accroissement du corps est déjà très-avancé. Avant cette époque, les testicules chez les hommes, et la matrice chez les femmes, sont dans une sorte de

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sommeil , duquel ces organes ne sortent que lorsque les autres sont presque entièrement déve]o[> pcs. L'action sécrétoire des testicules commence à cette époque, et s'accroît par Teffet des désirs vénériens et des stimulus physiques ; la semence qui en résulte est portée ensuite par les canaux déférens aux vésicules séminales, où elle se concentre et se perfectionne ; elle est repompée de là en partie dans la masse du sang , et le resl« évacué dans l'acte vénérien.

L'évacuation trop fréquente de la semence est nuisible, non-seulement par rapport à la perte de celte humeur, qui doit rentrer en partie dans la masse commune, mais encore par rapport à l'inégalité d'action qui en résulte pour les forces organiques, et qui est telle que, durant le coït, elles se partagent presque entièrement entre les parties génitales et l'organe extérieur, tandis que répigastre s'en trouve dépourvu. Le diaphragme, dans cette circonstance, éprouve de la part de ces parties agissantes un surcroît de résistance qui va jusqu'à intercepter son action : aussi la respiration devient-elle plus courte et plus fréquente; ce qui prouve que les oscillations du diaphragme ont diminué. Cet obstacle produit dans cet organe un degré proportionné d'irritation, qui fait dégénérer en mouvement convulsif l'action qui s y renouvelle à chaque instant par reifort de la

respiration , et par la forte réaction de toutes les parties organiques.

Les personnes jeunes et bien constituées se rétablissent aisément de tout Je désordre produit par l'acte vénérien , et les mouvemens ne tardent pas à rentrer dans Tordre naturel ; mais lorsqu'on se livre avec excès , ou le corps étant faible , aux plaisirs de l'amour , on manque de l'activité nécessaire pour fournir toute la suite de l'action qu'exigent l'exercice de cette fonction et les changemens qui doivent ensuite s'effectuer pour rétablir les forces dans leur véritable rapport; et il en naît un désaccord dans le système des forces et une irrégularité dans les mouvemens , d'où résultent une infinité de maux. L'abus des plaisirs vénériens produit des lassitudes et la faiblesse ; il flétrit la beauté et les grâces ; et , lorsque leur excès est soutenu , il ne tarde pas à occasion er des affections spasmodiques et convulsives , l'affaiblissement de tous les sens, et surtout de celui de la vue , la dépravation des fonctions mentales, la folie, la perte de la mémoire, la pbthisie pulmonaire , la consomption dorsale et la mort. Ces maux augmentent insensiblement et deviennent presque toujours incurables, par rapport à l'babitude des désirs qu'on éprouve continuellement pour de nouvelles jouissances, et qui, une fois contractée, est telle que, durant le som-

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meil même , Timaginalion est presque sans cesse occupée par des objets obscènes : il en résulte des pollutions qui jettent de plus en plus dans l'épuisement ; car les organes de la génération , dont Tirritabililé est 1res -augmentée dans ces circoi stances, étant sollicités par des images voluptueuses , la semence s'en échappe avant qu'elle ait été suffisamment élaborée.

Les plaisirs solitaires sont bien plus préjudiciables encore ; car ils ruinent plus prompiementlts tempéramens les plus robustes, et les maux qui en sont la suite sont bien plus terribles; ils se terminent presque toujours par une mort qui a lieu dans les convulsions du désespoir. Les médecii s ne sauraient irop s'élever contre ces jouissances obscures, aussi injurieuses à la nature qu'à la pudeur. Un être vertueux et sensible ne peut consentir à être heureux seul, et il n'y a de jouissances réelles que celles qui sont partagées.

Le vrai plaisir, le seul que peut goûter l'honnête homme , ne subsiste qu'avec le suffrage de sa conscience : or , chacune de ces Jouissances est marquée par un homicide (i). Miseri , quo-

(i) Il y a plus d'esprit que de jugement à dire que celui qui sacrifie aux plaisirs solilaires commet urr homicide : l'amour de l'honnéle et de la vertu ne doit jamais nous enlralner au-delà de la ve'rité. (I. B.)

rum gaudca crimçn habent, « Foin des plaisirs » que le remords doit suivre. »

11 est très-rare que la continence soit nuisible à la santé : elle a été néanmoins quelquefois préjudiciable, et même elle a conduit au tombeau ' des personnes dont le tempérament était ardent, et qui, par état ou par l'effet d'un délire fanatique, n'osaient remplir le vœu de la nature et de la société en s'engageant dans les liens du mariage,

La continence donne lieu , dans les personnes portées aux plaisirs de l'amour , à des pollutions nocturnes qui, fréquemment répétées, ne tardent pas à jeter le système dans une énervaiion radicale, et qui conduisent au marasme ou à la consomption. D'autres fois elle occasione l'inflammation des organes générateurs , le spermatocèle, etc. ; et lorsque les fortes irritations que souffrent ces organes se transmettent sympalhiquement au cer» veau , il s'ensuit des spasmes , des convulsions , le satyriasis, l'aliénation d'esprit et la mélancolie erotique. C'est d^ l'excessive continence que dc«^ pendent souvent cbez les femmes la langueur , * les fleurs blanches, les pâles couleurs, les va^ peurs, et la fureur utérine, ^

Les plaisirs de l'amour sont utiles lorsqu'ils sont pris avec modération. L'art d'assaisonner les plaisirs, en général, consiste à en être avare. S'ab-

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slenir pour jouir est la philosophie du sage et l'épicurisine de la raison : on double non - seulement ses jouissances par ce moyen , mais on affermit encore sa santé.

« Le plaisir sied très-bien au sage.

» Il ressemble aux vins délicats j

» On peut s'en permettre l'usage :

» Buvez, ne vous enivrez pas. »

Le coït , quand on en use avec sagesse, favorise la transpiration ; il rend le corps plus léger et plus agile; il augmente l'appétit et aiguise l'esprit. On reconnaît qu'il est utile à la santé lorsqu'il n'est suivi ni de langueur ni de douleur. Scire licet eutn (^ concubitum ^ non inutilem esse ; quem corporis ^ neque languor , neque dolor sequitur, (Cllsus, lib. I , cap. i.)

C'est surtout dans l'usage des plaisirs vénériens qu'il convient de consulter l'âge , les forces et le tempérament. Les jeunes gens quis'y livrent avant que le corps ait pris tout son accroissement se creusent un abîme de maux. 11 est contraire au vœu de la nature et au bien de la société de marier les enfans trop jeunes, comme le font inconsidérément bien des parens qui ne consultent que l'intérêt et l'ambition; car les plaisirs de l'amour les énervent bientôt et les frappent de stérilité j pu f s'ils laissent de la progéniture , ce ne sont

que desêlres informes faibles, mal constitues^ qui ne connaissent l'existence que par la douleur, et qui ne peu vent être d'aucune utilité à la société. Les filles qu'on marie dans un âge tendre deviennent la proie d'une multitude de maux. Elles ne peuvent supporter lesaccidensdela grossesse ni les douleurs de l'enfantement, et sont très-sujettes à faire de fausses couches. Les mariages précoces sont une source féconde de maladies , ils amènent la dépopulation et la dégradation de l'espèce, u Les w excès de la jeunesse, disait le chancelier Bacon ^ » sont autant de conjurations contre la vieil- » lesse » : on pourrait ajouter, et contre la pos^ térité ; car il est impossible que des enfans nés de parens énervés soient robustes et bien porlans : aussi sont-ils pour la plupart affectés de maux de nerfs , des scrophules , de rachilis , etc. Une autre raison qui devrait engager les parens à ne point marier leurs enfans de si bonne heure , c'est que ceux-ci , après s'êlre livrés dans les premiers temps de l'hymenée aux plaisirs de l'amour avec tous les transports de leur âge , se dégoûtent bientôt l'un de l'autre. L'habitude des plaisirs , ainsi que leur excès , en émousse le sentiment , et les époux inconstans vont bientôt chercher ailleurs des jouissances nouvelles ; et la foi conjugale une foi$ mépi isée , il en résulte une dépravation de mœurs qu i , faisant chaque jour de nouveaux

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progrès, traîne à sa suite la ruine des familles, le crime et le désespoir.

L'âge du mariage avait été fixé par Platon à trente ans pour les hommes: c'est celui en effet où le tempérament est formé. A Lacédémone, le mariage n'était permis qu a vingt-cinq ans pour les deux sexes. Tacite loue les anciens Germains de ce qu'ils ne se mariaient pas avant d'avoir atteint l'âge de la pleine vigueur : cet âge est pour les hommes entre vingt-cinq et trente , et pour les femmes entre vingt et vingt-cinq ans. Chez les mêmes Germains, un jeune homme qui perdait sa virginité avant vingt ans était diffamé. Les anciens Gaulois avaient à - peu - près la même manière de voir sur le mariage et la pureté des mœurs. Mais sans avoir besoin de remonter bien avant dans l'anliquilé pour montrer combien nous avons changé sur ces points, il suffira de rapporter un exemple connu : c'est celui du père du célèbre Montaigne , qui vivait au commencement du seizième siècle. 11 s'était marié vierge à l'âge de trente-trois ans, après avoir porté longtemps les armes. On peut, d'après cela, juger de la révolution qui. s'est faite dans les mœurs des Français dans l'espace de deux siècles , et de la dégénération de l'espèce qui en a été la suite (i).

(i) « C'est le physique de re'ducalio» , ce sont les

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Il n'est pas moins nuisible et dangereux de faire des mariages mal assortis, comme d'unir une jeune femme avec un vieillard, une femme drjà avancée en âge avec un homme jeune et robuste^ et de ne consulter en aucune manière l'inclination des époux. Ces sortes de mariages sont aussi opposées aux vues de la nature qu'au bonheur. 11 serait à désirer, et ce serait un des grands moyens de perfectionner l'espèce humaine , que îe mariage ne fût permis qu'aux personnes bien conformées, exemptes de tous défauts corporels, de toutes maladies et infirmités, et qui éprouveraient mutuellement de l'afFeclion l'une pour l'autre. Un autre moyen , non moins propre à remplir le même objet , serait le croisement des races humaines : l'exemple des animaux prouve l'avantage qu'il y aurait de s'allier avec les étrangers. L'expérience a appris les désavantages qui résultaient des alliances du même sang. Chez les peuples les moins policés , il a rarement été permis au frère d'épouser sa sœur, et cet usage est fondé sur ce

» exercices vigoureux de la gymnastique, c'est îéloi* 5) gnement de toute jouissance prématurée , qui mettent » un si grand intervalle entre nos vieillards de vingt ans, » elle héros qui ^ le jour, étouffe des lions entre ses » bras, etj la nuit, force cinquante vierges à devenir )) mères. »

( Philosoph. de la Nat. , lome ii , pages i/^ et v'o. }

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qu'on a observé que Tespèce humaine dégénérait toutes les fois qu'on voulait la conserver sans mélange dans une même famille : dès-lors on a regardé avec raison comme une loi de la nature celle de l'alliance avec les familles étrangères. IMais si de semblables unions préviennent l'abâtardissement de l'espèce , combien celles avec des personnes de différens pays ne contribueraientelles pas, en contrastant les figures et en opposant les Climats , à produire de nouvelles races d'hommes phis beaux et plus parfaits î Ne voit-on pas que c'est dans les grandes villes, où les étrangers affluent et se fixent , que l'on rencontre plus de personnes spirituelles, d'une belle figure et d'une taille élégante ? C'est pour cela , sans doute , que le peuple juif, auquel la loi interdit toute alliance avec ceux qui ne sont pas de sa secte , est si laid , au lieu que les souverains de l'Europe , par exemple, ont ordinairement de fort beaux traits, parce qu'ils s'allient hors de leur pays.

Les vieillards doivent renoncer aux plaisirs de 1 amour , ou au moins n'en user que très - rarement. Il est dangereux de se livrer au goût de la jeunesse quand on n'en a plus la vigueur : les fibres se montent nécessairement au-delà de leur ton naturel et font des efforts extraordinaires. Il s ensuit une inégalité d'action et un désordre dans les mouvemens, qui ne se rétablissent pas aisé-

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ment , et qui donnent fréquemment lieu à des spasmes violens et à une énervation qui précipite dans le tombeau. Plus d'un vieillard a accéléré le terme de ses jours en voulant ceindre le myrte réservé à la jeunesse , et sacrifier à Cypris.

L'été et la première partie de l'automne sont les saisons les moins propres aux plaisirs vénériens ; il ne faut , dans ces saisons , s'y livrer que rarement^ parce que les corps sont affaiblis et desséchés par les chaleurs : l'hiver, mais principalement le printemps, sont plus favorables. Ve^ nus hieme non perniciosa , vere tutissima : neque œstate verb neque autumno utilis est : tolerabilior tamen per autumnum est» Œstate in totum , si fieri possit , ahstinendum, ( Celsus , lib. I , cap. III) (i). C'est durant le printemps que la nature renaît, et qu'un nouveau feuse glisse dans tous les corps et en pénètre les élémens : tout s'anime , tout s'embellit ; tout ce qui respire célèbre par les plus doux transports le pouvoir de l'amour. Ce dieu, l'âme universelle du monde , verse dans

(i) Le précepte que donne ici fauteur , d'après Celse, est basé en partie sur ce que nous avons dit, à farlicle Saison, de f influence débiiilanle de l'été et de f automne. Ce serait un sujet curieux d'expériences que de chercher à déterminer jusqu'à quel point les enfans conçus en automne sont plus faibles que ceux qui sont engendrés dans l'hiver et le printemps. (I. B.) *

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Je sein de tous les eires sentans la fécondité et la vie.

Les personnes faibles et valétudinaires, surtout celles qui ont la poitrine délicate , doivent être très-sobres dans les plaisirs et réprimer les mouvemens fougueux de la cbair : il n'y a pas d'écueil pins dangereux pour elles que les jouissances de Tamour ; c'est à elles particulièrement que s'adressent ces vers latins :

u Principiurn dulce est j sed finis amoris amarus ; » Lœtavenire Kenus^ tristis abiresolet. v>

Quant aux personnes fortes et bien constituées, i< elles ne doivent pas, dit Celse, s'y livrer » avec trop d'ardeur, ni s'en abstenir avec trop de « scrupule. Ces plaisirs, pris avec modération, » donnent de l'activité et de la légèreté au corps, « au lieu que l'excès affaiblit et énerve (i). «

Lorsque la matrice a atteint son dernier degré d'accroissement, elle demeure surchargée de la portion d'action qui était nécessaire à son développement , et elle devient un nouveau centre de sensibilité, qui a la plus intime correspondance avec l'encéphale et la plus grande influence sur tout l'organisme, que le plus souvent elle domine. Mais cet organe, vraiment excrétoire,

(i) Llb. I , cap. I.

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n'emploie pas journellement l'action qu'il reçoit pour excréter; il la laisse s'accumuler peu à peu, jusqu'à ce qu'étant parvenue à un certain degré, cet organe, qui est très-spongieux , entre en érection, et s'imbibe d'une certaine portion de sang qui y afflue en plus grande quantité qu'à l'ordinaire, et qu'il laisse traiissuder.

Cette évacuation périodique, qui a ordinairement lieu une fois chaque mois , et qui dure depuis trois jusqu'à six ou sept jours, s'établit à l'âge de puberté, et cesse entre quarante-cinq et cinquante-cinq ans , quelquefois plus tôt , mais rarement plus tard. Nous avons observé que le développement des organes sexuels opérait dans les hommes une révolution qui, en faisant dominer l'action du système artériel et pulmonaire, dissipait les maladies piluiteuses de l'enfance. Il se fait aussi à cet âge , dans le sexe , une révolution à-peu-près semblable : la matrice acquiert une nouvelle vie , et son irradiation , qui est universelle, augmente le ton et la tension de tout le système. Lorsque le développement de cet organe s'est fait d'une manière convenable, et que son jeu est régulier, il opère la solution des maladies de l'enfance ; mais lorsqu'il est entravé par quelques obstacles , et que les règles ne s'établissent pas, il en résulte une fièvre abdominale (i), qui

(i) Fitvre abdominale me paraît une expression sin-

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rient le milieu entre les maladies aiguës et les chroniques, et qui est connue sous le nom dé chlorose ou pâle^; couleurs. Je la considère comme le produit de la constitution pituiteuse de Fenfance, qui s'étend au-delà du temps fixé par la nature, et que celle-ci s'efforce de réprimer.

L'unique moyen de prévenir cette maladie, celui sur lequel on doit le plus compter pour sa guérison , consiste à faire prendre aux jeunes filles de l'exercice , et à les laisser se livrer à la dissipation et aux amusemens de leur âge. On ne voit guère que les filles qui restent enfermées dans la chambre, et presque toujours assises, élre attaquées de pâles couleurs et d'affections hystériques; au lieu que celles qui ont la liberté de jouer et de courir en plein air, et qui entretiennent ainsi la vivacité et la gaîlé propres au jeune âge, ne connaissent pas ces maladies. Il convient donc que les conseils sévères de l'âge froid et sérieux ne viennent pas s'opposer aux jeux bruyans auxquels la nature porte la jeunesse, et qu'ils ne répandent pas leur sombre tristesse sur le printemps de la vie, destiné aux jeux, aux ris et aux plaisirs innocens.

Lorsqu'une fille a atteint V^^Q de douze à qua-

gulière que n'explique même pas Topinion hasarde'e que Tourtelie émet ici sur la nature de la chlorose. (I. B. )

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