‹ Élémens d'hygièneChapitre 37 sur 43 · II. nS · texte numérisé non relu

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torze ans, époque à laquelle les règles commencent ordinairement à paraître, et que, lom que celles-ci se manifestent, on voit au contraire la santé se déranger; au lieu de la laisser s'abandonner à l'indolence et à l'inaction, et de l'accabler de drogues, comme on le fait communément, il faut au contraire la forcer en quelque sorte à vaincre la paresse qui est une suite de cet étal, et lui faire prendre beaucoup d'exercice au grand air. 11 est utile de lui procurer des amuse^ mens, et une nourriture saine, tonique et de facile digestion. Ces secours, aussi simples que faciles à employer, ,ne manquent guère de rendre la santé, en favorisant l'éruption menstruelle : les emménagogues , qu'on administre dans ces cas , déconcertent le plus souvent la nature , et aggravent presque toujours l'état des malades.

Dès que les règles sont établies, on doit éviter, pendant leur durée, toutes les causes qui pourraient en opérer la suppression. Le sexe, dans le temps de la menstruation , doit user d'alimens sains et faciles à digérer, et surtout se garantir du froid , qui est pour les femmes délicates une des causes les plus fréquentes de suppression : un degré de froid qui , dans tout autre temps , serait incapable de nuire, suffît le plus souvent , quand les règles coulent, pour les arrêter et altérer la ' s mlé. Les passions ont aussi la plus grande in-

TXeRXTlONS ET RETENTIONS. 4^5

flnence sur celte évacuation; la colère, la peur, le chagrin, etc*, produisent souvent des suppressions opiniâtres, et une multitude de maux qui en sont la suite : c'est pourquoi les femmes doivent éviter, dans les temps critiques, les causes qui peuvent troubler la tranquillité de l'âme, et se livrer à la gaîié.

Quand les règles ont une fois paru , elles reviennent tous les mois, à-peu-près à la même époque, si ce n'est dans les cas de grossesse et d'allaitement. La matrice emploie environ vingt à trente jours pour faire sa révolution; mais lorsque cette évacuation manque, ou n'a pas lieu dans une quantité convenable , il en résulte des maladies graves , qui sont occasionées par des engorgemenset des congestions humorales dans des or-^ ganes différens, selon les progrès de Tâge. Il en est de même de toute évacuation périodique habituelle quelconque, et c'est une vérité établie par l'observation , que la suppression d'une hémorrhagie nasale , du flux hémorrhoïdal , etc., dérange sensiblement les fonctions, et souvent donne la mort (i)«

Il arrive quelquefois aussi que les femmes , au

(i) Cela est quelquefois vrai ^ mais il ne Test pas moins de dire que Ton attribue souvent à la suppression desécouleniens périodiques des accidens qui de'pendenl de

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Jieu d'avoir leurs règles par les voies ordinaires, les ont par d'autres parties : c'est ce qu'on appelle Vi'gles déifojées. Dans ce cas , elles ont lieu par la peau, les poumons, l'estomac, le nez, les oreilles , etc. On réussit souvent , dans le commencement, à les rappeler aux parties sexuelles; mais on j parvient rarement quand elles sont décidément déviées. Au reste, lorsque la santé n'en est pas altérée, et que les autres fonctions s'exercent d'une manière convenable, il vaut mieux rester tranquille et laisser agir la nature, que d'administrer des remèdes qui, dans ces cas, sont ordinairement nuisibles ou inutiles.

Lorsque l'évacuation menstruelle est excessive, elle produit des affections très-dangereuses. Les effet* des grandes bémorrhagiessont la prostration des forces, la lenteur de la circulation et de toutes les actions, l'exlinclion de la cbaleur, la décoloration, la laxilé et la cacbexie.

L'époque de la vie où les règles cessent est critique pour la plupart des femmes, comme celle où elles commencent à s'établir. L'action dont la matrice n'est plus susceptible par rapport à l'âge, se dirige vers d'autres parties, et produit des ac-

toule autre cause dont la suppression elle-méine est une conséquence. C'est un point curieux de pathologie générale à échnrcir. (I. B.)

EXCRETIONS ET HÉTE.N'TIONS. ^OJ

c'idens plus ou moins graves, selon la disposition du corps, et selon que telle ou telle partie est plus ou moins propre à l'emploi critique de ce reÛux d'action. C'est aussi le temps où l'on voit le plus grand nombre de femmes être affectées de maladies chroniques, et mourir. Mais aussi celles qui franchissent celle période, et chez lesquelles l'action que recevait la matrice s'est répartie à-peuprès également sur toutes les parties organiques, acquièrent souvent une santé meilleure et parviennent à un âge très-avancé. La tempérance et l'exercice sont les moyens les plus efficaces pouiprévenir la menstruation excessive^ et les accidens qui accompagnent la cessation du flux menstruel. Les règles et leur cessation sont dans l'ordre de la nature, et ne sont point des maladies; elles ne le deviennent que par les excès, la violence des passions, et la vie molle et oisive. On ne voit guère de paysannes ni de femmes du peuple affectées des maladies dépendantes de i'irrégularité, de la suppression et de la cessation des règles , si ce n'est celles qui mènent une vie sédentaire et semblable à celles des citadines, ou dont les mœurs sont déréglées. Les moyens de remédier à ces maux ne sont pas du ressort de riiygiène, et en en parlant, j'outre-passerais les bornes de ce traité.

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